L'Encrier du Chaos

Roleplay dans l'univers du Donjon de Naheulbeuk
 
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Le Calme et la Tempête


Voilà bien longtemps que les Aventuriers ont quitté la région. Le fracas des armes a cessé, la fureur et la poussière sont retombés, la soif de gloire et de richesses s'est tarie. Mais les lieux ne sont pas morts pour autant : il reste toujours le vieil aubergiste, là, courbé derrière son comptoir ; et je gage que si vous aviez la curiosité de lui adresser la parole, il pourrait vous conter de grandes choses du temps passé, et allumer en vous une étincelle dont vous ne soupçonniez pas l'existence...

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 Tout n'est pas forcément perdu, monseigneur.

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Modimus
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MessageSujet: Re: Tout n'est pas forcément perdu, monseigneur.   Mer 13 Juil - 17:11

La porte entrouverte. Des armes en moins. Mais pas de bourse remplie de pièces d'or sur le comptoir. La situation semblait à la fois si familière et étrangère aux habitudes du forgeron. Un manque profond se fit ressentir au fond de lui. Imperceptible, cette perte commença à se combler d'orgueil. Serrant la poigne à s'en blesser, le regard devenu froid, Nori empoigna une vieille épée, émoussée, antiquité reliquaire de son échoppe.

Éli commença à ralentir la cadence. Arrivé au port, il espérait intérieurement que son père revienne lui souhaiter Bonne Chance, mais se désillusionna très vite. Il sentit soudainement dans son dos son épée subtilisée de manière âpre, alors qu'une voix familière grommelait ses adieux.


Comme tu n'es plus mon fils ... rétorqua alors Nori, Tu ne vaux pas mieux que n'importe quel Homme dans cette ville !

Se retournant, le nain vit son père, le visage ravagé par une folie rageuse, et en était profondément attristé mais ne savait que faire pour le raisonner.

Si tu souhaites porter une arme qui porte mon sceau ... échangeant des mains les deux armes, identiques en proportion mais inégales en expérience de combat, Il te faudra d'abord me présenter de l'or !

Mais je n'ai pas d'argent ... répliqua Éli, ses mains à demi tendues vers son paternel, dans une demande mêlées de doute, d'indépendance et de pitié.

Dans la Confrérie, il est dit que l'on peut mesurer le courage d'un homme à la qualité de l'arme qu'il porte. Tendant l'arme ébréchée à son fils, Nori poursuivit : Cette lame ne peut même pas servir à déterrer des pierres dans un jardin, bref ...

L'arme idéale pour toi.

Et ainsi, Nori tourna le dos à son fils, ses pensées empoisonnées par l'amertume, son coeur blessé profondément.

Plusieurs lunes passèrent, sans nouvelles d'Éli. Nori ne voulait même plus prononcer son nom ...

Mais son esprit était toujours tourné vers lui, se demandant où il était et comment il allait.

Il reçut bientôt sa réponse

Finissant une n-ième choppine à la taverne, ce dernier fut quelques jours plus tard interpellé par une voix inconnue et étrangère en dehors.


Nori Blackfinger !

De toute évidence, c'était un homme mûr, un humain, mais sûrement pas un bandit, ni un pirate. Le vieux forgeron ne sut déceler quelle émotion se dégageait de cette voix, mais elle n'était nullement menaçante.

Ici ... Venez, vite ...

Daignant sortir de l'auberge, il aperçut à son entrée une foule rassemblée autour d'une charrette, un simple paysan avec une blouse de cuir et un chapeau de paille tenu à la main se dressait à côté. Nori ne comprit pas quel sentiment émanait de cette assemblée et se dirigea vers l'embarcation.

Le wagon du fermier ne contenait pas des volailles ou des fruits ...

Mais le corps meurtri du fils de forgeron, le visage fatigué et absent de toute chaleur naine.

Malgré le sang tout juste nettoyé qui avait coulé de sa poitrine, à peine caché par les mains rabattues en toute hâte sur le corps, Nori reconnut immédiatement Éli qui n'avait pas changé d'un cheveu.


M ... Mon fils ... deux filets de larmes commençait à couler dans sa longue barbe blanche.

Vous ... vous devez être Nori Blackfinger. Je peux voir l'air de famille ... déclara alors avec tristesse le paysan au crâne chauve et aux quelques rides ardues.

Il y avait le nom Blackfinger inscrit dans son sac de voyage. Je suis tombé sur un de vos clients qui a reconnu le nom et m'a dit de le ramener ici.

Je suis tellement désolé ... Ceci ... Ceci est entièrement de ma faute ! Il y a trois jours de cela, j'étais sur ce chemin reculé qui relie les Carmines à la Forêt d'Elwynn ...


[HRP : Alors là, je suis donc en train d'écrire les aventures de Modimus, qui raconte une histoire à Elenya, dans laquelle un ravisseur raconte à sa victime orc une histoire, dans laquelle un fermier raconte la fin de la vie d'Éli Blackfinger, fils de Nori le forgeron. Vous suivez ? king]
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Modimus
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MessageSujet: Re: Tout n'est pas forcément perdu, monseigneur.   Mer 13 Juil - 18:25

J'étais sur le chemin du retour après avoir vendu mon grain et mes produits à Hurlevent, la capitale du royaume humain et cette route réduisait de moitié mon trajet.

Que je sois maudit, j'aurais dû savoir que ça arriverait ! Des rumeurs sur des bandits préparant des embuscades dans le coin enflaient dans la région.

Ils sortirent de nulle part ...

Une elfe aux teints sombres et à l'armure sombre, un gantelet draconique à la main gauche et une lame finement ciselée de l'autre, appuyée sur le tronc d'un arbre, un troll recourbé sur lui-même, à l'allure sauvage brandissant en ma direction deux lames assassines et me beuglant qu'il allaient prendre mon or, un encapuchonné aux longues oreilles tenant fermement un batôn de magicien, et deux orcs, l'un maniant une immense hache à double-tranchant, et l'autre protégé par une épaisse armure et un casque à pointes, possédant un regard de Mort et une lame immense, aussi grande que moi.

J'ai essayé de les affronter ... tremblant de peur de la tête au pied ... mais je n'avais aucune chance. Ils avaient à leur tête ni plus ni moins qu'Havoc le meurtrier. Brandissant son épée et s'apprêtant à l'abattre sur moi, je croyais vraiment que c'était la fin pour moi.

C'est alors que venu de nulle part, une flèche se planta droit dans la paume de sa main droite, le désarçonnant dans un cri de souffrance, rendu horrible par son casque qui protégait fermement sa mâchoire.

Dans un sifflement sourd, quasiment imperceptible, une flèche se planta dans la gorge du secon orc, qui poussa un cri d'étonnement étouffé, une autre abattit l'elfe, traversant sa poitrine de part en part qui gémissa avant de s'écrouler sur le sol, accompagné bientôt par le trol qui d'un râle s'effondra lui aussi, également touché en plein dans le torse.

C'était votre fils !

Poussant un cri de victoire qui redonnerait espoir à n'importe quel paladin douteux face au pire des démons, il s'élança à la rencontre des survivants, cependant avec une arme qui ne semblait pas être associable à sa condition.



Le mage envoya alors un torrent de flammes impressionnant qu'il évita en se baissant avec maîtrise et contrôle. La main de l'elfe tomba lourdement sur le sol, ainsi que son propriétaire qui succomba bien vite à l'hémorragie, tenant avec peine le moignon bien net qui fut tranché avec talent.

D'un réflexe salvateur, il évita la lourde hache que l'orc abattit sur le sol. Malgré la flèche qui l'empêchait de parler, il sembla plus endurant qu'au premier abord. Se laissant tomber sur le côté, il reprit appui en à peine une seconde, sauta sur la monstre et lui planta l'épée rouillée dans la gueule, le sang jaillissant de sa gueule horrible et les yeux tentant de sortir de leurs orbites sous le coup douloureux.

Reprenant son souffle quelques instants, il jeta un regard froid au dernier adversaire, le chef de la bande, après qu'il ait tué aussi aisément tous ses compagnons. Levant sa vieille lame, il la pointa en direction d'Havoc le Sans-coeur, qui ne se fit pas prier et fit un pas en sa direction, levant quant à lui une épée de toute beauté mais ô combien mortelle.

Redoublant de courage, votre fils fit le premier assaut. Parant avec une facilité déconcertante, j'observai l'effroyable scène caché derrière un arbre pourtant au plus près de l'affrontement. C'est alors que après avoir vaillament tenu toutes ces épreuves et ces quelques secondes insupportables, l'épée rouillée ne put résister plus longtemps et se brisa net à sa base.

Alors qu'il voyait effaré les quelques morceaux de métal voler dans tous les sens, la principale qui se dirigeait droit vers le sol, votre fils ne put prévoir la prochaine attaque, et je vis Havoc planter avec haine sa lame dans le corps de votre fils. Ses vêtements tombèrent en lambeaux sous le choc et il murmura quelque chose comme « P ... père ... ». Ne désirant même pas la retirer, le valeureux combattant qui m'avait sauvé la vie cracha des gerbes de sang avant de se tourner avec une immense douleur vers moi, m'ayant apparemment depuis longtemps aperçu, mais j'étais déjà en train de m'approcher avec tristesse vers lui, malgré le danger que j'allais bientôt le rejoindre ...


Non ... !

Sentant peut-être la créature sans foi ni lois retirer son épée pour m'achever à mon tour, votre fils empoigna avec fermeté la manche, l'empêchant d'en profiter le plus longtemps qu'il lui restait dans un dernier acte de bravoure indescriptible.

Fuis vieil homme ! Cours !!

Cours au ... aussi vite que tu le p ... eux !!!






Alors, comme le misérable lâche que je suis, j'ai fui. J'ai laissé ce brave garçon aux mains de ce monstre.

Des heures ont passé avant que je trouve le courage de retourner là-bas. Havoc était parti ... et votre fils était mort.

L'un des plus braves qu'il m'ait été donné de voir. Par Dieu, si son épée n'avait pas cassée ... c'est la carcasse d'Havoc qu'il y aurait eu dans ma carriole.

C'était ... un héros.


Tandis qu'il finissait son récit, une pluie violente commença à s'abattre sur Baie-du-Butin, les fines gouttelettes se mêlant progressivement aux larmes d'amertume du vieux nain.

Oui. Il était vraiment ... un héros ...

Le fils d'un horrible père.


Et Nori porta le cadavre de son fils à travers toute la ville, emplissant de sa douleur incurable les habitants. Nul ne songeait à la violence en ce jour brusquement interrompu pour laisser place à une obscurité de tempête, plongeant la ville dans un deuil profond. Éli Blackfinger, descendant des Blackfinger, lignée des plus grands forgerons d'Azeroth, venait de s'éteindre, laissant ainsi le sang de son sang le veuf le plus seul au monde. Nori était assommé par l'ironie de tout cela.

S'il n'avait pas vendu une épée incassable à Havoc ...
S'il n'avait pas retiré à son fils son épée incassable ...
S'il n'avait pas été aussi cupide et borné ...
Son fils vivrait encore.

Ce n'est pas Havoc qui a tué son fils ... Mais Nori lui-même.


