L'Encrier du Chaos

Roleplay dans l'univers du Donjon de Naheulbeuk
 
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Le Calme et la Tempête


Voilà bien longtemps que les Aventuriers ont quitté la région. Le fracas des armes a cessé, la fureur et la poussière sont retombés, la soif de gloire et de richesses s'est tarie. Mais les lieux ne sont pas morts pour autant : il reste toujours le vieil aubergiste, là, courbé derrière son comptoir ; et je gage que si vous aviez la curiosité de lui adresser la parole, il pourrait vous conter de grandes choses du temps passé, et allumer en vous une étincelle dont vous ne soupçonniez pas l'existence...

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 [Chasse] avec "la mort dans l'âme

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Plissava
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MessageSujet: [Chasse] avec "la mort dans l'âme   Mar 13 Nov - 22:00

C'était fini. Il l'avait perdu. Des mois durant, il avait parcouru, toute, toute la terre de Fangh, à sa recherche, en long, en large, en travers, et il était là, haletant, les larmes aux yeux, maintenant, et plus rien d'autre, que cela vienne de Martinu même, n'avait d'importance.
Plissava errait dans la forêt vêtu de son habit de cuir écorché par un si long voyage. Il lui semblait voir des spectres partout. En le visage de chaque voyageur qu'il rencontrait il croyait voir le sien, celui qu'il aimait, et invariablement l'amère déception teintait le visage de Plissava de rage et de désespoir lorsqu'il réalisait que ce n'était pas elle. Au moment de dépasser ces inconnus qui avaient incarné un bref instant l'espoir fou de la revoir, toujours, de la voix désincarnée qui sortait désormais de son visage décharné, Plissava leur demandait:


-Où est Nirë? Vous avez vu Nirë?

Les étrangers, les voyageurs ou autres marchands fronçaient des sourcils et niaient par une moue dégoutée avant de presser le pas pour s'éloigner du corps cadavérique de l'elfe noir. Au fond d'eux pourtant, ils regretteront de n'avoir sû aider Plissava, ses yeux exorbités dont l'iris avait fâné les fixant chacune de leur nuits de cauchemar. Le pas de l'elfe noir résonnait irrégulièrement sur la route, ses faibles jambes n'étant plus portées que par l'ardent et impossible désir de retrouver Nirë.
Cela fesait maintenant plus de deux mois qu'il la cherchait. Deux long mois sans presque manger ni boire, sauf quand un ermite compatissant à son malheur l'obligeait à ingérer quelque repas succint qui pesait ensuite sur le ventre de Plissava des jours durant. Tout ce qui fesait sa fiereté était parti, sa posture droite remplacée par une courbure de vieillard, ses muscles vigoureux fondus, supportant à peine l'effort perpetuel de marcher que l'elfe noir leur infligeait, sa capacité à resté silencieux oubliée, au profit de la seule pensée qui lui importait encore:


*Nirë... Nirë... où es-tu? Nirë... NIRË!*

Ainsi, Plissava avait écumé toute la terre de Fangh, il l'avait traversée, contournée, fouillée, chaque grotte, chaque espace où Nirë aurait pu se glisser... en vain. Il eût à nouveau un instant de faiblesse. Il pensa qu'il allait mourrir, là, sans autre sépulture que les arbres qui pousseront sur son cadavre décomposé et les loirs qui viendraient loger dans le creux de ses côtes... Encore une fois, il se laissa tomber, à genoux, puis de tout son long, sa face contre le sol humide de la bruine qui langoureusement flottait dans l'air avant de se noyer dans la terre.
Il demeura là inconscient une journée entière: il était à l'écart du sentier. Quand il se réveilla, il fut d'abord déçu de ne pas être arrivé dans l'au-delà, mais il se rappela qu'il était elfe, malgré toutes les tortures que son corps avait subi, et encore immortel. Un instant plus tard, réunissant tout le bon sens ont il était encore doté (donc très peu...) il réussit à penser que les elfes pouvaient mourir de faim quand même, malgré leur immortalité. Il se demanda alors ce qui le maintenait désespérément en vie. Il se releva, avec peine, ses genoux ployant sous son poids pourtant devenu négligeable, et regarda ses mains, maculées de terre, où un escargot avançait paisiblement. Il vit qu'il avait encore pâli.


*Un peu plus, et je redeviens un vrai elfe sylvain!*

Cette pensée, mesquine, le fit sourrire tout seul. Il n'était pas là pour lui.
Quoique...

Cette journée d'inconscience avait été de trop. Son dégout de vivre sans Nirë, ses sentiments passionnés, ce désespoir, ce romantisme exacerbé , cet idéalisme des temps passé... Il avait laissé tout cela dans la terre. Il ne restait que la soif de violence, pour faire passer sa douleur sur un autre, la fureur, la rage engendrée par le désespoir qu'il avait connu et n'était pas encore parti. Il devenait fou, et le savait pertinnement. Il se mit alors à rire, d'un grand, énorme rire incontrôlé qui le contraignit à s'agenouiller de nouveau, et le fit pleurer de toute l'eau que son corps désséché avait encore à lui offrir. Il ne retrouverait jamais Nirë. Et s'il la retrouvait, ce ne pourrait plus jamais être comme avant. Où est cette souplesse d'assassin? Où reste cette force qui me rendait beau? Où est cette vivacité qui lui a permi de m'aimer? Plus rien ne restait, sauf la hargne, le désespoir et la détermination, le mauvais côté de l'amour. L'amour est vie, la passion est mort. S'il croisait Nirë, pour ne guère plus avoir mal, il lui faudrait la tuer. L'égorger, la faire souffrir autant que j'ai souffert. Lui couper, non, briser! les doigts un à un, lentement, qu'elle savoure ainsi dans la douleur absolue ses derniers instants de vie.
Mais!
Elle souffre peut-être autant que moi? Peut-être a-t-elle été enlevée par les demis-elfes? Il l'imaginait maintenant captive, prisonnière dans un camps de demis-elfes vagabonds, cherchant à échanger la fille du chef des Schampooing Illustre contre un peu d'or...
Mais elle n'avait pas pu être enlevée, il ne s'était détourné qu'une seconde, une seule seconde, et elle n'était plus là! Pas de trace, pas de lutte, pas d'objet oublié lui appartenant... Rien qui put témoigner de son existance...


