L'Encrier du Chaos

Roleplay dans l'univers du Donjon de Naheulbeuk
 
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Le Calme et la Tempête


Voilà bien longtemps que les Aventuriers ont quitté la région. Le fracas des armes a cessé, la fureur et la poussière sont retombés, la soif de gloire et de richesses s'est tarie. Mais les lieux ne sont pas morts pour autant : il reste toujours le vieil aubergiste, là, courbé derrière son comptoir ; et je gage que si vous aviez la curiosité de lui adresser la parole, il pourrait vous conter de grandes choses du temps passé, et allumer en vous une étincelle dont vous ne soupçonniez pas l'existence...

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 Un carreau d'arbalète

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Raynarès

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MessageSujet: Un carreau d'arbalète   Mer 24 Avr - 14:29

Tiens, une taverne. Peut-être serait-il plus sage de faire demi-tour. On ne sait jamais ce qu'on peut trouver dans une taverne, surtout à une heure aussi tardive. Le soleil commence à se coucher derrière les collines fleuries, les oiseaux retournent dans leurs nids et l'air se rafraîchit. L'homme s'arrête un instant, et regarde le bâtiment, à quelques centaines de mètres. Il distingue le bruit des rires, des cris. L'endroit doit être rempli de tous les poivrots des environs. Les poivrots. C'est l'une des raisons pour lesquelles il ne voulait pas y aller. Certains peuvent être relativement calmes, trop imbibés pour faire attention à ce qui les entoure. D'autres, en revanche, sous l'effet de l'alcool, deviennent agressifs, ou pire, mélancoliques. Tristes. Déprimés. Nostalgiques. Plein de sentiments qui ne servent à rien. Un enfant s'approche de la taverne. Il est dodu, ce gamin. Et barbu. Putain, c'est pas un gosse, c'est un Nain. L'homme se passe une main sur les yeux. Confondre un enfant avec un membre du petit peuple. La barbe. Toujours vérifier en premier lieu la barbe. Encore une raison de passer son chemin : les malentendus. Surtout avec un Nain. Pire encore, un nain bourré. Un petit rien suffit à déclencher une dispute, engranger une bagarre, créer des problèmes. L'homme soupira. Ce n'est pas qu'il avait peur des problèmes, ça non. C'est que ça prenait toujours un temps fou à se régler. Comme les quêtes. Ah, les quêtes. Il faudrait quelqu'un pour écrire un truc là-dessus. "Les quêtes, ou l'art de risquer sa vie pour un inconnu qui n'a pas les couilles de s'occuper soi-même de ses problèmes". L'homme se prit à sourire. Son estomac gronda, et il plaqua sa main sur son ventre. Ses vêtements étaient crasseux, tout comme son corps en dessous. Il puait la saleté. Cela devait faire des semaines qu'il n'avait pas pris un bain. Et sa barbe, aussi. Depuis combien de temps avait-il négligé un rasage en bonne et due forme ? Ses paupières étaient lourdes, ses yeux d'un vert étincelant. Il ne dormait presque plus. L'homme ria nerveusement. Il était vraiment exténué. Il commença à marcher vers la taverne.

C'était une mauvaise idée, il le savait. Pourtant il continua sa marche. Cette taverne devait sûrement faire office d'auberge à l'occasion. Il avait de quoi se payer une chambre, et de la bière. Un lit, une paillasse, n'importe quoi pourvu qu'il puisse laisser son corps endolori reprendre des forces. Et l'alcool pour aider à dormir. À mesure qu’il approchait de l’établissement, deux chiens se mirent à aboyer dans sa direction. L’un d’eux trotta vers lui pour le renifler, avant de retourner en vitesse aux côtés du deuxième, qui semblait boitiller. Même les chiens ne supportaient pas l’odeur. L’odeur de quoi d’ailleurs ? De la boue, du sang séché, de la sueur rance qui colle à la peau. Les clébards restent un peu à distance, puis décident de rentrer dans une grange. L’homme continue son chemin jusqu’à la porte de la taverne et s’arrête en face. Il se répète la procédure anti-emmerdes : ouvrir la porte, repérer l’endroit le moins fréquenté, baisser la tête, marcher normalement jusqu’à l’endroit, s’asseoir si c’est possible, appeler le garçon, demander une chambre, commander n’importe quoi, baisser la tête, attendre, boire la commande, se lever, baisser la tête, aller jusqu’à la chambre, vérifier sous le lit s’il y a un lit, bloquer la porte de la chambre, vérifier la fenêtre s’il y a une fenêtre, dormir.

Inspire. Expire. Inspire. Expire. Inspire à fond, ouverture de porte. L’homme aperçoit un bout du comptoir inoccupé, évite de croiser les regards alentours, fixe le sol et fait comme s’il n’entendait pas la dispute entre deux Nains et un fanboy des Neuf Servants. Après quelques esquives de poivrots et d’un chat furieux qui sent la bière, il arrive à l’objectif. Le tavernier se présente presque aussitôt.


« Bien le bonsoir mon gars, ce sera quoi pour toi ?

- Une bière, et une chambre.

- Ah désolé mon vieux, mais ce soir on est complet, y’a un copain qui fête ses cinquante balais dans la salle à côté.

- Je peux dormir dans la grange peut-être ? J’ai de quoi payer.

- J’espère bien que t’as de quoi payer ! Mais ceci dit, non. J’accepte plus personne dans la grange depuis un incident le mois dernier. L’un de mes chiens boite encore… Tiens, voilà ta bière. »


Encore une nuit à la belle étoile. Des étoiles qu’il commençait à trouver carrément moches à force de dormir dehors, d’ailleurs. L’homme but un peu du liquide brun crade de sa chopine. Un morceau flottait. Il retira avec ses doigts et le jeta par terre sans regarder. Il n’avait pas vraiment envie de voir ce que c’était. Il pivota sur son tabouret et le fourreau de son épée cogna contre le bois. Quelques personnes fixèrent le pommeau de l’arme et son possesseur, avant de retourner à leur chopine. L’homme respira lentement. Il devait être l’une des seuls personnes armées dans la salle, alors autant éviter de montrer à tout le monde ce qu’ils n’ont pas. À l’autre bout, le fanboy calmait le jeu avec les deux Nains. Cette soirée serait peut-être tranquille, après tout.


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Vrolg
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MessageSujet: Re: Un carreau d'arbalète   Mer 24 Avr - 14:31

Bien enfoncé dans un tabouret – à moins que ce ne soit le tabouret qui s'enfonçait sous la masse de son tortionnaire – et adossé à un mur, non loin de la cheminée de ce lieu accueillant, une peau-verte riait grassement alors qu'il passait les dés à son compagnon de tablée, avant de se descendre le fond de chopine qu'il lui restait.

À la base, les règles du jeu étaient simples : lancer les dés et obtenir un meilleur score que son adversaire, sans quoi il fallait boire, et l'on repartait du résultat obtenu par le perdant, mais pour un demi-orc tel que Vrolg, de devoir boire était une victoire plus qu'une défaite, et il avait encore une fois réussit à imposer une nouvelle règle, dénaturant la partie ainsi commencée.

Le but n'était plus de finir le plus sobre possible, mais d'être le dernier debout. Face à la peur de se réveiller avec une ardoise terrible s'il venait à perdre, le barbare, un certain Rorgh, avait refusé, mais après avoir reçu la parole de son rival qu'ils paieraient chacun la moitié des dépenses, il s'était détendu. Au point où le soleil s'était levé puis recouché depuis le début de la partie, et que devant l'inquiétude de l'aubergiste ils avaient déjà réglé les dernières consommations, ce qui leur avait plus qu'allégé leur bourse respective. Pourtant, le sort ne semblait pas vouloir départager les deux brutes, qui riaient à gorge déployée, le visage rougit par les tonneaux de bière qu'ils s'étaient enfilés depuis la veille, mais qui tenaient encore à peu près droit sur leur chaise.

Et dire que le Demi-orc avait failli rebrousser chemin une fois arrivé devant cette bourgade, alors que les habitants de tout le canton s'étaient réunis sur la place du village pour un concours du plus gros cochon des plus alléchants. Ce n'était pas que le mercenaire n'aimait pas les gens, au contraire, il avait tendance à faire ami-ami avec un peu n'importe qui, sa forte carrure le sauvant jusque là de la malveillance de certains. Non, le soucis c'était que tous ces paysans parlaient – pour ne pas dire criaient – tous en même temps, et que son pauvre cerveau, le muscle le moins développé de toute son Nanato ... de toute son Anna ... de tout son corps lui faisait rapidement très mal face au flot impétueux d'informations à encaisser. Ce fut donc grâce à la vue d'une enseigne des plus explicites qu'il réussit à prendre le dessus sur les angoisses.

