L'Encrier du Chaos

Roleplay dans l'univers du Donjon de Naheulbeuk
 
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Le Calme et la Tempête


Voilà bien longtemps que les Aventuriers ont quitté la région. Le fracas des armes a cessé, la fureur et la poussière sont retombés, la soif de gloire et de richesses s'est tarie. Mais les lieux ne sont pas morts pour autant : il reste toujours le vieil aubergiste, là, courbé derrière son comptoir ; et je gage que si vous aviez la curiosité de lui adresser la parole, il pourrait vous conter de grandes choses du temps passé, et allumer en vous une étincelle dont vous ne soupçonniez pas l'existence...

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 C'est un elfe noir que voilà [chasse au trésor]

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Plissava
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MessageSujet: C'est un elfe noir que voilà [chasse au trésor]   Mar 26 Fév - 16:26

Plissava se promenait tranquillement dans un bois bordant le lac de Zblouf ce matin-là. Il faisait frais, et le vent caressant traversait les cimes dénudées des hauts ormes qui rêvaient d'été. Déjà, grâce à la température clémente de ces derniers jours, des bourgeons apparaissaient au bout des branches, et les premiers crocus sortaient de terre, accompagnés d'une myriade de prime vert aux couleurs pastelles, qui transcendaient le brun de la terre riche et généreuse. Dans ce tapis d'humus courraient cloportes et lombrics, qui, besogneux, aéraient la terre pour permettre aux fougères de grandir. Le sentier à peine tracé que suivait Plissava faisait maints méandres entre les troncs avant d'arriver au lac. Là, les rochers affleurant l'eau découpaient les rives du lac paisible, et des narcisses pointaient leur corolle vers le soleil encore bas au-dessus de l'horizon. Ce n'était pas encore la saison, mais déjà des oiseaux piaillaient, par dizaines dans les branches entre-mêlées des saules pleureurs, réveillant la faune qui n'avait pas encore répondu à l'appel du soleil. L'eau était calme, sans heurts, et son clapotis sonnait frais, en dentelle, ne parvenant pas à mouiller les rochers plus hauts que son niveau. Perdu dans ses rêveries, l'elfe noir s'assit au bord de l'eau, ses pieds nus dedans. Il contemplait l'ondine bleue et le ciel azur.

Ainsi bien à son aise, il ne vit pas le temps passer, et n'avait absolument aucune idée de l'heure qu'il était quand il dut sortir de sa torpeur. En effet, une voix d'homme s'adressa à lui, et Plissava, tout sourire, aller se retourner pour lui demander de répéter la question -si c'en était une- qu'il n'avait pas comprise, quand il sentit sous sa gorge pointer une dague bien effilée. Il faillit tomber en arrière de surprise quand il s'en rendit compte, mais le goujat derrière lui le maintenait maintenant fermement en place.


-Je répète, file-moi ton or ou tu meurs.

-Je... je... je n'ai pas d'or sur moi... Et puis... vous, vous... vous savez, vous devriez faire attention, hein? Je suis pas n'importe qui!

-C'est vrai? Ben alors je peux te prendre en otage et demander une rançon!

-Quoi? Mais non! Enfin, c'est... c'est pas ce que je voulais dire!

-Alors donne-moi ton or! De toutes façons si tu me le donne pas, je le prendrai sur ton cadavre.

-Rho, non, pas ça, pas moi! Tenez, allez! vous me dégoûtez!

L'elfe noir tendit au bandit sa bourse, dans laquelle il y avait une jolie somme en pièces sonnantes et trébuchantes. L'homme la prit, en sifflant au vu de son poids, et s'en alla gaiement sur le sentier qu'avait prit l'elfe noir dans le bosquet un peu plus tôt. Une alouette grisolla et les fauvettes zinzinulèrent alors. La vision de Plissava se transforma d'un coup, le ciel lui paraissait lourd et terne, empli de voiles de nuages gris, reflétés par le lac troublé par la vase remuée, et ne riaient plus que les oiseaux d'avoir vu l'elfe noir se faire piéger. Celui-ci prit d'un coup son arc et visa un couple de geais en train de cajoler. Le trait de son arc partit droit... dans une branche. Cela faisait très longtemps que Plissava n'avait pas raté sa cible. Surpris, il tituba, recula, et tomba dans l'eau glaciale du lac. Il eût plus de peur que de mal, et se releva trempé, frissonnant, une sangsue sur la main droite. Il la coupa en deux avec ses dents, et avala la moitié coupée. Une seconde plus tard, il pâlit, réalisant ce qu'il venait de faire. Il se dégoûtait lui-même parfois.