Dernière édition par Modimus le Dim 24 Juil - 10:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tout n'est pas forcément perdu, monseigneur.   Mer 13 Juil - 18:43

La nuit qui succéda à cette date sombre et funeste, le vieux forgeron regarda la tempête s'éloigner au loin. Étant une cité de marins, le cadavre fut incinéré sur une barque abandonné à la mer, et malgré les ravages de la pluie, l'embarcation avait brûlé comme un feu ardent, un dernier cadeau des dieux à une légende.

Était-ce un pure coïncidence ? N'était-ce que le hasard qui avait mis Éli sur la route d'Havoc ?

Ou est-ce qu'il le traquait, cherchant à expier la faute de son père ? Élit avait emporté la réponse dans sa tombe.

Et alors que Nori regardait la barge funéraire de son fils se consumer, il se souvint qu'Éli lui avait posé la question de savoir si cela ne le dérangeait pas que son acier prenait des vies, innocentes ou pas.

À l'époque, cela faisait sourire Nori.

Il ne riait plus.

Désormais ... Il savait ce qu'il avait à faire.

Il allait forger une dernière épée ... peut-être la meilleure qu'il n'ait jamais forgé.

Le magasin affichait désormais mur cloîtré par de multiples planches de bois, dont l'une d'elle était sobrement affublé du motif ''Fermé''. Durant les jours qui suivait, le seul indice de la présence de l'ancien forgeron fut les redoutables bruits qui s'échappait de sa forge.

Mais cette épée n'était pas à vendre. Non, cette épée lui était destinée, à lui seul.

Chaque coup de son puissant maillet remplissait sa lame de sa fureur, de son amour, de sa tristesse.

Malgré le fait qu'il ne croyait en rien de ces sornettes, il fit sa première et sa dernière arme avec le métal de ses émotions.

Et avec cette épée exceptionnelle en main, il fit le serment de purger le monde du cancer qu'il avait engendré.

Avant de partir de son enseigne et de Baie-du-Butin, il contempla l'épée d'un noir brillant, et avec colère trancha sans problème la plus grosse enclume qu'il possédait dans un bruit sourd. La coupe était nette et précise, et le morceau qui s'en détacha fendit la pierre de son sol en plusieurs endroits de la pièce.

C'est ainsi que le forgeron se mit en quête de toutes les épées, de toutes les armes de mort et de destruction qu'il avait forgées ...

Pour les détruire.

Toutefois, la tache n'était pas aisée. Durant toutes ces années passées dans la cité côtière, il avait forgé suffisamment de lames pour une petite armée. Mais si cette armée se tenait entre lui et sa rédemption ...

Alors cette armée tomberait.


Mais faire couler le sang n'était pas sa priorité. À une exception près, Nori cherchait toujours un moyen pacifique.

Quand il rencontrait un client, il expliquait ses motivations et le dédommageait avec beaucoup de générosité.

Ceux dont l'âme était pure et noble comprenaient et acceptaient volontiers son or en compensation. Pour les autres ...

Les négociations avaient échoué.

Tout cela dura trois années.
Bataille après Bataille ...
Arme après arme ...
Homme ...
Ou femme ...
Quelle que soit sa race ou sa classe ...
Nori ne faisait aucune discrimination.
Nori récupérait tout son acier.

Et même si son corps payait le prix de ses victoires ... Nori ne renonça jamais, et considéra que perdre un oeil était bien futile par rapport à ce qu'il avait perdu ... et ce qu'il pouvait encore sauver.

Jusqu'au jour où une seule de ses armes resta à trouver. L'épée qui avait brisé son coeur en coupant en deux son fils.

Il avait gardé Havoc pour la fin.



[Bon, je cherche encore l'Épilogue. Sûrement que je l'aurais trouvé d'ici le 18. En attendant, essayez de la deviner ! ;p]
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MessageSujet: Re: Tout n'est pas forcément perdu, monseigneur.   Mar 9 Aoû - 17:02

Le feu crépitait à nouveau. La fumée s'élevait de la pipe en bois en se tordant comme les branches défraîchies et calcinées des arbres alentours. Attaché au tronc du plus imposant d'entre eux, l'orc regardait avec attention son ravisseur. La cape brunie par les intempéries, deux épaulières en cuir et des bottes en plaque, le nain était assis sur un rocher à quelques pas de lui. Seule sa longue barbe grise était visible, sa capuche rabattue ne laissant deviner qu'un visage dissimulé. La peau-verte, de son armure en fer forgé sur-mesure, hérissé çà et là de crocs menaçants, commençait à s'impatienter du silence que le conteur avait installé depuis déjà quelques minutes. Comme un signe, le feu de camp qui se trouvait entre les deux aventuriers crépita de plus belle, l'une des étincelles se fichant sur le seau retourné juste à côté, avant de s'éteindre sans un bruit.

Et ? hélà l'orc à son interlocuteur.

Alors continue ! Qu'est-ce-qui s'est passé, bordel !

Alors que la rage écumait déjà les paroles de l'orc, la gueule grand ouverte, ses deux crocs géants de la mâchoire inférieure bien visibles, et toujours aussi immobile à cause de la corde qui l'emprisonnait tel une toile d'araignée, le nain se contenta de répondre calmement, portant ses mains à sa capuche.

Oh, je pense que tu sais ce qu'il s'est passé après ...

Nori Blackfinger dévoila son visage, son oeil droit caché par un cache-oeil aussi noir que le désespoir, ses lunettes de forgeron toujours porté sur le front, et son unique oeil braqué sur le complice de son meurtre.

Havoc.

Le regard fixé sur le barbu, le blanc des yeux témoignant avec effroi de ce qu'Havoc le Sanguinaire comprenait de toute cette histoire, comment avait-elle pu être érigée avec précision, il lui barbouilla, tandis que ce dernier s'était déjà levé :

C'est ... C'est toi le forgeron ...

Nori avait déjà leva sa lame sombre, ne quittant pas du regard celui qui avait porté la main sur sa chaire, le sang de son sang, son unique héritier, le dernier membre de sa lignée et de sa famille, l'unique souvenir de la seule âme qu'il n'ait jamais chéri.

Il est temps d'en finir.

Alors qu'il abattait son épée, sachant pertinemment qu'elle était sa dernière forgée, une véritable relique qui avait mis à mal toutes les autres, Havoc le Sans-coeur n'eut même pas le temps de cligner des yeux, se préparant mentalement à sentir son torse tailladé de bas en haut. Il sentit en effet une libération au niveau de sa poitrine, et n'eut que le temps d'y porter les yeux.

Le nain venait d'un coup sec lui trancher les liens.


Quoi ? se demanda l'orc sanguinaire. Je ne suis pas ... ?

Portant à ses yeux ses mains libres, alors que les cordes tombaient nonchalamment à terre, il redressa d'un regard dubitatif les yeux vers le nain qui lui répondait déjà, ne comprenant vraiment pas pourquoi il l'avait épargné. Ce fut la première fois de sa vie qu'il fut autant étonné, car il voyait désormais à ses pieds la lame invincible planté dans la terre légèrement boueuse, son casque terrifiant empalé dessus.

Ramasse, orc. ordonna Nori Frappe-moi d'un coup venu des Enfers ... si tu le peux.

C'est une blague ou quoi ? répondit Havoc, malfaisant, entrevoyant déjà la possibilité de s'emparer de la lame en tuant son propriétaire, n'ayant que faire de l'honneur de la vengeance d'un père pour son fils. Tu me donnes ton épée pour t'affronter, nain ? Et tu comptes te battre avec quoi ?

Je n'aurais pas plus d'avantage que mon fils. déclara Nori, brandissant à son tour une épée qui raviva dans le souvenir de son adversaire la lame du dénommé Éli Blackfinger, même s'il se fichait de savoir d'où son aîné la tenait. De plus ... C'est le seul acier qui mérite ton corps sans valeur, chien.

Si tu désires tellement suivre le même destin ...

Équipé de son casque à pointes, Havoc se dressa. Impressionnant, impitoyable, indestructible.

Laisse-moi t'y amener au plus vite !!

L'orc mit un violent coup de pied dans le feu de camp, les braises expulsées se dirigeant tel une pluie de flammettes vers Nori, qui dut mettre son bras en avant pour se protéger en poussant un cri au contact de la chaleur intense avec son tissu qui noircit légèrement.

Il n'eut même pas le temps de réagir, ouvrant son seul oeil disponible, le nain vit une lame passer à vive allure devant lui. La douleur violente qui surgit ensuite lui arracha un autre râle. Son épée, tranchant toute matière, venait de lui faire une profonde entaille au niveau du torse.

L'adrénaline permit au forgeron de reprendre plus rapidement ses esprits qu'il ne l'aurait pu. Il para vaillamment la seconde attaque de l'orc qui fit suivre le même trajet -de haut en bas- à sa nouvelle lame, dont il appréciait déjà l'efficacité.

Sans sourciller, Nori vit alors sa lame s'émietter comme une morsure de renard. Mais déjà le monstre, peu habile mais ô combien brutale avec cette épée, l'abattit une nouvelle fois, pour user le seul et dernier espoir de l'aventurier.

Le regard fier et sévère, Nori eut le réflexe naturel de parer. Un long crissement se fit entendre, et ensuite il sentit le toucher amer du sang sur son nez. Tel une petite cascade, une blessure ornait désormais son front, et déjà le nain sentait la fatigue s'emparer de son corps.

Il se laissa tomber à genou, la vision légèrement troublée à cause des deux hémorragies.

L'orc n'eut qu'un pas à faire pour se planter devant lui, et sa voix horriblement sauvage se fit de nouveau entendre, comme une condamnation.


Tu m'as poursuivi tout ce temps, rêvant de ce moment ...

Et c'est tout ce que tu peux faire ?


Les cendres éparpillées sur le sol sec commençaient à embraser les alentours, entourant d'un cercle de flammèches le duel à mort, où aucun des deux guerriers ne se battaient pour une quelconque cause honorable.

Pathétique.

Havoc prit de sa main libre la tête du forgeron. Triste et fatiguée, toutes ces années semblaient avoir finalement pris sa revanche sur lui. Le regard perdu dans l'amertume, Nori n'eut d'autre choix que d'écouter les dernières paroles qu'il entendrait sur cette terre.

Le fermier a raté la meilleure partie ... Quand ton pauvre fils a pleuré comme une fille pour rentrer chez son papa ! Hé hé hé hé ...

Havoc n'eut pas le temps de voir l'oeil de Nori se rouvrir en grand que déjà il sentait une pression sur l'une des cornes latérales de son casque. L'empoignant de toute sa force, alors que l'orc basculait du regard pour comprendre ce qu'il se passait, Nori se servit de sa main tenant fermement la pointe pour lui administrer un formidable coup de tête sur la mâchoire, malgré le casque en fonte qui protégeait le bandit.

Le bruit qui résonna du choc se fit entendre sur plusieurs lieues, et le blessure du forgeron au front s'arrêta un instant de saigner, les veines écrasées.

Nori ne laissa le temps à Havoc de se reprendre, qui avait son casque bosselé juste au niveau de sa machoire. Un coup de poing des diables explosa plusieurs de ses côtes, puis un formidable crochet fut suivi de son gémissement court, tandis qu'il se demandait intérieurement comment pouvait-il avoir mal à ce point avec l'une des armures les plus puissantes qu'il n'avait jamais portée.