*Non, elle a fui.*

Ainsi, fort de cette certitude, Plissava retrouva un peu de courage. Il fallait la retrouver. Idée fixe. Et l'assassiner. Ensuite, le maître reviendrait. Il deviendrait maître de sa guilde pour l'avoir trahie, comme c'était d'usage chez les assassins. Plissava se voyait maintenant fort, indestructible. Il fallait commencer à la chercher. Vite! Avant qu'elle ne parte sur quelque nef pour un pays lointain riant imaginant l'état et la souffrance qu'elle avait causé à l'elfe noir.
Il allait droit, le port de tête altier, comme par le passé, enfin comme il y a deux mois. Il avait une lueur de folie furieuse au fond de ses yeux noir-délavé-en-gris-clair. Il passa alors devant l'entrée d'un village elfique. Après une brève hésitation, il y entra.

L'intérieur était bucolique, calme, pittoresque, comme dans tout village elfique qui se respecte. Il y entra, sifflotant, l'air (très) faussement niais (à moins qu'il ne le fût vraiment et fit semblant de mal imiter un état dans lequel il était déjà ce qui aurait eu pour but de faire croire qu'il n'était pas niais alors qu'en fait il l'était et d'ainsi faire croire aux gens qu'il y avait à craindre de lui sauf que pour ceux qui s'y laisseraient prendre... euh... enfin bref, passons). Son statut d'elfe noir glaçait déjà naturellement les gens, mais arrivant comme il était, rappelons-le:
Visage décharné
noir, mais assez pâle pour faire une porcelaine correcte
les habits de cuir maculés entièrement de boue et déchirés, assez pour voir ce qu'on voulait si on se penchait pour avoir le bon angle.
Une cape de voyage sans couleur (je pourrais aussi dire "de couleur douteuse et inéfinissable")
des feuilles mortes un peu partout
des yeux décolorés et exorbités
les honnêtes gens rentraient chez eux et claquaient leurs volets, les autres camouflaient les yeux de leurs enfants et les autres criaient déjà au vampire. Avec l'air dégagé qu'il se donnait, on ne pouvait plus croire au chagin d'amour, et vraiment il aurait fait un bon costume d'Halloween naturel dans une soirée de vampire-goths métalleux. Soudain conscient de son manque de présentabilité il chercha ce qui dans un village elfe pouvait servir d'hôtel, et ne trouvant rien (effectivement) alla chercher des habits neufs et un flacon de shampooing loréliane (il y avait aussi des shampooing illustre mais il les ignora avec superbe) et se changea et se rendit présentable dans le lit du torrent voisin. Un fois qu'il eût terminé son entreprise hasardeuse et surtout très ardue avec une succès moyen (on aurait maintenant juste dit qu'il venait de sortir dune rêve party d'une semaine) mais tout à fait honorable vu sa difficulté, il alla dans la hutte de ce qui devait être le chef du village demander les rescencement et les noms des habitants de passage. Au moyen d'une coquette somme d'or le notable se laissa convaincre. C'était un petit elfe rond, avec les oreilles très pointues. Il avait le crâne un peu dégarni et parlait vite et d'une voix très pincée.


-Herh... je n'ai pas le droit de vous montrer ça! Alors aussi malade que soit votre soeur faites vite!

-Mouueuuiiuui...

-Bon sang, si le sage voit ça je vais être destitué!

-Hum...? Dit Plissava plongé dans le registre. Vous savez... Hum... il y a pire je crois...

-Pire? Quand on est descendant d'une lignée de maires? Non, non! je ne vois pas!

Lentement, Plissava releva vers le petit elfe son visage cadavérique.

-Hum... Bien sûr, bien sûr, vous n'avez pas dû avoir que de la joie dans la vie, hein? Voyez, ma mère est morte y'a 15 ans, c'est toujours terrible de perdre quelqu'un, non?

-...

-Remarquez, il y d'autres moyens de souffrir

-... L'elfe noir devenait rougeâtre avec l'énervement que lui créait son interlocuteur, qui pâlit légèrement et se mit à parler de plus en plus vite, et d'une voix de plus en plus nasillarde.

-Oui, vraiment, vous en avez connu des pires vous... c'est comme ma mère! Quand elle est mote, j'ai perdu 2 kilos!

- . . .

-Vu comment votre visage est marqué, ça devait être quelqu'un de cher... vous l'aimiez, hein?

- . . .

-C'était votre fiancée, peut-être?

-C'ETAIT UNE TRAÎNE-FORÊT!!!!!!!!! [Merci Nashi!] hurla Plissava en enfonçant son épée dans le ventre de l'incompétent. Un misérable gargouillis s'éleva de sa gorge, puis, il tomba, mort, et un sortilège automatique et tout à fait déplacé fit sortir des lianes de son sac pour amasser de la viande.