*Il faut que je retrouve ce brigand... 400 pièces d'or, c'est vraiment beaucoup! Rhaaa! Être mauvais ne devrait être permis à personne! Sauf à moi... mais non! Enfin... à personne. Sauf si ça m'arrange.*

Il réfléchit à savoir comment il allait retrouver le brigand, quand la pensé que mouillé comme il était, il n'irait pas loin lui traversa l'esprit.

*De toutes façons, maintenant, je ne risque plus rien, comme je suis dépouillé.*


Ce ne fut que lorsque le soleil se mit à décliner que notre elfe noir préféré fut sec. Le temps avait beaucoup changé, la nature s’était teintée d’ocre et de pourpre, un orange profond et presque noir dans ses ombres. Plissava maugréait, ressassant l’histoire de la matinée, ses habits recouverts de vase lui collant au corps. Il se leva, s'étira, prit son sac et allait se mettre à avancer dans la direction que le voleur avait prise, quand une voix lui parvint de derrière.

-Hey, l'ami! Vous...

Sans chercher à comprendre de quoi il s'agissait, l'elfe noir se retourna brusquement, et balança son sac qu'il tenait encore à la main à la figure de la personne qui lui avait adressé la parole. Celle-ci, un simple paysan, qui, perdu, ne s'attendait pas à ce coup, se le prit de plein fouet, avant de tomber à la renverse. La seule chose que Plissava trouva à dire pour s'excuser, c'est:

-Hum... Je ne suis pas votre ami, désolé.

Puis, il se retourna pour suivre les traces dont nous avons parlé un peu plus haut.
Il suivit longtemps ce sentier à peine marqué, balisé par le seul fait que la végétation ne faisait que recouvrir cet espace au lieu d'y pousser. Des pierres blanches, recouvertes de lierre marquaient régulièrement le chemin, pour éviter au voyageur imprudent de se perdre. Mais le bois n'étant pas immense, Plissava finit au bout d’un moment par en sortir. Il se trouvait maintenant dans une grande plaine, avec des prairies d'herbes sauvages, et du bétail qui paissait en paix. Les rayons intermittents du soleil empêchaient l'elfe noir de guetter l'horizon, l'aveuglant à chaque fois que le voile opalin des nuages disparaissait. Pourtant, il continuait d'avancer, le regard à terre, à l'affût d'un indice laissé là par le bandit. Il ne s'en rendait pas compte, mais le temps passait vite et il marchait lentement, si bien que l'obscurité le prit de court. Les hiboux commençaient à boubouler (se dit aussi hululer pour les incultes ^^), et plus guère de vagissements ne résonnaient. L'elfe noir arriva alors en vue d'une ville, un village en fait, fortifié par d'imposantes murailles de pierre qui trônait, orgueilleuses inutilement, en haut d'une butte escarpée. Plissava la gravit sans peine malgré son long périple, et se dit que pour une fois il pourrait dormir dans un lit.


*Certes, mais ne m'a-t-on pas volé mon or qui aurait servi à me louer une chambre? *

Diantre! ce n'était donc pas la bonne solution. Mais les traces de l'inconnu très méchant pointaient vers cette cité -une odeur forte et des bottes de fer, ce n’est pas discret pour un bandit- et les alentours sauvages ne lui inspiraient pas confiance pour la nuit.
Il arriva aux portes de la ville ou plutôt, du village. Un garde en faction à l'entrée lui indiqua que le sus ci nommé village portait comme nom "Tulamor", et que le bois qu'il avait traversé était en fait la forêt de groinsale. Riche de ces... passionnantes découvertes, Plissava entra, et chercha ce qui pouvait être une taverne mal-famée.


*De toutes façons, dans un bled aussi perdu, il ne peut pas y avoir de taverne correcte! *

Il s'avéra en fait qu'il n'y avait qu'une seule taverne dans toute la ville, et qu'à cause -ou grâce, il dépend du point de vue- à cela, elle était plutôt bien entretenue: les nains fuyaient ce manque de choix et les barbares n'aimaient pas la musique elfe qui était jouée là. L'elfe noir entra, vigilant, prêt à démasquer son agresseur, et toute personne qui aurait du recul face à lui. Son regard perçant se balada sur toute l'assistance, et il vit un homme assez âgé se protéger de son regard. L'assassin le fixa un long moment, très calmement, avec des fers de lance dans les yeux. L'homme se leva précipitamment, se réfugiant à l'étage. Un sourire au coin de la bouche, l'elfe noir grimpa tranquillement l'escalier, tandis que de nombreux regards se posaient sur lui, se demandant ce qu’il faisait là, et quel était cet étrange comportement, mais personne ne se souciait vraiment de ce qui se passait. A l'étage, Plissava vit le couard acculé contre le mur du fond, le regard noir, lançant des croix avec ses doigts, et murmurant, visiblement terrorisé:

-Arrière, arrière! Démon! Vade rotré! Vade rotré!

