L'Encrier du Chaos

Roleplay dans l'univers du Donjon de Naheulbeuk
 
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Voilà bien longtemps que les Aventuriers ont quitté la région. Le fracas des armes a cessé, la fureur et la poussière sont retombés, la soif de gloire et de richesses s'est tarie. Mais les lieux ne sont pas morts pour autant : il reste toujours le vieil aubergiste, là, courbé derrière son comptoir ; et je gage que si vous aviez la curiosité de lui adresser la parole, il pourrait vous conter de grandes choses du temps passé, et allumer en vous une étincelle dont vous ne soupçonniez pas l'existence...

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 Un commencement, un retour, et des retrouvailles. Partie 2 (RP en duo avec Gwennaall)

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Raynarès

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MessageSujet: Un commencement, un retour, et des retrouvailles. Partie 2 (RP en duo avec Gwennaall)   Lun 20 Juin - 14:50

Mièvr



La montagne s'étendait jusqu'aux cieux, crevant les nuages. À sa base, quelques squelettes. Elle ne laissait qu'une seule issue possible. Faire demi-tour. Une véritable impasse, un odieux cul-de-sac, barrait la route aux deux compagnons, les forçant sans délai de retourner sur leurs pas. Chaque fois qu'il se tenait devant ce qu'il appelait " le Mur ", Raynarès avait une pensée pour les voyageurs errants, qui, après avoir parcouru tout un labyrinthe de sentiers et de corridors, arrivaient, souvent à bout de forces, devant un ultime barrage tout en roc.

Le voyageur perdu s'en allait, une fois de plus dépité, se condamnant à une mort certaine s'il ne retrouvait pas le chemin du retour. Mourir de soif, et parfois d'inanition. Cela avait été le destin de bon nombre de pèlerins insouciants. Parfois, le voyageur n'était pas perdu, mais déterminé. Celui-ci en avait assez de tourner en rond et se mettait au défi de grimper sur les hauteurs, dans l'espoir de trouver une quelconque hospitalité. Bien des légendes parlent de cités perdues dans les Montagnes. Certaines de ces légendes ne sont pas erronées.

Le voyageur courageux continue son ascension, se raccrochant aussi bien à sa détermination qu'aux minces interstices dans lesquels il glisse ses mains ensanglantées. Il ne fait pas froid, mais il tremble de tout son corps. Il perce les nuages, et voit pour son plus grand malheur qu'il n'est qu'à la moitié de sa téméraire escalade. Combien de temps lui a-t-il fallu pour en arriver seulement là ? Soudain, il aperçoit une forme, là-haut. Elle bouge. Est-ce son imagination ? Il entend une voix qui lui demande son nom. Serait-ce le paradis ? Son dieu le rappellerait-il à lui ? Où est-ce peut-être le vent, qui souffle sans cesse à ses oreilles, qui menace sans arrêt de le précipiter en contrebas ? Il répond, malgré tout. La forme, qui ne ressemble à rien d'autre qu'à une tache par la distance, se retire. Il continue de grimper. Il puise dans ses dernières forces. Il sait qu'il peut y arriver. La forme revient. Elle semble esquisser un geste dans sa direction. Quelque chose tombe vers lui. Une corde, peut-être ? Mais aura-t-il la force de s'y agripper ? La chose continue sa chute. Ce n'est pas une corde. C'est une pierre, qui doit faire environ la taille de sa main. Elle file inexorablement vers lui. Il va la recevoir en pleine figure. Il est trop épuisé pour tenter la moindre esquive. Le choc est brutal. Il a mal. La pierre continue sa chute, et il la suit. La forme disparaît en même temps qu'il traverse les nuages. Il a mal. Il comprend pourquoi certains des squelettes sont brisés, par terre. Dans quelques secondes, tout sera terminé. Il a mal. Il adresse une dernière prière à son dieu. Il n'a pas le temps d'entendre ses os craquer ni de voir son sang gicler. Il est heureux, car, lorsqu'il touche le sol, toute souffrance s'éteint.

Raynarès descendit de la monture de son ami. La tête dirigée vers le ciel, il tentait, comme à son habitude de pénétrer les nuages de son regard afin de connaître l'identité du gardien. Être de garde au Mur était l'une des tâches des Membres de la Brigade, et elle s'effectuait à tour de rôle, une rotation étant organisée à chaque période. L'assassin porta sa main à ses lèvres et poussa un sifflement particulièrement fort et aigu. Un écho résonna, comme si les montagnes discutaient entre elles. Le bout d'une corde à trois brins, solide, tomba en face de lui et fouetta le flanc du mur naturel. Raynarès siffla une seconde fois, et produisit un son identique au premier. Avant même que l'écho ne s'estompe, une deuxième corde échoua devant les deux compères. Raynarès fit un geste de la tête à Gwennaall, lui intimant d'y aller. Puis il prit la corde dans ses mains et grimpa quelques mètres par la seule force de ses bras. Là, il posa ses pieds contre la paroi rocheuse et, s'aidant bien entendu de la corde, commença à marcher verticalement vers le sommet. Il ne regardait pas Gwennaall, mais ne doutait pas une seconde de sa présence derrière lui. Le passage dans les nuages humidifia légèrement ses vêtements récemment séchés. Enfin, il émergea de la couche nuageuse et vit une forme sombre, loin au-dessus de lui. Lorsqu'il eut avancé suffisamment, il distingua que le gardien portait de longs cheveux blancs et un uniforme d'éclaireur dont les couleurs variaient entre le bleu et le blanc. Raynarès reconnu Garr, le seul Demi-Elfe à faire partie de la Brigade.



" Salut vieux !

- Je ne suis pas vieux, j'ai trente-huit ans.

- C'est vieux.

- Non.

- T'es marié, en plus ! Mes félicitations au passage !

- Merci, Eker !

- N'empêche que ça te rajeunit pas...

- Je ne suis pas vieux !

- T'es plus vieux que moi.

- Raaah... Qui t'accompagne ?

- Gwennaall.

- Gwennaall ? T'es pas sérieux ? Mais c'est vrai en plus ! "



Le Demi-Elfe les aida tous les deux à remonter, et Raynarès et lui se serrèrent vigoureusement la main. Un sourire illuminait leurs visages. Garr se montrait un peu plus réservé envers le Nain. Ses ascendances elfiques le poussaient à l'ignorer, mais il ne le détestait pas. En réalité, il espérait pouvoir le compter comme un ami. Lorsque Gwennaall était autrefois à Mièvr, il n'avait jamais cherché la discussion avec lui, bien qu'il l'intriguait fortement. Il souhaitait désormais franchir un cap en engageant la conversation.


" Hem... Eker, je pense que tu ferais bien de rejoindre la ville au plus vite, Haar veut...

- Me voir immédiatement et sans délai possible.

- Voilà.

- J'y vais de ce pas, tu fais partie de l'équipe ?

- Ouais. "



Le regard du Demi-Elfe s'assombrit brusquement. Raynarès ne doutait pas qu'il s'était proposé volontaire pour faire partie de l'équipe de récupération. Gault avait gravement blessé sa désormais femme, Sara. L'assassin estima normal qu'il cherche à se venger, néanmoins, il se jura de l'avoir à l'oeil lors de la mission. L'objectif d'une équipe de récupération était de ramener un ou des individus, pas de le tuer, bien que les personnes concernées soient souvent des criminels. Raynarès partit en direction de la ville, suivant un sentier bien dégagé qui conduisait en-dessous des nuages. Laisser Gwennaall en compagnie de Garr ne devrait pas poser de problème.


" Bon, eh bien, je crois que laisser le Mur sans surveillance ne devrait pas poser de soucis, des intrus, on en a pas plus de deux par cycle... Si cela ne vous pose pas de problème, je vais vous servir de guide. Ah, mais c'est vrai que vous connaissez déjà les lieux... Au lieu de guide, je vous propose d'être votre " informateur " si vous avez des questions, n'hésitez pas. Et puis... Comment je dois vous appeler ? Gwennaall ? Maître Nain ? Monsieur le Nain ? "


Dernière édition par Raynarès le Jeu 4 Aoû - 10:58, édité 1 fois
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Gwennaall
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MessageSujet: Re: Un commencement, un retour, et des retrouvailles. Partie 2 (RP en duo avec Gwennaall)   Mar 5 Juil - 14:23

Pffff... Encore du sport. Il fallait monter un mur maintenant. Et puis, c'est que c'était haut, en plus ! Enfin haut, tout est relatif, mais là, même pour un humain, c'est haut, quoi. Et puis pour un Nain, encore pire. Imaginez-vous devant ça, même en escalade avec des prises partout, vous ne voudriez pas aller chercher le haut du mur. Eh ouais, ça fait peur. Et puis, bon, juste avec une corde, certes c'est plus facile, mais c'est pas un monte charge non plus.

*Tiens je ferais bien de le faire remarquer à Eker, ça. Un monte charges, ce serait bien. Et puis, au moins, les squelettes des disparus, on les aurait en haut, et plus en bas.*

Le Nain, désormais peu habillé, étant donné que la pluie avait mouillé ses affaires et qu'il avait préféré les ranger après avoir séché, voulait paraître un tant soi peu présentable avant d'arriver au village. C'est vrai, quoi, arriver en guenilles dans un endroit que l'on n'a pas fréquenté depuis plus de vingt ans...

"Attends-moi, dit-il alors que Raynarès avait sifflé deux fois, je mets mon armure d’apparat... Enfin, mon armure quoi. J'vais pas arriver vulnérable... Imagine que ce soit quelqu'un qui m'aime pas là-haut..."

Il eut un petit rire nerveux alors qu'une dispute avait éclaté quelques heures plus tôt sur son alignement désormais de plus en plus mauvais. Mais cependant, l'heure n'était pas à la rigolade, et en moins de deux, le voici entouré de plaques et bardé de fer. Une vraie boîte de conserve, oui.

"C'est bon, je crois qu'on peut y aller."


Sans avoir attendu son approbation, Raynarès s'était déjà élancé à l'assaut de la falaise. La corde l'aidait beaucoup, alors qu'il marchait à l'horizontale sur le plan très incliné. Le nain se décida à l'imiter, alors qu'il trouvait ridicule de ne pas s'accrocher tout simplement à la paroi et se propulser avec les jambes. À la force des bras, donc. Peu à peu, la distance était mangée, dévorée, et une petite silhouette se profila, en haut, comme si elle regardait qui arrivait. Ce qui était le cas, d'ailleurs.

Un Elfe, sûrement; Il fallait quelqu'un avec une bonne vue. Ce que craignait Gwennaall, aussi, était de se retrouver face à un Elfe qui voulait sa peau. Peu d'entre eux la voulaient, mais les rares cas d'anti-Gwennaallite aiguë pouvaient tout autant se retrouver à Mièvr. Et là je ne dis pas, les pensées Nanicides, ça y va... Enfin peu importait, puisque de toute façon, il ne voulait pas sa mort : la preuve, le caillou serait déjà bien vite arrivé.