Fou de rage, n'ayant pas abandonné son épée, il reprit de sa main libre le forgeron, et serra son cou de toutes ses forces. Mais à peine commençait-il à forcer que Nori posa une main sur cette prison de muscle et décocha un coup à l'articulation, qu'il brisa net. L'os brisé faillit ressortir de l'épaule.

Gémissant de douleur, Havoc ne put se désister lorsque sa corne fut de nouveau repris et qu'on l'entraîna par le casque vers l'avant, avant d'être expulsé par un crochet énorme. Le sang gicla en masse des deux adversaires, et Nori s'empara de la corne qu'il avait détaché du casque avec le choc.

Havoc enleva son casque et gueula comme un général de Mort. L'un de ses grandes canines était brisée et quelques unes de ses dents manquaient à sa mâchoire. Un filet de sang partant entre ses deux sourcils s'écoulait jusque dans sa gueule beuglante et horrible, d'où sortait la voix tout droit sortie des Ténèbres les plus obscures.


PAUVRE FOU ! TU CROIS POUVOIR ME VAINCRE ? TU N'ES RIEN SANS TON ÉPÉE !!

J'ai cru à un moment que tu saurais mesurer la valeur d'un homme à l'acier qu'il porte.

FOU SENTIMENTAL !!

J'ai fait erreur.


Havoc reprit son épée et se jeta sur Nori dans une dernière attaque, rassemblant toute sa rage, toute sa colère, toute la noirceur de son âme, tout ce qu'il avait pu accumuler de sa vie de meurtres et de débauche. Ce n'était même plus une créature pensante.

LA VICTOIRE OU LA MORT !!

Nori se laissa rapidement tomber sue le côté, et put entendre le son du vent tranché par l'épée abattue avant d'atteindre le sol.

Froid, direct et sans pitié, Nori profita de cette ouverture pour planter le croc, son arme improvisée, dans le cou de la bête, dont les yeux restèrent une seconde ébahies, alors qu'une mare de sang se jetaient et inondait son épaule gauche.

Lorsque le débit commença à faiblir, le regard des deux duellistes se croisèrent.

Le cache-oeil de Nori ayant été tranché lors de la première attaque du nain, tous deux purent voire un oeil balafré, fruit d'années de combat sans merci, entachées par une blessure similaire au front.


H... Hyporcrite ... Urg ... Tu ne ... Urg ... vaux pas mieux ... Urg ... Que moi ...

C... Coeur a... aussi noir ... Urg ...


Oui, orc.

C'est pour cela que je te suivrai.


Nori envoya d'un coup de pied, laissant le croc planté, Havoc se consumer dans les flammes désormais vives. Il émit un dernier râle d'agonie terrible avant de s'évanouir à cause du manque de sang et de la douleur.

Portant une main à son flanc, le forgeron sans famille, ni amis, se dirigea vers le sceau retourné qui avait contenu l'eau, celle qui avait enclenchée cette rencontre.

Il se posa lourdement, sortant sa pipe, la ralluma, et tira une bouffée, alors que les flammes crépitaient à ses pieds.


Fin.

Les flammes s'emparèrent peu à peu du nain, qui resta figé dans cette position jusqu'à ce qu'il retourne à l'état de cendres, sans un bruit ni sourciller des cils.
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MessageSujet: Re: Tout n'est pas forcément perdu, monseigneur.   Mar 9 Aoû - 17:14

Modimus reprit son inspiration. Le feu dans l'âtre de cheminée était presque éteint. Tous les mets sur la table avaient été enlevés, laissant là une table en pierre simplement doté d'une choppe en face du Seigneur local et d'un verre de vin destinée à son invitée. Prenant d'une main fatiguée la chope, le barbu but à son aise et ne termina qu'une fois sa soif étanchée, c'est-à-dire qu'il vida la choppine d'une seule traite. Ensuite de quoi il se leva et se dirigea vers le dite cheminée, prit une barre longue en fer, et raviva les cendres en les exposant à l'air.

Elenya ... je pense que vous devriez aller vous coucher maintenant. Votre chambre se situe juste derrière cette porte. Si vous avez besoin de quoi que ce soit pendant cette nuit, un serviteur sera ravi de vous fournir une aide.

Le nain se retourna et regarda avec attention l'elfe.

Mais je vous prie de ne pas quitter le château ce soir, ni de faire quelque chose d’inconsidéré. Je sais de Mazus que vous n'êtes pas la créature la plus pure en Terre de Fangh, mais je sais aussi que les hommes les plus adonnés aux vices de la boisson peuvent rester les meilleurs amis du monde, et croyez-moi, Mliuej est un exemple dans son ensemble.

Modimus se dirigea vers la sortie, mais avant de rabattre la porte, finit son monologue.

Si c'est ce que vous désirez vraiment, je peux vous donner l'occasion de vous racheter de toutes vos fautes, Elenya Inglorion.

Car tout n'est pas forcément perdu.

Mon amie.


Le seigneur local de la ville disparut dans l'ombre, et ses pas résonna encore un instant avant de suivre le destin de leurs maître, laissant l'assassine seule dans la salle pour méditer sur ce qu'était Un marché équitable.
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MessageSujet: Re: Tout n'est pas forcément perdu, monseigneur.   Lun 24 Juin - 0:03

La salle était calme, l’ont n’entendait alors que le crépitement du feu dans la cheminée tels des pas précipités d’araignée en chasse. Les mets, plus savoureux les uns que les autres, avaient été ôtés de la grande table peu avant que le seigneur ne termine son récit qui avait, on peut le dire, totalement captivé Elenya. Perdue dans ses pensées, elle regarda silencieusement le fier Nain quitter la pièce silencieuse après lui avoir indiqué où elle pouvait passer la nuit, en souhaitant qu’elle reste au château, prudente et sereine. Son regard se posa sur les flammes dansantes que Modimus avait ravivées avant de s’en aller. Folles, inaliénables, fougueuses, la voleuse avait été, un jour, aussi imperturbables que ces douces courbes brûlantes.



Hélas, tel n’était plus le cas, et la fraîcheur des pierres qu’elle caressait du bout des doigts lui rappela vite ce doux détail. Où était donc passée toute cette fougue, cette vivacité, ce désir invulnérable de toujours avancer ? Peinée de la situation dans laquelle elle se trouvait alors, elle se remémora le récit que lui avait conté le nouveau seigneur de Mliuej, si profond et captivant. Elle n’était pas certaine d’avoir saisi la subtilité de toutes les paroles qu’il avait prononcées, et pourtant, elle savait qu’il y avait un sens à chacun de ses mots, elle avait seulement besoin de temps pour y réfléchir, comme les enfants qui repensent aux histoires de leurs parents après s’être couchés. L’Elfe devait lui faire confiance, lui apporter autant qu’il lui apportera, reconsidérer sa manière si abrupte de juger ses relations avec le reste du monde. Elle était trop froide, distante. Il fallait se rendre à l’évidence, à par lui, à qui pouvait-elle alors faire confiance ? Pendant trop longtemps, Elenya s’était entourée de connaissances, mais pas d’amis, et en cette heure si sombre, cela lui manqua cruellement. Il est vrai qu’en toutes circonstances, ce sont bien sur ces derniers que l’ont peut toujours compter. Quittant la pièce à son tour, l’assassine se faufila derrière la grande porte que lui avait tantôt indiqué le nain, telle une ombre qui disparaît lorsque le soleil se lève..



La décoration était de très bon goût, dans les mêmes tons que la salle qu’elle venait de quitter sans être à proprement parler identique. L’atmosphère se voulait rassurante, telle un cocon dans lequel on voudrait se glisser pour ne plus en sortir car l’on s’y sent en sécurité. Fatiguée, la voleuse ne s’attarda pas plus sur les détails et sautilla rapidement jusqu’au grand lit qui se trouvait au centre. Le corps et l’esprit usés par les événements récents, elle ôta sa jolie robe et se glissa silencieusement sous les draps de soie, doux et apaisants, semblables aux caresses du vent par une belle nuit d’été. Elenya ne tarda pas à trouver le sommeil, tant ce dernier l’avait fuie depuis quelques jours. Les yeux clos, elle se laissa tomber dans le royaume de morphée qu’elle espéra peu agité. Pour la première fois depuis de nombreuses nuits, elle put dormir sans qu’un seul rêve ne vienne troubler son repos.



De longues heures s’écoulèrent, sans aucun bruit pour briser le silence du sommeil du juste. Enfin, la fine silhouette aux longues oreilles laissa deviner quelques mouvements à travers la soie, s’étirant autant qu’elle put et bâillant à s’en décrocher la mâchoire, de quoi rendre jaloux de légendaires mangeurs de chair humaine. Un long et fin soupir de plénitude s’échappa de sa petite bouche entrouverte. Elenya ne pouvait pas se leurrer cette fois : la nuit avait vraiment été de tout repos, physiquement et mentalement, elle ne s’était pas sentie aussi bien depuis moult lunaisons. Plus requinquée que jamais après un succulent repas et une nuit sans cauchemar, elle se rhabilla en hâte et quitta la chambre, surprise de retrouver sa tenue complètement propre et sèche. Après quelques doutes et hésitations, elle retrouva l’itinéraire qu’elle avait emprunté la veille pour se rendre à la table du seigneur ; et rebroussa donc chemin jusqu’à la sortie. Dans l’objectif de ne pas déranger le nouveau seigneur de Mliuej, elle tenta tant bien que mal de soigner sa sortie, qu’elle para d’une discrétion assassine comme elle savait si bien le faire. Revenue dans le grand hall d’entrée, elle se promit de revenir dans la journée, au plus tard le lendemain, pour s’entretenir une nouvelle fois avec Modimus Courbenclume de sa décision dont elle soupçonnait déjà la finalité.



Frappant à la porte de toutes les forces dont elle disposait le ventre vide, elle fut moins surprise cette fois-ci de revoir la carrure impressionnante de Throgrum qui ne lui décocha aucun sourire, ce qu’elle ne trouva pas impoli pour autant. Le saluant le plus respectueusement du monde, elle expliqua en quelques brèves élocutions qu’elle allait revenir sous peu, ayant besoin d’un peu de temps pour réfléchir.  Mais elle n’était en aucun cas en train de fuir, bien au contraire. De toute façon, où pouvait-elle bien aller maintenant ? S’éloignant du château, elle laissa son flair la guider. Au détour d’une ruelle encore endormie, son instinct prit subitement le dessus et, tous les sens en alerte, elle commença à accélérer le pas. L’assassine le sentait, elle aurait décelé cette proie les yeux bandés et des crevettes dans le nez s’il le fallait. La prudence et la retenue étaient de mise, le faux pas n’était pas une option. Bifurquant un coup à gauche ou un coup à droite sans vraiment faire attention aux personnes qu’elle pouvait croiser, elle sentit son coeur battre plus rapidement et plus fortement lorsqu’elle posa ses doigts sur la porte en chêne qu’elle caressa un court instant, rêveuse. Prenant une grande inspiration, elle repoussa l’obstacle dans un fracas apocalyptique et se dirigea presque en courant vers l’autre bout de la pièce, elle l’avait enfin trouvé.