[Otto, tu me notes? La suite bientôt! Et excusez la fin baclée]

_________________
Martinù est notre maître ! Si en lui tu n'as pas foi, ce sera moi qu'il te faudra craindre !! Bientôt la guerre sainte pour sauver le monde ! (Mwahahahaha)
"Fantasmer sa vie, et vivre ses cauchemars", c'est peut-être ça le calvaire de l'immortalité...
*Aime sa groupie*
Chronophobe ! C'est grave docteur ? Ca se soigne comment ?


Dernière édition par le Mer 14 Nov - 21:04, édité 1 fois
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Otto
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MessageSujet: Re: [Chasse] avec "la mort dans l'âme   Mer 14 Nov - 19:53

Voix off jubilante:

Plissava gagne 6.9 kilos de viande !!!
(-0.1 pour la "pute" ^^)
Plissava gagne 75 Xps !!!





Rhaaaa... Prenez-en tous de la graine, tous!!! Toi, toi, toi et toi aussi, et moi aussi d'ailleurs!
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Plissava
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MessageSujet: Re: [Chasse] avec "la mort dans l'âme   Mar 20 Nov - 17:42

Le temps s'était arrêté. Ou plutôt, il semblait s'être arrêté (oui car la seule manière d'arrêter le temps, comme tout le monde le sait (alors pourquoi le précisai-je? (on se le demande)) c'est de lancer un sort zéro absolu, et, heureusement pour l'entièreté de la terre de Fangh, Plissava n'a pas le niveau de lancer ce sort (banni par le traité anti-prolifération des sorts super-bourrins). Un jour peut-être... (Qui a dit grosbill?)). L'elfe noir comprenait peu à peu ce qu'il venait de faire. Ce n'était plus une blague, une histoire de vengence pour se donner une contenance, c'était vrai. Il avait tué, pour rien. Juste comme, ça, parce que le petit elfe l'avait énervé. Plissava réalisait la futilité de sa quête. Retrouver Nirë... Il savait pertinnement que c'était impossible. Elle n'était pas des elfes à laisser trace de leur passage. Sa décision de la traquer n'était en fait que pour reprendre confiance en sa force et en lui. Mais il avait tué.

*Je ne veux pas le mal! Non, NOOON!!... Que je sois maudit pour encore avoir ôté la vie!*

*Cet homme, il était niais, mais gentil... je crois. Et je l'ai tué! Pour rien! Martinù! Non, il ne faut pas... Qu'est-ce que je peux faire ? Il ne faut pas que sa mort ait été inutile... Ce... ce serait trop mauvais. Je dois retrouver Nirë. Lui pardonner de s'être enfuie*


Il imagina Nirë pleurant, ayant maigrit, et affalée, pleurant à chaudes larmes sur un lit auprès duquel veillait un cierge dont la flamme tremblotait. L'instant suivant, il la vit ricanant sur cette nef qui partait vers une terre d'asile chaude, douce et inconnue, et la fureur le reconquit.


*Non, si je la retrouve, je la tue! Oui! Elle paira pour ma douleur! Et cet homme ne sera pas mort pour rien... Quoique... Qu'importe de sa vie? Il en est des milliers d'autres... Ca n'a aucune importance... Je devrais peut-être même m'exercer à le mutiler et à en surprendre d'autres pour ne pas me laisser surprendre par Nirë...*

L'elfe noir revit le gargouillis qui était sortit de la gorge du fonctionnaire quand il la lui avait tranché. Puis les lianes magiques qui avaient prit de sa chair dans son sac, où reposait son luth. Il eût un spasme de dégoût, se retînt de vomir sa bile qui était bien seule dans son estomac avec peine, vacilla, avant de s'effondrer en larmes. Il hurla son désespoir, dans un grand cri long, déchirant et ininterrompu, un long cri de douleur et de passion. Ce n'était pas une plainte, mais un cri qui aurait détruit tout le beau de la vie s'il y en avait eu encore eut. Quand il n'eût plus d'air, à moitié ettoufé par ses sanglot, il se redressa, ne pouvant respirer dans sa posture, et songea qu'une minute auparavant peu lui important que cet elfe soit mort. Plissava prennait conscience de sa folie, de manière aiguë et concrète, et ne savait pas le supporter. Quand il eût inspiré juste assez pour vivre encore une poignée de secondes, il baissa la tête, sanglotant spasmodiquement et tenta de se calmer. D'oublier. Au moyen de phrases elfiques n'ayant aucun sens réaliste pour lui à ce moment, ni à aucun autre, d'ailleurs.

*De toutes façons la vie est belle. Et puis, ce qui est fait est fait, je ne vais pas le ressuciter. Il faut oublier, et s'enivrer de la beauté des levers de soleil. Il faut vivre heureux... Heureux, avec l'elfe que j'aime.*

*Avec Nirë?*

*Non, sûrement pas! heureux, tout seul, ou avec une autre. Il y en a plein, partout, et elles sont belles aussi.*

*Mais Nirë est meilleure...*

*Elle n'est pas parfaite. Elle doute toujours et n'a pas foi en l'homme.*

*Parce que j'affirmerai que j'ai foi en moi? C'est hypocrite!*

*Non, je n'ai pas foi en moi, mais en un idéal, euh... supérieur! Et moi, je ne doute pas*

*C'est qu'on m'a interdit de douter... comme de me questionner... Nirë est là pour moi, elle répond à mes questions et personnifie mes peurs...*

*Quelles peurs? Non, non, non! Je n'ai peur de rien!*

*Pas même de la revoir?*

*... Non.*

*Mais elle a dit mon nom!*

*Nirë... c'est sans toi que je deviens fou... Reviens... s'il te plaît.*

*Je sais pourtant qu'elle ne reviendra pas.*

*Et si elle revient je la tue ! Comme ça seul son souvenir me poursuivra, et je le chasserai. J'aurais une nouvelle vie ! Heureux ! Et plus jamais de fiancée ! Et plus de souvenirs !*