*Ah et j'y pense, Raynarès doit avoir un signal pour ça, et je ne cours aucun risque... Oh et puis ça tire sur les bras dis-donc. Je ne suis plus habitué à ce genre de choses... bah peu importe, je ne vais pas me dégonfler... Rah c'était plus simple quand je creusais... et ça me fait penser que c'est comme ça que je suis arrivé ici la première fois... Dis-donc, quelle chance j'ai eu ce jour-là...*

Il pensait en effet au jour où, vexé d'avoir vécu une dispute avec son clan de Nains, il s'était retiré des mines de Jambfer, et avait creusé, encore et encore. Ensuite, il avait rebouché derrière-lui, exprès pour qu'on ne le suive pas. Il espérait sortir sans que personne ne le remarque... Mais c'était sans compter sur une chance -ou une malchance, ici- de... de veinard (ne m'obligez pas, vraiment ce serait moche), et donc ce jour-là Gwennaall tomba... bizarrement, sur Mièvr. C'était une menace à l'époque, imaginez ! Un village qui avait réussi pendant plus de plusieurs décennies à préserver son enceinte, et qui vivait dans l'harmonie la plus totale... Sans compter sur Gwennaall. Lui, arrivait là comme un cheveu sur la soupe, en plein dans le mur d'enceinte... enfin, mur d'enceinte naturel de ce côté-ci... et de l'autre aussi d'ailleurs.

Oui, parce qu'il avait fallu faire un trou dans le mur d'enceinte de pierre qui protégeait la ville du côté montagne. Parce que oui, Mièvr était protégée d'un coté par la montagne de granit, de l'autre par une falaise imprenable d'en bas... Et d'en haut aussi d'ailleurs.

Enfin, le haut arrivait...


*Ah, ça y est, ça me rappelle le moment où j'ai vu Raynarès pour la première fois... Un gamin qui courait après la p'tite Sara... Ah oui elle est mariée maintenant... avec qui d'ailleurs ?... Je ne sais plus. Je suis sûr que c'était marqué sur le parchemin qu'il m'a fait lire... Bah je sais plus, je saurai bien...*

Le Nain, lentement, se hissa sur le haut de la falaise, alors que la discussion commençait déjà entre ses deux compères. L'un et l'autre n'avaient pas du se voir durant une bonne paire d'années... Si ce n'est plus. Le "T'es marié" fit faire un bond à Gwennaall. Damned, ça y est, il savait maintenant, c'était bien Garr, le Demi-Elfe, qui était marié à Sara, et cela faisait bien... Allez, moins de deux jours... Une accolade commençait la discussion, et une poignée de main ferme l'avait continuée.

Le Nain, lui, n'avait pas eu le droit à cette considération, si bien que quand le Demi-Elfe lui adressa la parole, il se tint bien droit et frappa de son poing sur son torse en guise de salut militaire, ce qui dégagea un bruit creux. Il répondit juste après :


"Bien, alors déjà, ce sera Gwennaall, pour toi et les autres. Pas de considération supplémentaire. Et si tu veux me servir d'informateur... Dis-moi tout ce qui s'est passé de mon départ à aujourd'hui. Je veux TOUT savoir. Et si tu permets, on pourra peut-être avancer un peu en même temps, je n'aimerai pas perdre Eker dans la foule..."


Un petit rire nerveux termina sa tirade alors qu'il fixait dorénavant le Demi-Elfe, afin qu'il lui réponde dans les plus brefs délais possibles.

_________________
« Qui n'empêche pas le mal le favorise. »
Cicéron.
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Raynarès

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MessageSujet: Re: Un commencement, un retour, et des retrouvailles. Partie 2 (RP en duo avec Gwennaall)   Mer 13 Juil - 10:30

Raynarès descendait le sentier à grandes foulées. Celui-ci avait été creusé à même la roche et disposait d’une ouverture au plafond afin de pouvoir éclairer les Mièvrians. Il y avait un ou deux trous à quelques endroits du chemin, et la prudence était de mise, sous peine de tomber dans l’un des innombrables buissons garnis d’épines qui bordaient le petit couloir de pierre grise. Le ciel s’était éclairci et l’assassin n’eut donc pas à retraverser une zone de nuages. Le chemin s’élargit jusqu’à ce que Raynarès arrive dans une immense vallée. Verdoyante et ensoleillée, parsemée de champs et d’enclos contenant des caprins, elle était la principale source de nourriture des Mièvrians et l’unique jonction entre le Mur et la ville. Un bon kilomètre de nature montagnarde, que Raynarès parcourait avec la fièvre du retour. Droit devant lui, bâtie sur le flanc d’une montagne plus imposante encore que les autres, et semblant accueillir l’assassin, Mièvr. Après une année entière à arpenter de long en large la Terre de Fangh, le Membre retrouvait enfin sa ville natale. L’entrée se faisait par n’importe quelle ruelle de la partie dite « basse » de la ville. En effet, la cité étant efficacement protégée par le Mur, aucune muraille ne l’entourait. Toutes les rues donnant sur la vallée étaient donc propices à l’entrée et à la sortie de la population. Autrefois, la plupart des bâtiments avaient été en bois, jusqu’à ce qu’un incendie ravageur n’en consume plus du tiers, entraînant dans la mort des centaines de personnes. Mais c’était il y a deux siècles. Désormais, afin d’éviter de nouveaux incidents, toutes les architectures se faisaient en pierre.

La partie basse était composée en majeure partie d’échoppes, de tavernes et d’habitations. C’était un lieu où chacun se retrouvait et où les Mièvrians passaient souvent leurs soirées. C’était aussi le point de départ de nombreuses festivités : fiançailles, journées sportives, nuits de musiques, ou simples enterrements. On y trouvait par ailleurs le quartier des Demi-Elfes, situé à son extrémité. Plus on se dirigeait vers la partie « haute » de la cité, plus la pente naturelle subissait une forte inclinaison. Ainsi, il était épuisant de traverser la ville, et la résistance physique de chaque habitant s’accroissait au fil du temps. Une course annuelle était d’ailleurs organisée pour déterminer le Mièvrian le plus endurant. Les participants devaient faire cinq fois le tour de la ville et on en retrouvait bien souvent par terre, car tout n’était que descente et montée. Le départ et l’arrivée se faisaient sur la grande place, dans la partie haute. Cette deuxième et dernière partie contenait la plupart des bâtiments importants de la cité. Seule une rue assez étroite permettait le passage entre basse et haute. Quarante années auparavant, il y avait plusieurs endroits pour y accéder, mais depuis la tentative d’insurrection qui avait failli réussir, ils avaient été remplacés par quelques bâtisses, ou autres constructions sans grand intérêt. Il ne restait donc qu’un unique passage, extrêmement facile à défendre dans le cas d’une nouvelle révolte. Ce qui n’avait, par ailleurs, pas empêché Gault de commettre ses crimes, ni de s’enfuir.

La partie haute était divisée en quatre fractions bien distinctes. La première était la grande place, où, en son milieu, se trouvait un escalier qui descendait dans les profondeurs de la montagne. Le chemin conduisait à une caverne où se trouvait un lac naturel à la température particulièrement agréable. On pouvait aussi rejoindre le lac par l’extérieur en contournant la montagne, mais peu de gens le faisaient. De la grande place partaient trois rues principales, qui conduisaient chacune à l’une des trois parties restantes de Mièvr. Ces trois rues étaient essentiellement composées de résidences pour les Mièvrians occupant des fonctions importantes, ou de tavernes réputées. La fraction de droite conduisait directement au temple de Trafalgar et Lumière, et à la Bibliothèque. Cette dernière se trouvait dans l’édifice le plus imposant de la ville. En effet, comme les Mièvrians étaient quasiment coupés du monde, tous ceux qui allaient en Fangh se débrouillaient pour revenir avec de nouvelles connaissances, des ouvrages inédits, qu’ils donnaient à la ville. La Bibliothèque était donc particulièrement remplie, et un moyen très efficace de recueillir des informations sur le monde extérieur. Le temple, quant à lui, avait à ses côtés les statues de Trafalgar et Lumière, qui par leur volume dominaient Mièvr et ses habitants. Le temple en lui-même était un bâtiment tout en longueur, fait de pierre d’un blanc immaculé. L’intérieur regorgeait de tapisseries contant l’histoire de la ville, et de sculptures de divinités. Le tout respirait une pureté absolue que la moindre présence humaine semblait souiller. La fraction centrale, elle, amenait les habitants devant la mairie et l’université. Ici se déroulait les études des jeunes Mièvrians jusqu’à l’atteinte de leur majorité. Lorsque certains enfants ou adolescents démontraient des capacités martiales ou intellectuelles supérieures à la norme, ils pouvaient choisir de poursuivre leur scolarité ou de rejoindre un rang universitaire spécialisé dans le militaire ou l’étude approfondie de la magie. Raynarès, alors jeune adolescent, s’était vu proposer l’option militaire qu’il avait aussitôt accepté. Enfin, la fraction de gauche menait aux casernes de la Garde Mièvrianne et à la Brigade. Celle-ci, de l’extérieur, était un édifice imposant à l’architecture parachevée. Au-dessus de l’entrée trônait la statue d’un aigle à trois têtes, l’emblème non seulement de la Brigade mais aussi de Mièvr. La matière utilisée pour la construction de la Brigade était la même que celle du temple, de la pierre d’une blancheur sans pareille. Pourtant, si le temple dégageait de la pureté, la Brigade, elle, donnait à ses visiteurs une sensation plus obscure. À l’intérieur, c’était un véritable dédale de couloirs et de bureaux, pour la plupart vides.

Raynarès emprunta un escalier sur sa droite et monta jusqu’au troisième et dernier étage de la Brigade, pour arriver devant un long couloir ne donnant que sur une unique porte. Celle-ci s’ouvrit alors qu’il n’était qu’à la moitié du couloir, et un homme d’une quarantaine d’années s’avança vers lui. De taille moyenne, il dissimulait sous ses vêtements une musculature entretenue. Ses yeux et ses cheveux d’un brun foncé contrastaient avec sa peau pâle, et une cape d’un marron usé tombait de ses épaules jusqu’à terre. L’homme possédait un équipement conséquent et particulièrement attirant car sous une tunique en tissu ocre, on pouvait distinguer une chemise de mailles en mithril très bien préservée. Son regard était doux, mais il en transparaissait une indescriptible sensation d’invulnérabilité. Les deux Membres se serrèrent la main sans marquer d’affection ou d’antipathie particulière.



" Je serais toi, Eker, je ne ferais pas attendre Haar. Tu es le dernier arrivé, et il y a de fortes chances que l’on commence à débattre des objectifs de la mission dès demain.

Content de te voir moi aussi… Et va falloir lever un peu le pied, là. J’aimerais pouvoir me reposer un peu de temps en temps.

On ne nous demande pas notre avis, malheureusement pour toi.

Au fait, j’ai invité Gwennaall à venir. Je l’ai laissé avec Garr.

Comment ?! Mais… Tu n’as pas demandé les permissions pour accueillir un étranger !

Ouais, mais tu sais, moi, la paperasse… Et puis c’est pas vraiment un étranger, il est déjà venu.

Eker… Bon, je suppose que maintenant c’est trop tard. Et puis, d’un côté… C’est vrai que ça me ferait plaisir de le revoir.

Ah bah tu vois ! Allez, laisse-moi entrer, il faut que je parle d’un sujet assez pénible avec ton père.

Alors respire un bon coup avant, il est sur les nerfs. À plus !

C’est ça, à plus, Aurion. "






~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~





Garr et Gwennaall marchaient tous les deux une centaine de mètres devant Raynarès. Le Demi-Elfe répondait du mieux qu’il pouvait à la question du Nain, alors qu’ils pénétraient dans la vallée.