Elenya. - Une bouteille de cette liqueur que tu me gardes toujours de côté !



Un sourire aux lèvres, le tavernier s’exécuta, heureux de revoir l’Elfe.



Tavernier. - Ca faisait un bail que j’vous avais po vue, vous.


E. - Je sais je sais,  j’ai hélas eu quelques ennuis dernièrement, mais ne t’en fais pas, je suis restée fidèle à ton boui-boui.


T. - Sûr que ça m’fait plaisir m’dame, pour la peine j’vous en offre une autre.


E. - Je viens tout juste de commencer celle-ci !


T. - Et bé alors, on est dev’nu une p’tiote joueuse ?


E. - Que tu crois !



Elenya arrêta de réfléchir et termina cul-sec son breuvage favori. Après une profonde inspiration, dans le feu de l’action, elle en fit de même pour la seconde bouteille. Amusé, un client de la taverne vint s’asseoir à côté d’elle et demanda au patron de lui en servir une troisième, c’était sa tournée. Ni une ni deux, l’alcoolique notoire n’en fit que quelques gorgées, telle une guerrière farouche achevant le dernier monstre d’une caverne infestée de bêtes sauvages.



Client. - Ca fait toujours plaisir de voir des gens profiter de la vie comme ça, il ne faut surtout pas changer !


E. - T’as bien raison mon p’tit gars, il faut camper sur ses positions la tête haute !



Sa dernière phrase fût accompagnée d’une belle chute sur le plancher tout de bois vêtu de la taverne. Elle n’avait rien mangé avant le sol depuis son réveil et cela faisait quelques jours qu’elle n’avait pas bu une quantité  aussi importante d’alcool. Elle n’avait pas su prévoir la catastrophe. L’assassine s’était toujours restreinte à une ou deux bouteilles, mais aujourd’hui fallait-il l’admettre, elle avait trop facilement succombé à ce vil pêché. Mais cette chute n’était qu’un tout petit souci devant les problèmes qui l’attendaient.  Son cerveau était alors bien trop embrumé pour essayer de s’en rendre compte. L’Elfe tenta tant bien que mal de se relever, mais sa tête tournait et ses gestes étaient imprécis, elle n’était pas certaine de vouloir quitter la terre ferme si précipitamment. Elle préféra s’allonger sur le sol en marmonnant quelques propos incohérents, les mains sur les tempes. L’alcool l’avait frappée fort, mais pas aussi fort que le coup de massue qu’elle reçut derrière la tête. En temps normal, son petit doigt lui aurait dit que les ennuis commençaient, fallait-il qu’elle puisse encore reconnaître son petit doigt au milieu de tous les autres.
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Elenya Inglorion
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MessageSujet: Re: Tout n'est pas forcément perdu, monseigneur.   Lun 24 Juin - 0:04

Le réveil fut beaucoup plus difficile et douloureux que le précédent, et la voleuse commença à regretter les draps de soie qui l’avaient protégée de ses démons. Elle pesta contre cette mauvaise habitude de chercher continuellement à rester discrète et à ne déranger personne, ayant sans doutes manqué une intéressante rencontre avec le seigneur ce matin-là. Il était si rare qu’on lui offre l’hospitalité qu’elle en avait presque oublié toutes le bonnes manières, elle s’en voulut de ne pas avoir salué le seigneur Nain avant de quitter le château, sans doutes qu’il ne l’aurait pas laissée partir la tête et le ventre vides. Elenya fut tout de même surprise de reconnaître le visage qui se trouvait devant elle lorsque ses paupières se relevèrent. 



Les années ne se lisaient pas sur sa figure, mais sur son expérience au combat et la sagesse de ses paroles. Malgré les stéréotypes liés à sa condition, il avait su démentir tous les préjugés : il savait réfléchir, tendre la main, offrir sa confiance à qui la méritait. On devinait facilement les muscles sous ses manches de cuir et la force dans ses paluches d’ours. Elle était capable de le reconnaître au milieu d’une centaine d’autres car c’était bien le seul à la regarder avec respect et bienveillance. Inconscient, un nain sur qui elle avait pu compter par le passé se trouvait allongé à côté d’elle.


Elenya. - Tryndel...



Son murmure, à peine audible, fut dissimulé par des bruits de charrette et de sabots. L’assassine ne savait pas avec qui et où elle se trouvait, mais une chose était indéniable, on la traînait quelque part, et contre son gré : mains et pieds étaient liés. La seule et unique chose qui pouvait la rassurer, c’est qu’elle n’était pas tout à fait seule, aussi inconscient qu’il pouvait être, Tryndel respirait encore. Le voyage sembla durer une éternité, les ballottements incessants allaient avoir raison de sa patience tristement légendaire. Après le réveil vint les questions, après les questions vint la colère, et la colère vint de premier crû. Se tournant sur le dos, l’Elfe jeta un coup d’oeil vif aux alentours, mais quelqu’un ne tarda pas à lui glisser un vieux sac puant sur la tête. Ayant perdu la vue, la voleuse dût se rabattre sur l’ouïe. Les bruits de sabots de roues s’estompèrent un court instant et le silence s’installa. Quelqu’un marmonna quelque chose, et les pas reprirent aussitôt.



L’alcoolique s’imagina l’ouverture d’un portail, mais sa concentration fut perturbée par une quinte de toux qui ne provenait pas d’elle, mais du compagnon gisant à côté d’elle. Il était trop tôt pour échanger quelques paroles avec son ami le Nain, mais supposant qu’il avait lui aussi un sac sur la tête, elle se contenta d’une courte phrase.



Elenya. - Tryndel, je suis là.



Le Nain poussa un râle, comme pour confirmer qu’il avait bien identifié à qui appartenait la voix qu’il venait d’entendre. Une autre courte pause vint briser le cycle de secousses que subissait l’Elfe, et Elenya termina sur l’épaule d’un homme assez robuste. Il avait sans doutes tiré à la courte paille pour savoir qui allait la porter elle et qui allait porter le nain, car la voleuse entendit un autre inconnu pester contre la charge de son compagnon. On les transporta pendant quelques minutes pour les abandonner dans une cellule après leur avoir ôté toute entrave visuelle et physique. Quand les pas s’éloignèrent, les deux compères commencèrent à dialoguer dans l’obscurité.



Tryndel. - Mais qu’est-ce c’est qu’cette merde ?


Elenya. - Bah écoute, quand je le saurais tu seras le deuxième au courant.


T. - J’me rappelle de la bière qui coulait à flots, des chants de mes frères et de la gamelle du siècle. Bordel mais qu’est-ce qui s’est passé ?


E. Et bien mon cher Tryndel j’ai l’honneur de te confier que je ne sais absolument pas quoi te répondre.


T. - C’est quand même pas une de tes blagues pourraves quand même ?


E. - Tu sais, j’ai beau avoir peu d’humour, mes blagues restent quand même un minimum drôles et là, je n’ai franchement pas envie de rire.


T. - C’est décidé, j’arrête de boire.


E. - A qui le dis-tu...


T. Bah à toi.


E. Raah ferme-la si c’est pour dire des conneries.


T. Commence pas à gueuler c’est pas le moment, j’ai une de ces migraines.


E. Maintenant que tu le dis je commence moi aussi à avoir mal au crâne, merci pour le cadeau.


T. Comme si c’était contagieux.


E. Si tu arrêtais de râler ça irait peut-être un peu mieux.


T. Message reçu, je ferme ma gueule.


E. Merci.



L’échange terminé, Elenya comprit que la discussion ne mènerait à rien, le Nain était aussi perdu qu’elle et n’était pas vraiment en position de lui apporter des réponses pour le moment. Et pour ainsi dire, la gueule de bois était pour une fois leur amie commune. Elle décida de mener le dialogue sur un point qui se voulait plus intéressant, même si cela n’allait pas vraiment faire avancer la situation.



E. - Tu n’as eu aucun soupçon sur ce qui allait nous arriver ?


T. - Bah... Attends. Maint’nant qu’tu poses la question, j’me rappelle d’un truc.


E. - Et bien vas-y, qu’est-ce que t’attends ?


T. - Bouge pas que j’te raconte.


E. - Très drôle.


T. - Ce matin, t’vois, j’venais d’finir mon dernier contrat, y a pas à chier, c’est la misère en c’moment. Alors bon, quand y a du boulot, personne crache dessus, et surtout pas moi. Alors j’ai fait c’qui fallait, comme d’hab quoi. Du coup, j’suis allé bouffer à la taverne à midi, et j’ai commencé à m’beurrer la gueule à coups de bière fin, tu m’connais quoi. Pis j’ai fini par m’casser la gueule en courant sur une table, et me voici.


E. - Et c’est tout ?


T. - Bah oui c’est tout, pourquoi ?


E. - Je te demandais si tu te rappelais de quelque d’intéressant, je me contrefous de ce que tu as pu manger ce midi et de ta beuverie. Tu veux vraiment t’en prendre une à la fin !


T. - Ah c’est bon j’essaye d’passer l’temps, y a rien qui s’passe là, et j’m’emmerde.


E. - Et bien moi aussi, ce n’est pas pour cela que je te raconte mon dîner d’hier soir avec le seigneur de Mliuej ou ma cuite ultra grande vitesse de ce matin.


T. - T’as mangé avec le seigneur de Mliuej ?


E. - Raah mais on s’en fout, laisse tomber.


T. - C’toi qui voit.



Contrariée, l’Elfe tourna le dos à son compagnon de cellule et observa la pièce. Rien d’exceptionnel, des murs de pierre, une porte en bois, le noir complet. Quelques fissures dans la blocs de roche laissaient à penser que les lieux n’étaient pas tout jeunes. Enfin, après un silence de plusieurs minutes, des pas se firent entendre derrière la porte qui s’ouvrit de nouveau. Un homme que la voleuse n’avait jamais vu se tenait dans l’encadrement, les observant elle et le Nain.
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MessageSujet: Re: Tout n'est pas forcément perdu, monseigneur.   Lun 24 Juin - 0:05

Homme. - Qui vois-je mais qui vois-je, ne serait-ce pas là Elenya Inglorion en personne ?


Elenya. - Quiêtesvousquevoulezvousquelleformationavezvous ?


H. - Pardon ?


E. - Vous connaissez mon nom et pourtant je ne vous ai jamais vu, qui êtes-vous ?


H. - Vous n’avez pas besoin de le savoir, tout ce qui compte, c’est que vous êtes ici maintenant, et que vous ne contrarierez plus nos plans.


E. - J’ai contrarié vos plans ?


H. - Si je vous dis pyromancien, vous me dites ?


Tryndel. - Chaussette.


E. - Quel rapport ?


H. - Et bien votre cher ami, quel est son nom déjà... Godvin.


E. - Goudwin.


H. - Ah vous voyez, la mémoire vous revient.


E. - Que vient-il faire ici ?


H. Il est là le problème ! On ne devrait plus en parler aujourd’hui, il devrait être mort ! Et s’il a survécu c’est entièrement de votre faute.


E. - De MA faute ?


H. - Vous n’avez pas suivi le plan. Vous vouliez des réponses, vous avez encore plus de questions à présent.


E. - Il était trop perspicace, je ne suis pas parvenue à lui tendre un piège, et puis... Il ne méritait ni la mort ni la capture.