*Et je tuerai encore... ceci est être heureux...*

*Abominable ! Je suis abominable ! Non. Non... Seulement elle. Après... on avisera. Mouais... Non ! NON ! Je doute déjà de ma conviction...*

Recrocquevillé sur lui-même, l'elfe noir, sortit subitement de ses interrogations internes pour replacer ses pieds dans la réalité. Toute raison, toute émotion, semblait s'être détachée de son esprit. Maintenant, il n'était plus que vie, qu'un animal, qu'un instinct, dont le seul but était de sauver sa vie après en avoir ôtée d'autres. Souple comme un félin qui s'en va en chasse, il se releva, courbé, prêt à bondir. Ne sentit pas la douleur de ses articulations qui le lançaient. Chercha des yeux un instant l'ouverture par laquelle il était passé avant de s'y diriger, et au moment de s'y engouffrer, il eût comme... une once de remord, une étincelle de raison et de sentiment. Il détourna le regard vers les yeux sanguinolents et vitreux de l'elfe mort qui le fixaient. Il les regarda, une seconde, deux secondes, et une troisième, de trop. Il eût un énorme et insurmontable haut-le-coeur, et retomba par terre.


Galemiän avait entendu un cri. Non, tout le monde avait entendu un cri. Un cri qui glaçait le sang, et avait instantanément fait chuter l'ambiance festive qui régnait dans le poste de garde. Un verre plein de vin chut et se brisa, répandant son contenu, source de joie et d'oubli par terre, puis au travers des branchages légers qui composaient le sol, puis au pied de l'arbe où d'innocents animaux avait arrêté de lapper la flaque qui s'étendait et détalaient au plus loin de l'étrange cri.
Même quand une demoiselle elfette de bonne famille se faisait violer par des nains elle ne criaient pas aussi fort, et surtout, ses paroles avaient un sens... Ce qui résonnait dans le bois généreux, c'était de l'effroi pur, du désespoir, plus que ce qu'un homme ne pouvait supporter (pas plus qu'un elfe sylvin assassin devenu noir à deux âmes, certes). Tout avait tremblé, puis s'était cristallisé, inerte, transparent, et un silence oppressant pesait sur la forêt. Un instant, ou une éternité. Un jappement retentit, et le charme de l'oubli et de l'effroi se brisa. Les mille morceaux du cristal de la scène virevoltant communiquèrent la panique aux civils, aussi bien qu'aux jeunes gardes. Certains criaient, d'autres pleuraient, mais devant l'absence de réaction de la forêt, tous finirent par se calmer. Les vétérans, qui avaient fait la guerre, se redressèrent, s'armèrent et sortirent en file indienne de la salle commune. Eux redoutaient encore le danger, et Galemiän redoutait que ce fut un sorcier maléfique qui avait fait crier les arbres. Il pensa à sa famille, sa femme elfette, sa fille elfette, et le garçon elfon auquel il rêvait. Il espérait que c'était le maléfice d'un mauvais plaisantin qui avait causé ce dérangement, mais n'y croyait guère : tout le monde avait peur. Une fois tous dehors, armés, les gardes se divisèrent en trois groupes de trois membres, et Galemiän fût de ceux qui devraient patrouiller dans le village si jamais le cri en avait été issu. Il était en effet impossible de la caserne de savoir d'où il provenait. Il vit ses compagnons s'éloigner dans le bois, craignant de ne plus jamais les revoir, comme cela se produisait à chaque mission où il avait peur, même s'il n'avait jamais connu de vrai problème. Alerte et sur les nerfs, il regardait partout à la fois, et sursautait quand on l'interpelait.
Son groupe traversait la fin du hameau elfique quand Galemiän remarqua que quelque chose venait de tomber dans la hutte de l'adjoint au sage. Il lui avait semblé voir un corps d'elfe, peut-être prit d'un malaise... peut-être l'auteur du trouble? Il demanda aux autres d'aller voir, mais ceux-ci n'étaient pas du même avis :


-Meuh non, c'est lui qui fait semblant de tomber dans les pommes parce qu'il a la frousse ! Il a rien dans le ventre et veut toujours se faire sauver !

-Je vous dit que c'est tombé juste devant l'entrée !

-Ben oui, et pile quand on passe ! C'est parfait comme ça on le remarque! Alors arrête de nous les casser et va voir si ça t'amuse.

-Oui, c'est ce que je vais faire !
*Il est pas courageux, certes, mais à ce point... et il aurait pas attendu notre passage...*

Galemiän monta donc à l'echelle sommaire qui grimpait jusqu'à la hutte sur-élevée du notable, devant les rires gras et saoûls de ses coéquipiers. Quand il fut à hauteur de la tente, il sût qu'il y avait effectivement un problème, et prit peur. Il fit minne de regarder au travers de la toile et redescendit, lentement, essayant d'éviter de trembler. Les autres l'apostrophèrent :

-Eh mais t'es une lopette toi aussi! même pas cap de regarder !
-T'as peur de te faire bouffer ?
-Ben vas-y quoi! redescend sans avoir regardé, on te dira rien !
-Banane !!!

Une fois qu'il fût à terre, le plus fort -et bête- des gardes lui rit au nez, et monta lui tenant ces propos :


-T'es qu'une fillette, regarde, y'a rien du tout! Je monte, et... et... ah... ah ben ça... merde alors! Eh, venez !

Les deux autres gardes montèrent alors vite, Galemiän sagement en dernier, pour en arriver à contempler Plissava, à terre, pleurnichant et tout tâché de sang, du sang du cadavre qui était derrière lui.