" Ce qui s’est passé depuis ces quinze années ? Ben… J’ai envie de vous répondre que la vie a suivi son cours, tout simplement. Nous avons tous vieilli, certains sont partis et d’autres sont arrivés… Qu’est-ce que je pourrais bien vous raconter comme anecdote ? Ah, bah tenez, comme Eker n’est pas revenu à temps pour la course annuelle, c’est moi qui l’ai remportée ! D’habitude c’est toujours lui qui rafle la coupe et moi je finis deuxième, parfois troisième. C’est qu’il en a dans les jambes, ce gars-là. Mais là, je peux vous dire que j’en ai profité. Rendez-vous l’an prochain pour un duel d’exception, hé hé ! Autrement… Attendez, j’essaie de me projeter il y a quinze ans, voir ce qui pourrait vous intéresser… Vous n’avez qu’à me raconter ce que vous avez fait vous aussi durant tout ce temps ! "


Le Demi-Elfe marqua une pause, tant pour écouter Gwennaall que pour trouver un sujet de conversation. Puis il poursuivit sa tirade :


" Sur le plan gouvernemental, rien n’a changé mis à part la mort subite du maire Moryagorn, un an plus tôt. Haar et Lucent se partagent désormais sa fonction, je ne sais s’ils désigneront un remplaçant ou s’ils vont continuer à gérer ce poste à eux deux. Sinon… Ah oui ! Vous vous souvenez de Durban ? Le frère cadet de Weaver ! Lorsque vous l’avez quitté, il était tout chétif, et ne dépassait pas le mètre vingt ! Et maintenant, oh là là ! Un véritable géant ! Vous le verrez par vous-même ! "


Il y eut alors un silence assez conséquent alors qu’ils traversaient la vallée. Par son mutisme soudain, Garr laissa à Gwennaall le loisir d’observer la vallée et la ville, lui permettant de retrouver d’anciens souvenirs. Lorsqu’ils entrèrent dans la cité, tout le monde se retourna sur leur passage, et bientôt toute la cité fut en émoi de voir revenir Gwennaall. Raynarès se dirigea vers la partie haute et Garr s’en alla vers une place où se tenait un marché.


" Suivez-moi, Gwennaall, Eker va faire son rapport à Haar et nous serions de trop là-bas. Venez plutôt voir ça ! "


Au milieu de la place, sur un piédestal en roc, une statue d’environ deux mètres de hauteur avait été érigée. La statue était composée d’une roche plus claire que sa base, et représentait un Gwennaall souriant, une pioche à la main, et une chopine dans l’autre. Sur le socle, on pouvait lire :

En l’honneur de Gwennaall le Nain, premier et unique étranger à avoir découvert Mièvr et y avoir été accepté.


" C’est la surprise du retour, si vous voulez, hé hé ! Lorsque vous êtes parti, on s’est dit que ce serait la moindre des choses. Fallait marquer le coup, vous comprenez… Depuis, vous êtes l’idole des petits ! La plupart n'ont jamais vu de Nain, sinon dans les livres. "


Et au moment même où Garr prononça ces mots, une multitude d’enfants de cinq à seize ans se rua sur le Nain pour lui parler, entendre sa voix, ou tout simplement le regarder de plus près.
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Gwennaall
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MessageSujet: Re: Un commencement, un retour, et des retrouvailles. Partie 2 (RP en duo avec Gwennaall)   Mer 3 Aoû - 9:58

Le Nain marchait à côté de Garr, un Elfe. C'était bien la première fois depuis des années qu'il n'avait pas eu une bonne vraie conversation avec un représentant du Beau Peuple. A une question, le jeune garde du Mur en avait posé une autre.

*Ah il m'agace ce garçon, il m'agace... Quand on demande ce qu'il s'est passé pendant quinze ans, on espère au moins avoir une réponse... Et être tranquille... Parce que en quinze ans, il se passe des trucs, bon sang... Et lui il veut savoir ce que j'ai fait de mes quinze ans ? C'est pas ce qu'il y a de plus intéressant ça, dis-donc... Enfin bon, j'ai quand même retrouvé la trace de mon père... C'est déjà ça...*


« Tu sais mon p'tit, j'te félicite pour la course. Mais moi, ça n'a jamais été mon truc... Je préfère la charge en plein combat, se sentir soutenu, tu comprends... La compétition, j'en ai ma claque. J'en ai déjà gagné une, c'est vrai, et ça s'est joué à pas grand chose... Quand je suis parti, je me suis réfugié à Waldorg, tu sais... La Capitale actuelle de la terre de Fangh... Une sacré belle ville, avec des mages partout. Une ville dynamique, mais paumée, loin, vers la mer d'Embarh. J'en suis devenu le maire longtemps après mon arrivée... Et je le suis resté pendant un temps assez long pour me faire retrouver par Raynarès, ou Eker si tu préfères, lors d'une recherche de personnel pour un boulot un peu ingrat... »

Et Gwennaall parla, encore et encore, pour raconter tout, depuis qu'il était parti. L'élection, oui, mais aussi l'aventure dans les marécages. Son plus grand coup d'éclat depuis sa naissance. Assassiner une Liche, c'était pas mal ! Bon, même si elle n'était pas vraiment morte... Mais quand même ! Tuer et égorger un Orc géant... Un vrai massacre, de la viande partout, de la confiture sur les murs, enfin bref, de quoi contenter, et bien d'ailleurs, un Roi squelette, dont on a été obliger de retrouver le crâne...

De fil en aiguille, le Nain se rappela qu'il voulait parler de ses nouvelles affiliations, à un nouveau Dieu, que personne à part lui n'appréciait, dans son ancien entourage, constitué de Modimus Courbenclume, un sacré Nain, et de Raynarès aussi, un sacré humain.


« Tu sais, il y a certaines choses qui risquent de ne pas plaire à vos deux maires, maintenant... On me connaissait disciple d'aucune religion, puis je suis passé par le côté Saint, Braav' m'a accueilli. Mais... Comment dire... Dans la guerre des Dieux, c'est généralement le plus Belliqueux qui vainc... Et... Comment... Heu... Bon eh bien, j'ai préféré le culte de Khornettoh. J'aspire maintenant à plus de puissance, et... Tu vois Aurion, je ne vais pas te faire de dessin... J'aurais aimé qu'il ne puisse plus jamais me vaincre. Car je sais que maintenant, nous nous valons, lui et moi, en combat. Ma relique, mon plastron, me permet de faire appel à Lui, et grâce à Lui... Je retrouverai Gault aussi. Je suis là pour ça. Que ça vous plaise ou non, je suis resté Gwennall le Nain, l'unique, le seul... et... »

Le Nain avait écouté Garr, et l'avait suivi, le laissant parler, le laissant dévoiler ce qui était resté inchangé, comme ce qui avait été bouleversé. Et une chose avait changé. Une statue était apparue au milieu d'une place... Celle du marché. Comme par enchantement... De la bonne pierre. Un Nain se tenait debout, là, ce Nain, Gwennaall jurait l'avoir vu quelque part. Ce Nain, c'était bien lui... Comme un mémorial, sur une plaque dorée, un message à son attention. C'était bien sa statue, qui lui rappelait le jour de sa découverte...

*Eh bien... Une bien belle statue... Franchement, je m'y attendais pas... Ils sont... Pourquoi le seul mot qui me vient est « gentils » ? Je n'ai pas l'habitude de cette sollicitude... D'habitude on veut me tuer...*


« Je... Ne sais pas vraiment quoi dire... C'est... C'est beau. Vraiment. Je n'ai pas dit ça depuis longtemps, maintenant, mais je dois vous dire que cela... Me touche. Vous avez été capables de me faire découvrir à nouveau ce que sont les émotions... autres que la colère et l'impatience. Je parlais d'Eker tout à l'heure, en mots très favorables... Mais je dois avouer qu'il m'a déçu ces derniers temps... Vous, toute la ville, vous êtes vraiment... »

Non, un Nain ne pleure pas. Jamais. Question d'honneur. Enfin, presque. Des fois ça arrive, une goutte d'eau salée perle au coin d'un œil, et se perd dans une barbe fournie. Gwennaall porta ses mains à son casque, et décida de découvrir son chef. Sa tête s'inclina en avant, et il tomba à genoux devant cet édifice, alors que certains habitants s'approchaient de lui pour fêter son retour.

Pour la première fois, et ce depuis des années encore, un sourire apparut au coin de ses lèvres. Ces personnes étaient le meilleur des peuples auquel il voulait appartenir. Des gens accueillants, sûrement regardants de ses penchants religieux, mais accueillants sans en connaître la profondeur. Des enfants qui tournent autour de lui, des adultes qui lui serrent la main, qui lui tapent l'épaule, et un Elfe bienveillant...


« Garr, tu pourras me présenter celui qui a décidé d'ériger ceci ? , fit-il en pointant l'édifice de pierre du doigt, et continuant : j'aimerais beaucoup le rencontrer. C'est un type bien. »


Il se releva, et accepta toutes les accolades qui restaient à accepter. Il porta même un des enfants qui le regardaient tous avec des étoiles dans les yeux.


« Alors, bonhomme, où est-ce que je t'emmène ?... »


C'était comme la première fois. Sa première impression ici : un endroit calme, tranquille, sans trop de conflits internes. Des gamins qui courent partout, des adultes affairés à leur travail respectif... Une économie locale naissante mais prospère... Une ville parfaite vivant en autonomie. Des maisons pour tout le monde, des dirigeants affables et justes... Parfait, tout simplement.

Gwennaall se déplaça, alors que la moyenne d'âge des personnes autour de lui venait de chuter d'au moins vingt ans. Les anciens s'étaient retirés, les sourires édentés aux lèvres. Les trentenaires et les quarantenaires l'avaient un peu suivi puis étaient retourné à leur acharnement : le travail.


*On dirait des membres du culte d'Oboulos... Ici, on ne s'arrête jamais... C'est fou... En quinze ans, la mentalité n'a pas changé d'un pouce. Le seul changement... Un dirigeant de moins... Quelques rides et soucis en plus pour la majorité des gens...*

Ici, dans cet endroit protégé et reclus, Khornettoh n'avait plus d'influence. On pouvait croire en lui, tout l'empêchait d'agir. Lumière et Trafalgar, deux des divinités protégeant la ville, empêchaient le dieu majeur d'avoir une influence sur quiconque. Ce qui expliquait la soudaine bonne humeur du nain. Elle ne durerait en revanche pas en dehors des murailles naturelles de la ville. Mièvr était protégée, mais le reste non. En bas du Mur, plus rien n'avait d'influence. La nature sauvage reprenait ses droits, les vautours aimaient la viande faisandée...

Le court sur pattes avait continué de marcher, et avait déposé le gamin près d'un endroit qui lui était familier. Lui déblatérant qu'il était lourd pour ses vieilles épaules - un argument complètement erroné, ses épaules ayant bien supporté de plus lourdes charges pendant plus longtemps - il le laissa observer, tout comme lui, une pierre pas comme les autres.

Bizarre, un bloc de granite au milieu du schiste... Le Nain s'approcha, et toucha la pierre de sa paume. Le gamin l'imita. Garr, resté en retrait, préféra le mutisme face à cette scène de retrouvailles. Le Nain commença à murmurer. Oui, c'était bien cette pierre...