"Moi ch'dis, la bière, l'seul soucis c'est que ça donne vach'ment envie de pisser ...
-Ouais, et pis les gens y tirent la gueule à chaque fois qu'on s'vide sur leurs murets.
-Hic, mais quand on s'soulage ... sur ... rhaaa les trucs verts !
-Des gobelins ?
-Non, les trucs avec des feuilles !
-Euh ... les livres ? On n'a pas encore pissé sur des bouquins ! Si ?
-Mais non, bordel, les trucs qui poussent dehors !
-Ah, les arbres !
-Ouais, c'est ça ! Quand on fait dessus, c'est eux qui tirent la tronche !
-Huk huk huk !"


Devant ce rire fort guttural, le barbare lança à nouveau les dés, et dans un grognement de plaisir se vit forcé de descendre sa pinte. Après quoi, il grommela une insulte envers tous ceux qui s'en prenaient à leur liberté d'uriner n'importe où et dans un hoquet laissa lourdement tomber sa tête sur le bois crasseux de la table, se mettant à ronfler avec entrain. Soulevant la tête de son compagnon, Vrolg retourna la choppe vide et la plaça sous la joue flasque du barbare, avec la bienveillance d'une mère bordant ses enfants.

"J'ai cru que l'allait jamais perdre ..."

Se rendant vers le comptoir, le pas lourd et lent, attendant qu'on l'esquive plutôt que ce ne soit le contraire, il régla ce qu'il devait au tenancier et s'installa lourdement sur place (plutôt que de risquer de se vautrer durant le chemin du retour vers une table où son ami était plongé dans le sommeil du juste) non loin d'un type barbu puant presque autant que lui, ce qui en soi était olfactivement à peine perceptible pour son nez entraîné. Faisant peu de cas de l'avis des autres consommateurs, qu'ils le tolèrent ou non, il se pencha en avant en se grattant l'épaule et tapota le zinc, bien qu'il soit en bois.

"Patron, c'est quoi qui rôti, là ?
-Du sanglier !
-Mets-moi une belle tranche, alors. Avec du pain, siouplait !"




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Pnek Étripe-Troll
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MessageSujet: Re: Un carreau d'arbalète   Sam 27 Avr - 9:55

Cette odeur. Ce mélange d'aisselles aigres, de bière frelatée, de pieds et de salles communes bondées. C'était l'odeur de l'Aventure. Le signe que quelque chose se préparait, derrière la façade de L'Arbalète, une auberge bancale sise au milieu de nulle-part. Le terme "bancale" traduisant le fait que l'établissement susnommé donnait l'impression d'avoir été littéralement poussé là par un Morschleg, et qu'il penchait dangereusement, reposant sur des poutres servant de contreforts et vraisemblablement installées à la hâte.

Et cette même odeur avait guidé Pnek loin des côtes des Terres de Fangh. Enfin, entre autres choses. Bien qu'il ait réussi à lever la malédiction qui pesait sur lui, Pose-Tes-Guidons, le dieu tutélaire des mers, lacs, cours d'eau du coin, lui avait formellement interdit de revenir mettre le boxon dans son royaume aqueux. C'est donc affligé d'un terrible mal de terre que le courageux pirate s'était enhardi si loin, poussé par l'appât du gain, jusqu'à ce qu'il sente l'Aventure l'appeler.

Il ne s'attendait cependant pas à ce que son voyage le mène à un lieu qui ressemblait fort à ceux qu'il avait quitté, les bouges insalubres des quais de la Crique des Pirates Mauves. Il prit quelques secondes pour se donner une contenance: épousseter vainement sa chemise, redresser son tricorne fatigué, et poser pompeusement la main sur la garde de son arme, puis s'avança à grands pas vers
L'Arbalète.

Poussant la porte d'un vigoureux coup de botte, il prit pied sur le plancher douteux de la salle commune, et balaya l'endroit du regard. L'Aventure suintait partout, à moins que ce ne soit la crasse - mais les deux vont souvent de pair. Assis à l'une des tables, hiératique, un Nain armé de pied en cap, sombre et sanguin, dardait un regard froid en direction du coin opposé, où se trouvait un personnage qui semblait être un Nazgûl tout aussi froid et immobile. Ce dernier était encadré par trois Nains ivres morts, qui beuglaient à tout rompre des phrases incohérentes faisant état de butins, de missions, d'emmerdeurs et de bière. Ces cinq-là empestaient l'Aventure, quelque chose de sévère. Et, sous-jacents, Pnek distinguait aussi des relents de prophéties, de fin du monde et de gros, gros problèmes.

Face à la porte, noyé dans l'ombre, le comptoir du débit de boisson narguait les poivrots des alentours, semblant leur dire "pour les ordures, pas de biture". Un petit homme rondouillard et nerveux y faisait le service, sous l’œil de deux individus visiblement peu recommandables: un Peau-Verte aux airs de brute pas dégrossie, ainsi qu'un spadassin qui semblait avoir connu des jours meilleurs. Une Aventure de taille plus raisonnable, à n'en pas douter.


- Du rhum, lâcha le pirate en s'approchant.
- N'ai pas. Que de la bière. Et un peu de bidoche de sanglier.
- Alors mets-moi du sanglier, et de ta meilleure bière.
- J'en ai qu'une seule espèce, de bière. De quoi grailler, et un demi qui roule!
- Non, pas un demi. Une pinte bien pleine. Je suis un pirate, crétin. Sache que les pirates ne font pas de demi-mesures. Jamais.

Le tenancier se carapata sans demander son reste. Pnek soupira en sirotant son boueux breuvage. Il avait beau être un brigand, après tout, il avait des principes. Jamais de demi-mesure, et quand il fallait danser, uniquement le pas de Cartier. Et jusqu'au-boutiste, avec ça: pour lui, les demi-elfes étaient des elfes, les semi-hommes étaient des hobbits, et les demi-orcs n'étaient rien de plus que des orcs, malgré leurs pitoyables tentatives de prendre l'ascenceur social en chantant "je voudrais devenir un Homme, ce serait merveilleux"...

La brute sur le tabouret voisin en était un parfait exemple, mais il avait décidé de ne pas lui chercher de noises. Ceci dit, Pnek était intrigué. Ces deux zouaves fleuraient bon l'Aventure.
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Vrolg
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MessageSujet: Re: Un carreau d'arbalète   Sam 27 Avr - 16:06

Alors que Vrolg dégustait son assiette débordante de bidoche, un fracas dans son dos se fit entendre, mais l'alcool lui ralentissant les neurones bien plus qu'ils ne l'étaient à l'accoutumée, il tourna la tête au moment où son futur voisin de comptoir pénétra dans l'établissement, aux murs aussi bancals que les habitués.

Vu le drôle de chapeau qu'il portait, le gars semblait pas du coin. Pas non plus des régions que le mercenaire avait traversé, car il n'en avait jamais vu de tels auparavant, ce qui éveilla sa curiosité.

*C'est ptêt un chapeau de prêtrerie ... Y avait des types bizarres qui priaient un dieu une fois avec un truc pas commode sur la tête ... Comment qu'ils avaient dit déjà qu'y s'appelait ? Yrfoul ? Moi j'avais rien senti d'étrange pourtant.*

Il était vrai que le Demi-orc avait eu l'occasion de croiser deux rares spécimens de sectateurs du dieu de la puanteur, et devant le musc de la peau-verte, l'avaient pris pour un homologue. Vrolg dû les décevoirs en expliquant qu'il était juste un mercenaire, mais un peu croyant quand-même. La deuxième déception fut pour lui, quand il comprit que de prier leur dieu n'était pas sympa du tout.

Revenant à l'inconnu, il entendit le gars dire qu'il était "pirate". Ouais, bah ça l'avançait pas beaucoup, à moins que ... c'était pas un dieu du Sud, ça ? Attendant que le barbu au drôle de chapeau ne s'installe, le guerrier verdâtre finit sa bouchée et le questionna, avec toute l'innocence d'un enfant, deux bonnes centaines de kilos en plus.

"Euh, t'es un prêtre de Picrate, si que j'ai bien tout compris ... Ton chapeau, ça fait parti du culte ?"