H. - Mais y aurait-il un coeur derrière ce regard empli de noirceur ?


E. - Je ne savais pas de qui venaient les ordres ni pourquoi je devais les exécuter, vous trouviez cela simple, vous ?


H. - Il n’y a rien de plus simple que d’obéir aux ordres ma chère enfant, si vous vous y étiez tenu, vous l’auriez découvert bien assez tôt. Quelle piètre leader vous faites.


E. - Qui êtes-vous pour me juger ?


H. - Je vous l’ai déjà dit, vous n’avez pas besoin de le savoir. Mais trêve de discussion, venez avec moi.


E. - Si vous pensez que je vais vous suivre sans rechigner, vous pouvez vous mettre votre politesse là où je pense.


H. Et bien soit.



L’inconnu claqua des doigts et deux grosses brutes entrèrent dans la pièce. Ils avaient dû troquer chaque neurone contre un kilo de muscles tellement leur carrure était impressionnante, et leurs visages niais. La cellule fut ouverte, et sous peine de recevoir des blessures plus que douloureuses, Elenya dut se résoudre à suivre l’inconnu dans le silence. Lorsque la porte fut refermée, le calme revint, et Tryndel se retrouva seul. Il fit rapidement le tour de sa cellule, à part un vieux matelas miteux qui traînait par là, il n’y avait rien de follement intéressant. Bien entendu, ses effets personnels n’étaient plus si personnels et il n’avait à première vue aucun moyen de passer à travers les barreaux. Fatigué de toute cette bousculade, il s’allongea sur le pseudo-matelas et s’endormit.



Il fut brusquement réveillé le lendemain matin par le bruit de la porte qui s’ouvrait. Un autre homme qu’il ne connaissait pas déposa un bol d’eau et un morceau de pain vieux comme le monde juste devant la cellule, puis repartit dans le silence le plus complet.



Tryndel. - Et bah merde, si j’bouffe ça pendant plusieurs jours j’vais dev’nir aussi fin qu’une elfette boulimique.



Le journée était longue, très longue, mais le Nain ne perdait pas patience, si quelqu’un le maintenait en vie c’est que tôt ou tard on aurait besoin de lui, alors il garda son calme. Les cinq jours qui suivirent furent identiques aux premiers, et les cinq suivants, et encore ceux d’après. Le temps paraissait tellement long que Tryndel commença à perdre la raison.



Tryndel. - Et bah mon vieux pote, comment ça va c’matin ? Oh bah plutôt bien et toi ? Bah ça va ça va mais j’ai connu mieux. J’commence à avoir la dalle à bouffer du pain et à boire d’leau. Ouais moi aussi, je vais crever à c’rythme. M’en parle pas. Et Elenya qu’est-ce qu’elle d’vient ? J’sais pas, plus aucune nouvelle. En plus le garde parle jamais, même quand j’lui pose une question. Ouais moi non plus, il me regarde même pas, j’suis sûr qu’c’est un sous-fifre, il a peur. Pour sûr qu’il a peur ! Faudrait ptetre qu’on pense à sortir d’ici. Tu parles d’une bonne idée, mais j’te rappelle que j’ai pas d’arme, pas d’outil, tu veux que j’sorte comment ? Bah j’sais pas mais si t’as envie d’rester là c’est ton problème, moi j’compte bien m’casser. J’crois que j’ai une idée. Raconte ! Par contre tu vas encore plus crever la dalle que d’habitude. Hein ? Bah c’est simple t’vas faire l’mort, ça inclut que tu touches pas ta bouffe. Putain, je sens que ça va m’faire chier. Hmmm.



Le Nain se tourna brusquement vers la porte, croyant avoir entendu un bruit. Mais rien, rien d’autre que le silence, comme d’habitude. Etait-il devenu fou ? L’était-il déjà ? Peu importait, il n’avait que très peu de chances de sortir de sa cellule, il fallait essayer.



Le lendemain matin, le geôlier déposa comme à l’accoutumée le bol d’eau et le morceau de pain, et s’en alla. L’échos d’un gargouillis vint déchirer le silence mais Tryndel devait se tenir, il avait toujours faim et ces rations ne l’aidaient pas mais aujourd’hui, il devait essayer de se tenir, il fallait que le garde le croit mort, il n’avait rien à perdre après tous ses kilos enfuis, il fallait tenter. Le matin suivant, le Nain attendit patiemment, étalé au milieu de la cellule, le plus inerte possible. Effectivement, cette journée là ne débuta pas comme toutes les autres, Tryndel faisait bien le mort, sauf que, d’après son instinct, midi approchait, et personne n’était venu lui donner sa ration. Sa patience était peut-être mise à l’épreuve, alors il resta là encore un moment, sans bouger. Les secondes devinrent des minutes puis les minutes des heures. La limite était atteinte, le nabot se jeta sur le morceau de pain et but d’une traite le bol d’eau. Son estomac criait encore famine, mais l’heure n’était pas aux tergiversions, quelque chose clochait. Tryndel tendit l’oreille, mais n’entendit rien. Affamé et épuisé, il perdit connaissance.
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MessageSujet: Re: Tout n'est pas forcément perdu, monseigneur.   Lun 24 Juin - 0:06

Une douce brise vint le réveiller, et une voix d’enfant attira son attention. Ecarquillant les yeux, il se blottit au fond de la cellule : il venait de voir un esprit. Il ne savait pas d’où il venait ni qui il était, mais Tryndel avait l’impression de reconnaître cette voix et ce visage, peut-être était-ce l’entité dont l’Elfe lui avait tant parlé ? Le Nain ne croyait pas aux fantômes, mais le coeur encore affolé, il mit plusieurs secondes à reconnaître le bout de métal qu’il tenait dans sa main. Un crochet. Son instinct de voleur frissonna, il se jeta sur le serrure rouillée. Le Nain ne tarda pas à retrouver ses marques, et à ouvrir la porte de la cellule. Il trouva son matériel dans un coin de la pièce, et fut heureux de boire quelques gorgées d’une bière qui n’était certes pas très fraîche mais qui lui requinqua le corps et l’esprit. A l’aide de son briquet, il alluma une torche. Sortant pour la première fois de la pièce dans laquelle il était enfermé depuis des jours, il s’arrêta dans le couloir qui se trouvait derrière la porte. Pas un bruit, pas un mouvement, il commença à marcher au hasard, priant quelques dieux pour ne pas mourir ici, abandonné et perdu. Il ouvrit sans hésiter la première porte qui s’offrit à lui, rien de spécial. Une salle poussiéreuse où se trouvaient quelques chaises autour d’une table, une vieille armoire vide avec deux portes branlantes et des cierges usés sur une petite table basse.



Peut-être était-ce ici que ses ravisseurs se réunissaient, Tryndel aurait pensé à un décor plus riche et confortable, mais le reste du bâtiment semblait être à l’image de sa cellule : pauvre et sale. Il continua son exploration et tomba sur une pièce où se trouvait une cellule identique à la sienne. Le Nain pensa immédiatement que son amie se trouvait ici, mais après quelques fouilles il dû réfuter sa première hypothèse. Il poursuivit son chemin. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’au détour d’un couloir il tomba sur une caverne, le doute naquit dans son esprit. Etait-il sur la route de la sortie, ou s’en éloignait-il ? Mais surtout, où était donc passé tout le beau monde qui devait aller et venir en ces lieux ? Le Nain ne comprenait rien et ça l’énervait, il se mit à avancer plus vite, au moins autant que ses petites jambes le lui permettaient. Dans un recoin de la caverne, il trouva un immense trou creusé à la va-vite, au fond duquel se trouvait une autre cellule semblable à la sienne. Il descendit pour scruter le fond de la cage. Une imperfection dans le lit de terre attira son attention. En grattant un peu, il eut un frisson en attrapant une main froide qui était enfouie. Paniqué, il continua à creuser la terre de ses mains comme un chien qui déterrait le festin de sa vie, se retenant de crier quelques jurons et surtout d’hurler son nom, Elenya.



Pestant contre le destin, les dieux et les dés, il extirpa avec difficultés le corps inerte de l’Elfe abandonnée. Attrapant son visage à deux mains, il eut peine à croire qu’elle pouvait être morte. Elle avait les bras croisés fermement et rien ne semblait pouvoir les faire bouger de la sorte. Alors il déposa soigneusement le cadavre de la voleuse sur son épaule et entreprit de quitter cet endroit de malheur. Il se prit le pied dans une sacoche qu’il ouvrit à la hâte, elle semblait contenir toutes les affaires de la défunte ; il la récupéra. Courant à travers la galerie, il finit par arriver à ce qui s’apparentait à l’entrée de la grotte. La lumière du jour l’aveugla un instant et il jeta de toutes ses forces sa torche à l’intérieur de la cavité obscure, comme si celle-ci était maudite : à l’image de leur prison. Observant l’horizon, Tryndel posa l’Elfe un instant sur le sol, adossée à un tas de cailloux. Ils se trouvaient dans les montagnes quelque part au-dessus de Mliuej, là où personne ne seraient venus les chercher.



Respirant un grand bol d’air frais, il entreprit de descendre par un chemin sinueux, avec l’assassine sur l’épaule. Se nourrir de pain et d’eau pendant un mois peut-être l’avait affaibli, mais son corps semblait plus résistant, et il n’avait pas peur de devoir dévaler les montagnes avec un cadavre sur l’épaule. Le goût de la liberté nourrissait ses muscles et faisait battre son coeur, il ne savait pas ce qu’il s’était passé et ne cherchait pas à le savoir dans l’immédiat, tout ce qu’il voulait, c’était retrouver la civilisation, et trouver un moyen de sauver Elenya. Elle ne pouvait pas être morte, ce devait être un sortilège bien pervers. Enfin, après des heures de marche, les deux compères arrivèrent aux abords d’une forêt.



D’après son sens de l’orientation un peu émoussé il fallait l’avouer, Tryndel supposa qu’il se trouvait à l’aurée du bois de Glandorn. Il n’aimait pas traîner dans les forêts mais c’est le dernier endroit où ses ravisseurs viendraient le chercher : qui irait quérir un nain au milieu des arbres ? Hésitant, il pénétra sous la flore, et entama une marche entre les troncs plus immenses les uns que les autres. Plus il progressait dans les sous-bois et plus le soleil peinait à traverser les feuilles. Le nabot n’avait pas peur de l’obscurité.



C’est alors qu’un bruit presque inaudible attira son attention. Déposant rapidement le corps à même le sol, il se retourna avec un calme exemplaire. Tryndel eut beaucoup de mal à cacher sa surprise lorsque son regard croisa celui d’un castor mutant. Ses souvenirs quand au contenu de l’encyclopédie de son père concernant les castors mutants ne tardèrent pas à refaire surface lorsque ce dernier tenta de lui cracher un jet d’acide par les yeux au visage. Esquivant in extremis la répugnante mixture, le nabot attrapa le cou de l’animal et l’écrasa tel un babet qui s’émietta entre ses doigts. La facilité avec laquelle il se débarrassa de l’animal traduisait la jeunesse de celui-ci, d’après ce que lui disait son père, il en existait des bien plus imposants et dangereux. Ne voulant pas croiser telle créature, le Nain récupéra le corps de son amie et partit en quête d’un abri pour la nuit.