« Je sais, oui... C'est par ici que je suis venu la première fois... Si je me retourne... Je vois bien la même bâtisse... Cette entrée est restée inchangée depuis que les autorités ont décidé de la reboucher... Mauvais souvenirs de mes parents... Mais bons de la part des habitants de Mliuej... »


Le Nain répéta le même geste de la main. Il la déplaça le long de la paroi comme pour en polir la surface. C'était sa préférée, celle qu'il avait du creuser depuis la mine pour arriver jusqu'ici... Encore de nombreux souvenirs, la rencontre avec les trois dirigeants...

Mais cela n'avait plus d'importance. Ce qui comptait désormais était de rattraper le criminel qui avait pu voir le jour dans cette ville sans problèmes habituels. Vraiment, c'était la seule chose qui devait compter. Les retrouvailles n'étaient qu'un moment d'euphorie. Un seul. La bataille n'existerait pas. La traque serait rude, et les mages seraient mis à rude épreuve. Plus de dix personnes pour en attraper un seul... Vraiment, Gault était dangereux.


« Dis-moi, Garr. Eker n'a peut-être pas besoin de nous pour faire son rapport à Haar, mais nous pouvons peut-être les rejoindre avant qu'ils n'aient fini pour recevoir un complément d'information sur ce fameux tueur que nous allons traquer... Vous verrez, je suis loin d'être inutile, dans ce genre d'exercice. Si nous le trouvons une fois... je ne le lâcherai pas, même s'il est entouré de puissants assassins. Je n'ai pas peur de l'Ombre, elle est aussi mon alliée. »

Notre courtaud se prépara à redescendre la moitié de la pente de la ville, proposant à nouveau à Garr l'un de ses regards les plus encourageants. Rien ne le ferait faillir, et avoir avoué qu'Aurion et lui étaient en fait égaux... renforçait l'idée qu'une boîte de conserve, il faut trouver le bon ouvre-boîtes pour l'ouvrir...

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MessageSujet: Re: Un commencement, un retour, et des retrouvailles. Partie 2 (RP en duo avec Gwennaall)   Dim 14 Aoû - 14:58

Haar était assis à son bureau lorsque Raynarès y entra. L’endroit était bien éclairé et de multiples étagères remplies de manuscrits cachaient les murs de pierre grise. Haar avait toujours été un homme imposant. Il n’était pas particulièrement grand mais avait une carrure à faire pâlir d’envie les plus imposants des lutteurs. Des cheveux noirs mal coiffés, les yeux gris, le nez droit, une barbe bien taillée et un cache-œil sur l’œil gauche. C’était ce que son visage offrait à la vue des visiteurs. Le visage d’un homme - borgne - de quarante ans, avec quelques rides appuyées au front. Pourtant, quelqu’un d’avisé pouvait reconnaitre le regard de la vieillesse dans l’unique œil du commandant de la Brigade. Et pour cause. Haar avait plus de soixante-dix ans. Soixante-dix ans de vie enfermés dans un corps qui en avait vécu la moitié. Le don de Lumière et Trafalgar vivait au travers de l’homme qui contrôlait la totalité des forces mièvriannes. Il avait été un puissant guerrier autrefois. Du moins, c’était ce que racontaient les anciens. Haar n’avait que trente ans lorsqu’il stoppa l’Insurrection. On disait que ce jour-là, armé de Barzül, son marteau déclencheur de séismes, il fut l’un des rares loyalistes à ne pas reculer une seule fois devant les insurgés. Ses actes lui avaient valu de remplacer l’ancien commandant de la Brigade et il exerçait cette fonction avec brio. Il jaugea Raynarès du regard avant de l’interpeller :


" C’est maintenant que tu arrives ? Ça fait deux semaines qu’on t’a envoyé un message. Tu aurais dû mettre moitié moins de temps !

- J’ai eu une petite mésaventure à Schlipak, cela m’a quelque peu retardé, j’en suis désolé.

- Je ne veux pas le savoir, Eker. Chaque jour qui passe nous rapproche un peu plus de Gault, et il va de soi que lorsque Lucent l’aura trouvé, une équipe sera envoyé pour le récupérer. Tu veux en être, oui ou non ?

- Oui.

- Alors tu comprends bien que ton retard m’exaspère ! Imagine seulement que Lucent l’ai déniché avant ton arrivée. J’aurais dû envoyer l’équipe sans toi ! Enfin… Tu nous rapporte du neuf ?

- Pas grand-chose. Voici une énigme résolue du château de Gzor. Rien d’important, elle était facile. Il y a aussi un changement de maires à Chnafon et Mliuej.

- Qui sont les élus ?

- Un certain Tinal d’Abrens et un dénommé Bagloc – un barbare – ont été désigné pour occuper le poste à Chnafon. À Mliuej, c’est un Nain qui se fait appeler Modimus Courbenclume. De la lignée de je ne sais plus quoi… Evil-mare, un truc dans le genre.

- Anvilmar. Je connais le bonhomme de réputation. Idem concernant le barbare. Autre chose ?

- Rien qui ne vaut la peine d’être mentionné si ce n’est le retour de Gwennaall.

- Pardon ?! Tu te fous de ma gueule, là, Eker ?

- Non, commandant. Il désire participer à la récupération de Gault.

- Ben voyons ! Bordel mais tu te rends pas compte de tes actes ! Gwennaall une fois, pas de problème, Gwennaall deux fois, ça commence à bien faire ! Tu veux pas non plus qu’on organise une petite fête et qu’on envoie les invitations partout en Fangh ? Qu’est-ce que tu peux être con, parfois…

- J’ai de quoi me faire pardonner.

- Hmm ?

- Je peux savoir où se trouve Gault. Dès ce soir.

- Comment ?

- Ce soir, j’ai dit.

- Pourquoi ce soir et pas maintenant !?

- Pourquoi ? Pour le suspense, pardi !

- Raaah ! Hors de ma vue ! J’arrange un repas avec tous les membres de l’équipe pour ce soir ! T’as intérêt à pas raconter de conneries sinon tu le sentiras passer ! … Au fait, Eker…

- Oui, commandant ?

- Va te laver, rase toi, et change de vêtements. Tu sens le fennec. "



Ainsi s’acheva la conversation entre l’assassin et le dirigeant de la Brigade.
Lorsque Raynarès sortit du bâtiment militaire, il passa sa main sur son visage. Il sentit sous ses doigts les poils rugueux d’une barbe et d’une moustache récente. Haar n’avait pas tort, il était plus que temps de se refaire une beauté. Le Membre se dirigea donc vers sa propre maison. Avec un petit peu de chance, il croiserait Kree et Sèrranya, ses parents. Le hasard en décida autrement en le plaçant sur le chemin de Meredy, une magicienne Membre talentueuse et aux réactions souvent inattendues pour une jeune femme de vingt-ans.



" Salut Meredy !

- Bonjour Eker. Excuse-moi, je suis occupée. "



C’était tout. Meredy continua son chemin sans même jeter un œil à son collègue. Voilà à quoi pouvait ressembler une conversation avec elle. Si vous n’étiez pas son sujet de préoccupation premier, il était inutile d’essayer d’attirer son attention, quand bien même vous ne l’aviez pas vue depuis un an. Raynarès continua donc sa route - non sans esquisser un haussement d’épaules - jusqu’à arriver chez lui. En tant que Membre, il disposait de sa propre demeure, voisine de celle de ses parents. Une grande maison en pierre blanche, recouverte par endroits par le lierre. La porte était toujours ouverte. Il ne la fermait jamais avant de partir en Fangh, une habitude qu’il ne s’expliquait pas. Certains seraient sûrement tentés d’en profiter mais la simple idée de se faire prendre en train de cambrioler la propriété d’un Membre et d’en subir la sanction méritée suffisait à dissuader les plus téméraires.
Il entra. De grandes pièces quasiment vides. Peu de meubles, pas de décoration. Une maison dont le seul intérêt était de pouvoir dormir autre part que dans la rue. Une couche de poussière non négligeable, et quelques toiles d’araignées aux coins des fenêtres. Raynarès pensa qu’il lui faudrait demander à un mage de la ville de jeter un sort de nettoyage de temps en temps, moyennant rémunération. Dans une armoire, il prit une tenue d’un ocre clair. Voilà qui le changerait du noir et du marron foncé. Il quitta son foyer et se dirigea vers la grande place, dont les escaliers souterrains le mèneraient au lac intérieur.






~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~






Un disciple de Khornettoh sur des terres mièvriannes. Garr n'était pas ravi. Partagé entre sa haine pour le mal et son admiration pour Gwennaall, il ne savait que faire. Pourtant, Gwennaall semblait oublier un instant son affiliation chaotique. La statue l'avait ému. Rien de bien étonnant à cela. Et puis... Cette manière d'interagir avec autrui. Prendre cet enfant sur épaules. Accepter toute poignée de mains, rendre chaque regard chaleureux. Garr ne comprenait pas. Il était jaloux de ce Nain, sans le montrer pour autant. Un Nain arrive et Mièvr respire la joie de vivre. Un Demi-Elfe vit parmi vous depuis des années et on se plaint de sa présence. Pourquoi ? Il n'était pas le seul Demi-Elfe Mièvrian, et ses congénères avaient eux aussi bien du mal à se faire accepter. Seule la Brigade lui avait tendu la main et fait découvrir amitié et amour. En cela, il resterait à jamais le débiteur de Haar. Un petit garçon le bouscula involontairement, l'extirpant de ses pensées. Gwennaall avait posé une question.


" La statue ? L'idée est venue des parents d'Eker, de ceux de Gault, et de ceux de Weaver et Durban. Mais tout Mièvr a mis la main à la pâte, si c'est ce que vous voulez savoir. Ça nous a pris une bonne période, mais le résultat est très satisfaisant. "


Le Demi-Elfe laissa le Nain se plonger dans de vieux mais éternels souvenirs. Un temps passa, empli de silence. Une jeune femme descendait la rue dans leur direction. Les yeux dénués de toute expression, elle posa son regard sur le Nain, sans même prêter attention à Garr. Des cheveux d'un blond nacré tombaient sur ses épaules et contrastaient beaucoup avec sa peau mate. Meredy n'avait que peu de formes et la robe ample qu'elle portait semblait montrer qu'elle s'en accommodait parfaitement. Garr profita de son arrivée pour quitter Gwennaall. Avant son départ, toutefois, il transmit à la magicienne la demande du Nain :


" Gwennaall souhaite aller à la Brigade rejoindre Haar et Eker. Je te laisse le soin de l'y accompagner, Meredy.

- Merci Garr. ... C'est donc vous, Gwennaall le Nain... Vous ne devez pas vous souvenir de moi, j'avais cinq ans à l'époque. Moi-même j'ai du mal à me souvenir de vous. Je vous ai senti arriver. Ce n'est pas souvent que mes méditations sont perturbées par l'influence de Khornettoh. Vous voulez voir Haar et Eker, c'est cela ? Il va falloir choisir. Ils se sont quittés il y a peu. Si vous ne savez quoi choisir, nous pouvons toujours aller à la taverne du Flocon de Neige. Que décidez-vous ? "



Elle rajouta quelques secondes plus tard :


" Oh, pendant le trajet... J'aimerais beaucoup entendre votre version de l'histoire. Celle de votre arrivée ici, je veux dire. Entre ceux qui disent qu'il y a failli avoir une éruption volcanique ce jour-là et les autres qui racontent que la première chose que l'on a vu de vous, c'était votre derrière, je ne sais plus qui croire. "


Elle était comme ça, Meredy. Vouloir tout savoir, et toujours dire les choses telles quelles l'étaient. Un proche était mort ? Elle vous l'annonçait cash. Pas de sentiments dans ses paroles, ce qui était parfois très, très déconcertant.
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Gwennaall
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MessageSujet: Re: Un commencement, un retour, et des retrouvailles. Partie 2 (RP en duo avec Gwennaall)   Mer 17 Aoû - 17:17

Le silence s'était établi peu après la tirade de Meredy. Le Nain l'avait vu arriver de loin, bien que sa vue ne soit pas des plus perçantes. Une jeune blonde à la peau mate... Une robe... Gwennaall essaya de se plonger dans ses souvenirs... Vraiment, c'était difficile.