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Raynarès

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MessageSujet: Re: Un carreau d'arbalète   Dim 28 Avr - 14:51

Lorsque la Peau-Verte s’installa au comptoir, l’homme la regarda du coin de l’œil. Un Demi-Orque c’est dangereux. Celui-ci avait l’air passablement éméché mais était-ce de bon augure ? De la main gauche, l’homme porta sa chopine à ses lèvres, tandis que sa main droite reposait sur son ceinturon. Histoire de se rassurer. C’était stupide d’ailleurs, car il n’était certainement pas en état de se battre correctement, épée dégainée ou non. Et puis pourquoi il pensait à ça, tout d’un coup ? À force d’imaginer des conflits qui n’ont pas lieu d’être, il pourrait bien finir par les provoquer, ce qu’il ne souhaitait pour rien au monde. Mais qu’est-ce qu’il racontait ? Se battre, c’était tout ce qu’il savait faire. Il aimait ça, même. Il se réjouissait de voir le fluide écarlate être libéré du corps de l’adversaire après un enchaînement de coups de taille et d’estoc qui ne lui laissait pas la moindre chance. Une danse furieuse. Qu’il avait du mal à déchainer ces temps-ci d’ailleurs. Quelques heures auparavant, lorsque deux marginaux peu affectueux avaient décidé de le dépouiller, il avait eu du mal à s’en sortir. Son bras gauche était encore douloureux suite à un coup de gourdin mal paré. Pour ne pas dire pas paré du tout, en fait. À côté, la Peau-Verte avalait sa part de sanglier avec une grâce et une manière digne de sa race. Le spectacle était juste ignoble, bien entendu, mais l’homme crevait de faim et son voisin de comptoir n’arrangeait pas les choses. Il attendit un peu que le tavernier sorte de la réserve, avant de l’interpeller :

« Excusez-moi, vous pourriez me mettre un peu de ce sanglier ?

- Bien sûr mon gars, je t’apporte une part.

- Si vous pouviez m’en mettre deux, non, trois…

- T’as de quoi payer ?

- J’avais déjà de quoi payer pour une chambre, vous savez. »


Le tavernier hocha la tête et s’en alla chercher une gamelle qu’il remplit à ras bord avant de la déposer sur le comptoir. Sans attendre, l’homme enfourne une énorme cuillerée dans sa bouche et avale en prenant à peine le temps de mâcher. Son ventre gronde de contentement. Ou d’indignation, peut-être. C’est à la troisième bouchée que la porte de la taverne s’ouvre, laissant entrer un pirate. L’homme n’arrive pas à comprendre ce qu’un type des mers peut faire ici. Il ne cherche pas longtemps, préférant reporter son attention sur son repas si alléchant. Il entend le flibustier s’installer à côté de la Peau-Verte et commander sa pitance. Le Demi-Orque lui demande alors s’il est prêtre. L’homme, devant l’ignorance de son voisin, manque de s’étouffer en avalant de travers. Il ne faut pas qu’il réponde. Non, c’est une mauvaise idée que d’engager une conversation. Encore quelque chose qui attire les problèmes. Il meurt d’envie de lui répondre pourtant. Il ne faut pas. Il doit le faire. Non. Si. C’est stupide. Tant pis.

« C’est pas un prêtre de Picrate, c’est un pirate. Un pirate c’est un gars qui fait partie d’un groupe composé d’autres pirates. On appelle ça un équipage. Et cet équipage se retrouve généralement sur des navires. Les navires c'est des bateaux. Tu vois ce que c'est ? Des espèces de grosses boites en bois qui permettent d'aller sur l'eau. Et les pirates, donc, ils attaquent d’autres bateaux. Avec leurs bateaux à eux. Tu me suis ? »


Dernière édition par Raynarès le Jeu 2 Mai - 18:49, édité 1 fois
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Pnek Étripe-Troll
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MessageSujet: Re: Un carreau d'arbalète   Lun 29 Avr - 15:09

- Euh, t'es un prêtre de Picrate, si que j'ai bien tout compris... Ton chapeau, ça fait partie du culte ?

Pnek, interdit, ouvrait de grands yeux sur la masse de muscles nauséabonde assise sur le tabouret voisin. Il ne comprenait absolument pas à quoi l'autre faisait référence. On l'avait traité de tous les noms, au cours de son existence de Pirate, les siens ayant une imagination débordante sur le thème des bordées d'injures. Mais jamais, au grand jamais, on ne l'avait qualifié de prêtre. Et ce pour l'excellente raison qu'il n'en avait pas l'air. Il ne connaissait aucun dieu, en Fangh, qui aurait accepté que l'un de ses serviteurs voyage avec des vêtements de lin trop larges et aux couleurs presque criardes, armé d'un sabre de facture douteuse et d'une hygiène aussi irréprochable.

Oui. Une hygiène irréprochable. Premièrement, parce que les pirates, contrairement à beaucoup, savent parfaitement que l'eau ne présente comme seule caractéristique fondamentale que sa capacité à mouiller. Ils se rient de ceux qui pensent qu'elle est toxique, de ceux qui la trouvent dégueulasse sous prétexte que les poissons baisent dedans, ainsi que de ceux qui sont persuadés qu'elle peut dissoudre l'or et les métaux précieux. La seconde raison est qu'en haute mer, il est difficile de cohabiter avec des marins qui sentent la sueur rance et le sang séché si l'on a la chance d'avoir un odorat ne serait-ce qu'un tantinet plus développé que celui de l'oursin.

Quant à Picrate... Eh bien, Pnek aimait effectivement à se rincer la gorge, mais pas avec du vin. Le vin est une boisson d'elfes et de lopettes. Du rhum, du whiskey parfois, ou de la bière faute de mieux.


- C’est pas un prêtre de Picrate, c’est un pirate. Un pirate c’est un gars qui fait partie d’un groupe composé d’autres pirates. On appelle ça un équipage. Et cet équipage se retrouve généralement sur des navires. Les navires c'est des bateaux. Tu vois ce que c'est ? Des espèces de grosses boites en bois qui permettent d'aller sur l'eau. Et les pirates, donc, ils attaquent d’autres bateaux. Avec leurs bateaux à eux. Tu me suis ?

Un ange passa. Pnek, interloqué, venait de saisir. Le spadassin, sans décoller le nez de son assiette, tentait calmement d'expliquer à l'orc ce qu'était un pirate.

- Par les bottes de Jahab l’Éclaté, mon garçon, tu n'sais pas ce qu'est un pirate ? Je vais te le dire, moi, ce qu'est un pirate ! rugit Pnek.

Il sauta prestement sur le comptoir en dégainant souplement son sabre, et réduisit en charpie le tablier du tenancier en quelques torsions de poignet. Toujours debout sur le zinc, il prit une pose de conquérant fringuant, appuyé sur le pommeau de son arme.


- Un Pirate, mon garçon, c'est ce qui fait frémir le marchand de Glargh, qui a misé toutes ses économies dans le chargement qu'il doit recevoir par navire. C'est celui qui fait fondre en larmes la veuve, qui ne voit jamais revenir son honnête marin de mari. Les Pirates écument les mers, ils pillent, ils affament, ils répandent le sang et les entrailles ! Les Pirates sont les brigands des Océans. Nous vivons des semaines, des mois entiers à bord de nos navires, chassant le gras commerçant et s'enrichissant sur son dos. Voilà ce que nous sommes. Alors, qu'est-ce que tu dis de ça, mon garçon ?

Pnek avait attiré sur lui les yeux d'une bonne partie de la salle en s'enflammant de la sorte. Mais l'indignation d'avoir face à lui un ignorant de la pire espèce s'unissait à la fierté d'être un Pirate, de sorte que peu lui importaient les regards affligés qui pesaient sur sa personne. En revanche, ses propres yeux ne quittaient plus l'orc, et il espérait que son petit discours avait fait son effet.

L'aubergiste terrorisé, quant à lui, devant la foultitude d’événements qui s'enchaînaient dans son bouge, n'en menait pas large, et commençait à se demander si sa vessie serait jamais vide un jour, à force de tremper ses chausses à répétition...
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Vrolg
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MessageSujet: Re: Un carreau d'arbalète   Mer 1 Mai - 14:32

On parlait parfois - lorsque l'on avait usé de tout sujet de conversation valable - des difficultés qu'avaient les sourds et les muets à se faire comprendre. Certains, plus avantagés par le Destin que leurs homologues, devenaient érudits, voire magiciens, d'où l'invention des sortilèges informulés - qui n'est que de fort peu d'usage, de part les semaines et les mois d'entrainement supplémentaires que cela représente, mais qui aurait révolutionné cet art qu'est la magie si certains de ses illustres représentants n'étaient pas aussi feignants - mais aussi du langage des signes. Mais bon, à part chez la noblesse et les intellectuels, ce n'était pas d'un usage des plus utiles, un paysan muet comme une carpe et gesticulant dans tous les sens finissant fort souvent, s'il avait de la chance, par découvrir que nombre d'entendants ne connaissaient qu'un seul signe, celui servant à demander de déguerpir.

Or, la nature, à moins que ce ne soient les dieux eux-mêmes, créèrent des êtres peu pourvus de matière cognitive (la grande majorité d'entre eux ayant le teint des plus verdâtres d'ailleurs) pour mettre toute créature intelligente sur un pied d'égalité, sur la grand'place de l'incompréhension. Certains visionnaires prendraient le problème dans l'autre sens, assurant que ce n'était pas la cause première de la création de telles formes de vie, mais plutôt l'une de ses conséquences, mais je sais de source sûre que Khornettoh et Keskonspwale sont principalement derrière tout ça, même s'ils ne s'étaient pas vraiment concertés.