S'approchant doucement, sa main sur le pommeau de sa vorpal, Plissava lui sussura:

-Mais qu'y a-t-il? Je ne suis pas un démon... A moins que… Si, j’en suis un, de t'avoir retrouvé! Rend-moi mon or, et peut-être te tuerai-je sans trop te faire souffrir...

-Arrière! Arrière!

L'elfe noir s'attendait à plus de résistance de la part de celui qui avait été son agresseur plus tôt dans la journée. Il commença à sortir son épée, proférant d’un ton lourd de conséquences...

-Mon or...

-Quel or? Fuis! Dans ton monde, créature de Kornettoh!

Cette fois, l'elfe était en colère. Rapidement, il avait dégainé sa lame, et l'avait plaquée contre la gorge du pauvre hère, le tenant contre le mur. Celui-ci dégluti et ne parla plus que d'une petite voix étranglée.

-Que veux-tu?

-Dis-moi où tu as mis mon or?

-Quel or? Je suis un pauvre prêtre! J'ai rien pris du tout! J'vous promets!

L'elfe assassin comprit alors son erreur. Il avait tellement été obnubilé par le fait de trouver un coupable qui avait peur de lui qu'il avait identifié ce pauvre homme à son agresseur, alors n’avait que peur et disait la vérité. Effectivement, Plissava n'avait pas vu le bandit de face, et la silhouette du voleur ne correspondait pas du tout à celle du prêtre. Le brigand était grand et musclé, alors que le bénédictin se tenait voûté et était fluet.

*Rhoo non! Et puis maintenant il va encore plus s'en prendre aux elfes noirs... Je n'ai pas le choix. Pour l'honneur.*

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Martinù est notre maître ! Si en lui tu n'as pas foi, ce sera moi qu'il te faudra craindre !! Bientôt la guerre sainte pour sauver le monde ! (Mwahahahaha)
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Plissava
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MessageSujet: Re: C'est un elfe noir que voilà [chasse au trésor]   Mar 26 Fév - 16:26

Et pour l'honneur de tous les elfes noirs, Plissava trancha la gorge du prêtre. Il lui dit, tandis qu'il était en train de mourir dans un infâme gargouillis:

-Tu comprends, c'est pas toi que je cherchais, mais je tiens à rester respectable, alors pour que tu ne salisses pas mon honneur et celui de ceux de ma race je devais te tuer. Tu m'en veux pas, hein? Je m'en voudrais... Eh, réponds!

Un regard vitreux acquiesça. Après un moment sans bouger, sans doute surpris par les conséquences de son acte, l'elfe noir haussa les épaules et redescendit nonchalamment dans la salle principale.
Il n'avait pas remarqué que l'ambiance était si festive: les hommes buvaient et chantaient joyeusement, avec des elfes sylvains, tandis que le seul nain présent contemplait benoîtement la bière qu'il avait entre ses mains. Il faisait chaud, dans cette salle, un grand foyer brûlant en son centre. L'elfe noir n'aurait pas pu se mêler à une telle ambiance, et elle lui paraissait trop étrangère, presque dérangeante. Ainsi, il traversa vivement la salle, si froid et distant que les gens perdaient une seconde leur rire quand il passait. Plissava filait, et quand il fut sorti, une bourrasque cinglante et glaciale le prit dans le dos. Le vent du nord apportait de lourds nuages sur le village. L'elfe noir les regarda un instant, avec comme une touche de défi dans le regard, mais n'étant de toute évidence pas à la hauteur de la puissance des éléments, il se détourna une seconde plus tard, et fit route du côté opposé à celui d’où venaient les nuages. Dès la tombée de la nuit, le froid était très vite arrivé, et n'ayant pas assez d'or pour s'offrir un toit pour la nuit, il se réfugia dans une écurie. Péniblement, il s'assit sur la paille sèche, et se colla contre un mulet assoupi.