Après quelques minutes de marche, ils arrivèrent aux abords d’une rivière d’une taille honorable du point de vue d’un nain. Il la traversa avec difficultés, effrayé à plusieurs reprises d’avoir cru échapper la voleuse en faveur du courant. Mais ses efforts payèrent, et il parvint à atteindre l’autre rive. Il commença à marcher sur la petite plage de pierres blanches, et pour une raison qu’il ne décela pas, il perdit subitement connaissance.


Elle était comme pétrifiée, les yeux fermés, les oreilles bouchées, les poumons atrophiés, le coeur amputé. Elle ne pouvait ni voir, ni sentir, ni respirer, ni bouger. Lui avait-on jeté un maléfice ? Cette idée la fit frissonner, pour peu que son corps en soit encore capable. Elenya essaya de parler, mais rien ne sortit de sa bouche si ce n’est le silence absolu. Elle était incapable d’effectuer la moindre action ou de ressentir la moindre sensation et pourtant, elle était consciente. En tous cas, elle pensait l’être. La voleuse douta un instant, était-elle morte ? Mais celui qui est mort ne pense plus, se rétorqua-t-elle a elle-même. Quelqu’un était-il revenu d’entre les morts pour assurer une telle vérité ? L’assassine était peut-être belle et bien décédée, condamnée à réfléchir pour l’éternité. L’Elfe accusa la folie de lui faire supposer de telles inepties et pourtant, elle n’avait aucune raison de croire qu’il en était autrement. Quel était ce bruit ?



Tryndel ouvrit à nouveau les yeux. Il commençait à en avoir marre de se réveiller à n’importe quelle heure dans des lieux qu’il ne reconnaissait pas, avec des souvenirs vagues et des migraines à répétitions. Le Nain retint un hurlement lorsqu’il sentit des liens gêner ses mouvements : pour la seconde fois, quelqu’un l’avait attaché. Désireux de pester contre le destin et les dieux coquins, il observa avec dépit le bâillon qui lui bloquait la voie oratoire. Ils l’avaient retrouvé. En tous cas, c’est ce qu’il pensait. La fuite n’aura pas été de longue haleine, hélas, il avait fourni de bien piètres efforts pour sauver son amie. Diable ! Où pouvait-elle bien se trouver en cet instant ? Furibond, Tryndel ne remarqua pas la main agile qui le débâillonna en moins de temps qu’il n’en fallut pour le dire.

Tryndel. - Bordel de merde mais vous allez finir par me foutre la paix ouais ! Sérieux vous avez rien d’autre à foutre de vot’ vie ! Détachez-moi les mains que j’vous montre c’que j’ai fait au dernier castor mutant qui est venu me casser les glawis !

Mais cet élan de rage trouva fin, brusquement, avec la vision qui s’offrit à lui. A quelques pas seulement, Elenya était allongée sur un lit de salade. Un parfait inconnu, lui aussi aux longues oreilles pointues, qui avait une paume posée sur le visage de la voleuse, était en train de marmonner quelques paroles incompréhensibles pour le Nain. Les insultes fusaient dans sa petite boîte crânienne mais pour une raison qu’il ignorait, Tryndel ne pouvait pas se résoudre à briser ce silence inquiétant. Relevant les yeux du corps inerte de son amie, il remarqua bon nombres d’elfes qui le surveillaient, arcs à l’épaules et dagues en mains. Ils étaient totalement immobiles, tels des statues, allant même jusqu’à ne pas cligner des yeux. Il se demanda pendant un instant si c’en étaient réellement, ou pas. L’endroit lui était parfaitement inconnu, à vrai dire, le nabot n’avait même plus la sensation d’être au milieu d’une forêt, la salle dans laquelle il se trouvait était tout ce qu’il y avait de plus rocheux. Elenya était allongée sur un autel, à mi-hauteur du nain, soit, un autel très bas. L’ambiance qui régnait le fit déglutir, que se passait-il ? Personne ne parlait, tout le monde observait, et le grand Elfe marmonnait. Enfin, après quelques minutes, il fit un signe de la main, et le peuple elfique commença à se mouvoir.
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Elenya Inglorion
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MessageSujet: Re: Tout n'est pas forcément perdu, monseigneur.   Lun 24 Juin - 0:06

Dans le noir le plus complet et la chaleur la plus absente, Elenya entendit enfin quelque chose. Un murmure, tel une douce brise caressant la cime des arbres dans les forêts de son enfance. Elle n’arrivait pas à comprendre ce qui se disait, mais cela ne l’inquiétait pas, car la lumière lui parvint. Elle se redressa, observant ses mains tachées par l’herbe fraîche. Comme si elle venait de naître, elle avait l’étrange sensation de redécouvrir son corps. Ses yeux se détournèrent de ses douces phalanges et ce qu’elle vit lui emplit le coeur de joie. Dans le ciel, un soleil éclatant, sans aucun nuage pour venir cacher ses doux rayons qui réchauffent. Autour d’elle, des arbres en pleine force de l’âge, entraînés par la douce brise, transpirant la vie et la sagesse. Non loin devant elle, un cour d’eau se faisait discret mais l’on pouvait tout de même percevoir l’écoulement de cette fraîcheur sur la roche. Un lapin vint frotter son museau contre la paume de sa main, puis baissa la tête pour se laisser caresser. L’Elfe ne se demanda même pas si elle était au paradis, pour elle, cela ne faisait aucun doute, bien qu’elle ne chercha même pas à se poser la question.

Tryndel quitta la pièce sombre et inquiétante pour une salle plus grande et étrangement décorée. Des cristaux brillaient sur les murs, et un fin rayon de soleil perçait le plafond en un seul et unique endroit. Le silence qui pesait rappela au nain une autre ligne dans l’encyclopédie de son géniteur : il crut bien se trouver alors dans un temple. Ces endroits silencieux et inquiétants où règne une ambiance étrange, et où des choses plus ou moins rationnelles se déroulent. Le Nain n’osa pas poser de question, pas parce qu’il respectait les Elfes qui l’entouraient, mais plutôt parce qu’il ne savait finalement pas du tout par où commencer. Une femme, apparemment humaine, sortit d’entre les ombres et s’approcha de lui.

Inconnue. - Qu’est-ce que tu as fait à cette Elfe ?
Tryndel. - Moi ? Rien du tout, c’est mon amie, et quand on est poli on se présente avant d’agresser les gens.
I. - Je répète, qu’est-ce que tu as fait à cette Elfe ?
Tryndel. - Je répète, rien du tout !

Le grand Elfe qui marmonnait arriva alors dans la même pièce que le nain. Il prononça quelques paroles en Elfique et comble de la surprise : l’humaine lui répondit dans la même langue.

Tryndel. - Vous allez me dire ce qu’il se passe à la fin?!
Elfe. - Je ne pense pas que ce Nain ait les ressources nécessaires pour parvenir à une telle supercherie.
Humaine. - J’avais beaucoup de doutes également, mais ne sait-on jamais.
T. - Je vous entends !

Ils se tournèrent tous deux vers le Nain.

Elfe. - Ton amie, dis-tu ?
Tryndel. - Oui.
Humaine. - Hilarant, par quel prodige ?
T. - C’est entre elle et moi, rien ne vous regarde.
E. - Soit. Vous désirez donc peut-être savoir ce qui lui arrive ?
T. - Ce qui lui arrive ? Elle est morte, et vous profanez son cadavre, mécréants !
H. - Morte, haha, quel idiot ce nain.

La surprise fut de taille, et l’effet rapide.

Tryndel. - Elle n’est pas morte ?!
Humaine. - Bien sûr que non, bougre de nain.
T. - Alors pourquoi ne se réveille-t-elle pas ?
Elfe. - Je n’ai jamais vu ça ... Son corps n’est pas sans vie, mais son esprit semble ... Ailleurs.
T. - Ailleurs ?
H. - Pas dans son corps, idiot.
T. - J’avais compris, j’demande juste d’être plus précis !
E. - J’ai bien tenté quelques vieilles formules mais je ne parviens pas à la réveiller, je ne sais pas si c’est un puissant sortilège ou quelque chose d’autre mais ... Je suis impuissant.
H. - Ne soyez pas trop dur avec vous, maître, il n’y a pas plus difficile à battre que l’inconnu lui-même.
E. - C’est cela qui m’effraie, que je me retrouve devant quelque chose que je ne connais pas. J’aurais aimé aider cette Elfe.
H. - Je sais maître, je sais.
T. - Elenya...

Le grand Elfe fut pris d’un rictus flagrant, comme si Tryndel avait prononcé le nom du Diable en personne.

Elfe. - C’EST SON NOM?! ELENYA?! ELENYA INGLORION ?!
T. - Beeeh, oui !
H. - C’est impossible !

La femme se hâta de disparaître dans le couloir qui menait à la salle dans laquelle le Nain avait vu son amie, puis revint quelques secondes après.

H. - Il ne ment pas, elle a la cicatrice sur le bras.
E. - Partons d’ici, maintenant. Dire que j’ai risqué ma vie pour cette Elfe maudite. Qu’elle combatte ses démons seule !
T. - Maudite ? Qu’est-ce que ça veut dire ?!

Tryndel se souvenait parfaitement de l’histoire que lui avait contée Elenya lorsqu’ils étaient installés sur sa charrette. Il avait lui aussi vu la cicatrice, mais ne croyait pas que l’assassine en ai parlé à quelqu’un d’autre. Que pouvaient-ils savoir qu’il ignorait ? Ou même qu’elle ignorait également ?

H. - Nous devons partir, ne t’avise pas de nous suivre, Nain, bien que tu risques de mourir avant d’avoir essayé.
T. - Vos menaces ne marcheront pas sur moi.
H. - Silence, nabot.

La dernière chose que Tryndel put entendre, c’est un claquement de doigt résonnant dans la pénombre. Les secondes qui s’écoulèrent après ne se comptaient plus, il avait de nouveau perdu connaissance. Fatigué, il mit plusieurs heures à se réveiller. Usant de son bras comme soutien pour se redresser, il fut surprit de ne pas rencontrer le froid et l’âpreté de la roche au profit de la douceur d’un fin matelas. La bougie qui se trouvait sur la table éclairait suffisamment la pièce pour permettre au nain de se repérer. A moins d’un mètre, Elenya était allongée sur un autre lit de couvertures, à même le sol. Il n’y avait pas de meubles, juste une table où était déposée la bougie. Faisant le tour de la salle, le Nain remarqua un escalier qui menait à l’étage supérieur, peut-être se trouvaient-ils alors dans une cave, ou quelque chose d’approchant. Sans aucune hésitation, il entreprit l’ascension des marches frémissantes sous son poids. La porte qu’il ouvrit une fois arrivé en haut laissa découvrir la salle principale de ce qui semblait être une auberge, exception faite de l’ambiance, des clients, et même de l’aubergiste. Un mouvement le fit mentir cependant, qui ne l’alerta pas pour autant.