*Hum... Cette jeune fille... Elle courait après qui ? Une robe ? Elle serait magicienne ? Peut-être. Elle a senti la présence maléfique de Khornettoh... Je le sers, je crois en lui, mais au final, je n'obéis à aucun de ses préceptes... J'aime cette ville, et il ne pourra pas leur faire de mal à travers moi, en tout cas. C'est sûr, c'est très certainement une pratiquante des arcanes... Puisque la méditation leur est commune, ainsi qu'aux Elfes. Je ne vois pas d'oreilles pointues... pas de décolleté plongeant, et elle n'est très certainement pas stupide. Enfin, me proposer une auberge étant de la pure courtoisie, et ce pas uniquement envers les Nains... Oh et puis zut. J'en ai marre de réfléchir. Ouais, j'arrête ici.*

Un sourire presque narquois s'était profilé sur le visage du Nain, alors qu'il s'apprêtait à répondre. La jeune magicienne l'avait devancé, et mentionnant son derrière, n'avait pu faire réprimer un sourire franc de la part du représentant du peuple opiniâtre. Celui-ci se prépara enfin à répondre, après un simulacre de réflexion nouvelle.

« Bon... Déjà ravi de vous voir, et oui il me semble vous avoir déjà vu, étant petite bien entendu. Noble pratiquante des arcanes, je ne vous pensais pas capable de découvrir mon alignement... En tout cas mes intentions sont claires : mettre fin aux agissements du pendard. Vous savez de qui je parle. Et si le maire et la bleusaille se sont séparés, j'aimerais éviter soigneusement la compagnie d'Eker. Il m'a passablement agacé ces dernières heures. Ces derniers jours aussi, remarquez. En tout cas comme je sais que mon retour ne sera pas apprécié par certains -ce que je sais de source sûre- nous allons-donc pouvoir nous diriger vers l'auberge. »

Évidemment, des origines, ça finit forcément par remonter à la surface : boire une bonne pinte, voire deux, trois ou même cinquante, c'est une coutume usuelle des Nains, même des plus maléfiques. Sortant son arme pour s'y appuyer -car certaines de ses articulations supportaient mal l'escalade et la randonnée- le Nain commença à se déplacer. Il tenta de suivre la jeune femme tout en boitillant. Une bonne nuit de sommeil, se dit-il, pourrait en effet lui faire le plus grand bien. Peut-être qu'il pourrait, cette fois, dormir. Peut-être. Rien n'était moins sûr.

*Avec ces névrosés de maires, ce groupe formé, ces institutions presque militaires... Je suis sûr en tout cas que les prochains jours ne seront pas de tout repos non plus. Ah comme je regrette Mliuej, pour une fois... Son arrière pays, sa nourriture saine...*

Après un furtif "qu'est-ce que je raconte moi, je parlerais presque comme un Elfe... Rooooh..." et tout ça en pensée, il s'aperçut que presque trois minutes avaient passé, sans que mot soit prononcé. Il finit alors par briser le silence, qui aurait presque pu en devenir pesant.

« Comment j'suis arrivé ?... La vraie histoire ?... Vous demandez beaucoup vous savez. »


Le Nain s'arrêta pour faire prendre conscience à son hôte, qui le conduisait au Flocon de Neige, d'un regard froid et en même temps rougeoyant et jovial, que finalement ce n'était pas l'histoire qui comptait le plus.

« Et puis vous savez... fit-il en reprenant la route, la vraie histoire n'est-elle pas moins intéressante que la légende ?... »


*Une éruption volcanique... Hum c'est vraiment ridicule. Et peut-être que ça a arraché des sourires de parler de mon derrière...*


« En fait... c'est assez flou. Je me souviens bien que c'était à cause de mes parents... Je ne sais plus bien pourquoi, mais l'un d'eux m'avait profondément vexé. Cela venait sans doute de ma génitrice, vu que mon père était affilié aux Elfes. Il vivait reclus dans une cabane, près des bois. Ou alors je crois que mes camarades de la mine m'avaient un peu trop fait chier ce jour-là... Ah je ne sais plus, vraiment. Je mélange tout... Et puis, qu'est-ce qui importe dans les raisons, le fait accompli, je me suis mis à creuser. Et ça, c'est l'important... »

Le court-sur-pattes arriva en vue de l'établissement servant les boissons alcoolisées, notamment ce breuvage mordoré tant apprécié par les petites gens pénibles.

« Entrez-donc avec moi, fit-il à Meredy, nous boirons ensemble à mon retour, ainsi que je vous conterai la suite... »

En entrant, le Nain regarda à gauche, à droite. Personne de vraiment mauvais à l'intérieur, apparemment. Pas de risque de bagarre aujourd'hui, voilà qui était rassurant. Parce que faire la police -ou devrait-on dire ici, la Brigade- dans les tavernes, c'est pas forcément drôle. Et puis, à quoi bon taper si on ne voit pas l'intérieur des ennemis...

*Ah ça me fait penser au coup du rat dans un seau de fer que l'on pose sur le ventre de la victime à torturer... Il n'aura plus qu'à creuser. Je bénis le paladin de Khornettoh qui a inventé celle-ci. D'ailleurs... J'irais bien utiliser ce genre de choses sur Gault... Bon faut pas le dire, mais... Ce serait vraiment agréable à voir... Et puis c'est pas maléfique... Puisqu'on le fait sur un être maléfique... Faudrait qu'on enseigne ça aux Héritiers de Braav'... Hahaha !*

Il s'assit, le sourire jusqu'aux deux oreilles, mais le front bas. Il releva la tête et apostropha le serveur. Pour l'instant, une pinte suffirait. Une pour lui, une pour son hôte, évidemment.

« C'est moi qui paie, Maître Nain ! fit le serveur.
-Bien, alors mets la pinte de Meredy sur ma note... »


Le serveur s'en alla avec le sourire aux lèvres, et revint au bout de trente secondes avec deux belles choppes emplies du liquide rafraîchissant pour le gosier. Au bout d'un moment, et après quelques lampées, Gwennaall décida de s'essuyer la moustache, et d'une, puis de continuer à conter, et de deux.

« Vous saviez que j'ai creusé pendant plus de trois jours sans m'arrêter ? Jour et nuit. Heureusement, je suis tombé sur une partie assez souple de la roche, puis sur de la terre, très facile à creuser. Vous savez, ce genre de roches granitiques est d'une dureté... Ici, j'aurais du mal à aller creuser plus loin qu'une dizaine de mètres en trois jours ! Sauf peut-être avec une bonne pioche, mais... Enfin bref, -blablabla- et ensuite... -blablabla- et alors là... -blablabla-... »


Le nain n'avait pas perdu de sa verbe. Un discours assommant sur les propriétés des feldspaths plagioclase et potassique, sur la densité des cristaux du granite, sur la difficulté de rester au chaud, sur les bouquetins rencontrés lors de sa sortie sur un col inintéressant (le petit être voulait continuer à creuser pour trouver directement une terre hospitalière), et enfin de son débouché sur Mièvr. Et ça en trois jours. Inutile de dire que le Nain était un très bon ouvrier à la mine, et qu'il était déjà partiellement aidé et aimé des Dieux.

« Inutile de dire que j'étais des plus heureux quand j'ai débouché ici... Mon arrivée n'a pas plu à tout le monde, mais il est vrai que les Mièvrians ont été des plus accueillants pour la plupart. C'est pour ça que je suis resté, je ne sais plus trop combien d'années... Mais ma présence insupportait je ne sais plus lequel de vos maires, qui m'a obligé à quitter la ville par le Mur. Il m'autorisait à venir, ça oui, mais en voyage, seulement. Bien entendu, je ne devrais pas être ici, si tout se passait bien. Heureusement pour moi, Gault est des plus maléfiques, et masquerait peut-être ma prétendue part de férocité. Je suis, comme je le disais à Garr, resté la même personne. Le même Nain. J'ai juste un peu bifurqué de croyances. Mais cela n'influera pas sur le fait que je veux vous aider. »

Enfin, le Nain discuta avec la magicienne, pendant plus de deux heures, en ajoutant que la première partie vue par les Mièvrians était sa pioche, pas son derrière. Et par son discours géologique poussé, il avait prouvé -et ce même pour les néophytes- qu'une éruption volcanique n'aurait pu se produire. Tout ceci bien avant qu'on ne vienne le chercher, sûrement...

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MessageSujet: Re: Un commencement, un retour, et des retrouvailles. Partie 2 (RP en duo avec Gwennaall)   Lun 29 Aoû - 11:11

Meredy avait écouté Gwennaall avec patience et attention, comme à son habitude. Elle réagissait aux propos du Nain en lui posant des questions, en lui demandant certains détails qui, bien qu’ils soient pour la plupart insignifiants, lui donnaient le sentiment d’approfondir ses connaissances. En effet, la jeune magicienne ne limitait pas seulement son savoir à ce qui avait trait aux arcanes. Elle avait une inapaisable soif de culture et d’érudition. Des rumeurs douteuses qui couraient les rues aux plus grands événements historiques de Fangh, tout l’intéressait, et avec la même égalité.
Lorsque le tavernier débarrassa leur table et s’en retourna à son comptoir, elle adressa au Nain un sourire satisfait.



" J’apprécie votre compagnie, Gwennaall. "


C’est à ce moment précis qu’un brouhaha s’éleva dans la grande salle. Un homme venait de pénétrer dans la taverne et était à l’instant devenu l’objet de tous les regards et de tous les propos. L’Humain avait sensiblement le même âge qu’Eker, bien que légèrement plus petit mais tout aussi svelte. Des cheveux d’un blond cendré coiffés avec une négligence volontaire et une fine barbe qui entourait la mâchoire jusqu’au menton, le nez droit et des yeux d’un vert sombre qui reflétait une sagesse omniprésente. L’homme était beau et il le savait. Il faisait partie de ses gens qui en un claquement de doigts trouvait la compagnie du sexe opposé. Weaver était l’aîné des frères Reed et on pouvait découper sa personnalité en trois parts. La première était celle d’un véritable Don Juan accompli, la deuxième celle d’un homme sage et réfléchi, affable avec autrui, et la dernière celle d’un guerrier adroit et dans l’art de la rapière. À ses côtés se tenait une femme du même âge que son compagnon qui semblait marcher avec une légère difficulté. Le visage un peu pâle encadré par de courts cheveux bruns, Sara ne s’était jamais complétement rétablie des blessures infligées par Gault. Elle s’appuyait de temps à autre sur un solide bâton de bois qu’elle tenait à la main. Dans l’autre elle détenait une petite ardoise et un morceau de craie dont elle se servait pour s’exprimer lorsque le langage des signes ne lui permettait pas de se faire comprendre correctement. En effet Lucent jeté un sort de mutisme à la jeune femme afin de lui faire économiser un maximum son souffle. Lorsque Gault avait attaqué Sara, il lui avait transpercé le corps en éraflant un poumon, si bien que deux choix s’étaient offerts à elle : soit elle acceptait de renoncer à son poste à la Brigade, cessait tout effort physique et devenait muette jusqu’à ce que ses organes guérissent par eux-mêmes ; soit elle décédait dans les jours suivants son agression. Autant dire que la question ne s’était pas posée très longtemps. À son annulaire gauche, un anneau d’argent.
C’est Weaver qui aperçut Gwennaall en premier.