Ainsi, c'était une oreille, bien qu'attentive, très peu douée de discernement et de capacités d'analyses, qui de plus étaient floués par la faible quantité de sang dans l'alcool de son propriétaire.

De son voisin de comptoir de droite, il retint surtout que les pirates étaient des guerriers sur un bateau qui emboutissait d'autres bateaux, et Vrolg s'imaginait fort bien la réjouissance que pouvait apporter cette activité, et s'étonna même d'entendre le bruit de la coque d'un navire marchand céder sous la charge de l'étrange bateau pirate que son esprit venait de concevoir, ce qui se révéla en fait être une table, sur laquelle un ogre ivre s'était assoupi.

Ce qu'avançait de manière plus étoffée et parlante celui de gauche venait renforcer l'idée que la piraterie était l'art brutal du bateau tamponneur, bien qu'il avait plus insisté sur le sang et l'or. Vrolg, bien que fasciné par ce discours, et intéressé par une démonstration de destruction de navire, se sentait retiendu par un détail, et non des moindres : l'eau.

Se souvenant avec amertume des premières expérimentations de cet élément d'une sournoiserie extrême, que ma conscience m'interdit de citer ici, il s'était juré de ne jamais poser les pieds sur la moindre embarcation de toute sa vie. Et ce n'était pas un divertissement des plus sensés qui allait l'écarter de ce principe !

"Bah franchement ça a l'air tout bien, y a pas à dire ... mais c'pô mon truc la flotte. J'préfère gagner mon argent honnêtement en pourrissant des gens et des monstres sur un sol tout dur."

Il était aussi à noter que la notion d'honnêteté du Demi-orc devait être un peu différente que celle du commun des mortels, sachant que l'on pouvait tuer en toute intégrité, du temps que ce n'était pas de la violence gratuite. Ce qui semblait flagrant, c'était que ça ne faisait pas de ce tas de muscles fort sympathique - une fois passés les caps de l'odeur et de la bêtise - un monstre sanguinaire.

"Euh ... au fait, y a pas de mer ici, enfin j'crois ! Quoi que t'es viendu faire dans l'coin, si c'est pas un secret ?"

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MessageSujet: Re: Un carreau d'arbalète   Jeu 2 Mai - 9:20

- Bah franchement ça a l'air tout bien, y a pas à dire ... mais c'pô mon truc la flotte. J'préfère gagner mon argent honnêtement en pourrissant des gens et des monstres sur un sol tout dur.

Pnek descendit du comptoir assez peu élégamment, déçu par la réaction débordant de non-enthousiasme du Peau-Verte. Le Pirate avait su, par le passé, créer des vocations, enflammer les sangs, lever les cœurs. Mais cette époque était révolue où la noblesse de son activité faisait rêver tout un chacun. On lui répondait désormais comme si ça n'était rien de plus qu'un job d'été, qu'on fait quand il fait beau et que la mer est lisse. La jeunesse n'était plus ce qu'elle était.

- Euh... au fait, y'a pas de mer ici, enfin j'crois ! Quoi que t'es viendu faire dans l'coin, si c'est pas un secret ?

Ce n'était pas un secret. Enfin, plus ou moins. Disons, pour faire simple, que c'était un secret pour Pnek lui-même.

- Baaaah, commença-t-il sans entrain. Je n'sais pas trop à vrai dire. Sur l'eau je sais toujours où je vais, mais j'ai eu quelques démêlés avec le dieu marin local, donc me voilà forcé de rester à terre... Et à terre, je suis plutôt du genre chien errant, à vrai dire. Je songe à devenir un genre de... Un brigand, quoi, un pirate terrestre. Je n'sais pas trop. Et comme les pirates ont un assez bon flair d'habitude, j'ai senti l'odeur de l'Aventure dans la région, et au bout d'un moment je suis arrivé là. J'm'appelle Pnek, tiens, au fait.

Notre forban un peu perdu jeta un coup d’œil au spadassin, qui n'avait pas beaucoup ouvert la bouche jusque là. Or, Pnek le sentait, si quelque chose arrivait, ces deux-là seraient impliqués, tous les deux.

- Et toi, t'es quoi au juste? Un mercenaire? Un bandit? T'as pas l'air très en forme en tout cas.

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MessageSujet: Re: Un carreau d'arbalète   Jeu 2 Mai - 19:41

En écoutant le pirate louer son choix de vie, l'homme esquissa une grimace. Ce que le boucanier disait était vrai : un pirate tue, un pirate pille, un pirate est un salopard de première classe. Bon, certes, il ne l'avait pas dit de cette manière mais c'était ce que l’homme avait retenu du discours. Un brigand des mers, n'ayant pas d'autre but que celui d'accroître ses richesses en s'accaparant celles des autres. Rien de plus détestable à ces yeux. Il pivota sur son tabouret, abandonnant implicitement la conversation entre le flibustier et la Peau-Verte. Cette dernière devait sûrement être de la même graine que le pirate, un genre de bandit solitaire s’attaquant aux voyageurs un peu trop égarés de leur sentier. L’homme reporta son attention sur sa gamelle et entreprit de la finir. La viande commençait déjà à refroidir, et cela faisait longtemps qu'il n'avait pas mangé chaud. Ni même cuit, en fait. Il avala une dernière cuillerée et put entendre le forban des mers l’interpeller après s’être présenté sous le nom de Pnek :

« Et toi, t'es quoi au juste ? Un mercenaire ? Un bandit ? T'as pas l'air très en forme en tout cas. »

L’homme ne répondit pas tout de suite. Il lui fallait d’abord du temps pour réfléchir à ce qu’il était. Un Humain. Un homme. Un vagabond. Un mercenaire, oui. Un bandit, certainement pas. Un assassin. Un tueur. Un chercheur d’espoir. Un protecteur de la vérité. Une ombre parmi les ombres. Rien.

« Vous pouvez m’appeler Raynarès, dit-il à destination de ses deux compagnons de comptoir. Je suis une espèce de mercenaire. Oui, on peut dire ça comme ça. Et je suis juste un peu fatigué, j’ai beaucoup marché aujourd’hui. »

Il mentait, bien entendu. Mais face à deux brutes épaisses dont il ne parvenait pas encore à déterminer les intentions, autant éviter de passer pour un clochard exténué. Le pirate avait peut-être envie d’exercer son métier sur une victime préalablement amadouée. Quant au Demi-Orque, bien qu’il n’avait pas l’air foncièrement maléfique, il restait à moitié Orque. Ce qui voulait dire qu’il fallait mieux pas jouer au con, parce qu’ils font mal ces bestiaux. C’est après avoir pensé à ces éventualités que Raynarès se dit qu’il était peut-être temps de songer à se reposer. Après avoir déposé quelques pièces sur le comptoir, il se leva.

« Messieurs, non pas que votre compagnie me déplaise, mais comme je l’ai mentionné plus tôt, je suis un peu fatigué. Bonne soirée. »

Appuyant son salut par un léger geste de la tête, Raynarès sortit de la taverne. Il scruta les environs, à la recherche d’un endroit où passer la nuit. Le soleil avait presque disparu, mais il restait suffisamment de lumière pour pouvoir distinguer un petit chariot s’éloignant vers l’horizon. Après quelques minutes d’observation, son choix s’arrêta sur un saule pleureur isolé dont le feuillage étendu parvenait à voiler le tronc. Raynarès s’installa le plus confortablement possible. L'herbe était froide, le tronc rugueux. Comme toutes les autres nuits, il n’arriverait pas à trouver le sommeil, ou seulement très peu. Mentalement, il prononça les mots. Ces petites phrases qu’il se répétait depuis des semaines, sans cesser d’espérer.

* Raynarès, est-ce que tu m’entends ? ... Envoie moi un signe, n'importe quoi. ... Raynarès, où es-tu ? ... *

Une feuille tomba sur sa tête.

* Raynarès, est-ce que tu m’entends ? ... *


~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~


Il reprit conscience en sueur, le bras gauche tout engourdi après avoir passé la nuit dessus. Le soleil pointait ses rayons à l'Est, l'herbe était humide, tout était calme. On était le matin. Il avait dormi ? Raynarès resta immobile pendant plusieurs minutes, savourant sa maigre récupération. Cette journée s'annonçait bonne. Il se leva, s'étira les jambes et la nuque, et se dirigea vers la taverne. Néanmoins, plus il s'en approchait, plus les germes du doute grandissaient en lui. Comme dit précédemment, tout était calme. Seulement, la taverne avait été bien fréquentée la veille. Notamment par des personnes qui fêtaient l'anniversaire d'un copain, avait dit le tavernier. Des personnes qui devraient être présentes, faisant du bruit, malgré l'heure matinale. Et pourtant, rien. Pas un bruit, pas un chat. Pas un chien. Où étaient donc passés les deux clébards ?