Aubergiste. - Hola mon bon ami, vous êtes enfin réveillé ?
Tryndel. - Qui es-tu donc, aubergiste ?
A. - Mon nom importe peu, ton état cependant m’inquiète assurément.
T. - Pourquoi mon état vous inquiéterait-il ?
A. - Et bah c’est pour dire, mais vous aviez l’air mal en point quand j’vous ai retrouvé.
T. - Doucement mon ami, explique-moi tout du début.
A. - J’étais allé voir mon fournisseur de vivres à chnafon et je rentrais de plusieurs jours de voyage. Ma chariote était pleine, mais j’ai réussi à trouver de la place pour toi et l’autre là quand je vous ai trouvé inconscients au bord de la route. J’pouvais pas vous laisser comme ça, alors j’vous ai embarqué. Nous sommes ici à Mliuej, et vous êtes dans la cave de mon auberge. Il n’y a personne car je viens à peine de rentrer et j’ai pas encore réouvert, ça vous laisse plus de calme. Dites, j’peux vous poser une question ?
T. - Ouais ?
A. - Vot’ amie là, elle va bien ? La première fois que j’l’ai vue, j’ai cru qu’elle avait passé l’arme à gauche.
T. - Non, elle n’est pas morte ... Je l’ai cru aussi. Je vais aller la voir.
A. - J’vous en prie faites donc, si vous avez besoin d’moi je suis là.
T. - Vous êtes bien généreux aubergiste, je ne l’oublierai pas.

Le Nain redescendit les marches qu’il avait emprunté tantôt, et alla s’agenouiller à côté de l’Elfe. Un détail l’interloqua alors, bien qu’il l’eut traînée sur plusieurs kilomètres, Tryndel n’avait pas fait attention que derrière ses bras solidement croisés, l’Elfe tenait en fait un carnet. Curieux, il tenta de l’extirper de la puissante prise. Non sans mal, il parvint à bout du piège au bout de quelques minutes, et, curieux, se lança dans la lecture du bouquin.

Jour. 0 - Je viens d’arriver dans cette cellule. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai réussi à dénicher une vieille plume, ce carnet et un peu d’encre, j’ai décidé de coucher par écrit tout ce qu’il se passerait ici, peut-être aurais-je des réponses à mes questions, et surtout des preuves concernant la guilde. Je ne me fie plus à personne, j’ai un peu peur, je l’admets. J’ai été kidnappée, en quelques sortes, je ne sais cependant pas par qui et où on m’a emmené, tout ce que je sais, c’est que je suis en vie et que mon ami Tryndel, un Nain, est quelque part ici, en ces murs, mais j’ai été séparé de lui en arrivant. Je ne reconnais aucun visage et je ne comprends toujours pas ce que l’ont veut de moi, quelqu’un arrive, je reprendrais la plume plus tard.
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Elenya Inglorion
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MessageSujet: Re: Tout n'est pas forcément perdu, monseigneur.   Lun 24 Juin - 0:08

Jour. 1 - La nuit dernière, j’ai pu observer la Lune. Certes, ce n’était que pendant quelques secondes, mais cela m’a fait du bien de la voir, elle est calme, rassurante, toujours là à me regarder. J’ai eu le droit de sortir, mais pas pour me promener. Deux hommes que je ne connaissais pas m’accompagnaient, j’avais une nouvelle mission à accomplir... Je ne connaissais pas les détails, je ne savais pas de qui venaient les ordres, juste qu’il fallait exécuter sans poser de questions. Je ne peux pas m’échapper, ils sont au moins aussi entraînés que moi, si je veux survivre, je dois obéir. Alors j’ai fait ce qu’on m’a demandé, j’ai tué un autre homme. C’était dans un petit village reculé que je connaissais pas, je m’étais faufilée par la fenêtre et je lui ai tranché la gorge, purement et simplement. Puis je suis retournée au point de rendez-vous et on m’a remis ce vieux capuchon sur la tête. Je suis de nouveau dans ma cellule, j’ai eu droit à un bol d’eau et un peu de pain. Si Tryndel a le même régime que moi, je pense qu’il doit pester comme il se doit de son côté. Je suis fatiguée, je laisse ma plume et mon carnet.



Jour. 5 - Depuis la dernière nuit où j’ai tué un homme, je ne suis pas ressortie. Je m’ennuie. J’entends du bruit autour de moi, des gens passent et discutent, je ne sais toujours pas où je suis. Je donnerai tout ce que j’ai pour une bouteille de liqueur et une corbeille de fruits. Rien à ajouter d’intéressant, je reprendrais ma plume quand il faudra.



Jour. 7 - En me concentrant comme je ne me suis jamais concentrée et avec beaucoup d’attention, j’ai pu entendre un morceau de conversation aujourd’hui. Deux hommes discutaient, ils parlaient du seigneur de Mliuej, de beaucoup d’or et d’un sorcier à la recherche d’un artefact puissant. J’ai l’impression que cela n’a ni queue ni tête, mais peu m’importe, peut-être trouverais-je mes réponses plus tard. Quelqu’un arrive.



Jour. 8 - La nuit dernière je suis de nouveau sortie, mon dieu que cela est bon de courir comme bon nous semble ! Enfin, à peu de choses près. J’ai reconnu la ville de Mliuej loin vers l’horizon, j’ai repensé au seigneur, je n’aurais pas dû quitter le château. Je suis retournée dans le village de l’autre fois et j’ai tué une femme cette fois-ci. Pas de nom, pas d’or, une description sommaire. Les pauvres repas que je fais commencent à avoir une répercussion sur mes capacités, mais je n’en montre rien, je ne veux pas qu’ils se débarrassent de moi. Je suis épuisée de mal me nourrir et de faire ce boulot, je vais me coucher.



Jour. 16 ou 17 - J’ai de plus en plus de mal à garder la notion du temps, il n’y a aucun mouvement à part le vieil homme qui m’amène ma pitance, il a l’air aussi fatigué que moi, je suis sûr qu’il n’en sait pas plus, et qu’il est aussi prisonnier que moi.



Jour. 40 ou 45 - J’ai essayé de faire la morte ce matin, lorsque le vieil homme m’a amené mon pain et mon eau. Mais comme une idiote, j’ai été trahie par un gargouillis énorme, même mon estomac me laisse tomber, c’est foutu pour cette idée là.



Jour 50. - Je n’ai pas vue la Lune la nuit dernière, il y avait trop de nuages dans le ciel, je suis triste, je me sens abandonnée et sans aucun avenir. Ce n’est que ma troisième sortie et je ne sais pas quel jour nous sommes, je suis perdue. Ce fichu capuchon m’empêche de me repérer, il n’y a aucune parade. Je suis allée à Mliuej cette fois, mais j’ai été étroitement surveillée. J’ai encore tué un homme dont je ne connaissais pas le nom. Mais il m’a tenu des propos étranges avant que je ne le fasse. Comme s’il était fou. Il a commencé à vociférer dès qu’il a vu mon médaillon, triste héritage. Heureusement, je l’ai vite achevé.



Jour. 80 ou 90. - Je vais mourir. J’en suis certaine à présent. Je ne sors plus, et j’ai l’impression que mes repas se font de plus en plus rares, ou qu’ils sont de moins en moins copieux. Hier encore je buvais mon bol d’eau en trois gorgées, ce matin je l’ai terminé en une. Cinq bouchées pour le morceau de pain auparavant, ce matin, trois seulement. Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Tryndel est-il toujours en vie ? A-t-il réussi à s’échapper ? Cela m’étonnerait, sinon il serait revenu me chercher. La guerre a beau avoir duré entre nos deux peuples, le seul sur qui je peux compter, c’est un Nain. Il y avait ce seigneur aussi, j’ai oublié son nom. Je suis sûr que j’aurais pu lui faire confiance, il avait l’air si enclin à m’aider. J’ai été trop hésitante et voilà où j’en suis aujourd’hui.



Jour. X - Apparemment, je vais bientôt sortir à nouveau, je me sens si faible et fatiguée, il faut que j’assure quand même. J’ai hâte, j’aimerais une nouvelle fois voir la Lune. C’est peut-être la dernière après tout. Le nabot me dirait de ne pas laisser tomber, mais si on mange la même chose, il a dû mourir bien avant moi. Oui, il est sans doutes mort.



Jour. X - Cela faisait une éternité que je n’avais pas rêvé, et pourtant cette nuit, c’était tellement réel que j’avais l’impression de m’être échappée. Quelle mauvaise surprise au réveil. J’ai encore eu une mission cette nuit, mais cela ne s’est pas déroulé comme prévu. Je me demande si mes missions mènent à un but. C’était un mage je crois, enfin, il jetait des sorts. Il avait l’air très puissant, et je n’ai pas réussi à le prendre par surprise. Je suis sûre qu’il m’a lancé un sort et j’ai bien cru que j’allais mourir, mais je n’ai rien eu. Je suis certaine que le médaillon de mon frère me protège, je le hais, mais cela me rassure de l’avoir autour du coup, c’est une sensation étrange. Je me sens encore plus fatiguée que d’habitude, et j’ai très froid. Pourtant, il y a de nombreuses torches et je ne grelottais pas comme ça hier. Il faut que je dorme.



Jour. X - C’était dur, tellement dur. Rien que de se déplacer discrètement, c’était un supplice. J’ai bien cru ne plus pouvoir lever mes dagues, mais je n’avais pas le choix. J’ai vu la Lune, elle était encore plus blanche que d’habitude. Je n’ai jamais vu ma peau aussi pâle en y pensant. Je suis frigorifiée. Avec mes dernière forces, j’ai encore attaqué un homme. Ma vue était trop floue, je n’ai pas reconnu l’endroit. Je ne l’ai pas tué, juste blessé. Je pense que j’aurais des représailles, comme pour le sorcier. Je suis tellement fatiguée. J’ai failli me faire prendre par la garde, je n’en peux plus.



Jour. X - Trop de jours passés. Je ne bouge presque plus. J’ai du mal à manger.



Jour. X - Des larmes coulent. Je sens que je vais mourir. Je n’ai personne à qui dire au revoir. Je suis seule. Mliuej me manque. Seigneur. Tryndel.



Jour. X - Ecrire devient un supplice. Je suis fatiguée. Je dois arrêter...




Tryndel tenta de lire la dernière ligne, mais ces gribouillis étaient illisibles. Il supposa que c’est à ce moment là que l’Elfe serra fort le carnet contre elle, croyant que la vie la quittait. Il ne savait pas si elle avait souffert, ça avait dû être horrible comme sensation. Il ne comprenait pas ce qui avait pu se passer. Elle s’était tellement démenée pour survivre jusqu’ici, elle avait encore tant de questions et si peu de réponses, ce n’était pas juste de finir comme ça. Il se surprit à prier les dieux de lui venir en aide, lui qui n’avait toujours compté que sur lui même. Il fut interrompu par l’aubergiste qui était venu voir l’état de l’Elfe. Mais rien ne semblait pouvoir la réveiller et pourtant, les paroles de ses dernières rencontres résonnaient dans sa tête. Qu’elle soit maudite ou non, le Nain s’en frappait la coquillette avec une pelle, mais qu’elle soit encore en vie, c’était un détail capital.

