L'Encrier du Chaos

Roleplay dans l'univers du Donjon de Naheulbeuk
 
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Le Calme et la Tempête


Voilà bien longtemps que les Aventuriers ont quitté la région. Le fracas des armes a cessé, la fureur et la poussière sont retombés, la soif de gloire et de richesses s'est tarie. Mais les lieux ne sont pas morts pour autant : il reste toujours le vieil aubergiste, là, courbé derrière son comptoir ; et je gage que si vous aviez la curiosité de lui adresser la parole, il pourrait vous conter de grandes choses du temps passé, et allumer en vous une étincelle dont vous ne soupçonniez pas l'existence...

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 Ceux qui tiraient le cordes, dans l'anonymat.

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Elenya Inglorion
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MessageSujet: Ceux qui tiraient le cordes, dans l'anonymat.   Dim 6 Mar - 21:06

« Non mais je commence à en avoir ma claque de ce plan, on n'y comprend absolument rien du tout !
- Ah donne-moi ça, j'vais t'expliquer.
- Non, j'en ai marre, je vais marcher un peu. »

Elenya sauta de la charrette et la laissa prendre un peu d'avance, elle avait besoin de faire quelques pas pour se recentrer les idées et pour respirer un peu, loin de ce cheval qui, malgré son évidente utilité, dégageait une odeur qui indisposait l'Elfe plus qu'autre chose. Pour une raison qui lui était encore inconnue, elle enchaînait les maux de tête, et une colère qu'elle ne s'expliquait pas régissait la moindre de ses phrases, elle ne parvenait même plus à discuter calmement avec son compagnon de voyage alors qu'elle n'avait absolument rien à lui reprocher. Mais Tryndel restait compréhensif et ne cherchait pas la dispute, ainsi restait-il silencieux, après quelques veines tentatives pour calmer la Voleuse. Se massant doucement le front, elle continua d'avancer sur la route à moitié dallée, de la pierre ici et là quand ce n'était pas un amas de terre. L'entretien de ce chemin n'avait pas été fait depuis un certain temps, les grandes villes ne se contentaient plus que de soigner la périphérie de leurs grandeurs, les petites routes de campagne, plus personne ne s'en occupait. Les arbres semblaient lourds et fatigués, un peu comme l'Elfe, leurs branches ne bougeaient quasiment pas sous le léger souffle du vent, pas un seul bruissement de feuilles, qui étaient plutôt sombres pour une journée qui s'était annoncée assez belle. Ils avaient passé la nuit dans une auberge accueillante avec un personnel respectueux et pourtant, Elenya avait passé une mauvaise nuit, sa première depuis des semaines et des semaines, quelque chose n'allait pas. La nuit commençait à tomber, le soleil était encore visible juste au-dessus de la ligne d'horizon, c'était un spectacle que l'être aux longues oreilles aurait su apprécier, en temps normal. Elle ferma les yeux quelques secondes, espérant que la caresse du vent sur son visage apaiserait ne serait-ce que pendant quelques secondes le martèlement qui résonnait au fin fond de son crâne.

Regretterait-elle d'avoir donné la mort au seul frère qu'elle avait eu ? Non, s'il y a bien une chose avec laquelle l'Elfe ne perdra jamais son temps, c'est bien le regret, seul ou accompagné, justifié ou imposé. Si elle devait s'ennuyer avec les regrets, elle n'aurait pas fini de se lamenter sur son sort depuis des années et des années. Elle ouvrit les yeux, releva le menton et scruta le ciel, la Lune était déjà là. Elle était agenouillée dans l'herbe, loin de la route, depuis combien de temps ? Peu importait, elle se sentait mieux, ou du moins, elle n'avait plus envie d'égorger toute forme de vie qui pourrait lui adresser la parole. Elle jeta un rapide coup d'oeil autour d'elle pour voir si le Nain se trouvait dans les parages et surtout, pour savoir dans quelle direction aller. Elle se rappela qu'elle avait ce stupide plan dans les mains et le déplia à nouveau, avec un brin de patience supplémentaire. En se repérant à la forêt qui gémissait dans son dos, elle finit par se décider sur la direction à prendre. Le Nord, rien d'autre que le Nord, la ville qu'elle désirait rejoindre se situait – sans erreur de sa part – droit devant elle, à quelques kilomètres. Le Nain était-il déjà arrivé là-bas ? C'était fort possible, mais si tel était le cas, Elenya savait que ce dernier l'aurait attendue aux portes de la ville, malgré son tempérament de Nain et du froid qu'elle avait jeté dans leur relation, il s'était lié d'amitié avec l'Elfe, et il n'aurait pas voulu qu'il lui arrive malheur. *Un Nain qui se lie d'amitié avec une Elfe, on aura tout vu*, mais c'est cette particularité qui l'avait poussée à faire confiance à Tryndel, il était un peu différent, c'est tout ce dont elle avait besoin. Un vent se leva, plus fort que jamais, faisant danser l'herbe qui recouvrait l'intégralité de la plaine où se trouvait la Voleuse. Il n'y avait que très peu d'arbres, si on oubliait la forêt de Shlipack, à l'Est, et le bois de Glandorn, à l'Ouest. Elle reprit la marche, silencieusement, se remémora le visage souriant de Lucy avant qu'elle ne disparaisse, sans doute que cela avait signifié un genre de remerciement, mais finalement, l'Elfe ne s'en souciait guère, elle avait rempli son objectif premier, elle était libre à présent, libre de porter son nom, libre de vivre, libre d'être ce que bon lui semblera. Les kilomètres étaient longs et en pleine nuit les rencontres étaient peu nombreuses, si ce n'est inexistantes, ainsi rien ne put ralentir la progression d'Elenya, qui marchait toujours vers le Nord. Enfin, elle arriva au bord du Fleuve Elibed, qu'elle suivit sur plusieurs kilomètres avant de pouvoir le traverser par un pont qui menait directement sur la route en direction de Mliuej, les derniers kilomètres ne se firent pas spécialement sentir, l'Elfe somnolait à moitié, avec la mauvaise nuit qu'elle avait passée précédemment, le sommeil commençait à manquer. Enfin, à quelques kilomètres de la ville qu'elle pouvait maintenant apercevoir, Elenya se laissa glisser au pied d'un arbre peu éloigné de la route, avec en tête l'idée de faire une courte pause, histoire de reprendre des forces. Sereine, elle s'endormit.

Elle fut réveillée en plein milieu de la nuit par le contact humide d'une matière inconnue et une odeur des plus désagréables, ouvrant les yeux rapidement, elle fut prise d'une soudaine envie de... Vomir. Devant elle se trouvait très exactement la tête du cheval qu'elle supportait le moins sur cette planète, celui de Tryndel. Tentant tant bien que mal de supporter quelques nausées, elle repoussa brusquement la bête et se frotta le visage dans l'herbe, pour faire partir la bave immonde de l'animal et l'odeur pestilentielle de la salive répugnante qu'elle pouvait créer. La surprise et les nausées passées, elle se redressa, elle se sentait d'une humeur massacrante envers l'équidé, mais si on oubliait cette envie de le saigner sur place, elle était fraîche comme une fleur qui venait de naître, jamais elle ne s'était sentie aussi bien depuis au moins deux bonnes journées. Oubliant l'espace d'un instant le cheval, elle repensa à son maître, elle ne voyait ni charrette, ni nabot pour lui râler après, l'interrogation se posait, mais où est donc or ni car Tryndel ? Elle fut coupée dans son élan de réflexion par un bruit de chute, une masse importante venait de s'écraser au sol, en d'autres termes, la bête qui l'avait tirée du sommeil s'était écroulée, tremblante. Se rapprochant doucement de l'animal, Elenya remarqua qu'il était très faible, et que la vie était certainement en train de le quitter. La fatigue peut-être, un choc émotionnel pourquoi pas, un paquet de chips qui est mal passé tant qu'on y est. Après avoir prononcé quelques paroles à l'attention du repos de la bête, la Voleuse se dirigea vers Mliuej mais elle fut rapidement interpellée par une voix grave et forte, elle ne l'avait jamais entendue mais elle croyait savoir à qui elle appartenait, ou du moins, elle le supposait. Pivotant à cent quatre-vingt degrés, elle se concentra sur le lieu d'où aurait pu provenir l'appel, enfin, une grande silhouette apparue, un homme approchait. Se félicitant intérieurement d'avoir deviné l'identité du propriétaire de cette voix grave, elle se rappela cependant de rester sur ses gardes. Si cet homme était de mèche avec son défunt frère, il n'était peut-être pas excessif d'être trop prudente.