Raynarès arriva en face du bâtiment. Les carreaux de l'Arbalète étaient brisés. Oui, ben vous m'excuserez, mais j'allais quand même pas passer à côté de ce jeu de mots. Je disais donc : les carreaux, brisés. La porte, dégondée. L'intérieur, saccagé. Raynarès entra et embrassa la salle principale du regard. Le bois des tables et du plancher était souillé du sang des clients. Ces derniers étaient dispersés aux quatre coins de la pièce, par morceaux désorganisés. L'assassin aurait pu contempler froidement le tableau pendant des heures, si un gémissement plaintif ne lui était pas parvenu aux oreilles, de l'autre côté du comptoir.


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MessageSujet: Re: Un carreau d'arbalète   Ven 3 Mai - 8:21

- Vous pouvez m’appeler Raynarès. Je suis une espèce de mercenaire. Oui, on peut dire ça comme ça. Et je suis juste un peu fatigué, j’ai beaucoup marché aujourd’hui.

Cet homme a un problème, pensa Pnek. Tous ces types, vêtus comme des vagabonds, qui parlent bas et peu, qui répondent sans décoller le nez de leurs assiettes, tous ces types ont un problème. Probablement un problème de taille, à échelle humaine. Mais le concept de problème est quelque chose de vaste, et bien malin qui aurait pu savoir lequel de ces gêneurs accablait Raynarès, le mercenaire-si-l'on-peut-dire.

- Messieurs, non pas que votre compagnie me déplaise, mais comme je l’ai mentionné plus tôt, je suis un peu fatigué. Bonne soirée.

En tout cas, un type qui sort de l'auberge après avoir annoncé qu'il va se coucher, il n'est pas net. Les lits se trouvent en général à l'intérieur. Pnek suivit l'homme du regard pendant encore quelques instants, et retourna à son repas avec un haussement d'épaules.

La conversation s'était achevée sur ces mots, le brouhaha ambiant noyant de nouveau les attablés sous sa gangue poisseuse.


- Bon. Trouve-moi une chambre, mon vieux.
- Pas possible. Tout est pris.
- La grange?
- Pas possible.
- Tu dois bien avoir une mansarde?
- Occupée.
- Ta cave?
- Z'êtes pas fou, non? J'vous laisse pas en compagnie de mes provisions.
- J'n'ai pas besoin de grand chose, faites un effort. Un petit bout de grenier, sous le toit, dans les combles?
- Ah... Ben là j'ai ptêt'quequ'chose, ouais.
- A la bonne heure.


Une demi-douzaine de pièces roulèrent là où avaient échoué celles de Raynarès quelques minutes auparavant.

A force de contorsions, d'escalades téméraires et de contusions, Pnek réussit à installer un hamac - directement sorti de son barda - entre deux solives, dans l'ombre, à quelques pouces du toit. La bâtisse était haute, et le Pirate avait probablement quatre mètres de vide sous lui, donnant directement sur la coursive qui séparait deux rangées de chambres.

L'aubergiste, d'en bas, contemplait cet énergumène. Il songeait que de toute sa vie, il en avait vu, des gus bizarres, mais celui-ci était probablement le plus perché de tous. Il gloussa niaisement de son jeu de mots involontaire, et tourna les talons en direction de la salle commune.

Le Pirate, bercé par un ressac de sons étouffés qui montaient du rez-de-chaussée, sombra vite dans le sommeil.




~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~


Un rai de lumière perçait à travers les ardoises disjointes, diffusant un peu de chaleur sur le visage de Pnek. Il entendait tout un tas d'oiseaux, sans en reconnaître aucun. Il était familier des albatros, des mouettes et de tous les oiseaux marins, évidemment, mais il n'aurait pas été capable, pour tout l'or du monde, d'identifier la moindre de ces espèces de petites boules de plumes continentales qui semblaient se faire une joie de piauler aux aurores.

Il souleva une ardoise et jeta un coup d’œil à l'extérieur. Le soleil n'était pas encore tout à fait levé, mais la journée s'annonçait plutôt belle, printanière. Pnek s'en moquait, à vrai dire. A terre, qu'il pleuve ou qu'il vente ne l'intéressait guère, quand en mer le moindre grain instillait dans ses os le frisson du danger. Non loin de là, le Raynarès de la veille sortait des taillis clairsemés, l'air presque aussi fatigué que la veille, ses vêtements collés à sa peau par la rosée et décorés de brins d'herbe vagabonds.

Le Pirate délaissa son poste d'observation et s'installa sur une poutre à proximité, le temps de ranger son hamac et de passer bottes, tricorne et ceinture d'armes, et se laissa souplement tomber, se ramassant tel un chat quelques mètres plus bas. Il songea amèrement que dans quelques années, ces acrobaties ne seraient probablement plus que de lointains souvenirs.

Longeant la coursive, il dépassa quelques chambres dont les portes étaient grandes ouvertes, avant de froncer les sourcils et de passer la tête dans l'une d'elle.

Un cadavre y gisait, semblant tombé du lit, baignant dans une mare de sang à moitié sec, qui s'était échappé de sa gorge tranchée. Le mobilier spartiate était saccagé, et il ne restait pas grand chose d'utilisable. Tirant son sabre, méfiant, il vérifia les autres pièces. Partout, le même constat: les occupants avaient été sauvagement massacrés, et reposaient dans des positions étranges ou grotesques, surpris et tués pendant leur sommeil.


- Par l'Enfer... Cet abruti d'orc aux airs naïfs m'a bien eu!

Les Peaux-Vertes étaient décidément des sauvages capables de tout, même du pire. Les victimes eussent-elles été à moitié dévorées que Pnek n'en eut pas été plus étonné. Arme au clair, il dévala les marches qui descendaient à la salle commune, ravagée elle aussi. Les clients avaient été éparpillés - littéralement. Des morceaux de corps étaient allés s'égayer un peu partout, baignant les lieux d'une aura macabre et malsaine, à la lumière du petit jour. Le mercenaire, Raynarès, se tenait dans l'embrasure de la porte, contemplant la scène d'un œil inexpressif. Le Pirate songea un instant s'être trompé d'assassin, mais se souvint l'avoir vu sortir des bois quelques minutes avant.

Un gémissement plaintif s'éleva du comptoir. Un survivant? Pnek contourna prudemment le zinc, pour tomber lame à nez avec ce rogaton de tenancier mollasson, dont les yeux s'emplirent d'une terreur sans nom à la vue du Pirate...


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MessageSujet: Re: Un carreau d'arbalète   Sam 4 Mai - 15:50

Ses deux voisins de comptoir devaient avoir sommeil, car ils ne mirent pas longtemps à partir se coucher, l'un à la belle étoile, l'autre direction le grenier. Pour sa part, le Demi-orc avait plus d'une nuit a récupérer, mais il était habitué, et tout comme la douleur, la fatigue n'était plus qu'une information, même si là elle faisait un peu la une de la gazette en ce moment.

Hésitant entre boire un petit verre en finissant sa plâtrée de sanglier, ou bien de finir son assiette en buvant un petit verre, Vrolg finit par engloutir sa barbaque faute de s'être décidé sur la marche à suivre. Posant un moment son regard en direction de son compagnon de beuverie d'une nuit ... et un jour, puis une partie de soirée, et le voyant toujours aussi ronflant, le mercenaire se leva, chancelant quelque peu au début, avant de se souvenir enfin de comment que ça marche un gars, à savoir un pied devant l'autre.

Comme ses homologues aventuriers, il n'avait eu l'opportunité de louer une chambre, aussi, après avoir souhaité un bon anniversaire à un paysan attablé avec tous ses amis, il prit la direction de la sortie, en se demandant où il pourrait dormir cette nuit. Quand enfin il le su, il devait avoir bien marché une heure, et se trouvait face à une minuscule grotte, à flanc de colline, à peine assez grande pour qu'un ours ne rentre s'y blottir.

~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~

Il est cinq heures du matin et Vrolg dort encore à poings fermés. Juste pour dire que cette expression est débile, parce que personnellement ce sont mes yeux qui le sont quand je pionce, pas mes poings. Alors, sauf si c'est pour signifier que la peau-verte est prêt à mettre une mandale dès son réveil, je ne vois pas pourquoi ça le ferait dormir plus profondément.