" Alors ça pour une surprise ! Regarde qui est là, Sara ! Voilà une vieille connaissance qui a dû avoir vent de ton mariage ! "


Sara hocha la tête en réponse à son compagnon, et ils se dirigèrent tous les deux vers la table qu’occupaient le Nain et la magicienne. Meredy prit alors la parole, brisant toutes retrouvailles affectives.


" Il n’est pas là pour le mariage mais pour nous aider à tuer Gault.

- Ah. Nous aider à le récupérer, tu veux dire.

- Weaver… La profonde amitié qui te liait à lui embrumerait-elle tes facultés de discernement ? Je doute fort qu’au point où en sont les choses Gault se rende sans livrer bataille. Il se battra comme un lion, au contraire. Et même dans le cas où nous réussirions à le ramener à Mièvr en vie, ce sera pour le condamner à la peine capitale… Gault est loin d’être stupide, tu le sais mieux que moi.

- Un homme qui cherche à abattre ses amis et les dirigeants de sa ville est un homme stupide. Je sais bien qu’il ne survivra pas. D’ailleurs je ne souhaite pas qu’il s’en tire. Mais avant ça je veux connaître ses motivations. "



Sara hocha vigoureusement la tête et enchaîna plusieurs gestes de ses mains.


" Si la Brigade… a pris… un accord ? Ah, une décision ! Tu parles de Chad ? D’accord, je vois ce que tu veux dire : Est-ce que Haar a donné son verdict concernant l’intégration de ton frangin dans l’équipe de récup’, c’est ça ? Bien. On le saura ce soir je pense. (À Gwennaall) Tu devrais voir Chad, Gwen. Il avait à peine un an lors de ton départ, maintenant c’est presque un adulte ! Un vrai talent pour la musique, ce gamin, quel mélomane ! Personnellement je ne sais pas s’il doit venir avec nous ou pas. Certes, il se débrouille de façon remarquable avec une dague où un bâton, mais il est très jeune.

- Je n’ai que trois ans de plus que lui. Je suis tout aussi jeune.

- C’est différent, Meredy. La fin de l’adolescence marque la fin de la croissance – tant physique que mentale. À cet âge-là, trois ans, c’est un gouffre énorme. Prenons l’exemple de mon frère Durban. Épais - comme un brin d’herbe, pas une once de muscle à dix-sept ans, imberbe. Qu’est-il devenu au terme des trois années qui suivirent ?

- Il avait pris environ trente centimètres, s’est mis à entretenir une barbe bien fournie, et pouvait battre n’importe qui dans un combat de lutte.

- Exactement.

- Ce n’est pas difficile à retenir, il s’en vante constamment.

- C'est pas faux. Bon ! C'est pas tout ça, mais si je suis venu à cette table c'est avant tout pour te voir toi, Gwen ! Tavernier ! Deux Braises Gelées ! Tu vas me goûter ce breuvage, Gwennaall, tu m'en diras des nouvelles ! "



Weaver n'avait pas tort. Recette jalousement gardée par le tavernier du Flocon de Neige, la Braise Gelée était une boisson qui avait l'aspect et le goût d'une eau fraîche. Mais une fois que le liquide atteignait votre estomac, les miracles de la chimie donnaient au consommateur l'impression que son gosier était en feu. Un alcool fort que l'on buvait pour les grandes occasions. S'ensuivit une bonne heure de discussion animée où Sara s'exprimait plus souvent que coutume et où Meredy ne fit rien d'autre qu'écouter les trois camarades. Lorsque Aurion entra dans l'auberge, la nuit commençait à tomber. Il salua tout le monde et marqua une joie non feinte à la vue du Nain. Meredy quitta les lieux, imitée par Sara et Weaver peu de temps après. Lorsqu'ils furent tous partis, Aurion parla :


" Mon père et Lucent veulent vous voir, Gwennaall, si vous voulez bien me suivre jusqu'à la Brigade... Une fois que vous en aurez fini, resterez-vous dîner avec tout le monde ? Tout le monde, c'est l'équipe de récupération, je précise. Un dîner en apparence mais comme Eker est revenu je pense que nous allons surtout parler de la manière dont nous allons appréhender Gault... Allons-y, maintenant. "


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MessageSujet: Re: Un commencement, un retour, et des retrouvailles. Partie 2 (RP en duo avec Gwennaall)   Mar 1 Nov - 20:29

Bon allez, on se met un coup de pied au cul et on y retourne. J'aurais jamais pensé me faire remonter les bretelles par quelqu'un de plus petit... Meuh non je t'aime bien quand même, t'en fais pas. Heu, mais là n'est pas le sujet. Tournons-nous vers un Nain à la gorge bien alcoolisée, et bien pas sèche du tout. Ouaip, c'te fameux breuvage fait des merveilles, qu'y dit.

"Ce breuvage fait des merveilles !"


... Certes. C'était ce que je venais de dire, sale nabot. Essaye de faire plus motivant pour la narration la prochaine fois, sinon je te laisse en plan. C'pas compliqué de narrer les aventures d'une boîte de conserve. J't'assure, même toi tu peux le faire. Oui, toi, le barbu.

"En tout cas je dois dire, ça réveille bien les papilles... Patron, une autre !"


Après, donc, avoir goûté la Braise Gelée, le Nain converse pendant des heures avec ses deux compagnons temporaires de tablée. La mage avait de quoi impressionner, certes, mais on avait un peu épuisé les réserves de sujets, à force. Et puis, les deux jeunes arrivants ajoutant un peu de vivacité à la conversation, même pas le temps de s'ennuyer... Voyez comme c'est beau, les retrouvailles...

Puis arriva Aurion. Rivalité franche existait entre le Nain et ce personnage. Il était resté invaincu pendant des années, et Gwennaall escomptait qu'il n'allait pas le rester. Cependant, le mastodonte fait de muscles sculptés à la perfection ne laissait pas les sentiments le submerger. Il restait neutre, insatiablement neutre, plus morne que n'importe quel garde impérial soucieux de garder son poste. Pas un sourire, un regard d'acier, un visage de marbre.

L'annonce fut faite que Gwennaall devait suivre Aurion, et l'accompagner jusqu'à la réunion qui aurait lieu entre l'équipe de récupération de Gault et les deux maires de Mièvr. A ceci près, une incertitude, celle de la présence du court-sur-pattes.


"Eh bien, allons-y alors, hein... Ne faisons pas attendre le gratin de là-haut..."


La taquinerie allait bon train, mais elle n'allait sûrement pas durer. En plus de ça, l'un des deux maires n'appréciait pas trop la présence du verticalement lésé. Cela dit, il était quand même utile quand la force de frappe était la clé... Et la stratégie... Il y arrivait aussi. Enfin, de temps en temps. Quand son pronostic vital était en jeu, quoi.

"C'est bien de marcher, comme ça, ça fait un peu de bien... On peut dire qu'avec la pente, ça fait faire de l'exercice..."

Pas de réponse.


"Sinon, le reste, ça va ? La famille, les amis, tout ça..."


Heu, non, il n'a pas dit ça. Non, ce n'est pas possible. Une question aussi stupide... Le narrateur que je suis a dû mal entendre... A part "Sinon, il aurait sa savate, sa famille il lui a mis tout ça...". Mais ça n'a aucun sens. Bref, continuons.

Arrivant devant la mairie, nos deux compères, ou plutôt, le compère et la brute, s'arrêtèrent un instant. Aurion repartit aussi sec pour entrer et retrouver son père ainsi que ses convives, alors que le nabot se fixa sur la place, comme une seconde statue de lui qu'on aurait fait bâtir à Mièvr. Sans d'autre invitation, il aurait pu rester là pendant des heures, mais une légère poussée de Meredy, qui arrivait derrière après être repassée à la bibliothèque, le fit repartir et entrer.

Le courtaud fit ses hommages à toutes les dames à l'intérieur, c'est-à-dire aucune, les ayant déjà rencontrées, et salua bien bas les maires, à savoir Haar et Lucent. Un regard courroucé accompagna les paroles de Haar :


"Bonsoir Gwennaall. Je vais bien être le seul à... Hem non, oubliez. Bienvenue parmi nous, a priori vous devriez comprendre le but de nos manœuvres, avec ce qu'Eker m'a dit qu'il avait préparé. Asseyez-vous donc là.
-Avec plaisir, monsieur le maire. J'aurai quant à moi une petite intervention à faire après lui. Après Eker, je veux dire. Il y a certaines informations que j'aimerais qui ne restent pas secrètes. Et pas de suspense, cela concerne Waldorg. Pas d'inconvénient à ce que j'en parle ? Toutefois j'attendrai le retour du jeune homme avec qui j'ai fait le voyage. Il m'énerve, en ce moment, mais vous ne savez pas comment je peux avoir confiance en lui."

Ses paroles avaient été suivies par toute la salle, et tout le monde resta le regard figé sur lui pendant plusieurs secondes, avant de remarquer qu'il prenait juste sa place autour de la table, et que le cours de la réunion, aussi exceptionnelle devait-elle être, ne serait plus vraiment dérangé.


[C'est peu et la qualité est moindre, mais n'ayant rien écrit depuis longtemps, je me remets un peu en doigts, si je puis dire...]

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MessageSujet: Re: Un commencement, un retour, et des retrouvailles. Partie 2 (RP en duo avec Gwennaall)   Dim 6 Nov - 14:20

C’est alors que la porte de la salle s’ouvrit dans un fracas épouvantable. Un colosse qui mesurait dans les deux mètres vingt s’élança lourdement vers le Nain, bras tendus. De toute sa force, il empoigna Gwennaall et le souleva à sa hauteur.


" Gwennaall, vieille fripouille ! Pourquoi personne ne m’a prévenu de ton arrivée ! Il faut fêter ça tout de suite ! T’as vu comme j’ai changé ? Quand t’es parti je me suis acharné à poursuivre l’entraînement que tu m’avais conseillé et voilà le résultat ! Désormais… Je suis grand ! "


En effet, Durban était impressionnant. Une taille gigantesque, de bras et des jambes aussi épais qu’un chêne, une barbe rousse hirsute. Si le frère cadet de Weaver n’avait pas le même visage attrayant, il disposait en contrepartie d’une force et d’une résistance phénoménale. Dans un combat, il était toujours le premier à charger l’ennemi, et il arrivait parfois même qu’il rentre dans un état proche de ceux des berserkers. La hache de guerre à double tranchant qu’il maniait ne pouvait être soulevée que par lui, et son énorme pavois recouvrait deux hommes côte à côte.
Le géant humain continua à converser avec Gwennaall, tandis que Raynarès franchissait le seuil de la pièce. Lavé de la poussière des voyages et de la sueur des combats, habillé d’une énième tenue dans les tons sombres, il salua tout le monde. Lucent, qui jusqu’alors était resté dans un coin de la pièce, s’avança vers lui. Le deuxième dirigeant de Mièvr se tenait droit et semblait perdu dans la salle. Ses cheveux blonds allaient de pair avec sa robe immaculée et ses yeux d’un bleu azur. L’archimage rayonnait de clarté et tout chez lui respirait l’attention, l’écoute et la bienveillance. Pourtant, depuis quelques semaines, la fatigue avait pris place dans son regard.