*Le soleil brille… dans une clairière, de nombreux animaux dansent ensemble. Ils font une ronde. Ils rient, jouent, crient, sont heureux. Tout est fleuri et vert, rose, plein de vie et de bonheur. Un sourire aux lèvres, assis sur une souche un peu plus loin, dans les bras doux et apaisants de Nirë, Plissava les regarde… La vie des elfes n’est-elle pas douce et heureuse? Un nuage traîne par là. Mais la vie est belle! Un autre arrive… ils se lient, tournent, s’agrandissent. Le soleil devient blafard, le ciel sombre et pesant. Les bras de Nirë sont crochus et secs. Les animaux grognent, râlent, jappent. Une lance tombe du ciel, les animaux se mordent, s’agressent, se griffent… La pluie se met à tomber… elle est rouge… c’est du sang! Je me retourne… je suis enserré par un monstre… de grandes dents, le visage de…*

Des cris retentissent dans la cour. Ils cherchent celui qui a tué le moine…

En nage, l'elfe noir s'éveille, mais son corps est ankylosé, trop lent pour réagir et aller voir ce qui se passe avant que les hommes partent.


*Je suis seul, dans une grande plaine, ondoyante et sans fin. Le Zéphyr caresse doucement mes joues, et le ciel se teinte d’un millier de feux. Je prends mon luth. J’y joue un air, une vieille ballade de quand j’étais un enfant. Allongé dans l’infinie plaine, sur une herbe douce comme la soie je contemple les étoiles. Seul, heureux, ici et partout, mon esprit peuple le monde entier. Les notes que je joue se lient, se délient, forment une boucle. Une boucle qui revient. Et qui tourne en boucle. Et recommence. Les étoiles dansent, m’encerclent, partent et reviennent. Le soleil tourne en rond, il accélère, les jours passent vite, trop vite et je ne les vis pas. J’en oublie! Je vieillis, et personne n’est là! Je deviens vieux, débile! La mélodie tourne et s’enroule, je suis prisonnier, et je meurs, je pourris, le soleil tourne, personne ne se souvi…*

Une paire d’yeux grande ouverte dans le noir.

Quelque chose se mit à tambouriner sur le toit de l'écurie. Un coup, deux coups. Encore un! Là, encore un autre! Ils se rapprochent! De plus en plus!


*On dirait qu'un nain furieux tente de cabosser le toit de tôle de mon gîte!*

Cette fois, malgré la douleur, Plissava se leva et alla voir ce qui se passait. Passant son nez par les battants, il constate :

*Humpf... Il pleut... si ce n'est que ça...*

Un nuage qui déprimait déversait toutes ses larmes sur Tulamor. Le goût âcre et salé de la peine régnait sur la ville, et dans la noirceur de la nuit ne se reflétaient que les lumières blafardes des foyers encore allumés à cette heure tardive. C'était une bonne heure pour sortir: personne dans les rues, personne pour l'interpeller...
Plissava se décida donc vite à sortir, et à s'enivrer de l'atmosphère présente ce soir-là. Il n'avait plus envie de rien faire, mais s'il ne faisait rien, il savait qu'il tournerait en rond et ne pourrait pas dormir. Pour sa santé, il devait en altérer d'autres... Fantasmer sa vie, et vivre ses cauchemars…
De retour à l'auberge, ruisselant de l'eau du ciel, il contempla le changement d’ambiance qui avait eut lieu ici par rapport à plus tôt dans la soirée : désertée, la salle principale n'était plus éclairée que par des braises mourantes créant des ombres diffuses et mouvantes hantant les murs. Le tambourinement macabre de la pluie résonnait, et agrémentait froidement la mort nocturne de la taverne. Plissava remonta l'escalier, qui gémit sous son poids, comme un homme devant un spectre. Arrivé en haut, dans le couloir où il avait tué et où restait une tâche de sang par bien nettoyée, il renifla l'air longuement, posément, tandis qu'un éclair zébrait le ciel, illuminant brièvement le couloir d'une lumière crue, où le visage décharné de Plissava se remplit d'ombre et de douleur... Il ne sentit pas son or. [de toutes façons, l’argent n’a pas d’odeur, alors…]
Alors, il se pencha sur la première porte fermée. Elle ne l'était même pas à clef. Sans bruit, il y entra. Un humain y dormait paisiblement. Loin, très loin de la froideur de la nuit. Soupirant, l'elfe noir fit demi-tour. Il referma la porte derrière lui, et alla à la chambre suivante. La serrure ne résista pas longtemps aux talents de l'assassin, et il pénétra dans la chambre une dizaine de seconde à peine après l'avoir décidé. C'était un couple qui dormait là. Jeunes, beaux, enlacés, et heureux. Plissava en eut la gorge nouée.