Elenya - Qui est là ?
Inconnu - Ce serait plutôt à moi de poser la question.
E. - Donc tu es bien l'homme qui se trouvait avec mon frère, l'autre jour.
I. - Je vois, c'est donc toi qui a tué Elrohir ? Je dois avouer que tu m'as rendu un fier service, je n'aime pas m'occuper de la sale besogne, tu as le droit de les refuser mais je te présente mes sincères remerciements. Je me présente, Zack.
E. - Quoi, tu veux dire que tu étais avec lui pour le tuer ?
Z. - Au début, oui, mais il était sur la piste d'un objet fort intéressant aux pouvoirs mystérieux, une amulette il me semble, mais je ne pensais pas que tu allais le tuer lorsque je suis parti l'autre jour, j'ai perdu l'objet c'est dommage. A moins que...
E. - Que je ne l'ai récupéré, c'est ça ?
Z. - Donne-le moi.
E. - Je ne vois pas du tout en quoi cela pourrait vous servir.
Z. - Et toi tu ne sais tout simplement pas à quoi il peut bien servir, donc je te conseille de me le donner, rien d'autre.

Elenya posa la main sur l'amulette qu'elle avait autour du cou, cet objet, en effet, lui était particulièrement étranger. Elle ne savait rien sur lui, elle l'avait juste récupéré des mains, ou presque, d'Elrohir. Elle ne comptait pas dans l'immédiat découvrir tout les secrets de ce bijou, mais si quelqu'un d'autre désirait le récupérer, c'est qu'il avait une valeur sentimentale, ou du moins que ça pouvait valoir un bon prix, ou encore, qu'il recelait quelques savoureux secrets, ou pouvoirs... Captivée par l'idée de trouver dans un futur plus ou moins proche une utilité à cette amulette, elle ne pouvait pas se résoudre à la céder à quelqu'un, du moins, pas aussi facilement.

E. - Et qu'est-ce que j'y gagne ?
Z. - Haha, c'est de l'or que tu veux ? J'en mangerais presque le matin tellement ça peut déborder là où je travaille, si c'est ce que tu cherches, on va pouvoir s'arranger.

Cela semblait trop facile, trop simple, trop rapide, l'Elfe restait méfiante.

E. - Qu'est-ce qui me pousserait à te faire confiance, je ne te connais pas, et tu débarques, là, comme ça. Bientôt tu vas me demander de te suivre dans je ne sais quelle ruelle sombre pour une transaction, et je me ferais découper en rondelle 30 secondes plus tard par tes copains embusqués.
Z. - Haha, tant de méfiance, ça en serait presque insultant, mais si tu ne peux pas accepter un petit sacrifice pour obtenir ce que tu cherches, alors les négociations vont devoir s'arrêter prématurément.
E. - Je dois avouer que je préfère cette tournure là, les négociations à l'amiable, rien de plus ennuyeux.
Z. - Sache que tu joues ta vie petite, tu n'as ni l'avantage du terrain, et tu ne sais pas quel individu odieux pourrait surgir de derrière un arbre pour te distraire, pendant que ses dix copains te sautent dessus.

L'Elfe tentait de se résonner, Zack ne pouvait que bluffer, il n'avait jamais prévu de la croiser ici, et même si c'était le cas, avec le tempérament qu'il semblait dégager, il aurait insisté pour s'occuper du problème tout seul, après tout, il n'y avait personne d'autre avec lui et son frère. Oui, il bluffait, elle en était presque sûre maintenant et pourtant, une petite part de doute la gênait, il y avait cette toute petite part de chance qu'il dise vrai, et qu'elle était déjà morte avant d'avoir pensé à esquisser le moindre geste. Enfin, elle abandonna les réflexions inutiles et se fia à son instinct, un adversaire coriace se trouvait devant elle, et il devait mourir, ou du moins, finir hors d'état de lui nuire directement. Elle se devait de rester concentrée et attentive, le moindre faux pas et ce guerrier puissant la casserait en deux, c'était à n'en pas douter.

Z. - Tu es prête ?
E. - Toujours.

A une vitesse qu'elle avait mal jugée, le guerrier se rua sur elle, échappant de justesse à un uppercut qui aurait pu lui briser la mâchoire, elle n'eut le temps d'esquiver la poigne de fer de son adversaire. Face à cet amas de muscle et de force, son corps léger et plus fragile n'eut aucun mal à décoller du sol, pour aller s'écraser contre le tronc d'arbre le plus proche. Effectivement, il n'y avait personne derrière, mais elle avait bien failli y laisser une côte tout de même. Elle cracha du sang, et se redressa tant bien que mal assez rapidement, mais ce n'était pas suffisant, un coup de poing dont elle ne discerna pas la puissance la percuta de plein fouet au niveau de l'estomac, elle en régurgita presque ses propres tripes. Respirant avec peine et frôlant l'évanouissement, elle essaya de prononcer quelques mots mais rien n'y fit, c'était peine perdue. Résignée, elle attendit son échéance, se répétant qu'elle avait été stupide de vouloir affronter un adversaire de front, elle avait beau être une combattante entraînée, sa force résidait aussi dans la surprise de ses attaques. Elle manquait de tactique, et d'entraînement, de réflexion, elle se rendit compte qu'elle n'était pas aussi forte qu'elle le pensait, avoir réussi à tuer son frère était finalement un coup de chance, rendu si faible par un excès de folie, elle l'avait écrasé, purement et simplement. Mais à cet instant précis, c'est elle qui se faisait si facilement rétamer, elle avait honte et en même temps, elle éprouvait une colère sans limites envers elle-même, elle avait été si stupide de croire en des capacités qu'elle n'avait pas ! Elle se serait bien remise en question pour devenir plus compétente, mais la mort semblait s'approcher à grands pas, derrière d'innombrables ombres plus ou moins mouvantes. Les poings serrés, les yeux mi-clos, elle décolla du sol, pas pour recevoir un coup semblait-il, on la portait. Enfin, après quelques secousses, elle perdit connaissance.

Rien ne vint troubler son sommeil, pas une seule apparition de Lucy, pas une saleté de cheval pour venir lui lécher le visage, par une saleté de pomme pour lui tomber sur la tête, par un lit trop petit pour qu'elle se mange le sol en glissant, pas un couple trop instable de taverniers pour se faire réveiller par les engueulades, pas un nain chiant qui se lève à six heures tous les matins, pas une charrette qui bouge sans arrêts, pas un geôlier pour la secouer en plein coma. Elle regretta d'ailleurs le Nain quand elle ouvrit les yeux, car c'est lui qu'elle aurait aimé voir, et pas une cellule pourrie et optionnellement puante dans laquelle elle gisait à moitié morte. Elle était couchée sur un tapis très fin de paille, à côté d'elle se trouvait un seau qu'elle espérait vide, un bol en bois qui lui l'était, pas de couchette, pas de banc, pas de chaise, personne derrière la grille. Un faible lumière parvenait à s'infiltrer par une fenêtre minuscule dans un coin de la pièce à hauteur du plafond, avec quelques bouts de tissus rongés par les insectes qui flottaient autour. Elle referma les yeux quelques instants, le temps de reprendre convenablement ses esprits, personne ne venait la déranger, pourtant, elle sentait une présence proche, quelqu'un la surveillait, dans l'ombre. Zack ? Peut-être, ou pas. Enfin, elle aspira un grand bol d'air pas très frais, et se releva, un court vertige lui fit tourner la tête quelques secondes, et elle put enfin se poser sur ses deux jambes, observant l'endroit. Rien de bien nouveau avec ce qu'elle avait pu voir précédemment, la cellule était assez petite, des grilles l'entouraient, et effectivement, un homme était assis, le visage dans l'ombre, tourné dans sa direction.