Cela dit, si Vrolg rêve d'une baston, alors forcément cette expression prend tout son sens, mais actuellement ce n'est pas le cas, ses songes traitant plutôt d'un monde étrange couvert de donjons et parcouru de sortes d'armures de groupe montées sur roulettes. Détail prouvant que cet univers était hautement improbable, il n'y avait que des humains, en nombre incalculable, certains avec la peau couleur de caca, bien qu'à l'air très sympathiques, et d'autre de couleur de bière, tous ceux-ci gardant les yeux plissés, comme s'il y avait trop de soleil pour eux à la surface. Et puis tout le monde sembla se pétrifier au moment où un dragon de fer rentra avec fracas par une fenêtre d'un donjon, provoquant un incendie. Peu après il y eu des armures de groupe de magiciens qui arrivèrent, en lançant des lumières partout et en soufflant dans des cornes, semblant intimider les passants, avant qu'un second dragon n'imite son prédécesseur dans un donjon juste à côté. Bref, c'était le bordel, et sous le flot d'informations le Demi-orc ne tarda pas à se réveiller avec un sérieux mal de crâne.

Heureusement, il lui restait encore un peu de vin dans sa gourde, et après avoir inondé un arbuste il repartit en direction de la bourgade en sifflant. Seulement voilà, la soirée devait avoir dégénérée car la taverne était sans dessus-dessous. Ses deux amis de la veille étaient au milieu de ce carnage, et le regardaient d'un drôle d'air, quand tout d'un coup l'angoisse le prit.

Se ruant vers l'endroit où se trouvait une table hier encore, non loin de la cheminée, Vrolg tomba à genoux, posant au sol sa lourde arme, tout tremblant, et alors qu'il recueillait les restes d'un barbare roux dans ses mains, d'une délicatesse fort surprenante pour un tel tas de muscles, il se mit à chialer comme une madeleine.

"ROOorgh ... Z'aviez pô le droit de le pourrir dans son sommeil ! Un barbare ça meurt au combat !!! Comment qu'il va aller au Valhalla maint'nant ?!"

Visiblement les reproches étaient tournés vers l'assassin et le pirate, et ce fut le regard mauvais, sa hache d'armes brandie avec force, que le Guerrier chargea le barbu au chapeau et celui sans chapeau.

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MessageSujet: Re: Un carreau d'arbalète   Mer 8 Mai - 21:02

Raynarès esquissa un mouvement pour aller voir qui avait survécu au massacre, mais le pirate de la veille lui dama le pion. Passant de l'autre côté du comptoir, il débusqua le tavernier. Ses yeux transparaissaient d'une peur effroyable à la vue du flibustier, et Raynarès pensa pendant une seconde qu'il avait peut-être trouvé le responsable du carnage. Cependant il abandonna vite cette idée. Le pirate avait certes dégainé son sabre, mais l'arme était dépourvue de toute tache de sang. Par ailleurs, son propriétaire semblait avoir été aussi surpris que lui à la découverte de la scène. L'assassin se déplaça vers le pirate et le tavernier tout en tirant son épée du fourreau. Le pauvre aubergiste poussa un cri suite au geste de Raynarès, aussi baissa-t’il légèrement son arme. Cette histoire avait à peine commencé que déjà tout était louche. Pourquoi ne s'était-il pas réveillé ? Un massacre pareil, ça faisait du bruit. Des dizaines d'hommes abattus, l'établissement ravagé, tout s'était déroulé d'une manière brutale et sans retenue. On avait crié, on avait hurlé, on avait tenté - en vain - de se défendre ou de s'enfuir, tout cela dans le chaos le plus total. Le saule pleureur qui lui avait servi d'endroit où dormir n'était situé qu'à une centaine de mètres. Pourtant, rien. Il avait dormi jusqu'aux premières lueurs sans strictement rien entendre. Même lorsqu'il arrivait à dormir c'était toujours d'une oreille, mais cette fois non. Avait-il été drogué ? Impossible. Il l'aurait remarqué. Alors quoi ? Et puis qui était le responsable de ce désastre ? Le Demi-Orque ? Non, Raynarès n'y croyait pas. Il avait été clairement amical la veille, et bien qu'une Peau-Verte soit de base complètement abrutie, il voyait mal la créature mettre à sac l'auberge tout entière et s'en aller l'air de rien, sans raison apparente.

Il cessa de se poser des questions, admettant avec frustration qu'il n'en aurait pas les réponses tout de suite. L'aubergiste hoquetait des syllabes discontinues, toujours aussi terrifié face aux deux hommes.


« Bon écoutez, essayez de vous calmer un peu et racontez-nous ce qui s’est passé ici.

- Vous… vous… vous…

- Je, je, je… n’ai rien à voir avec cette boucherie. Expliquez-nous. »


Mais l’aubergiste resta transi de peur. Une peur qui ne fit que croître lorsqu’il vit le Demi-Orque pénétrer dans la taverne et se précipiter dans un coin de la salle. Le tenancier était vraisemblablement en état de choc.

« Par pitié, épargnez-moi…

- Je comprends que vous soyez quelque peu chamboulé, mais là vous y allez un peu fort. On est pas là pour vous tuer, on aimerait comprendre. Qui a fait ça ?

- Vous…

- Je quoi ? Mais parlez, bon sang !

- Vous ! C’est vous qui avez tué tout le monde ! »


Le sang de Raynarès ne fit qu’un tour devant l’évidente stupidité du tavernier. Il voulut le prendre par le col et lui faire comprendre ce qu’il pensait de ses accusations malvenues et insensées, mais un rugissement le stoppa dans son élan. Il fit volte-face, l’arme brandie droit devant lui, et vit le Demi-Orque le charger lui et le pirate sur ce qui semblait être un élan de furie. Qu’est-ce qu’il lui prenait à celui-là ? Raynarès sauta par-dessus le comptoir pour esquiver la charge - non sans grimacer de douleur de par sa condition physique peu optimale - et se remit debout piteusement avant de provoquer son agresseur :

« Eh, la Peau-Verte, c’est des conneries ce qu’il vient de dire ! J’ai rien à voir là-dedans, c’est compris ? Tes instincts de bête sauvage, tu peux pas les calmer deux secondes le temps qu’on sache qui est le vrai responsable ? »
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Pnek Étripe-Troll
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MessageSujet: Re: Un carreau d'arbalète   Ven 10 Mai - 12:10

Raynarès, le mercenaire loqueteux, n'avait à l'évidence rien à voir avec le carnage. Lorsque Pnek eut déniché le tenancier, le spadassin eut tôt fait de jeter son dévolu sur lui et tenta de lui soutirer quelques informations, d'un ton contenu qui se voulait apaisant.

Malheureusement, la seule vue de ces personnages semblait cailler le sang du tavernier, à croire qu'il se tenait face à une bande de démons sanguinaires issus du plus profond Chaos.


- Vous ! C’est vous qui avez tué tout le monde !

Pas de chance. Cette phrase aurait été la première à être cohérente, de sa part, si elle avait eu un sens. Pnek en était persuadé, il n'avait sauvagement massacré personne la nuit précédente. Ce genre de choses laisse des traces sur vos vêtements, c'est pas propre, et c'est pratiquement impossible à nettoyer. Il s'apprêtait à rétorquer qu'il s'agissait d'un malentendu du au choc, lorsqu'un rugissement de bête désespérée le fit sursauter. Il se tourna, l'arme au poing, Raynarès faisant de même, et ne conserva ses dents que grâce à ses réflexes, esquivant à la dernière seconde la masse verte qui les chargeait, roulant par dessus le zinc, à l'opposé du spadassin.

- ROOorgh ... Z'aviez pô le droit de le pourrir dans son sommeil ! Un barbare ça meurt au combat !!! Comment qu'il va aller au Valhalla maint'nant ?!
- Eh, la Peau-Verte, c’est des conneries ce qu’il vient de dire ! J’ai rien à voir là-dedans, c’est compris ? Tes instincts de bête sauvage, tu peux pas les calmer deux secondes le temps qu’on sache qui est le vrai responsable ?


Bon sang, ça dégénère complètement, là, pensa Pnek, réfléchissant aussi vite que possible. L'orc s'était persuadé que les deux autres avaient étripé son camarade de beuverie de la veille, et était dans une rage folle, visiblement déterminé à le venger avec force coups de hache. De l'autre côté du comptoir, le tavernier semblait persuadé qu'ils étaient les meurtriers, alors que la chose était tout bonnement farfelue.

- C'est vous qui avez massacré ces gens, continuait-il de beugler, dans un nuage de postillons.
- Vous croyez pas que je m'en souviendrais, si c'était le cas, tête de chou ?
- Vous êtes des bêtes sanguinaires, vous trois, tous autant que vous êtes ! Des crevures au service de Khornettoh !

Nous trois ? Comment ça, nous trois ? Pnek recula de quelques pas, méfiants. Le tavernier s'était braqué vers le Pirate, qui venait de l'apostropher sèchement ; et ledit Pirate se rendit vite compte que quelque chose ne tournait pas rond. Le type rougeaud virait progressivement au cramoisi, une couleur du plus bel effet sur la toile à voile ou les vêtements, mais en aucun cas sur la peau humaine. Au fur et à mesure qu'il s'excitait, son regard se faisait empreint d'une lueur de folie.