A son tour, il lui fallait trouver des réponses et surtout, un moyen d’aider son amie alors inconsciente. Il ne tenta pas d’imaginer dans quel état d’esprit elle se trouvait, mais eut de la peine pour elle. Il ne pouvait pas l’abandonner comme cela. Lorsque Tryndel offre son amitié, il compte bien honorer la confiance qu’on lui accorde. Le seul nom hormis le sien qui apparaît dans le carnet, c’est le titre du seigneur de Mliuej. Tryndel ne connaissait pas cette personne, mais faute de mieux, il ne savait pas vraiment vers qui se tourner. Laissant l’aubergiste au chevet de l’Elfe, il remonta les escaliers puis quitta l’auberge. Il partit en quête du château, en quête de réponse, mais surtout en quête d’aide.



HRP: Mes excuses pour le repost mais je n'étais pas satisfaite de mon texte alors j'ai opéré quelques changements ... J'ai partitionné le tout pour que la lecture soit plus simple, merci.
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Modimus
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MessageSujet: Re: Tout n'est pas forcément perdu, monseigneur.   Dim 30 Mar - 18:26

Dans la douceur de l'aurore, Tryndel sortit de l'auberge en laissant son amie si mal en point aux mains de leur dernier sauveur. Toutefois, l'aubergiste ne pourrait rien faire de plus qu'héberger une elfe le temps qu'un nain lui trouve un remède. Ce qui était déjà paradoxal devenait dangereux lorsqu'on connaissait la réputation des elfes dans la cité de la bière. Éveillée, ils étaient hautains, chiants, n'avaient rien à faire ici. Ivres, elles constituaient une proie facile aux loups à l'apétit charnel dévorant tandis qu'ils étaient abandonnés détroussés comme il se doit. Endormie, Elenya était une invitation au crime à toute personne mal intentionnée. L'aubergiste toutefois était marié, et plus important encore, déjà heureux en amour. Ses motivations altruistes à aider son prochain n'étaient pas à remettre en question (sans doute espérait-il toutefois retirer quelques bénéfices de réputation solidaire, car un duo Nain/Elfe était rare, prompt à se mêler à toutes sortes d'aventures sans regarder sur la race de leurs compagnons). Il allait être surpris. Pas de la manière la plus agréable.

Tryndel arriva sans encombres jusqu'aux portes du château seigneurial. La plupart des rues étaient vides de toute animation sobre, tout juste quelques errants ayant réussi l'exploit de rester debout toute la nuit. Admirant un instant avec une once d'admiration un des monuments d'architecture naine de Mliuej, le barbu leva la main pour hêler le garde à la porte, qui se jugèrent du regard au fur et à mesure que Tryndel se rapprochait de Throgrum. Les deux nains savaient évaluer la valeur d'un compatriote à l'équipement, mais aussi à une foule de détails que seuls ceux étant nés au sein des montagnes pouvaient relever : la qualité de la barbe, son caractère soignée et les tresses. L'arme que l'on utilisait et l'acier qui la formait. Le genre d'armures et les failles, visibles ou non.




Avec son imposante armure, fait sur mesure, aux jointures dorées et lanières de cuir bordeaux, ses gantelets brillants et des épaulières plus gros que sa tête, une ceinture gravée d'une tête de bélier, un bouclier qu'il portait au dos comme une cape et une hache qui faisait la demi-hauteur de la porte qu'il gardait, Throgrum Bilspeck, longue barbe blanche et regard d'acier, sans bouger le petit doigt ni imposait de sa voix sombre un ordre autoritaire, criait à tous les badaux, pseudo-guerriers ou inconscients qui le croisaient : «Je te crèves avant que tu ais eu le temps de me faire chier.»

Chef de la garde royale, il était seul à assurer l'allée et venue entre le château et la cité. Avoir un nain à ce post assurait une certaine volonté à supporter son caractère lorsqu'on n'avait pas une bonne raison de quémander audience. Rassemblant son courage, Tryndel s'avança jusqu'à être en mesure de discuter. Pour Elenya, il avait déjà affronté d'avantage qu'un garde isolé. Il se trompait.

Il réfléchissait à une bonne phrase d'ouverture. Il ne connaissait personne dans ce château, n'avait pas vraiment d'affaires avec le seigneur. Mais il espérait qu'il avait bien compris le message d'Elenya.
«Je suis sûr que j’aurais pu lui faire confiance, il avait l’air si enclin à m’aider. » avait-elle écrit dans son journal de fortune. Voilà la raison de sa présence ici. Sans s'en rendre compte, il pensa à voix haute.

Tryndel : Elenya.

Throgrum : Non, moi c'est Throgrum Bilspeck.
maugréa le garde nain.

Try : Non, non, je voulais dire : Elenya Inglorion.

Thr : Ah désolé, j'avais mal compris. Enchanté Elenya, moi c'est Throgrum.
Le nain ricanait. L'étranger avait un nom tellement pourri, ça faisait fillette. Pour le coup, Tryndel avait perdu toute crédibilité sur ce quiproquo. Ce dernier aurait voulu pester, mais le guerrier en face de lui n'était pas homme nain à se laisser insulter. Il soupira.

Try : Je suis Tryndel, je requiers une audience auprès du Seigneur de Mliuej. Dites-lui que je viens de la part d'Elenya Inglorion. Avisé, Tryndel avait préféré ne pas estimer l'aide immédiate du seigneur. Après tout, son amie et lui avaient été kidnappé plusieurs semaines, et il ne connaissait pas l'allié de l'elfe pour savoir s'il gardait de la rancoeur pour le silence involontaire de la furtive.

Thr : Elenya Inglorion, Elenya Inglorion. Le garde se caressait la barbe, songeur, fouillant dans sa mémoire. Attendez, je crois que j'ai déjà entendu ce nom quelques part. Soudain, il parut hébété, comme s'il venait de se souvenir de quelque chose de vital. Attendez, attendez … vous avez bien dit Elenya Inglorion ?

Try : Je crois que vous l'avez dit presque autant que moi, donc oui. Elle … euh … disons qu'elle ne peut pas se déplacer.


Bien que Tryndel lui même doutât avoir réussi à convaincre le chef des gardes, celui-ci prit une mine sévère, comme s'il considérait maintenant son compatriote nain très au sérieux.

Thr : Entrez immédiatement.

L'ordre était explicite, accompagné par le mouvement de la porte en bois massif, poussé sans effort de la main libre de Throgrum, qui se tenait droit et empoignait fermement sa hache dans le sol, dans une posture noble, presque cérémonieuse. Sans se faire prier, Tryndel entra dans la cour, vide de toute présence de garde.

Ce n'est qu'à partir de ce moment que la méfiance naturelle du barbu lui titillait les poils de sa moustache. Mais il était déjà trop tard. Se retournant au bruit de la porte qui se refermait, Tryndel vit le chef de la garde derrière lui, qui ayant passé la porte la refermait derrière lui, ce qui n'était pas dans les habitudes d'un gardien de porte. L'instinct diplomate de Tryndel lui imposait de ne pas mettre la main sur ses armes pour se rassurer intuitivement, car il se sentait presque trop en sécurité dans cette enceinte.

Devant lui, venant de nulle part, sans même avoir pressenti son approche, Tryndel vit un grand homme, âgé, au teint eurasien et aux cheveux gris dégarnis sur l'avant de son crâne, emmitouflé dans des robes et des étoffes de lin soyeux. La richesse de ses vêtements et la posture de l'humain fit croire à Tryndel qu'il se trouvait la en présence du seigneur de Mliuej alors que ce n'était que son conseiller Mazus Bladeheart. Toutefois, celui-ci ne démentit pas ses propos mais déclara quelque chose de tout à fait étonnant.


Mazus : Nain Tryndel, vous dites venir de la part de l'elfe connue sous le nom d'Elenya Inglorion ? Elle quémande notre aide ?


Tryndel fut stupéfait, et posa la main sur le pommeau de son arme. Comment se faisait-il qu'il était déjà au courant ? Le garde venait de l'apprendre, l'aubergiste les avait-il trahit ? Quelque chose ne lui semblait pas tourner rond. Malgré toute cette embrouille, il se retint difficilement d'exprimer son mécontentement.

Tryndel : Elle n'est même pas en posture de demander de l'aide, mais elle m'a fait comprendre que le seigneur de Mliuej avait jadis été disposé à l'aider. Et si nous ne faisons rien, il n'aura jamais l'occasion d'honorer une telle promesse.

La situation était pressante, et l'état de son amie empirait d'heure en heure. Il lui fallait une réponse des plus immédiates. Il en reçut une, auquelle il n'aurait jamais pu s'attendre. D'un ton solennel, Mazus Bladeheart sortit les mains de ses manches et pointa du doigt le guerrier nain.

Mazus : Nain Tryndel, en vertu des pouvoirs qui me sont conférés par Modimus Courbenclume Seigneur de Mliuej, je vous arrête pour tentative d'assassinat contre sa personne, témoignage mensonger sinon nécromancien ainsi que tous les motifs mineurs que vous me donnerez dans les prochaines secondes si vous ne vous rendez pas sur le champ.

Sur ces mots, Tryndel vit plusieurs soldats sortir de leurs cachette, aussi bien dans la cour qu'aux remparts. Étaient armés sur lui épées, haches, lances et hallebardes, arcs et arbalétriers prêts à tirer. Il lui semblait qu'il observait là toute la garnison réunie pour l'arrêter dans ce qui était manifestement un complot assez crédible pour duper le conseiller. Il avisa de la situation : l'affrontement mènerait à sa mort, mais la réédition signerait une condamnation. Avec un sourire de malice, il déposa les armes.

Tryndel : Jamais vous n'obtiendez quoique ce soit de moi. Je ne révèlerais jamais où elle est cachée.

Le nain cracha aux pieds du conseiller alors qu'on lui passait des menottes aux poignets et aux chevilles. Cela ne servait encore à rien de clamer son innocence, et il avait bien trop d'honneur pour cela. Venir ici l'avait plongé dans un bourbier impensable, les gardes avaient forcément été alertés par cette crevure à qui il avait confié son amie. Intérieurement il se jurait vengeance.

Soucieux dans ses pensées, il ne remarqua pas Mazus qui s'était approché de lui. L'humain n'avait pas été dégouté de son crachat, mais Tryndel ne comprit pas comment il ne l'avait pas entendu approcher. Se tenant en face de lui, le conseiller posa une main sur sa tête. Le nain ne savait quoi faire. Plusieurs émotions lui traversaient l'esprit, mais un sentiment bizarre l'empêchait d'agir. Cela ne dura que quelques secondes, jusqu'à ce que Mazus parte à nouveau et que le nain captif commence enfin à se débattre sous son propre étonnement mais sous l'oeil attentif des gardes. Avant de passer la porte qui le mènerait aux cachots, il n'eut le temps d'entendre que la discussion entre l'humain et le garde Throgrum, qui avait fait récupérer ses armes et l'avait confié à un soldat.


Mazus : Veuillez aller récupérer Miss Inglorion à la taverne du Fût odorant. Faites discrètement.

Throgrum : Et pour l'aubergiste ?

Mazus : Il aurait dû nous avertir et ne pas se mêler de cette affaire. Faites ce que vous devez.


Voilà déjà le début, afin de vous faire patienter.
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Tout n'est pas forcément perdu, monseigneur.
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