Geôlier – Alors c'est toi, la nouvelle ?
Elenya – La nouvelle, qu'entendez-vous par là ?
G. - Bah, la nouvelle quoi, ça prend des envies comme ça des fois, et ça embarque quelqu'un.
E. - J'ai à peu près la tête qui va exploser donc si vous pouviez être un peu plus...
G. Ah tais-toi, c'pas l'moment d'pialler, t'es prête à sortir ?
E. - Sortir où ? Pour faire quoi ?
G. Pitain mais c'pas vrai, t'en tiens une de ces couches ma parole, non mais franchement.

L'étrange personnage s'approcha de la porte de la cellule, sortit un gros trousseau de clés et sans regarder laquelle il prenait, il en glissa une dans la serrure, et ouvrit... La cage. Elenya restait immobile, elle n'avait ni l'envie ni la force de se jeter dans un quelconque affrontement pour le moment, ainsi elle attendit la suite des évènements, dubitative.

G. - Allez, sors de là et suis-moi. S'tu fais la moindre connerie ma p'tite, j'te préviens direct, j'te pète un bras.
E. - Ca a au moins le mérite d'être...
G. Ta gueule.

S'il y a bien une chose que l'Elfe ne supportait pas, c'était la vulgarité totalement gratuite et non méritée, mais elle n'était pas en position favorable pour s'amuser à répondre, ainsi laissa-t-elle la remarque passer, et suivit silencieusement le geôlier le long de quelques couloirs. Elle n'avait pas besoin de mémoriser la route puisque ce n'est pas de l'entrée ou de la sortie qu'elle venait, mais certainement du centre de cet étrange construction, au fond d'une prison. C'est alors qu'elle eut un éclair de lucidité, peut-être s'était-elle faite enfermer dans les prisons de Mliuej ? Elle ne savait cependant pas pourquoi, Zack était bien loin de représenter une quelconque garde de la ville, il aurait d'ailleurs plutôt été du genre à se retrouver lui aussi au fond d'une prison. Jugeant cette réflexion absurde, elle abandonna l'idée de tenter de comprendre où elle était, tout ce qu'elle pouvait faire à présent, c'était attendre, et occasionnellement, subir. Les couloirs étaient à peu de choses près tous identiques, les torches sur les murs, les portes en bois taillées à la va-vite nombreuses, des notes parfois clouées sur celles-ci, mais Elenya n'avait pas le temps de lire, dommage, ça aurait pu l'aider à nourrir sa curiosité et à taire son perpétuel sentiment d'insécurité. Enfin, après maints détours dans des couloirs sombres et mal éclairés, elle pénétra, derrière son geôlier, dans une grande pièce plutôt bien décorée. Une grande table au centre, autour de laquelle étaient assis de nombreuses personnes, des chandeliers éparpillés dessus, des pièces d'or, des cartes, des instruments de mesures, des plumes et des encriers, sur les murs, des pancartes, l'Elfe essayait de voir le plus de choses en possible dans le petit temps qui lui était imparti, en effet, l'inconnu lui baissa de force la tête et la fit s'asseoir à une chaise curieusement vide, elle était entourée d'une bonne vingtaine de personnes.

G. - J'vous ai am'né la nouvelle, maint'nant, j'me casse.

L'homme n'attendit pas un quelconque signe de compréhension, il disparut rapidement en refermant la porte derrière lui. Elle reconnut Zack sur une des chaises, et remarqua que toutes semblaient s'accorder autour d'un seul et même grand pseudo-trône. Sur celui-ci était assise une grande femme aux cheveux sombres, au regard noir et à l'expression sérieuse.

Femme. - C'est qui, elle ?
Zack. - Je l'ai trouvée hier, j'ai pensé qu'elle ferait une bonne recrue...
F. - Vous pensez ? Avec tous les problèmes qu'on a aujourd'hui, vous n'avez vraiment rien d'autre à foutre ?
Z. - Excusez-moi, mais avec l'effectif réduit qu'on a en ce m...
F. - Justement, j'ai besoin de vous pour autre chose que de ramasser le premier con qui passe pour l'embarquer ici, qu'est-ce que j'en fais maintenant de cette Elfe, en plus ?
Z. - Et bien...
F. - Laissez tomber, je vais régler ça rapidement et simplement. Pis d'ailleurs, comme c'est toi qui ramène ta merde, tu vas l'accompagner dans la salle et régler le problème.
Z. - Dans la salle ?
F. - Dans la salle.
Z. - Qu'il en soit ainsi...

Zack se leva, silencieusement, il se dirigea vers moi. Personne ne parlait, ou plutôt, personne n'osait parler. A vrai dire, les hommes, car il n'y avait que des hommes, devaient attendre d'avoir l'autorisation d'ouvrir la bouche, sous peine de perdre un bout de langue, ou d'autre chose. Elenya les comprenait, cette étrange femme semblait exercer une forte autorité sur l'assemblée ici présente. Mais qui était donc tout ce beau monde ? L'Elfe n'en savait rien, et elle ne pensait pas l'apprendre de sitôt, hélas. Suivant cette fois-ci Zack, elle ressortit de la pièce, mais s'arrêta un instant, le guerrier marqua une pause après avoir refermé la porte, comme s'il attendait quelque chose. En tendant l'oreille, Elenya crut comprendre de quoi il était question. Derrière la porte, la brune hurlait.

F. - Le prochain qui me fait une merde pareille, je vous le dis haut et fort, je lui coupe les couilles sur cette table ! J'en ai marre de vos conneries, à chaque fois que vous pouvez me pourrir la journée, vous sautez sur l'occasion, vous croyez que ça m'amuse de diriger une bande de cons pareille ? Zack va avoir droit à son poing dans la gueule parce que c'est mon bras droit mais ça ne l'excuse en rien, et me faites pas la tête des gars qui pensent qu'il n'est pas encore mort grâce à son grade, je vous rappelle que malgré ses conneries, lui il le mérite, combien y en a-t-il qui mérite une place à cette table ? Et bah quedal moi je vous dis, rien du tout, je peux les compter sur les doigts d'une main d'un manchot bande d'ignares ! Bougez-vous le cul maintenant et...

L'Elfe n'entendit pas la suite, Zack reprenait le chemin et la tirait vers lui, ainsi donc cet étrange guerrier était le bras droit de la brune, mais quelle fonction exerçait-elle donc à Mliuej ? Elle n'avait pas l'étoffe d'un seigneur et pourtant, c'était l'explication la plus plausible. Dirigeait-elle cette ville ? Elenya espérait ne pas trop tarder à le savoir, mais ce qui lui importait le plus maintenant, c'était de sortir vivante d'ici. Alors qu'elle marchait dans un autre couloir, derrière Zack, elle fut surprise par quelqu'un qui ouvrit une porte assez violemment. Elle tomba nez à nez avec une jeune femme, habillée avec de vieux bouts de tissus, derrière elle, plusieurs femmes qui portaient le même type de vêtements, le personnel de ménage ? Qui sait. Le guerrier tira une nouvelle fois l'Elfe par le bras et l'emmena dans une salle plus petite, moins éclairée, qui comportait une seule petite table, quelques tabourets, une grande armoire et un lit.

Z. - Tu sais, ça ne me fait pas spécialement plaisir de devoir te tuer, mais si je veux pas moi-même y laisser la vie, tu comprends...
E. - Ce n'est pas trop frustrant de se faire diriger par un femme ?
Z. - Si elle avait été vraiment féminine, si, mais j'ai toujours pensé que c'était un pur homme réincarné, un ancien chef de guerre, peut-être.
E. - Je vois le genre...
Z. - Mais bon, si tu es vouée à une mort certaine, et vu le peu d'occasions qui se présentent ici, tu ne m'en voudras pas si j'en profite un peu avant de te saigner comme une porcine.