Ah ! Eker ! Je suis heureux de te revoir parmi nous. Comment s’est déroulé ton voyage ?

- Je vous salue, Lucent. En un an je n’ai pas trouvé trace de lui, mais je peux savoir où il se trouve, si vous m’apportez votre soutien, tout à l’heure. Vous n’aurez plus à vous épuiser à lancer des sortilèges de détection couvrant Fangh toute entière.

- Vraiment ? C’est une excellente nouvelle ! Que puis-je faire pour toi ?

- Simplement vérifier que je ne suis pas fou. Si c’est le cas, alors nous retournerons au point de départ.

- Fou ? Mais qu’est-ce que…

- Tout à l’heure, Lucent, tout à l’heure.

- C’est quand tu veux, Eker. "



Au moment même où Haar prononçait ces mots, deux valets entrèrent dans la pièce pour déposer de multiples plats sur la table. Un chevreuil assaisonné d’une sauce au miel attirait la plupart des regards, notamment celui de Durban.


" Bien. Pour commencer, je vous souhaite à tous un bon appétit ! N’hésitez pas à vous resservir ou à en redemander, vous êtes ici chez vous. Mais avant ça, deux choses. Premièrement, je tiens à souhaiter le bon retour à Gwennaall. Votre présence est un véritable désastre administratif, cher ami, mais vous revoir nous fait à tous chaud au cœur. Deuxièmement, Eker a manifesté son désir de prendre la parole durant notre repas. Comme vous vous en doutez, cela concerne le renégat. Eker…



- Merci, commandant. Hmm. J’irais droit au but. J’estime être à l’instant en mesure de connaître l’endroit où se trouve Gault.

- Comment ?

- Je vais y venir, Garr. Mais d’abord, FLASHBACK !!! j’aimerais rapidement revenir sur les événements d’il y a un an. D’une part, pour informer Gwennaall de ce qui s’est produit, d’autre part, pour que vous saisissiez mieux la situation dans laquelle je me trouve. Bien. Commençons. "


Un an auparavant, Mièvr était un véritable havre de paix. Pourtant, les rumeurs couraient qu’un groupe de mécontents voulaient renverser le pouvoir. Qui avait lancé ses rumeurs, nous ne le saurons sans doute jamais, mais toujours est-il qu’il avait raison. Comme à notre habitude, nous, Membres de la Brigade, avons pris cette menace comme étant un simple obstacle qui serait balayé dans les jours à venir. Gault était toujours aussi rayonnant, rien n’aurait pu l’accuser. Jusqu’à ce qu’Aurion ramène à la Brigade l’un des supposés révolutionnaires. Il nous avoua que son groupe - il en parlait comme s’il en était le chef et cela nous aveugla – allait se réunir dans un vieil entrepôt pour invoquer des entités démoniaque. Les âmes de ces entités seraient intégrées aux corps des rebelles afin de décupler leurs forces. Cela leur aurait sans aucun doute permis de se mesurer aux meilleurs d’entre nous. Weaver, Durban et Garr furent chargés de prendre d’assaut l’entrée principale tandis que Sara, Gault et moi-même passions par les toits pour prendre les rebelles à revers. Nous estimions à juste titre leur nombre à une vingtaine. C’est à ce moment-là que tout bascula tandis que Gault allait vérifier une dernière fois qu’aucun ennemi ne gardait l’étage supérieur du bâtiment, Sara et moi reçûmes un message du commandant. L’homme que nous avions récupéré venait d’avouer que le chef de l’organisation illicite n’était autre que Gault. Lorsqu’il revint, un coup de vent emporta le parchemin des mains de Sara, et il le ramassa. Il le lut et scruta nos visages. Il ne dit rien, pas un mot. Nous entendîmes le combat commencer au rez-de-chaussée, et Gault parla. Il nous dit qu’il agissait pour le bien de Mièvr – sottises ! – et nous recommanda de ne pas nous en mêler. Puis il se précipita dans le bâtiment. Sara et moi le poursuivîmes. Il se tenait déjà dans un pentagramme lorsque nous l’atteignirent, et il nous chargea. Je vous épargnerais les détails de la lutte qui s’ensuivit. Sara fut gravement blessée et je faillis y laisser un œil. Gault retourna dans son cercle et entama l’invocation. Je me trainais jusqu’à lui. Il ne me remarqua que lorsqu’il en eut fini. Il se précipita sur moi pour me sortir du cercle, mais un grand éclat de lumière illumina l’entrepôt. La douleur me fit sombrer dans l’inconscience. J’appris plus tard que Gault s’était enfui après avoir absorbé l’âme de l’entité, et tué Moryagorn dans un duel acharné, avant de partir de Mièvr avec le seul acolyte qui lui restait.


" Voilà pour la piqûre de rappel. Maintenant, je vais vous demander de vous concentrer. Lorsque l’invocation fut achevée, j’étais encore dans le pentacle et fut touché de la même manière que Gault.

- Je te stoppe tout de suite, Eker. Tu n’es quand même pas en train de nous dire que…

- Laisse-le finir Haar.

- Merci. J’y viens, commandant. Nous avons découvert un peu plus tard un grimoire qui avait sûrement été volé aux archives. Il contenait le nom et une brève description des entités que les renégats avaient voulu appeler. La seule qui a réussi à être invoquée, celle de Gault, porte le nom de Raynarès. "



* Présent… Ta gueule. *


" Cinq d’entre nous partirent de Mièvr dans le but de retrouver notre ancien compagnon. Il y avait Aurion, Weaver, Durban, Garr et moi-même. Il nous fallait à chacun un nom de code qui attire Gault à nous s’il avait vent de notre présence. Je pris celui de Raynarès. Bien plus tard, j’entendis une voix dans ma tête.

- AU BÛCHER ! #SHBLAM#

- C’est ainsi que je fis la connaissance de Raynarès, entité dont l’âme était partagée entre moi et Gault. Ce dernier en ayant absorbé la majeure partie, son contrôle prévalait sur le mien. Il me fit passer un message via Raynarès, selon quoi il était prêt à jouer cartes sur table si Gwennaall m’accompagnait à Mièvr. Je suppose qu’il souhaite aussi qu’il fasse partie de l’équipe de récup’.

- On t’avait déjà jeté bon nombre de sorts pour savoir si tu n’avais justement pas été touché par l’invocation. Comment Raynarès a-t-il pu passer au travers ? "



* Je n’étais pas totalement conscient d’avoir été intégré à un autre corps que celui de Gault… Ils ne t’entendent pas, tu sais ? Flûte… Tu me laisse le contrôle de ta bouche ?... Va mourir. *


" Je pense que Raynarès ne s’est pas rendu compte de suite qu’une partie de lui était en Eker. Lorsqu’il s’en est rendu compte, il a dû commencer à te parler. Combien de temps cela a-t-il pris ?

- Raynarès vient à l’instant de confirmer vos propos, Lucent. Et il ne s’est manifesté que six mois après.

- Il nous entend ?

- Imagine que tu as quelqu’un dans ton cerveau. Toutes les pensées, toutes les sensations que tu éprouves, il les ressent. Si tu vois une fleur, il la verra par l’intermédiaire de tes pensées. Si tu prends un coup, il sentira la douleur. Elle sera sans doute moins présente, mais suffisamment marquante pour qu’il comprenne ta situation.

- Je vois.

- Ahem. Est-ce qu’on pourrait en venir à la localisation de Gault, maintenant ?

- J’ai besoin de Lucent pour vérifier les coordonnées que nous donnera Raynarès.

- Allons dans l’antichambre.

- Avant de partir, Eker, il me faut ton vote concernant Chad.

- Je suis contre.



L’assassin s’en alla, suivit de Lucent. Il ne manqua pas le regard furibond de Sara lorsqu’il franchit le seuil de la porte.


- Bien. Votez.

- Je rejoins l’avis d’Eker. Il est trop jeune et pas assez expérimenté.

- Pour. C’est sur le terrain qu’on apprend et je suis presque aussi jeune que lui.

- Pour. Je le protégerais s’il y a altercation.

- Sara est pour et je reste neutre.

- S’il nous joue quelques ballades sympathiques pendant le voyage, ça marche pour moi.

- Quatre voix pour, deux voix contre et un vote blanc. Il vous accompagnera donc. Vous m’excuserez si je ne vous demande pas votre avis, Gwennaall, mais comme vous ne connaissez pas Chad… Et puis quel que soit votre vote, cela n’aurait rien changé, de toute manière. Enfin. Allons ! Qu’on apporte les desserts ! "



Contrairement à Weaver qui mangeait avec élégance et propreté, Durban se jeta sur tous les plats et en engloutit au moins le quart, sous l’œil amusé de ses convives. Raynarès et Lucent ne revinrent que quelques temps plus tard. Le mage confirma la présence de l’entité dans le corps de l’assassin avant de se mettre à table. Il avait aussi l'emplacement exact de la cachette de Gault, qui leur donnerait le lendemain, lors du départ. Meredy s’abreuvait des connaissances qu’étalait Lucent lors de ses conversations avec le groupe tandis que Haar racontait à Durban et Garr comment il avait failli perdre la vie le premier jour où il partit arpenter la Terre de Fangh, et comment il fut sauvé in extremis par feu son compagnon de voyage Moryagorn. Le repas s’acheva sur un toast porté au défunt maire. Les invités s’en allèrent peu après. Haar croisa le regard de Gwennaall et lui dit :


" Si vous ne savez pas où coucher cette nuit, j’ai une chambre de libre à l’étage. Vous êtes ici chez vous. Je sais ce que vous pensez, Gwennaall. Vous croyez que votre présence ne m’enchante guère et que je n’esquisse que des sourires de façade. Il est vrai que lorsque j’ai appris votre venue je n’étais pas des plus heureux. Qu’un étranger arrive à Mièvr, et les autres suivront. Si Moryagorn était encore en vie, il aurait sûrement refusé de vous accueillir. Il ne vous aimait pas beaucoup, vous savez. J’espère vous rassurer en vous disant que ce n’est pas mon cas. Que diriez-vous d’aller fumer une pipe sur le balcon ? À moins, bien sûr que vous ne souhaitiez converser avec quelqu’un d’autre. Quand bien même, si l’envie vous prend… Je reste ici. "


Dernière édition par Raynarès le Sam 19 Nov - 16:35, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Un commencement, un retour, et des retrouvailles. Partie 2 (RP en duo avec Gwennaall)   Jeu 19 Jan - 21:14

Haha, c'est drôle, ça, tiens. Un mastodonte et un Nain dans la même pièce. En général rien de plus qu'un bon fou rire pour les humains, et même plutôt en général pour les Elfes et leurs sympathisants... Mais là non. Une bonne empoignade, on soulève la barbaque du sol, et hop.

"Repose-ça immédiatement, Durban. Oui moi aussi je suis content de te voir... Bon où est-ce que tu pourrais me mettre... Tiens, ici, là, sur la table, oui, doucement. Comme ça, voila. Pas de geste brusque, merci."