Plissava voyait vaguement entre ses larmes remuer des visages. Il entendait aussi des sons, sans doute leurs paroles, mais tout à fait incohérentes pour lui. Il essayait mais ne comprennait pas ce que disaient les gardes. Dans le brouillard qui lui servait de mileu évolutif, il se sentit traîné, soulevé, et porté. Ce cauchemard sembla durer un siècle pour son esprit alanguit. L'elfe noir tenta de se concentrer, et de fermer son esprit, comme il l'avait appris, il y a si longtemps... Il cessa petit à petit de sangloter, et prit conscience qu'il se faisaier traîner, porté par ses deux bras. Les paroles des gardes devinrent audibles, mais comprenant bien vite qu'ils parlaient de son meurtre, l'elfe noir ne les écouta plus. Tout juste eût-il le temps d'entendre que lui-même semblait être vide tellement il était léger. Ses pieds le fesaient martyr, traînant par terre, écorchés et sanguinolents. Il tenta de suivre la cadence, de relever ses pieds pour ne plus qu'ils frottent, mais n'y parvenant pas et trébuchant un peu, le garde à sa droite, un certain Galemiän, s'aperçu de son geste et demanda à déposer Plissava sur une branche basse, assis, pour qu'il reprenne ses esprits.
C'était une communauté tolérante, qui comprenait que certains elfes étaient nés noirs, et d'autres châtains. La bonne foi des gardes ne croyait pas un elfe capable de pousser un cri comme ils en avait entendu. Mais ils pensaient vu l'état de Plissava, que celui-ci avait assisté à la scène du meurtre.
Galemiän se pencha sur l'elfe noir une fois que celui-ci fût assis, et lui demanda d'une voix douce:


-Que s'est-il passé? Qui l'a tué? Nous voulons t'aider...

Devant l'absence de réponse de Plissava, Galemiän se retourna vers ses camarades et leur dit que l'elfe en face d'eux devait être trop sous le choc pour répondre.
Il n'était pas si loin de la vérité.
S'apprêtant à mentir, Plissava avait tellement été interloqué par la douceur du garde ainsi que par sa présomption d'innocence qu'il en avait oublié ce qu'il avait préparé. D'habitude traité en paria par les autres elfes, il était ici protégé. Et cela le mettait en colère. C'était absurde. Absurde... Des palpitations le prirent, et son coeur se mettant à battre à tout rompre, Plissava se courba pour cacher sa figure osseuse qui s'empourprait. Croyant à un malaise, Galemiän s'approcha encore plus près de l'elfe noir, lui demandant s'il allait bien. Celui hochant la tête, Galemiän se redressa pour parler aux autres, tandis que Pli soufflait. Un instant plus tard, il fut saisi sous les bras, et transporté avec encore plus de ménagement que la première fois. Ces elfes étaient bon avec lui... Il sont doux et me font oublier mes tourments... Je dois les aider à retrouver une bête qui aurait pu faire ça, puis m'engager comme prêtre à temps plein dans le temple de saint-Saint Martinù le Tout-Puissant... Je serai libre... et enfin en paix... Pour l'éternité, comme cet elfe que j'ai occis... Non ! Je ne dois pas le prendre en exemple, et plus jamais tuer, pas même la plus faible araignée ! Même, je vais rester parmi ces elfes, et toujours être bon, à leur service... ils me sauvent...
Plissava se laissa aller à un doux oubli de lui-même. Un transport agréable le saisit, s'éloigna de son corps et rêva être avec une elfe, à l'aimer, à être heureux... Il riait, dans son rêve, d'un rire tendre et comblé, comme il ne l'avait plus fait depuis si longtemps... Le moindre sourire était un exploit pour lui à l'heure actuelle... Il vit cette elfe, qui cachait son visage, et lui demandait d'abord aimablement de le lui faire voir. Elle refusait, et il devint de plus en plus brusque, puis violent, pour finalement découvrir le visage de Nirë, torturé par la haine et doté de dents de goules... Il sursauta et revint dans la réalité. Il était toujours porté, et le décors, ne semblait pas avoir beaucoup avancé. Plissava se demanda ce qu'il lui faudrait pour être heureux, sans Nirë, qui, vivante, et loin, le suivait quand il voulait l'oublier. "Fuis-le, il te suivra. Suis-le, il te fuira." C'est ce qu'il se produisait... Il était hanté par cette elfe qu'il -même s'il aurait juré le contraire- aimait encore, alors qu'il ne parvenait pas à se souvenir de son visage quand il la cherchait. Pour la chasser de sa raison, il faudrait donc la pousuivre... Il la poursuivrait. Et ces elfes qui le portaient, aussi aimables soient-ils, n'étaient que des bêtes : il ne s'attarderait pas avec.
D'un mouvement sec et brutal, d'une force surprenante vu combien ses muscles avaient fondu, Plissava se dégagea de l'étreinte rassurante des gardes, et saisit son coutelas dans un même mouvement. Regardant par terre mais visant à la perfection, il poignarda l'oeil du soldat à sa gauche, plantant sa lame jusqu'à la garde loin dans son crâne, puis, avant que les autres ne réagissent, trancha la gorge de celui de droite, qui n'avait eût le temps que de se retourner. Faisant faire un demi-tour sur lui-même à son poignard, il effectua un coup droit devant lui qui s'arrêta net juste avant d'embrocher l'elfe : la pointe du poignard appuyant là où était le coeur de Galemiän. Une goutte de sang perlait déjà sur l'acier froid. L'elfe sylvain regarda, implorant, et terrifié, Plissava, et le pria de se repentir :


-Ami, je veux juste t'aider... Tu es fou.