Le discours assez répugnant du guerrier alerta Elenya qui s'apprêtait à fuir en courant, quoique, après mûre réflexion, elle se rappela qu'il avait fermé la porte à clé en entrant, et que ladite clé se trouvait quelque part planquée sous son attirail de plate, qu'il était d'ailleurs en train d'enlever. Concevoir ne serait-ce que l'espace d'un instant se laisser faire par cet homme ignoble lui donnait presque la nausée, allait-elle donc se faire violer, sans rien pouvoir faire, ici et maintenant ? Les hommes, qui n'étaient déjà pas bien haut dans son estime, venaient de toucher le fond, s'il y a bien des créatures qui devraient être répudiées de cette planète, ce seraient bien les hommes. Zack la pensait certainement trop faible pour bouger, et même ne serait-ce que pour réfléchir, ainsi, enivré par quelques rêves dégueulasses, il baissa complètement sa garde, tournant le dos à la prisonnière, occupé à enlever une nouvelle couche de vêtements. L'occasion ne se présenterait pas deux fois, et l'Elfe remercia intérieurement un Dieu de la chance, quelque part. Elle attrapa le premier objet qui lui tomba sous la main, un clou assez imposant, et s'approcha silencieusement du guerrier. Sans son armure, il était bien moins imposant, et surtout, il était bien plus facile de le blesser maintenant. Oui, on peut dire que le destin ne voulait pas la laisser mourir ici et maintenant. Enfin, elle était à quelques centimètres seulement de cet amas de chair répugnant, elle leva le clou des deux mains, et assena un coup de toute la puissance qu'elle pouvait donner dans la nuque de l'étrange homme. Il hurla de douleur, se retourna brusquement et envoya valser l'Elfe dans un coin de la pièce. Ne parvenant pas à ôter le clou de sa peau, il continua de hurler en tournant dans la pièce, il perdait beaucoup de sang à force de tripoter le clou, enfin, après quelques minutes de gesticulations et d'insultes à l'égard de la prisonnière, il s'écroula dans une mare de sang.

Le guerrier était mort, elle n'était plus promise à un viol certain, mais elle était toujours enfermée dans cette salle, au milieu de ce bâtiment donc elle ne connaissait ni l'aspect, ni la construction, en fait, elle ne savait rien. Jetant un rapide coup d'oeil sur les murs, elle ne remarqua aucun plan, bien évidemment, personne n'en avait besoin, c'était certain. Fouillant maintenant le cadavre encore chaud du guerrier, elle trouva les clés, ouvrit la porte, mais tomba nez à nez avec une personne qu'elle avait déjà croisée en ces lieux. Fort heureusement, ce n'était pas la brune à la grande gueule, non, c'était l'étrange petite femme habillée comme un sac qui apparut devant elle. Un seul regard suffit et cette dernière entraîna Elenya par le bras, où, elle n'en savait rien, elle avait une confiance aveugle en la seule personne susceptible de lui donner un petit coup de pouce dans cet amas de mystères. Elle l'entraîna dans un petit cagibi où elles se cachèrent.


Inconnue – Tu as tué maître Zack ?
Elenya – Je n'avais pas trop le choix, c'est lui qui allait me tuer...
I. - Il faut que tu ailles voir la patronne tout de suite.
E. - Pardon ?
I. - Il y a une règle très simple que tout le monde a accepté ici. Si une personne qui a connaissance de ce lieu désire prendre la place d'un membre, il a plusieurs possibilités, dont le meurtre.
E. - J'ai peur de comprendre.
I. - C'est ça. Puisque tu as tué Zack, tu as le droit de prendre sa place en tant que bras droit.
E. - Mais c'est complètement absurde !
I. - Chut, pas si fort. Pourquoi ça serait absurde ?
E. - Et bien déjà parce que je débarque, je ne connais personne et personne ne me connaît, je ne sais pas où je suis, je ne sais pas qui sont ces gens, et puis je n'ai pas vraiment envie de devenir le bras droit de cette femme.
I. - C'est ta seule et unique chance de t'en sortir vivante.
E. - Et c'est pour me dire ça que tu m'as emmenée ici ?
I. - Oui... Je ne pouvais pas te laisser te faire tuer sans que tu saches que tu pouvais t'en sortir.
E. - Et qui me dit qu'on ne me tuera pas, là ?
I. - Car si tu fais valoir le fait que tu as tué Zack de tes mains, peu importe la manière, tu peux prendre sa place. Et dans la situation actuelle, tu devrais le faire.
E. - Et qui me dit qu'ils accepteraient ?
I. - C'est une règle d'or, établie depuis des lustres que tout le monde respecte, avec d'autres règles mais pour l'instant on s'en fiche. Le plus important, c'est que tu ne te fasses pas tuer.
E. - Et pourquoi ? J'imagine qu'il y a une part d'intérêts personnels là-dedans.
I. - Hum, oui, ça je t'en parlerai plus tard.
E. - Je tiens quand même à rester sur l'avis que c'est complètement absurde.
I. - Si tu veux, maintenant, sortons, et fais comme si tu ne m'avais pas vue, et tu dois être sûre de toi.
E. - Absurde...

L'Elfe n'arrivait pas à cerner de quelle façon elle avait bien pu se retrouver dans une situation pareille, c'était à devenir fou. Cela dit, elle n'avait de toute évidence aucune échappatoire, et quelqu'un finirait bien par lui tomber dessus pour l'égorger, sa seule chance était de parler de ce fameux droit. C'était la seule chose qui pouvait lui sauver la vie, en espérant que l'inconnue ne lui ai pas fait la plus mauvaise blague de la décennie car Elenya ne cessait de se le répéter, ce qui était en train de se passer était complètement absurde, à croire que quelqu'un là-haut n'avais pas trouvé mieux. Cela dit, elle se retrouva à nouveau dans un couloir, et marcha, en tournant au hasard. Enfin, elle tomba nez à nez avec un grand barbu qui avait l'air, il faut l'avouer, trop peu commode. Obligée de lever la tête pour le regarder dans les yeux, elle prit la parole, sûre d'elle.

E. - J'ai tué Zack de mes mains, je veux parler à la brune à la grande gueule.

Sa formulation avait peut-être joué en sa faveur, car l'inconnu avait affiché un léger sourire avant de lui faire signe de le suivre, et de la mener jusqu'à la grande salle où elle était tantôt, à la seule différence que la femme était seule cette fois-ci.

Femme – Qu'est-ce qu'elle fiche encore ici, elle ?
Inconnu – Je crois qu'elle a une information qui pourrait finir de pourrir votre journée, madame.

Il fit rapidement demi-tour et quitta la pièce en courant presque dans le couloir, l'Elfe crut l'entendre exploser de rire.

F. - C'est quoi cette nouvelle, bordel ?
E. - J'ai tué Zack.
F. - Pardon ?
E. - Zack est mort, je l'ai tué.

La grande brune partit dans un fou rire presque inexplicable, frappant du poing sur la table, Elenya se rendit compte qu'elle aurait pu la tuer avec une blague tellement elle était bruyante et qu'elle se pliait en deux. Enfin au bout d'une minute ou deux, elle s'arrêta, reprit son souffle et regarda l'Elfe.

F. - Et en plus de ça, c'est pas des conneries. J'me disais bien qu'il s'était pas planté un clou tout seul, même s'il était sacrément con.
E. - Donc, j'ai droit...
F. - De prendre sa place, oui, je sais. J'ai toujours trouvé cette règle complètement conne de toutes façons.

La femme se leva, une dague à la main, elle s'approcha de la Voleuse. Cette dernière savait qu'elle n'aurait pas dû faire confiance à l'autre tarée, elle aurait peut-être pu mourir en courant dans les couloirs comme une folle, mais au moins son espérance de vie se serait vue allongée d'au moins quinze minutes, tandis que là, ça allait s'écourter, peut-être un peu trop même.

F. - Tiens, prends, Beltor va venir pour te guider ici, et t'expliquer qui nous sommes et ce que nous faisons. Si je dois hériter d'une pauvre cruche comme bras droit, j'aimerais au moins qu'elle sache venir aux réunions.