Alors même que les appendices inférieurs du Nain s'agitaient en l'air, et même l'air de rien, le géant le posa délicatement sur la table. La tête du Nain atteignait malheureusement à peine les épaules du mastodonte, ici-même perché sur la planche surélevée. Pas de bol me direz-vous, effectivement vous répondrai-je, mais de toute façon, on ne peut pas changer ce qui est : verticalement, un Nain est lésé, que peut-on y faire, hein...

Enfin, tout-de-même, entre ces deux opposés de la Nature, la discussion éclata. Plusieurs minutes passèrent alors que les deux discutèrent du réel entraînement qu'il avait fallu dispenser à Durban. Le jeune homme fut fier de faire étalage de ses aptitudes, comme de faire les gros bras.


*Vas-y, profite, le monstre, tu verras ce qu'on peut faire avec de bons amis...*

Gwennaall retrouvait-là sa légendaire morosité. Ou plutôt le fait qu'il n'appréciait personne pour ce qu'il était vraiment, mais plutôt pour ce qu'il pouvait lui apporter. À part peut-être pour un certain jeune assassin balafré, mais c'était une autre histoire. Leur amitié était ressuscitée depuis peu seulement. Et encore, pouvait-on parler d'amitié ?...

"Ah, voila qu'entre Eker. Il va parler, je le sens."


Raté, ce fut un échange des plus épiques entre Lucent et lui-même, certes, mais l'ancien maire parla le premier. Et pendant les civilités, Gwennaall plaisantait silencieusement avec la montagne de muscles, faisant semblant de s'endormir. Puis le courtaud descendit de son promontoire, tel la statue qui se mettait à vivre, un saut harmonieux et souple, qui finit par un atterrissage fracassant et lourd. Un trou dans le sol de plus. De la poussière en plus tout autour.

Pas le temps de la voir s'envoler que les mets arrivent. Plus succulents les uns que les autres. Mais gâchés par la discussion sur la position actuelle d'un certain malfrat dont le nom commence par "G", finit par un "t", se targue d'obtenir un des "l" de "grenouille", puisqu'à l'aise comme elle dans l' "au". Enfin bref, l'ancien ami de Sara et Eker, quoi. Enfin bref aussi, on s'en fout, et vous avez deviné de qui je parle si vous avez suivi. Si vous ne savez pas, retour à la case départ, ne touchez SURTOUT pas les 20 000 francs, surtout qu'aujourd'hui, les francs... ça doit plus valoir grand chose. Et puis allez, en prison aussi, parce que ça se fait pas d'arriver en plein milieu de quelque chose sans s'intéresser au début. Non mais c'est vrai quoi, c'est malpoli.

Et puis, sans vouloir offenser qui que ce soit, il vaudrait mieux en revenir à l'histoire. Oui, c'est vrai aussi que les parenthèses comme ça, c'est drôle mais au bout d'un moment c'est gonflant. Et puis vous savez, la prison c'est pas si dur que ça, si la paillasse est correcte, qu'il n'y a pas d'araignée... et puis que vous n'avez pas d'autre colocataire plus ou moins ennuyeux ou ennuyant... Du genre des morp... euh enfin j'avais dit, ça suffit. Oui, ça SUFFIT ! Roooh, non mais.

Sans s'en rendre compte, Gwennaall avait absorbé une grande partie de ce qui était sur la table, lui aussi, comme son acolyte Durban. A eux deux, la moitié des plats avaient dû y passer. Oh, quoique. Même un petit peu plus. C'est que ça bouffe bien, un machin comme ça. Faut l'entretenir, la bouée à l'abdomen qui protège lors des combats, hein. Et puis c'est un sacré morceau cette viande, et puis il a l'air bon ce claquos, et puis envoie la petite sœur du pinard, là...

Et puis vint le moment du discours tant attendu. L'esprit embrumé du Nain ne lui permit pas de prendre la pleine mesure de l'importance des paroles du jeune assassin. Il entendait des voix, c'était ce qui lui était apparu. Après une remarque déplacée, le nez de Durban se mit à saigner, le Nain ne vit pas pourquoi. Quelque chose lui disait que, peut-être, une main de ce qu'il y a de moins innocente était derrière ça. Ou plutôt, était derrière ça. Ou plutôt, derrière la tête de l'intéressé. Bref, boum, et un nez qui saigne.

Par la suite, la discussion devint plus compliquée. Une histoire de voix consciente du fait de pouvoir parler à travers deux personnes à la fois, mais en fait elle n'est pas quelqu'un, elle fait partie de deux êtres en même temps... D'où que ça vient ça, me direz-vous. J'en sais rien. Ne compliquons pas les choses. N'est-ce pas ?

Après ça, un vote. C'était nouveau ça, on votait pour qui pouvait venir. Sans doute un jeunot, d'après ce qu'il avait entendu. Chad, qu'il se nommait le petiot. Bah de toute façon on n'avait pas besoin de lui, un Nain aime être le plus solitaire possible. On ne me demande pas son avis, eh bien qu'ils se le prennent pour dit : quand on ne lui demande rien, il ne dit rien. Comme quoi, ça arrive de pas être chiant. Et puis, quoi qu'il arrive, les Mièvrians ont les pleins pouvoirs sur cette équipe, pas lui. Une voix de plus, une voix de moins, rien n'y changera.

Toujours est-il que la fin de tout ça arriva. Et que bien évidemment la mission commencerait le lendemain matin. La meilleure nouvelle ? Eker entendait des voix. La moins bonne ?...


"142857 Eker. Est-ce que ça te dit un truc ?..."


Une parole en l'air, comme ça... Ce n'était peut-être pas anodin... Tout du moins, ça avait le mérite de semer le doute. Deux seules personnes étaient en mesure de se douter de quoi que ce soit. L'une ayant l'esprit embrumé, ça ne laissait pas des masses de possibilités. Harr l'invita à passer un moment avec lui, avant d'aller se reposer. Il est vrai que les deux personnages, complètement antagonistes au premier abord, pouvaient avoir besoin de se connaître un peu, rien que pour s'apprécier l'un l'autre. Le Nain accepta ses propositions. Ce ne serait que pour une nuit, et le courtaud ne risquait rien ici. Si la nuit pouvait profiter à sa relation avec Harr... tant mieux.

"Eh bien, ne restez pas là, montons donc sur le balcon. J'ai l'impression que vos autres hôtes n'ont pas demandé leur reste et se sont déjà retirés, sans doute la plupart pour se reposer avant notre départ... En tout cas, j'apprécierai votre compagnie ce soir. Je préfère éviter un homme plus jeune que vous, plus petit, et surtout balafré. Il me rend dingue. J'ai besoin de lui, mais franchement... Non je vous expliquerai là-haut? Montons-donc, que cela ne tombe pas dans des oreilles trop peu discrètes."

Le verticalement condensé attendit que son hôte passe devant lui, dans les escaliers, et lui emboîta le pas. Les marches étaient hautes, taillées pour un sportif, ce que ne manqua pas de remarquer Gwennaall. On lui répondit que c'était la coutume, à Mièvr, la course à pied. Et effectivement, ça se sentait bien dans les mollets, la tradition.

"Partageons-donc cette pipe !" lui fit-il, en lui tendant l'embout en bois.


Il la prit, l'inséra dans sa bouche, et ne sachant comment faire souffla les trois quarts de la fumée vers l'extérieur, par gros tas désorganisé. Pendant ce temps, Harr formait de petits ronds avec sa fumée à lui. Comme quoi, on a la classe ou on ne l'a pas...

De temps en temps le maire lui repassait la pipe, alors que sa tête était camouflée par la bleuté dansante du nuage. Une image étonnante se forma dans l'esprit du Nain. À chaque fois que le nuage prenait une forme, le courtaud imaginait un type de monstre qui allait avec. Le délire s'insinua peu à peu en lui, et de plus en plus se sentait-il mal à l'aise, de penser à mal. Ses jambes succombèrent, ses yeux se fermèrent, il entra dans la transe.

Les yeux révulsés, il se retrouva dans une tente avant la bataille. Le calme plat, les corbeaux se réjouissant de leur futur repas. La fin de la journée serait rude. Un cor au loin résonna. Le stress s'insinua. Le court-sur-pattes empoigna sa hache dans la main droite, se leva lentement, entrouvrit l'ouverture de la tente et s'y engouffra. Le ciel était orange. Le terrain désertique. Un arbre, au loin, était caché par la poussière d'une armée en face grandissante. Des soldats entraînés, sans nul doute, car bien en rang et ordonnés.

Un cri, et une flèche. Un second cri. Celui qui avait pris la flèche. Un autre. Celui qui a suivi la flèche. Encore un dernier. Celui qui s'est trompé de flèche. Ah et un autre cri aussi, celui qui n'est pas une flèche.

Des pas plus rapides. L'armée s'approche. Une lueur d'espoir pour les alliés ? Les épées tirées, les Nains en rang par deux, puis par trois, puis quatre et après encore plus. Un triangle de Nains pour faire face à une masse d'humains. Quelle bataille pouvait bien donner lieu à cela ? Ce n'étaient pas des barbares, en face, ça non. Des gens civilisés, alors. Ou peut-être était-ce Gzor qui envoyait ses troupes à l'attaque ? Non. Ce ne serait pas organisé comme cela. Non, pour sûr.


"Mes Nains, tenez-vous prêts au choc ! Pour la victoire mes amis ! Pour la gloire !"


D'une voix forte son discours avait résonné. Penchés en avant, les Nains guerriers s'étaient apprêtés, les armes sorties des fourreaux, les armures resserrées pour ne laisser paraître qu'une plaque de métal courbée. Et du Mithril, en plus, s'il vous plaît.

Un temps d'arrêt fut marqué, et les armées se firent face pendant plus d'une minute. Un corbeau croassa. Le signal de la violence. L'armée en face reprit sa marche inexorable, de plus en plus rapide.

Et tout à coup... Gwennaall se réveilla, en sueur, tremblant. Il était à côté de Harr qui le surveillait d'un œil un peu vitreux. Il le secoua, l'assit sur un banc, placé là exprès pour lui, eût-on dit.

Et après, pendant plusieurs heures, après que le Nain récupère, jusqu'à ce que la Lune prenne une haute place dans le Ciel, ils discutèrent. De choses et d'autres, pas bien importantes, que ce soit de la traite des cochenilles à la cueillette des framboises à la gestion d'une ville à économie sans marché. En tout cas, les deux individus se trouvèrent bien plus de points en commun qu'ils ne l'avaient espéré. Le visage parfois caché de Harr, par la fumée de sa pipe, pouvait être changé selon la forme du nuage de gris bleuté.

Il finit par se faire tard, le maire conduisit le Nain à sa chambre pour la nuit, un lit douillet préparé pour l'occasion, avec des draps sentant le frais et le propre. Ils se remercièrent mutuellement pour la soirée qu'ils avaient passé ensemble, Gwennaall pour la pipe, Harr pour la compagnie. En partant, l'homme ferma lentement la porte alors que le courtaud était déjà allongé, commençant à s'assoupir dans un léger ronflement...


[Voila, enfin fini ! Et cette fois-ci je pense que je ne peux pas faire beaucoup mieux...]

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Cicéron.
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Un commencement, un retour, et des retrouvailles. Partie 2 (RP en duo avec Gwennaall)
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