Le bras de Plissava trembla, violement, puis d'un coup, d'un spasme de cruauté, Plissava transperça le torse de Galemiän, mrumurant pour lui-même qu'il ne l'aiderait pas à ramener Nirë. Les éternelles lianes de son sac prélevaient la chair des autres corps, mais n'eurent pas le temps de s'attaquer à celui-ci quand il tomba, l'elfe noir fuyant déjà à toutes jambes.



La dernière chose que Galemiän vit, s'étaient des pieds, peut-être ceux de sa femme, courir vers lui. Il pensa qu'il avait de la chance de mourir avant qu'elle ne parte.




[bon, c'est très pessimiste, mais j'ai le cafard, alors taisez-vous! Nirëeeeeeeeeeeeeeee! ^^]

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Martinù est notre maître ! Si en lui tu n'as pas foi, ce sera moi qu'il te faudra craindre !! Bientôt la guerre sainte pour sauver le monde ! (Mwahahahaha)
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Dernière édition par Plissava le Sam 15 Nov - 21:25, édité 1 fois
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Otto
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MessageSujet: Re: [Chasse] avec "la mort dans l'âme   Mer 28 Nov - 15:31

Voix off:

Plissava gagne 17.3 kilos de viande !!! !!! !!!
Plissava gagne 170 XPs !!!


Rapport détaillé ici:
http://naheulbeuk.kanak.fr/communiques-des-administrateurs-f109/detail-des-evaluations-de-chasses-t784.htm#5086

[edit]: Pli passe aussi au niveau supérieur, voir 2 niveau d'un coup, mais puisque je ne sais même pas à quelle classe il apartient, je m'en fiche. NA.
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Plissava
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MessageSujet: Re: [Chasse] avec "la mort dans l'âme   Lun 3 Déc - 11:01

Le soleil était haut dans le ciel pour ce jour de fin d'année. Plissava le distinguait au travers des épaisses ramures des arbres de la forêt, estompé par un voile de nuages froids. Les dernières feuilles encore accrochées aux troncs millénaires se flétrissaient et ne tarderaient pas à tomber, desséchées, cassantes. Dans l'ombre des feuillus, les fougères et la bruyère étaient encore parsemées de cristaux de glace : la rosée avait gelé à la fin de cette nuit et il faisait toujours froid, trop froid pour qu'un quelconque animal ne sorte sans être affamé. Ainsi, la forêt semblait morte, cristalline, comme si tout mouvement avait définitivement cessé. Une brise légère d'un froid mordant soufflait et caressait le visage de l'elfe noir qui ne bougeait pas, en extase devant un tel spectacle, en admiration devant les couleurs froides et franches, démarquées et presque agressives de par la forte luminosité. Ses yeux frétillaient, se délectant de chaque parcelle de ce moment d'abandon qui le prenait soudain. Sa respiration avait cessé et son pouls s'était ralenti, devenant imperceptible. Peut-être craignait-il de briser la paix cristalline de son environnement... Toujours est-il qu'il dût bien inspirer un peu pour ne pas mourir au bout d'une petite minute. Comme il ne s'était pas rendu compte qu'il manquait d'air, il s'étouffa à moitié, éructant en respirant, faisant un bruit voisin à celui d'un phacochère en colère. Bref, il brisa le charme de la vision qui l'avait ému et se redressa, alerte.
Presque une semaine d'errance s'était écoulée depuis son premier passage au village elfe et ce court temps avait suffit à Plissava pour reprendre du poil de la bête : il s'était à peu près détendu, ses muscles devenus noueux relâchés par de multiples frictions, et avait regagné presque 6 kilos. Son teint blafard s'était recoloré en gris sale, ses hanches et ses côtes était simplement visibles au lieu d'être comme auparavant proéminentes ; Ses yeux exorbités avaient réintégré leur place, et ses iris devenus blancs, quant à eux... ils avaient prient la teinte de ceux, vairons, de Nirë. N'ayant pas été confronté à son reflet depuis une siziane de mois, Plissava s'imaginait toujours fier assassin, en pleine santé physique, fort et fin... Il ne connaissait pas tous ces changements, et ne pouvait réfléchir au pourquoi ses yeux avaient changé de couleur et comment son inconscient lui jouait des tours. Il était obsédé par Nirë, n'ayant de cesse que de la retrouver et la tuer, l'égorger et la faire souffrir, au point de devenir elle. Ses pensées s'égarèrent pour une fois un peu plus loin, songeant à ce qu'il venait de voir, à cette poésie funèbre qu'il trouvait merveilleuse avant de revenir à ce qu'il faisait.


*Aujourd'hui j'ai la force d'aller au village par les arbres par la seule force de mes bras et sans faire craquer de branche... je crois. *

Fort des exercices qu'il avait fait le matin-même, l'elfe noir se tracta grâce à ses bras à la cime d'un platane, puis, concentré, se balança de plus en plus, jusqu'à avoir l'élan nécessaire pour s'envoyer en l'air sauter à l'arbre suivant. C'était un exercice épuisant, et c'est pour cela que l'elfe noir portait le moins de choses possibles: il était nu à l'exception d'un léger pagne, et n'avait emporté comme arme que sa vorpal et son arc, croisés sur son dos. Il avait aussi une flèche, coincée entre ses dents. C'était sans doute le plus difficile de l'exercice, car s'il se crispait et mordait trop fort, la flèche se briserait ou se tordrait, devenant inutilisable, et s'il se détendait trop, il risquait de tomber ou de la perdre... la seule solution était donc de rester détendu mais ferme, ne pas se crisper et rester souple...
Au huitième arbre sur lequel l'elfe noir comptait sauter, il ne prit pas assez d'élan, manqua sa prise et s'écrasa après une longue chute une dizaine de mètres plus bas, sur un tapis moelleux de feuilles en décomposition.