Elenya, à sa grande surprise, attrapa la dague, alors, tout était vrai. Elle ne savait plus trop quoi penser, et se contenta de suivre l'homme qui vint la chercher. Il la mena d'abord dans une salle où était entreposés divers vêtements et armures, l'Elfe portait une vieille tunique rongée par les insectes, sortant tout droit de la prison. Elle fouilla un peu et trouva un pantalon et une veste de toile à sa taille, foudroyant du regard Beltor, celui-ci sortit de la pièce pour qu'elle puisse se changer, tous les hommes n'étaient peut-être pas des salauds, au final. Habillée un peu plus convenablement, elle ressortit de la pièce, et recroisa une de ces jeunes filles habillées comme des sacs, elle lui fit un clin d'oeil, Elenya ne comprenait pas pourquoi. Beltor lui donna un parchemin sur lequel était représenté le plan de l'étage, lui expliquant que pour le moment, elle n'avait pas besoin de connaître plus les yeux, elle se demanda ce qu'il avait voulu dire, par 'pour le moment' ? Faisait-il lui aussi partie de toutes ces personnes qui s'amusaient avec son destin en lançant par exemple quelques dés pour savoir si elle allait mourir en percutant un arbre ? C'était vraiment du n'importe quoi, la Voleuse secoua la tête et quitta ses tergiversions, elle était habillée et armée, et se sentait donc plus en sécurité, c'était un bon pas vers la survie. Ils arrivèrent alors dans une autre salle qui ressemblait encore beaucoup aux autres, et l'homme l'invita à s'installer sur la couchette, lui s'éloigna un peu pour s'asseoir sur une chaise.

Beltor – Bon, t'es vivante, chapeau, franchement, quand t'es arrivée hier soir, je pensais que t'allais pas passer la nuit.
Elenya – Moi aussi j'ai un peu de mal à y croire à vrai dire...
B. - Ben en fait, on va dire qu'il n'y a peut-être pas que du hasard là-dedans...
E. - Super, la seule phrase que je ne voulais pas entendre.
B. - Enfin bon, je vais commencer par le commencement.
E. - A la bonne heure.
B. - Tu es donc ici dans la quartier général de la guilde des voleurs et des assassins de la cité de Mliuej.
E. Mliuej possède une telle guilde ?
B. Officiellement, non, officieusement, oui. En fait, personne ne sait qu'elle existe, personne n'est au courant, mis à part les membres eux-mêmes, et même si une quelconque information sort du filet, les responsables meurent très vite, les crimes sont déguisés, et le secret est gardé. Il y a une petite guilde de voleurs connue, mais rien de bien méchant, des boulets pour la plupart.
E. - C'est assez expéditif comme méthode.
B. - Et ça marche. Entre autres choses, la guilde est comme qui dirait, à la tête de la ville.
E. - Il n'y a pas un seigneur qui dirige, ici ?
B. - Et bien en fait cela fait quelques mois que ledit seigneur est mort, vu que la guilde était très présente au château, nous avons pu taire la nouvelle et faire croire à une assemblée constituée par le seigneur lui-même pour enrôler ses responsabilités, en gros, tout le monde pense que le seigneur est parti quelque part même si certains pensent qu'il est mort, mais que la ville est régie par une organisation tout ce qu'il y a de plus droit, de plus juste et de plus officiel.
E. - Et ça fonctionne ?
B. - Des gens doutent certainement mais ça ne dure généralement pas très longtemps, au début ça a été un peu dur mais aujourd'hui tout se déroule pour le mieux, la guilde possède la ville, les habitants vivent normalement, les affaires tournent, le commerce ne s'écroule pas, enfin bref, Mliuej se porte bien et c'est notre objectif principal.
E. - Pourquoi une guilde d'assassins et de voleurs aurait intérêt à veiller à la survie d'une ville ?
B. Tu veux dire, si on oublie que les marchands font partie de la guilde, que beaucoup de personnes ont recourt à nos services, qu'on évite tout conflit avec la population, et qu'une ville qui continue à progresser ça rapporte quand même beaucoup ?
E. - Admettons.
B. - Si on avait mis quelqu'un en particulier à la tête de la ville et ce officiellement, il y aurait eu des mécontents, peut-être même des révoltes, et ça n'aurait été bon pour personne.
E. - Oui, je comprends.
B. - Donc comme je disais, il y a beaucoup de personnes qui sont en relations avec la guilde sans pour autant être des assassins ou des voleurs, comme les marchands, par exemple, enfin pas tous, et d'autres personnalités importantes.
E. - Et la garde ?
B. - Il y a quelques personnes infiltrées dans la garde, mais pour la plupart ce sont des personnes qui étaient déjà là quand le seigneur était encore vivant, il n'y a aucun intérêt à les tuer, ils ne soupçonnent même pas notre existence et puis il faut l'avouer, ils font bien leur boulot.
E. - Assez drôle.
B. - Toujours est-il qu'aujourd'hui nous sommes confrontés à un problème.
E. - Qui est ?
B. - Velma, la patronne, est pas loin de la fuite.
E. - La fuite ?
B. - Oui, elle va tous nous faire griller, elle est sur le point de se faire acheter par je ne sais trop quel homme qui gagnerait beaucoup à diriger ou à dissoudre notre organisation, je te dis pas la prime si on se fait tous enfermer ou abattre, des couilles en or, moi j'le dis.
E. - Et donc ?
B. - Il y a beaucoup trop de personnes qui lui sont fidèles pour qu'on ligue tout le monde contre elle, en d'autres termes, toutes les personnes qui font partie de l'organisation ne peuvent strictement rien faire.
E. - Et un meurtre prémédité, quelqu'un prend sa place et n'en parlons plus, non ?
B. - Le problème c'est que personne n'est capable d'endosser ce rôle ou personne ne veut en tous cas, ce sont de grosses responsabilités.
E. - Que de bonne volonté...
B. - C'est un fait. De plus, une personne qui est très ancienne dans la guilde, si elle tue un autre membre, c'est une trahison.
E. - Hein ?
B. - Une autre règle...
E. - A la con oui, vous cumulez on dirait.
B. - Enfin bon, c'est pour cela que l'on est coincé. Les nouveaux ne veulent rien entendre et sont trop fidèles à Velma pour faire quoi que ce soit, les anciens, c'est foutu, et ce n'est pas une de ces femmes qui fait le ménage qui risquerait de faire quelque chose.
E. - Je suppose que vous allez me parler de mon rôle dans l'histoire, là ?
B. - Effectivement. Tu es arrivée il y a peu, tu es une voleuse entraînée, tu sais tout, tu pourrais le faire.
E. - Et si je n'ai pas envie ?
B. - Et bien soit, on finira par tous se faire arrêter, ou tuer, quand Velma nous aura vendu.
E. - Qui me dit que vous n'êtes pas en train de me monter contre elle alors que tout est faux ?
B. - A vous de voir, je ne peux vous donner que ma parole.
E. - Bon, et je fais comment, elle a l'air d'être une assez bonne guerrière...
B. - Tout sera arrangé, tu n'auras presque plus qu'à assener le coup fatal, enfin, ça ne sera peut-être pas aussi facile, on va donc faire notre possible pour augmenter tes chances de succès. Il en va de notre survie.
E. - Evidemment, vous n'allez pas faire ça pour le plaisir...

Un mois s'écoula depuis cette entrevue avec Beltor, un mois d'entraînement, de réunions foireuses, de coups de gueules, un mois de mal de tête, de fatigue, de crânes brisés. Un mois de baston, de duels, d'engueulades, un mois de torture, d'informations importantes ou complètement foireuses, un mois de pièces d'or dans les poches, un mois de vêtements rapiécés et de tâches de sang. En d'autres mots, un mois captivant. A la fin de ce mois (oui, j'arrête), Elenya se vit confier une mission un peu plus importante que les autres.

La réunion était assez mal ordonnée, comme d'habitude, Velma distribuait les ordres et les hommes partaient les uns après les autres, à la différence qu'habituellement, Elenya recevait ses ordres après Boris et avant Trevor, tandis que cette fois-ci, la patronne l'ignora comme si de rien n'était. En silence, Elenya attendit la fin de la réunion mais n'eut pas à questionner sa supérieure, car c'est elle qui vont lui parler directement.