- Mais calmez-vous, bon sang, puisqu'on vous dit qu'y a erreur sur la personne!
- Oh non non non, pas d'erreur, non ! Je vous ai vus, aussi bien que je vous vois, vous êtes tous revenus, oui, pour tailler ces gens en pièces, avec vos airs démoniaques !


Pnek n'avait entendu que la moitié de sa réponse. En partie parce qu'il était prodigieusement agacé par la tournure des événements. Et en grande, très grande partie également, parce que l'aubergiste écumant et aux yeux exorbités venait de tirer, de sous son comptoir, une arme. Une arme énorme, totalement incongrue dans un troquet, où foisonnent plutôt les matraques, dédiées à expulser les poivrots les plus belliqueux.

Or, le Pirate se retrouvait face à face avec une arbalète de guerre du genre maousse, qui tenait d'ailleurs beaucoup de la baliste compacte. Un engin monstrueux à voir de si près, de bois sombre et poli par l'usage, bardé de renforts de fer. Et, oh, Dieux, la corde tendue à se briser sur un carreau tout ce qu'il y avait de plus mortel.


- Oh non, non, non non non pas ça, c'est pas...

Trop tard, le projectile était parti, vrombissant à en faire vibrer le mobilier. le pirate avait juste eu le temps de s'écarter avant que la tête du carreau ne claque violemment contre la garde de son sabre, l'envoyant se planter dans une poutre en lui tordant le poignet au passage.

- ... fair play ! Mais qu'est-ce que vous foutez, crénom, lâchez ce truc !

Les yeux du taulier, effrayé et sanglotant quelques instants auparavant, brillaient d'une lueur meurtrière. Le type était déterminé à vendre chèrement sa peau (à défaut de comprendre que personne n'en voulait de sa peau, puisque pas le moindre tueur dans la salle, et puisqu'on vous l'a déjà dit, le cramoisi sur de la peau humaine c'est très laid) et à leur faire payer celles des victimes.

Qu'est-ce que c'est que ce bordel, par l'Enfer, comment ce type peut-il nous avoir vus et ne pas en démordre ? Pnek la sentait mal, cette histoire. Très mal.


- Vous, le Pirate. Vous êtes descendu de l'étage avec un sourire narquois, entama le tavernier, un rien plus calme, comme avant la tempête. Vous êtes descendu et comme si de rien n'était, vous avez planté votre arme dans le dos de Hod, là, dans le coin. Transpercé de part en part, qu'il est.

Pnek se jura d'arrêter l'alcool en voyant le type lâcher son arbalète à vide pour s'emparer d'une javeline effilée qu'il venait de sortir, elle aussi, des tréfonds de son comptoir. La voyant filer vers son visage, le Pirate se baissa vivement, disant adieu à son tricorne, qui alla se perdre dans les hautes herbes par la porte ouverte.

- J'vais te crever, pour avoir fait ça, espèce de corniaud. Toi, pis aussi ton pote le Peau-Verte, là. J'l'ai vu entrer, tout pareil, avec les crocs sortis et du sang plein les dents. Si j'sors, je suis à peu près sur de trouver mes chiens dans le même état que mes clients. Pis il s'est avancé, là, avec sa hache, et il a dépiauté le Barbare, là-bas, littéralement.

Tout en parlant, il avait de nouveau plongé une main sous son bar - c'est pas bientôt fini, non ? - pour y attraper un genre d'arme de lancer exotique, une hache-faucon, faite d'un manche d'une vingtaine de centimètres doté à chaque bout de longues lames courbes. Le même principe qu'un boomerang, mais qui coupe. Pnek n'avait jamais vu ça ailleurs que chez certaines tribus des jungles tropicales qui vivaient loin au sud des Terres de Fangh, et commençait à penser que le comptoir avait quelque chose de vraiment louche, tout en esquivant gracieusement l'arme, qui partit décorer une solive à proximité.

- Et ce saligaud de spadassin, aussi. Un type qui s'amuse à se faire des colliers d'entrailles, j'ai qu'une envie, c'est d'y faire bouffer ses yeux. Quand j'pense que caché là-derrière, j'vous ai vus repartir en jurant de mettre la Terre de Fangh à feu et à sang !
- Ouvrez les yeux, bougre de couillon ! Si on avait fait tout ça, on serait pas revenus comme des fleurs le lendemain ! Pour quelle raison on remettrait les pieds ici après avoir juré de plonger le monde dans un bain de sang ? C'était probablement des créatures Chaotiques, des doubles maléfiques !


Plus surprenant encore, l'aubergiste cinglé sembla douter de ses propres dires.

- Vous semblez sincères... Peut-être devrais-je vous laisser une chance de prouver votre innocence...

C'est quoi, ce délire, à la fin ? Il est bipolaire, ce mec, ou quoi ? Pnek ne savait plus trop à quoi s'en tenir. Ce crétin illuminé était capable de tout, même du pire. Surtout du pire, d'ailleurs. Le Pirate se raidit brusquement en voyant le tenancier plonger, une fois encore, la main sous son comptoir multiplan à condensation astrale.

Il en tira une lame gigantesque, un estramaçon d'acier blanc avoisinant les six pieds de long, et se mit debout sur son bar, arme levée, prenant une pose héroïque.


- Mon nom est Larry ! Larry Poppins !

Voilà déjà qui clarifiait le mystère du comptoir sans fond.

- Je suis Larry le Féculent !
- Le Féculent ?
- Oui, le Féculent. Comme ces types, vous savez, qui jurent de pourfendre la veuve et l'orphelin.
- Qui jurent de... Oh laissez tomber, continuez.
- Quoi, c'est pas comme ça qu'on dit ?
- Non mais on s'en fout, laissez. Continuez.
- Je suis Larry le Féculent,
reprit-il après s'être raclé la gorge. Je suis le Tavernier Berserk, le Foudre de Bière, l'Aubergiste Espagnol ! Je déclare partir en guerre contre les maléfiques de ce monde ! Et je déclare aussi, dans ma grande mansuétude, que je vais vous laisser tenter de prouver votre innocence.

Pnek avait un peu l'impression de se retrouver devant l'un des Super Ça y Est de son enfance. Vous savez, ces types qui deviennent blonds quand ils s'énervent, et entourés d'une aura lumineuse. Ce type suintait l'exaltation, il en était tout luisant.

Larry sauta au bas de son comptoir, d'un air royal et s'avança vers Pnek, fichant son estramaçon dans le plancher.

Pendant la fraction de seconde qui suivit, le sol, le plafond et tout le décor de la salle se succédèrent à une vitesse folle devant ses yeux, comme si le monde s'était brutalement mis à tournoyer, un peu comme un vortex. Il se sentit léger, léger ! Avec cette étrange impression de planer. Puis il s'écrasa brutalement, et très douloureusement, contre les étagères qui trônaient derrière le bar, dans un fracas de verre brisé, et s'écroula mollement.

Larry, qui venait sans sommation aucune de le balancer à travers la pièce avec une force herculéenne, empoigna son arme, et sortit de l'établissement d'un pas très digne.


- N'oubliez pas, s'il s'avère que vous êtes bel et bien coupables de ce massacre, je vous retrouverai.

Pnek grogna douloureusement, gisant au milieu des tessons qui continuaient à lui pleuvoir dessus depuis les étagères ravagées. Il baignait dans l'alcool fort, rendant très désagréables la multitude de coupures dont il était désormais affligé, et dans son propre sang, qui semblait s'échapper par son nez brisé. Il tenta de se soulever sur un coude, s'affala de nouveau, et ne bougea plus.

- Bordel... L'un de vous aurait-il, par hasard, compris ce qui vient de se passer, depuis... depuis après que Vrolg soit entré?
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Vrolg
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MessageSujet: Re: Un carreau d'arbalète   Sam 11 Mai - 15:31

Il était rare que le mercenaire perde ses moyens, déjà qu'il n'en avait pas des masses, et ce qui sauva grandement le pirate et son compère, pour peu qu'ils soient de connivence, fut le comptoir en lui-même. Il fallait dire qu'avec la force déployée dans ce coup de hache d'armes, cette dernière avait taillé et fendu le zinc d'un bon tiers, et la victime de bois emprisonnait, comme par rancune, l'arme du Demi-orc dans une étreinte qui le força à reconsidérer sa colère, alors que le barbu aux cheveux gris lui demandait une trêve, le temps de trouver les vrais responsables.