*Aïeuh! *

L'elfe noir était bien écorché après pareille chute, et resta un moment étendu par terre, savourant cette position (mais oui, vous savez, comme quand on vient d'arrêter son réveil et qu'on sait que c'est samedi et qu'on peu encore rester au lit à somnoler... sublime impression, n'est-ce pas? hummmm, la tête dans l'oreiller!) un long moment avant de se relever. Il réfléchit un peu à ce qu'il venait d'entreprendre et admis que c'était peut-être un exercice encore hors de portée.
Plissava continua alors le trajet à pied, sans pour autant avoir repris son équipement pourtant pas plus loin qu'une trentaine de pas. Il était mécontent de devoir renoncer à cet exploit, et se promettait de le retenter jusqu'à y arriver (ou jusqu'à se tuer? On se le demande...). Le fier assassin se mit donc à marcher d'un bon pas à travers les larges branchages, les sautant, chevauchant, contournant et même détruisant quand ils ne lui plaisaient pas. Il s'efforçait de ne plus faire de bruit, et de ne pas grelotter à la température sibérienne qui sévissait déjà dans cette contrée. Le cadavre d'une feuille lui effleura alors l'épaule et l'elfe noir entra dans une fureur intense. Presque un état berzerk.
Fou de rage, il se mit à faire virevolter sa lame, entaillant superficiellement les troncs des paisibles boulornes, écumant, rageant et cherchant à pourfendre ce danger qu'il n'avait su prévoir. Il ne trouvait pas la malheureuse coupable et s'en énervait, jurant, pestant contre lui-même et contre elle, se démenant dans tous les sens avant de voir un lapin courageusement sorti de son terrier le regarder, les yeux semblant écarquillés, et immobile. Plissava crût qu'il se moquait de lui et le prenait pour un fou (alors qu'il savait l'être et que le lapin était simplement pétrifié de peur) et arrêta donc brusquement ses gestes par cent sans sens ni sang. Il se fit tout gentil et appela le lapin d'une voix mièvre
:

-Petit petit petit... vient par-là que je t'arrache les oreilles... S'il te plaît... Voyons, n'aie pas peur, je ne te ferai pas plus souffrir que pour que tu meures... Rhooo... J'ai envie de caresser ton pelage et d'y planter mes ongles écorchés... Je te promets de te tuer avant que la vilaine plaie ne s'infecte... Lapinou... Lapinounaninet?

Il n'en fallait pas plus pour que le lapin, animal assez peu courageux, fuie à toutes pattes, terrorisé par le prédateur qu'il voyait en l'elfe noir. Plissava poussa un rugissement de mécontentement quand il vit son souffre-douleur s'enfuir et partit immédiatement à sa poursuite. Le pauvre petit végétarien ne tarda pas à se faire rattraper et attraper par ses longues oreilles toutes douces. Il tremblait de peur, cherchant une escapade inexistante quand l'elfe noir l'approcha de son visage. Toute la haine du monde était concentrée dans le regard tonnant de Plissava, et les pupilles du lapin se dilatèrent, ayant vaguement conscience que la dernière image qu'elles percevraient serait deux rangées de dents s'abattant sur elles. L'assassin commençait déjà à chatouiller les côtes du lapin pour rendre son supplice plus immonde quand il remarqua son regard suppliant.
Alors, il se calma et perdit de ses forces, se méprisant pour avoir voulu faire du mal une si aimable créature sans défense. Il le changea de position dans ses bras, le berçant un peu. Ses yeux implorants l'avaient marqué et ému, et une infinie douceur emparée de lui. L'elfe noir se mit à nouveau à parler au lapin encore terrorisé:


-N'aie crainte... je ne te ferais pas de mal... Quel est ton nom? Hein, dis-moi!

-...

-Pourquoi ne réponds-tu pas? Je te fais peur? Je ne suis pas si méchant que ça pourtant... Je suis un elfe, et les elfes sont amis de la nature...

-...

-Tu n'es pas très bavard mais gentil... Dis, tu veux bien être mon compagnon de route? Allez, dis oui, dis oui, dis oui!!

-...

-Je prends ça pour un oui... parce que quand on veut pas, on peut dire non! Allez! Viens par là, on va au village!

*Mais pourquoi je voulais aller au village, moi? Ah oui, c'est vrai, je dois m'entraîner et tuer un ou deux elfes... *


Plissava, sans y prendre garde, posa le lapin à ses pieds, croyant avoir obtenu sa confiance, certain qu'il le suivrait. Tête en l'air, il se mit alors à avancer, et causa tout seul à son compagnon qui bien sûr avait prit la poudre d'escampette dès qu'il avait été relâché. Il ne s'aperçut de son absence qu'une bonne dizaine de minutes plus tard, constatant que de ne pas obtenir de réponses était ennuyeux. L'elfe noir prit d'abord peur, croyant que son nouvel ami s'était perdu, ou prit la patte dans un piège, mais ne le sentant pas aux alentours, il comprit qu'il ne s'était pas entendu avec lui aussi bien qu'il l'aurait souhaité. Plissava se mit alors à pleurer, et dût s'adosser à un arbre pour ne pas tomber à la renverse. Il sanglota un long moment, pensant qu'il n'était même pas capable de se faire un ami parmi les léporidés, alors que tous les autres y arrivaient sans problèmes, et que de toutes façons il ne méritait pas son amitié quand...

-Arrête de faire tant de bruit, il va nous repérer!

-Je veux sa peau, il a tué mon frère hier! On a retrouvé que ses os, bouffés par des piafs! Je veux sa peau!