Velma – Oui je sais, t'as pas eu tes ordres tout de suite mais tu dois être la seule à être au courant cette fois-ci, et déconne pas.
Elenya – Je t'écoute.
V. - De l'autre côté de l'embranchement du fleuve Elibed, à 20 kilomètres au Nord-Ouest se trouve le petit village de Boladar, là-bas tu devras retrouver un homme qui répond au nom de Gustav Fénomor, il a paraît-il une information de la plus haute importance concernant le maire de Chnafon.
E. - Mais c'est assez...
V. - Cet homme est certes renommé pour la véracité de ses informations, mais aussi pour être un homme cruel, indigne de confiance et expert au combat.
E. - Ah.
V. - C'est pourquoi c'est une mission à la fois importante et dangereuse que je ne peux confier à personne d'autre, je compte sur toi, tu lui tires les vers du nez et s'il y a la moindre embrouille tu décampes illico, je ne veux pas de bavure, ni qu'on m'annonce que tu t'es faite éventrer dans une immonde guet-apens, parce que celle qui organise les guet-apens dans la région, c'est moi. Enfin bref, vas-y.
E. - A vos ordres madame !
V. - Ah ta gueule, et fiche-moi le camp !

Elenya quitta la pièce, elle avait pris le rythme des missions, des pièces d'or qui chantent et dansent dans sa petite bourse, le rythme des combats rapides, précis et souvent très dangereux, elle s'était accomplie, elle se sentait progresser, réellement, pour une fois. Mais ce travail, elle ne le devait qu'à elle-même, certes lui avait-on fournit le matériel nécessaire, mais c'était son courage, sa patience et sa persévérance qui payait, et qui allait d'ailleurs payer plus que ce qu'elle aurait pu imaginer. En sortant du bureau des réunions, l'Elfe fut interpellée par Beltor qui comme à son habitude, partant avant elle, voulait connaître la tâche qu'elle devait accomplir.

Elenya – Désolée Beltor, mais cette-fois ci, c'est confidentiel.
Beltor – Alors laisse-moi te conseiller de rester sur tes gardes, des rumeurs courent comme quoi un événement très important approche, et pourrait même avoir lieu ce soir. Je sais que Velma doit quitter Mliuej pour la nuit, alors surtout, sois prudente, je crois bien qu'elle soupçonne une possible trahison dans ses propres rangs, et tu es sa cible prioritaire. Tu ne veux vraiment pas me dire ?
E. - C'est gentil de t'inquiéter pour moi mais je vais m'en sortir, je te raconterais tout une fois rentrée.
B. - Adieu Lyly, j'espère qu'on se reverra.
E. - Sans aucun doute.

Elenya prit le chemin habituel, au début, c'était un peu compliqué de se repérer dans tous ces couloirs qui se ressemblent, mais ce soir là, l'Elfe ne faisait même plus attention à l'itinéraire qu'elle prenait, ses pas suivaient un chemin naturellement imprimé dans sa mémoire, elle pouvait pleinement réfléchir à ce qui l'attendait. Enfin, après quelques minutes de répit à l'abri dans les sous-sols du Château du Seigneur, la Voleuse arriva dans le grand hall. Elle traversa l'immense pièce et emprunta la grande porte du Château, puis quitta la ville. Elle portait une combinaison en cuir noircie pour une plus grande discrétion, un ruban tenait attachés sa longue chevelure blanche, armée d'une dague, d'un arc et de quelques flèches, elle marchait d'un pas déterminé. Elle esquiva un camp de brigands, en temps normal, elle se serait fait un plaisir d'aller leur faire les poches, mais ce soir là, elle n'en avait pas le temps, elle devait rester concentrée sur sa mission. Arrivée au bord du fleuve Elibed, elle glissa silencieusement dans l'eau et nagea jusqu'à l'autre rive, le courant n'était pas très fort et il n'avait pas plu depuis plusieurs jours, l'eau était fraîche, Elenya était plus réveillée que jamais, plus attentive, plus sûre d'elle.

Elle ne se l'expliquait pas vraiment, mais une lueur d'excitation brillait constamment au fond de ses yeux, elle savait que quelque chose allait se passer, elle avait hâte, mais savait rester sur ses gardes. Enfin, elle arriva en vue du village de Plonku, qu'elle contourna. Elle pris le pont qui passait au-dessus du Fleuve et arriva à moins d'un kilomètre de Boladar, tous les sens en alerte. Arrivée près des habitations, elle remit son arc à l'épaule et glissa sa dague dans sa botte gauche, inutile de venir avec toutes les armes dehors, ça effraie plus qu'autre chose et surtout la populace, or, il fallait rester discret. Elle pénétra dans l'auberge dont elle ne prit même pas le temps de relever le nom, et fouilla la salle du regard, très rapidement. Elle reconnut immédiatement l'homme qu'elle cherchait, celui qui a l'air d'attendre quelqu'un tout en faisant semblant d'être là normalement. Elle s'installa à sa table, en face de lui, les yeux dans les yeux, en moins de trois secondes.


Elenya – Gustav ?
Inconnu – Chuuut, pas ici, sortons.

Elenya suivit l'inconnu dehors, même si elle ne savait pas encore s'il s'agissait bien de Gustav, question qu'elle oublia immédiatement en quittant l'auberge, car elle ne s'attendait pas du tout à rencontrer la personne qui l'attendait.

Elenya - Tryndel, mais qu'est-ce que tu fais ici ?
Tryndel – Apelle-moi Gustav, veux-tu ? Et tu connais ça Elenya, on fait tourner la machine, on fait tourner la machine...
E. - Ne me dit pas que c'est toi...
T. - Et si, mais ce qui surprend le plus généralement, c'est le fait que je suis un nain, toi, ce n'est pas pareil.
E. - Tu l'as dit...
T. - Pour tout t'avouer, je ne m'attendais pas non plus à ce que ce soit toi qui vienne, et ça me pose un genre de problème.
E. - Comment ça, un genre de problème ?
T. - Et bien, j'étais censé tuer la personne qui viendrait me chercher, j'ai été payé une fortune par la patronne de la guilde des Assassins et des Voleurs de Mliuej, et j'ai une réputation à défendre.
E. - Tu connais la guilde ?
T. - J'ai déjà travaillé avec eux, mais bon, là n'est pas la question, je suis là pour faire mon boulot.
E. - Je ne vais pas me laisser tuer bêtement.
T. - Je sais et je n'ai pas envie de te tuer non plus, mais laisse-moi te dire une chose.
E. - Quoi ?
T. - Beltor, ça te parle ?
E. - Oui, ce fut mon premier contact à la guilde.
T. - Et bien sache qu'il m'a contacté il y a peu, et qu'apparemment il avait trouvé quelqu'un pour renverser Velma, j'étais assez tenté par l'idée, je ne peux pas blairer cette nana, même si elle paie bien. Et le plus drôle dans l'histoire, c'est que cette personne, c'est toi.
E. - C'est dingue n'est-ce pas ? Moi aussi je trouve, mais bon.
T. - Bref, changement de plan, approche.
E. - Qu'est-ce qu'il y a ?
T. - Velma est en ce moment même à Chnafon, elle assiste à un repas avec le connard qui veut éradiquer votre guilde.
E. - Alors c'était bien vrai...
T. - Quoiqu'il en soit, si la guilde est finie, je perds la moitié de mon chiffre d'affaire, donc tu vas te magner le cul et venir avec moi à Chnafon.
E. - Pourquoi à Chnafon ?
T. - Parce qu'elle doit avoir bu comme dix nains et que dans l'état où elle est, elle est on ne peut plus vulnérable, c'est ta chance.
E. - Si j'avais imaginé un seul instant que tu étais dans le coup...
T. - Eh oh t'es gentille, je croyais que t'étais morte avant de te voir ce soir, alors fais pas la gueule.
E. - Allons-y.

La Voleuse suivit le Nain sur un cheval, et ils ne tardèrent pas à arriver devant les portes de Chnafon. Saluant les gardes, Tryndel passa l'air naturel, un peu plus inquiète, Elenya le suivait.

E. - Tu sais que cette ville est dangereuse pour nous.
T. - Oui c'est ce qu'on dit, encore une organisation foireuse là-dessous moi je dis, haha.
E. - Rah tais-toi, où est la taverne ?
T. - On s'en fout, regarde.

Velma était accompagnée d'un grand homme en cape noire que l'Elfe avait déjà vu, mais qu'elle ne connaissait pas.

E. - Ca ne serait pas...
T. - Si, il bosse à la mairie de cette ville, j'en sais pas plus, il protège plutôt bien ses fesses, et la mairie, c'est sûrement une couverture, mais bon c'est chaud d'en savoir plus, donc j'peux pas trop t'en dire, là.