Après tout il avait l'air sincère, même si les démentis de l'aubergiste commençaient à l'embrouiller encore plus. Ils avaient fait ça à eux trois ? Et par dessus le marché c'était lui qui aurait tué Rorgh ?! C'était pas possible, il avait passé la nuit dans une crevasse à flanc de colline. Pour les deux autres il ne savait pas trop, mais personnellement il n'était pas présent lors du massacre, et quand il avait quitté la taverne, tout le monde riait, buvait et chantait.

De plus, depuis qu'il vivait avec les civi ... les ... gens qui vivent en communauté sans trop se frapper, il avait marqué une frontière nette entre ceux qui pouvaient être ses amis et ceux qu'il pouvait pourrir sans avoir d'histoires, et rien que le barbare en train de dormir et l'anniversaire prouvaient, du moins pour lui-même, qu'il n'aurait jamais pu faire de mal à ces gens. Rorgh, c'était un pote de beuverie, alors sauf s'ils s'étaient décidés à se mettre une mandale, jamais Vrolg n'aurait porté la main sur lui, enfin presque. Et puis c'était vraiment pas fer-plaie de zigouiller un gars la semaine de son anniversaire, sauf s'il l'avait vraiment cherché, mais le paysan et ses amis lui avaient même payé un coup ...

Plus le tavernier ouvrait sa gueule moins que le mercenaire arrivait à penser, et devant le risque d'en perdre l'équilibre, la peau-verte préféra s'asseoir sur une table encore en état de le supporter. Alors qu'il commençait à envoyer des armes en tous genres au pirate, Vrolg, dubitatif, se gratta la joue et regarda l'assassin d'un air criant l'impuissance et l'embarras.

"Tu comprends tout quoi qu'il raconte, l'autre, là ?"

Enfin, quand le tenancier partit, son arme à la main, le guerrier garda le silence quelques secondes, son crâne bourdonnant encore, avant de se tourner vers les deux autres aventuriers, l'air renfrogné.

"J'sais pas c'qu'y s'passe, mais j'crois qu'il nous a pris pour d'autres gars là ... Et j'aime pas, y a que moi qu'a droit à salir mon nom, d'abord !"

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"Eh, toi là ! Non, l'aut' ... Ah oui ! Invité !!! Va voter, sinon ... bah ce s'ra la louz !
... J'crois qu'il a comprendu."
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MessageSujet: Re: Un carreau d'arbalète   Lun 13 Mai - 13:19

Raynarès, de son côté, avait abandonné tout espoir de compréhension des événements. À partir du moment où le tavernier avait saisi l'estramaçon, il s'était dit que franchement, ça commençait à bien faire, qu'il ne savait pas ce qu'il foutait là, que cet aubergiste était un grand malade, et que ses vêtements s'étaient encore plus encrassés après son esquive dans des restes de chair humaine.

Des doubles maléfiques, hein ? Donc de nature magique. Donc un sujet qui dépassait complètement les connaissances de l'assassin. Donc, encore une fois, l'incompréhension. Il se dit que finalement, un double maléfique, c'est juste un type vraiment pas sympa et qui lui ressemble beaucoup d'un point de vue physique. Mettre la Terre de Fangh à feu et à sang ? Bon courage, beaucoup ont tenté la chose, aucun n'y est parvenu. Et les candidats étaient en général plus de trois. Alors comme ça son usurpateur prenait plaisir à se faire des colliers d'entrailles ? C'était dégueulasse, et il était hors de question que Raynarès laisse sa réputation être ruinée de la sorte. Pour résumer, trois corniauds avaient eu la soudaine idée d'exister et de tuer tout le monde, jusqu'à qu'on leur mette les points sur les I et les poings sur la gueule. C'est d'ailleurs ce que comptait faire Raynarès. Ou plutôt, il espérait que Pnek et la Peau-Verte avaient les mêmes intentions, parce que seul il ne pourrait pas faire grand chose. Le Demi-Orque semblait s'être calmé, le pirate avait tenu le crachoir à " Larry ". Ils seraient trois compagnons malgré eux. Raynarès toussa légèrement pour attirer l'attention, et déclara :


« J'ai strictement rien compris à ce qui vient de se passer, mais je vais retrouver le salaud qui a usurpé mon identité et lui dire ce que je pense de sa manière de se comporter. Si vous en êtes, je veux bien faire la route avec vous. Tiens, à ce propos en parlant de route, ils sont partis par où ? »

La question trouva vite une réponse. Une réponse qui prenait la forme d'un pan de mur entièrement détruit du côté des dortoirs. Sans même attendre de réponse de la part des deux intéressés, Raynarès alla à l'extérieur de l'établissement. Il regarda au Nord, rien. Il regarda à l'Ouest, toujours rien. Exception faite de Larry qui traçait son chemin, tel un héros solitaire, cherchant sans répit à débarrasser Fangh de toute corruption. L'assassin porta enfin son regard vers l'Est, où les choses se présentaient mieux. Au loin s'élevait un panache de fumée noire. Un champ, une habitation ? Quoi que ce soit, ça brûlait, et d'une belle manière à en juger par l'épaisseur de la fumée.

La distance qui séparait la taverne de l'incendie était assez conséquente. En partant maintenant, ils arriveraient sur place en début d'après-midi. D'ici là, les némésis seraient partis depuis longtemps, mais c'était là tout le principe de la traque. Progresser étape par étape, jusqu'à ce que le chasseur rattrape le chassé. Alors autant commencer maintenant.

Spoiler:
 


Dernière édition par Raynarès le Dim 26 Mai - 15:00, édité 1 fois
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Pnek Étripe-Troll
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MessageSujet: Re: Un carreau d'arbalète   Lun 20 Mai - 14:58

Pnek s'accrochait au bar tel un marin au sortir d'une longue nuit de beuverie. Mal assuré sur ses jambes, il se saisit d'un vieux chiffon à vaisselle pour torcher son nez sanglant et se débarbouiller un peu. Il arracha dans une grimace de douleur une dent branlante, dont il ponctua l'expulsion d'un crachat carmin sur le sol, et tenta de redresser le tarin brisé à la main - non sans gueuler au passage.

Grommelant dans sa barbe, il traversa la salle, enjambant les débris épars, et jouant les acrobates, parvint à récupérer son sabre fiché dans le bois. Son tricorne, lui, avait décidé de s'offrir une nouvelle vie : il eut beau le chercher à quatre pattes dans les hautes herbes, il ne trouva rien d'autre que le cadavre de l'un des chiens de Larry.

Foutu tricorne. Damné soit-il, ce vieux bout de cuir élimé, raidi par le sel et le soleil. Pnek y tenait. Il lui avait servi de compagnon, de fidèle ami, même si sa conversation n'était pas bien folichonne. Lorsqu'il fermait les yeux, le Pirate se souvenait du moindre détail de son couvre-chef tombé au champ d'honneur. La moindre éraflure, la moindre entaille, tout y était. Même cette fameuse doublure intérieure, tout à fait discrète, dans laquelle il avait glissé deux ou trois feuillets dérobés dans l'escarcelle de l'un de ses comparses à une époque lointaine, qui contenaient toutes les indications nécessaires à l'exhumation d'un ancien butin.

Et il venait de les perdre grâce à ce perché d'aubergiste.

Debout, lorgnant ses pieds d'un air chagrin et se grattant vigoureusement les cheveux - qui goûtaient à la joie d'une liberté nouvelle - il se souvint de quelques paroles échangées quelques minutes plus tôt. Des doubles maléfiques, avait-il lui-même dit. S'ils étaient en tout point identiques, ils devaient également porter les mêmes vêtements. Il avait ainsi une chance de reprendre possession de son bien !


- J'ai strictement rien compris à ce qui vient de se passer, mais je vais retrouver le salaud qui a usurpé mon identité et lui dire ce que je pense de sa manière de se comporter. Si vous en êtes, je veux bien faire la route avec vous. Tiens, à ce propos en parlant de route, ils sont partis par où ?

Le spadassin finit par se rendre compte de l'évidence, incarnée sous la forme d'une vaste ouverture dans un pan de mur, qui était tout à fait intact la veille au soir.

- Défoncé à la hache, fit observer Pnek en lorgnant pensivement les planches éclatées.

Le petit groupe laissa son regard se porter à l'Est, d'où s'élevait une épaisse colonne de fumée témoignant de probables saccages.

Les trois vagabonds s'éloignant des lieux, l'auberge fut peu à peu assaillie par les charognards de tout poil, rats, chiens errants et corbeaux, que l'appât du festin avait attirés. L'un des emplumés, cependant, plus curieux qu'affamé, était juché sur le faîte du toit, et observait de son petit œil les compagnons auxquels le sort avait joué un sale tour...
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Vrolg
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MessageSujet: Re: Un carreau d'arbalète   Sam 25 Mai - 13:17

La suite ICI

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MessageSujet: Re: Un carreau d'arbalète   

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