Plissava grimpa discrètement sur un arbre, tentant de ne pas faire de bruit, mais vu comme ces deux elfes qui arrivaient parlaient fort, il n'eût pas de mal se camoufler sans se faire interpeller, malgré les feuilles presque toutes tombées.

-Hola! Arrête, même à nous deux on peut ne pas le battre! T'as vu le nombre de morts qu'il a fait? Moi c'est l'elfe noir qui a occis mon cousin, je me suis pas précipiter, il a tué tout seul 3 gardes au milieu du village! Faut pas être fou! Et le vampire en a eu encore plus... j'ai pas envie d'être son prochain.

L'elfe noir retenait sa respiration, un vampire? Qui tuait? Le tuer rendrait peut-être sa grâce à Plissava au regard des elfes décimés du village... A moins de s'en servir pour retrouver Nirë... Plissava se pencha, en équilibre, pour voir mieux les elfes qui s'avançaient sans faire attention à leur environnement.


-Je m'en fous, avec ma haine je le bousillerai avant qu'il sorte son épée! Et moi j'ai un arc! IL DOIT CREVER!

-Tais-toi, j'ai entendu quelque-chose... A crier comme ça, il va vite venir...

Plissava venait de glisser, la branche à laquelle il était accroché le supportait seule maintenant, et elle menaçait de craquer d'un moment à l'autre.

-Zut de flûte à bec! Vite rentrons!

-Mais, tu prends des risques inconsidérés et après tu fais demi-tour? Tu es lâche!

-T'as raison, excuse-moi... Je... J'ai peur...

-Ca va, fait attention, c'est tout.

-Au fait, il est où le vampire?

-Un peu plus loin, à l'ouest je crois.

Les elfes s'éloignaient de l'arbre où était resté accroché l'elfe noir, et il ne les entendait plus distinctement maintenant qu'ils murmuraient. Il fit un effort pour se redresser et redescendre de l'arbre où il était.

*CCRRAAAAACC*

La branche céda sous son poids. L'elfe noir n'y pensait plus déjà et se retrouva en chute libre, n'ayant le temps que de se retourner. Il atterrit à plat ventre, et se releva le plus vivement qu'il lui était possible pour prendre son arc et récupérer sa flèche... qu'il n'avait plus! Il arracha une branche qui lui semblait droite et la tira comme une flèche sur les elfes qui déjà accouraient sabre au clair, mais elle manqua sa cible, largement. Plissava se rua sur eux, dégainant sa vorpal, et voyant la qualité de l'arme, les assaillants eurent un léger mouvement d'hésitation, qui déstabilisa le plus lâche et immature, le faisant trébucher sur une racine. L'autre stoppa net à la vue de son compagnon par terre, croyant qu'il avait été touché par quelque maléfice. Plissava fit de même, jaugeant ses adversaires, et quand le premier se baissa pour aider son compagnon à se relever, croyant à un combat à la loyale, tandis que Plissava se précipitait sur lui. Il lui asséna un violent coup de talon à la nuque, le faisant s'effondrer sur son ami, et détala à toutes jambes dans la direction indiquée comme celle où vivait le vampire.
N'étant pas suivi, L'elfe noir prit son temps, taillant sur le chemin une nouvelle paire de flèches. Il avait chassé avec succès un énorme oiseau gras, tellement gras qu'il n’avait pas réussit à s'envoler, un oiseau prit par le syndrome de Glandorn, et avait prélevé sa chair et fait de ses plumes l'empennage de ses flèches. Elles n'étaient pas très bien taillées, mais iraient probablement droit sur une courte distance. En plus elles étaient jolies. Satisfait de son travail, Plissava les accrocha à sa ceinture et tomba sur une clairière où l'odeur de la mort rôdait encore... sans doute là où avait dormi le vampire... Plissava souhaitait vraiment le trouver, pour partir avec lui à la chasse à la traîtresse.


*Je suis mauvais. Je dois tuer Nirë. Et la faire souffrir, même si ça ne me fait pas plaisir. Faire le mal pour faire le mal... D'ailleurs, je n'ai même pas besoin que ce soit elle... je ferai souffrir tous ceux qui ne me sont pas soumis... Oui, exactement! *

Il vit Nirë dans sa mémoire, éclatante, se remémora une douce nuit passée près d'elle...

*Je l'aime... Je suis paradoxal ou quoi? Si je dois tuer quelqu'un, c'est elle! Ca me libèrera, et je serai toujours heureux! ...
Mais... non, pas toujours... si je l'aime, j'aurai des regrets...
Si j'ai des regrets, je ne pourrai plus jamais être heureux, et je ne pourrai pas l'être avec elle vu que tout aura changé... Non, non, il n'y a pas de solution... Si... Mourir... Nonnnn!! Nirë... Nirë... Je... je... Je te hais.*


Pendant qu'il songeait ainsi, il avançait au gré des odeurs laissées par le vampire. Il arriva enfin en vue de ce qui semblait l'être... Un grand individu pâle, les yeux noirs, portant une grande cape... Confiant, Plissava s'avança et se montra à lui, attendant sa réaction. Un elfe noir et un vampire, c'est plutôt copain non?

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MessageSujet: Re: [Chasse] avec "la mort dans l'âme   Jeu 6 Déc - 21:39

Voix off:

Plissava devrait gagner 12.6 kilos de quelque chose, mais il n'a rien pillé.
Alors on va dire qu'il est tombé (de l'arbre) sur 35 pièces d'or qui trainaient.
Et puis il gagne 130 XPs.
Et puis moi je gagne rien du tout.

Plissava passe niveau 3, gagne 9 points d'attaque et 1 point de dissimulation.
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MessageSujet: Re: [Chasse] avec "la mort dans l'âme   

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[Chasse] avec "la mort dans l'âme
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