Velma était quasiment ivre morte, riant comme une démente et fredonnant des chansons paillardes, le portrait qu'Elenya ne lui aurait jamais imaginé, la surprise fut d'assez courte durée cependant, il fallait qu'elle se concentre sur son opportunité. Elle se rappela de sa première entrevue avec Beltor, et elle le remercia de lui avoir fait confiance ce jour là, remercia les Dieux de l'avoir sortie des griffes de la mort cette nuit-là, mais surtout, elle se remercia d'avoir tout tenté pour y arriver.

T. - On les suit. On se débarrasse de l'entourage et on se farcit la grosse brune.

En effet, le pseudo couple était entouré de 3 grands guerriers et un archer, qui, eux, ne se souciaient pas de cacher leurs armes, à raison évidente bien entendu. Velma et l'inconnu se dirigèrent vers la Mairie, et pénétrèrent à l'intérieur, les 4 gardes se postèrent à l'entrée, l'oeil vif.

E. - Merde, on va entrer comment ?
T. - Attends, t'es une voleuse ou je m'appelle Casimir ?
E. - C'est vrai.

En quelques secondes, Elenya réussi à se visualiser un itinéraire pour arriver à pénétrer dans la mairie sans éveiller les soupçons des gardes, en fait, plusieurs possibilités s'offraient à elle, mais elle tenta la solution la plus acrobatique, elle adorait ça. Les bâtiments de Chnafon étaient assez proches les uns des autres, escalader pour arriver en hauteur et pénétrer par une fenêtre ne devrait pas être trop difficile. Il était bien sûr fort probable que des gardes se trouvent aussi sur le toit, mais ça, l'Elfe en faisait son affaire.

T. - Sinon, je fais diversion et tu entres par la porte.
E. - Pas assez discret.
T. - Je m'y attendais.
E. - Bon attends moi à la sortie près à partir au galop, l'entrée devrait se faire tranquillement, mais la sortie risque d'être assez... Tapageuse.
T. - C'est moi ou c'est tout à fait prévu ?
E. - C'est tout à fait prévu.
T. - Mademoiselle soigne ses sorties...
E. - Il faut mon cher Tryndel, il faut.

Le Nain s'éloigna, Elenya commença donc à courir dans les ruelles. Si elle avait bien mémorisé le plan de la ville de Chnafon, elle venait d'arriver dans la Rue des Wyvernes, juste derrière le château du maire. Elle escalada une petite bâtisse, et sauta sur un pilier qui supportait un balcon. Elle parvint non sans mal à se hisser sur ledit balcon, et continua son ascension en trouvant des prises plus ou moins faciles d'accès avec le nombre incalculable de motifs gravés sur toute la façade du château. Elle remercia les artisans nains, et s'arrêta au niveau d'une fenêtre. Un rapide coup d'oeil lui assura que personne ne se trouvait à l'intérieur à cet instant précis, d'un léger coup de coude, elle brisa la vitre, et ouvrit la fenêtre. L'Elfe s'arrêta quelques secondes, personne ne semblait avoir remarqué son entrée dans la mairie. Soit, elle devait maintenant trouver Velma. Tous les sens en alerte mais surtout l'oreille aux aguets, elle se déplaça silencieusement dans les couloirs, aidée par les tapis qui jonchaient chaque mètre carré du sol. Elle colla l'oreille à une porte, des hommes discutaient, ça ne devait pas être là. Elle s'arrêta un peu plus loin, près d'une autre porte mais n'entendait rien, elle l'ouvrit et entra, puis referma rapidement. Aucun signe de vie à l'intérieur, une armoire, un grand bureau, des piles de papiers. Elle entendit des pas dans le couloir, elle s'éloigna légèrement de la porte, se plaquant contre le mur derrière. Manque de bol, c'est cette porte qui s'ouvrit, et un homme entra dans la pièce. Il ne referma pas la porte ou du moins pas immédiatement, ce qui laissait quelques secondes de réflexion à Elenya. Mais soudain, elle entendit la voix de Velma. Elle était toujours aussi saoule à ce qu'il semblait, et elle entra à son tour dans la pièce. C'était sans doute l'homme qui était avec elle tantôt qui se trouvait avec elle dans la pièce maintenant, les choses se gâtaient, la Voleuse pria pour que personne ne la vit. Fort heureusement, Velma était bien trop saoule pour remarquer quoi que ce soit, et sa poitrine généreuse aveuglait bien trop l'inconnu pour qu'il fasse attention à l'ombre tapie derrière la porte lorsqu'il la referma. Il souffla avec empressement sur la seule bougie qui éclairait la pièce, ce qui permit au noir le plus total de s'installer.

Si Elenya n'avait pas été une elfe, elle serait certainement morte depuis des années, mais ça, tout le monde s'en fout. Tout cela pour dire que grâce à sa nyctalopie, elle pouvait voir, ou plutôt vomir par les yeux devant le spectacle qu'offrait le couple à quelques mètres devant elle, sur un bureau d'où avaient été balayées toutes les affaires. Velma, à moitié nue, émettait des sons étranges et n'arrêtait pas de rire comme une grosse vache, quand à l'inconnu, il n'avait d'yeux et de bouche que pour l'énorme poitrine de la patronne de la guilde. L'Elfe n'était pas pour le crime gratuit et injustifié, elle se devait certes de tuer Velma, mais cet homme étrange ne méritait pas la mort, et si tel était le cas, pas de sa main. Un jour peut-être devra-t-elle lui voler sa bourse, des documents ou même la vie, mais en l'instant présent, elle devait se débarrasser du gêneur, et finir son travail. Observant le sol, elle remarqua la présence d'un énorme tampon buvard, présence logique à la mairie, avec les tonnes de papier qui devaient tourner dans le coin, et surtout au sol puisque l'homme dans un élan de grâce et de subtilité, avait ôté du bureau d'un simple geste du bras tout objet encombrant qui pourrait l'empêcher d'atteindre ses objectifs.


*Désolée mon pauvre mais ce n'est pas ce soir que tu vas coucher avec une truie complètement saoule.*

Elle prit le tampon dans sa main droite, et attrapa avec excitation de sa main libre, la dague qui se trouvait dans sa botte gauche. Assenant un coup assez puissant sur le crâne du seul mâle de la pièce qui fit un étrange bruit d'ailleurs, elle frappa du coude Velma en plein visage pour qu'elle ne puisse pousser un seul cri pendant quelques secondes. Le corps de l'homme tomba lourdement sur le sol, dans un bruit sourd, Elenya se retourna vers ce qui avait toujours été jusque là sa patronne. Elle aurait presque vomi sur son corps à moitié nu repoussant, mais elle n'en avait pas le temps, ainsi, sa dague termina dans la gorge de Velma, qui, avec l'alcool qu'elle avait pu ingurgiter, ne se rendrait sans doutes jamais compte qu'elle est sur le point de mourir. Essuyant la dague pleine de sang sur la robe du futur cadavre, elle entreprit de sortir immédiatement de la pièce, mais une fois la main sur la poignée elle se rappela que celle-ci était fermée à clé, elle entendit également des voix derrière la porte, un groupe de gardes l'attendait derrière, et ils étaient bien plus de quatre. La Voleuse saisit le briquet qu'elle avait dans sa sacoche et entreprit de mettre le feu aux nombreuses piles de feuilles derrière elle, elle courut s'enfermer dans l'armoire après y avoir fait de la place, et attendit. Elle entendait les flammes crépiter, il fallait que les gardes se dépêchent, sinon elle allait elle aussi périr dans les flammes. La fumée commençait à s'infiltrer dans l'armoire, la pièce devait en être remplie. C'est alors qu'Elenya entendit un décompte, quelqu'un enfonça la porte, et l'appel d'air que l'Elfe attendait eut lieu, plusieurs hommes crièrent de reculer devant les flammes immenses qui sortaient de la pièce, elle décida de saisir sa chance.