*J'ai perdu Nirë... je ne la retrouverai jamais... je suis condamné à la pleurer, et eux ils sont là, ensemble, et y croient pour toujours! Pour toujours? Non! Ca n'existe pas! Elle l'avait promis! Elle est partie quand même! Et maintenant j'ai mal, je pleure, et eux ils sont heureux, ensemble! Nirë, Nirë! Reviens! Je ne peux pas vivre sans toi! NIRË... Aies pitié... souviens-toi quand tu m'aimais... Dans les bois, main dans la main, nous étions heureux... C'était pour toujours... Tu te souviens comme tu me l'as dit? Ce soir-là dans mes bras, devant le soleil qui se couchait sur la capitale, du plus haut de ses points de vue, tu m'avais demandé, supplié... "Pour toujours?" C'était bon, le vent froid caressait nos peaux. Je t'avais donné mon manteau pour que tu n'aie pas froid... et tu t'inquiétais pour moi... Tu m'aimais... Je t'aime... je t'aime! tu sais? Je donnerais tout pour te faire revenir. J'ai pas envie que tu m'oublies. Je ne veux pas t'oublier... je veux être capable d'énumérer tout ce que tu m'as dit. De le redire... je devrais le noter... Je pleure, je t'aime... je ne devrais pas, je sais, mais quand même.*

Un regard part de travers, se posant sur l'épaule nue de l'humaine dans le lit. Un accès de jalousie, et de rage, un instant de colère... Plissava perd ses moyens, il sort sa vorpal, hurle, frappe, frappe, frappe, et frappe encore. Il crie à tue-tête, et frappe dans un moment de folie. Il ne peut pas s'arrêter, et pourfend encore les corps déjà déchiquetés de ses deux adorables victimes.
Un cri, derrière. Non, c'est un hurlement. Quelqu'un l'a vu tuer. Se déchaîner. Il en avait besoin, l'elfe noir, mais ce n'est pas justifiable. Il panique, réalise qu'il a encore tué et détruit deux vies de plus... C'est si mal... deux bonheurs brisés. Bouleversé par son horreur, Plissava tombe à genoux, et sanglote. Pourquoi? Pourquoi j’ai fait ça? Il tombe sur le côté... Les habitants de l'auberge se regroupent devant la porte. Ils murmurent... L'un d'eux s'en va, sans doute chercher la garde. Cette fois, ce n'est pas un vieux fanatique qui est mort, mais deux voyageurs... Cette fois, ce ne sont pas les Kornettohïstes qui sont en cause... Il n'y a que trois personnes devant l'elfe noir. Il pleure encore beaucoup, mais ses yeux sont las et secs comme l’âme du diable. Ils piquent. L’elfe se relève et titube, veut se rendre mais une lueur de folie dans ses yeux et le reflet métallique de sa lame font voler en éclat la volonté des riverains de l’arrêter. Il est plus fort… Un grand moulinet... Tout le monde s'écarte! Un rire nerveux, incontrôlable, une peur qui lui tord le ventre... Plissava avance et donne des grands coups d'épée gauches dans le vide. Mort de peur, on le laisse passer, mais on est à peine à moitié terrifié comme lui. Les bougies tremblotantes amenées sur le lieu rendent irréelle la scène. Une fois dans l'escalier, Plissava court, veut s'enfuir, loin, très loin.
Il pleut toujours dehors. Les gardes arrivent, mais vu la description déformée que leur a fait le patron, ils ne se pressent pas, craignant peut-être un Glabor. L'elfe noir se rue dehors, la pluie le torture, froide et assommante, et un rien plus loin, il trébuche dans la boue. Il y a de l'agitation, et à bout de force -physique comme morale- le meurtrier se met en boule dans un trou, à l'abri de la pluie. Quelque chose de mou tout au bout du trou. Un animal? Plissava a peur, tend la main, et donne des coups de dague. Quelque chose tinte. De l'or... son or. Et d'autres bourses encore...
Avec un brin de réconfort, il s'endort, grelottant dans la nuit, obscure et tourmentée.

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Dernière édition par Plissava le Sam 15 Nov - 21:42, édité 3 fois
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Otto
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MessageSujet: Re: C'est un elfe noir que voilà [chasse au trésor]   Ven 14 Mar - 18:41

Ga. Pour ceux que cela interesse, je compte le nombre de ligne sous word, caractère 12, Times New Roman.

Voix Off:

Plissava gagne la somme fantasmagorique de 70 pièces d'or.
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Nirë Shampooing Illustre
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MessageSujet: Re: C'est un elfe noir que voilà [chasse au trésor]   Ven 14 Mar - 20:59

Hum, et Nirë, elle va attendre longtemps dans sa clairière ?

[oui, frappez moi, je flood presque inRP]
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MessageSujet: Re: C'est un elfe noir que voilà [chasse au trésor]   

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C'est un elfe noir que voilà [chasse au trésor]
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