Elle enjamba le cadavre de Velma et le corps inconscient de l'homme à la cape noire et traversa l'écran de fumée et les flammes qui piégeaient l'entrée. Elle entra en contact avec un corps vivant et le poussa de toutes ses forces, percutant un soldat qui perdit l'équilibre, elle eut une seconde pour courir au fond du couloir et se jeter par la fenêtre. Les gardes n'eurent le temps de l'attraper, elle put réussir tant bien que mal sa réception en évitant de se casser une jambe cette fois-ci. Elle entendait hurler un nom mais ne le comprenait pas, elle pensa cependant que celui-ci désignait l'homme qui était avec Velma, et que la garde allait le sortir de là, *tant mieux* pensa-t-elle, elle n'aurait pas voulu qu'il meure. Courant dans la Rue des Wyvernes puis dans la Rue des Apprentis, elle escalada une écurie et passa par-dessus l'enceinte de la ville. Elle ne pensait même plus au Nain, elle courait, sans s'arrêter, ni se retourner. Mais celui-ci ne l'avait pas laissée tomber cette fois, il arriva assez rapidement à cheval, et Elenya grimpa derrière lui. La moitié du château du maire était maintenant en feu, mais l'incendie se faisait très rapidement maîtriser, tout ce qui importait à l'Elfe, c'était de rapporter au quartier général qu'elle avait réussi. Le retour à cheval fut bien plus rapide que l'allée, Tryndel laissa la Voleuse aux portes de Mliuej puis reprit la route, lui promettant une rencontre prochaine. Elenya se dirigea vers le château du seigneur, alla dans le fond du hall à droite et entra par la troisième porte en bois. Elle descendit l'escalier en colimaçon et arriva devant quelques geôles. Elle entra dans celle qui lui permettrait de pénétrer dans la partie cachée des sous-sols. Après avoir soigneusement refermée la grille à clé, elle donna trois coups sur une pierre, et un très fin passage s'ouvrit. Elle passa, tout se referma.

Beltor l'attendait déjà derrière, et lorsqu'il aperçut l'Elfe, il éclata presque d'un grand rire. Il savait déjà rien qu'en la voyant qu'elle avait réussi, et que tout allait rentrer dans l'ordre, ou du moins, que les affaires allaient pouvoir reprendre plus sûrement.


Beltor – Félicitations Elenya, franchement !
Elenya – Merci Beltor.
B. - Cependant, maintenant, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
E. - Je t'écoute.
B. - Tous les hommes qui étaient fidèles à Velma avaient été conviés à une fête, ceux qui n'avaient plus confiance en la patronne n'y sont pas allés...
E. - Il leur est arrivé quelque chose ?
B. - Ils ont tous été bêtement empoisonnés.
E. - Ouch, et la bonne nouvelle ?
B. - C'était la bonne nouvelle.
E. - Ah... Et donc, la mauvaise ?
B. - On a juste perdu disons... 85% de notre effectif, c'est beaucoup, et on a personne pou remplacer.
E. Hm, suis-moi.
B. - Mais je...
E. - C'est qui le chef ici ? Tu me suis, point.
B. - Haha, très bien.

L'Elfe ne marchait plus au hasard des couloirs à présent, elle savait parfaitement où elle allait. Après quelques détours et plusieurs questions sans importances de Beltor sur le déroulement de la dernière mission de l'Elfe, ils arrivèrent devant la porte en bois qui lui avait sauvé la vie. Confiante, elle entra. Les femmes à l'intérieur furent presque toutes surprises de voir Elenya venir les voir en ces lieux.

B. - Les femmes de ménages, mais...
E. - On s'en fout du ménage, on engagera des gens pour ça. Tu prendras chaque fille, je dis bien chaque fille ici présente, et tu l'entraîneras comme tu m'as entraînée.
B. - Oui mais non, toi, tu avais des antécédents...
E. - Comment ça, non ?
B. - Ca risque de prendre plus de temps.
E. - Fais donc ce qu'il faudra, et vous, je ne vous demande pas votre avis.
B. - C'est entendu. Bon, je suppose que vous connaissez déjà les règles, j'insiste sur le fait que quiconque d'étranger à la guilde connaissant l'existence de celle-ci doit mourir. Enfin...

Elenya laissa Beltor avec les jeunes femmes certainement toutes prêtes à apprendre toutes les ficelles du métier d'Assassin et de Voleur, elle songeait depuis un moment que si elle parvenait à la tête de la guilde, elle ne laisserait pas ces filles-là continuer à faire le ménage dans les sous-sols du château du seigneur. Qui plus est, avec le manque d'effectif, il fallait prendre des recrues le plus rapidement possible, des recrues sur qui on pouvait compter. Elenya avait plus confiance en ces femmes encore inexpérimentées qu'en tous les autres hommes de la guilde, mais peu importait, ils avaient subis une grosse perte, il fallait y remédier. Elle entreprit ce soir-là de dormir au château, ce petit plaisir devait rester discret et ne pas être répété trop souvent, mais pour son premier soir où elle était à la tête de la guilde des Assassins et des Voleurs de Mliuej, elle avait envie de dormir dans un lit on ne peut plus confortable. Ainsi, elle remonta des sous-sols, se dirigea vers la chambre du seigneur, se déshabilla, et se glissa sous les draps d'un lit immense et magnifique. Elle n'avait pas envie de penser à toutes les galères qui l'attendraient demain, elle avait juste envie de se reposer correctement, pour une fois. N'ayant averti personne de l'endroit où elle passerait la nuit, on la chercherait sans doutes pendant au moins une douzaine d'heures mais peu importait, elle était tranquille. Les responsabilités n'allaient pas tarder à pleuvoir, il fallait bien s'y préparer...
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Elenya Inglorion
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MessageSujet: Re: Ceux qui tiraient le cordes, dans l'anonymat.   Mar 12 Avr - 17:29

Il est probable que l'amulette revienne un jour où l'autre, ça dépend du moment et de l'inspiration qui me guide... Mais j'ai tendance à ne pas abandonner dans l'oubli les objets, lieux ou personnages qui m'ont le plus inspiré, à voir. (^^)

Edit : n'hésite pas à critiquer, j'essaie toujours de m'améliorer, en plus j'adore l'univers de Naheulbeuk, et j'aime beaucoup écrire, alors je prends tout ce qui vient ( Razz ).
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Solla
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MessageSujet: Re: Ceux qui tiraient le cordes, dans l'anonymat.   Dim 22 Mai - 19:08


Alors, on y va en deux temps:
-Pour l'épisode précédent, les retrouvailles avec Elrohir: très bon récit, par la qualité de l'intrigue comme parcelle du conte, j'ai pas lu les précédents épisodes mais ça donne envie. Attention, il faudrait cependant penser à se relire, il n'y a que quelques fautes mais c'est dommage!

-Ce rp... et bien je n'ai pas grand chose à dire (en fait quand je me relis...XD). Même défaut que dans le précédent récit, et une qualité de narration qui n'a pas été au top dès le début du récit, mais presque...
Sinon: saisissant, créatif, absorbant, rythmé et agréable. Mention spéciale pour la fluidité et la finesse avec lesquelles les ellipses temporelles sont amenées.

Cependant, avant de te donner tes récompenses, j'ai une question: l'amulette d'Elrohir est-elle un objet secondaire dans l'histoire ou bien est-ce quelque chose qui sera retrouvé dans le futur? Pas d'inquiétude, ce n'est pas une question piège.

EDIT: Elenya reçoit, pour cette aventure fabuleuse, 283 Points d'Expérience, et une prime de 1190 Pièces d'Or issues du trésor personnel de la personne dont Elenya prend la place! L'elfe fait également main basse sur une magnifique Hell's Bass, instrument de musique à corde très rare et coûteux, qui octroie 1 point de Charisme et prend 4 kg dans le sac à dos! Eheh, on peut pas tout avoir.

Par contre, sache aussi que ton amulette possède un étrange et puissant pouvoir, qui permet, une fois toutes les 5 lunaisons, de te sauver des griffes d'un paladin ou d'un prêtre très vilain en t'accordant pour trente minutes le statut de Hérault Divin (du dieu que l'agresseur paladin sert). Tu seras donc considérée comme une représentante directe du dieu de ton adversaire, qui ne pourra te faire aucun mal sous peine de courroucer son dieu! Si c'est pas magnifique!
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MessageSujet: Re: Ceux qui tiraient le cordes, dans l'anonymat.   

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Ceux qui tiraient le cordes, dans l'anonymat.
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