L'Encrier du Chaos

Roleplay dans l'univers du Donjon de Naheulbeuk
 
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Le Calme et la Tempête


Voilà bien longtemps que les Aventuriers ont quitté la région. Le fracas des armes a cessé, la fureur et la poussière sont retombés, la soif de gloire et de richesses s'est tarie. Mais les lieux ne sont pas morts pour autant : il reste toujours le vieil aubergiste, là, courbé derrière son comptoir ; et je gage que si vous aviez la curiosité de lui adresser la parole, il pourrait vous conter de grandes choses du temps passé, et allumer en vous une étincelle dont vous ne soupçonniez pas l'existence...

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 Vengeance, justice, les dernières heures d'un amnésique.

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Elenya Inglorion
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MessageSujet: Vengeance, justice, les dernières heures d'un amnésique.    Mer 2 Mar - 22:56

Spoiler:
 

Le mauvais temps avait décidé de déverser son orage le plus chargé, sa pluie la plus lourde, son eau la plus humide. Arpenter un sentier aurait pu être chose aisée si la pluie ne s'en était pas mêlée. Hélas trois fois hélas, un chemin boueux est bien plus difficile à pratiquer, mais cela aurait pu être pire, ils auraient pu être à pieds. Sous de grands manteaux à capuches, les visages d'Elenya et de Tryndel étaient très peu visibles, mais le fait est qu'il valait mieux se protéger de la pluie, surtout maintenant.

« Elrohir, sois maudit.
- J'veux pas paraître chiant, mais ça fait quand même la... Quarante troisième fois que tu me la sors, c'te phrase.
- Et bien commence déjà à te préparer à la quarante quatrième, ça ne saurait tarder...
- C'pas que j'veux t'emmerder Elenya, mais t'vas finir par m'dire qui c'est c'pauv' type ou pas ?
- Je te l'ai dit, c'est, ou plutôt c'était mon frère, tu n'as pas besoin de savoir quoi que ce soit de plus.
- Allez merde déconne pas, d'puis l'temps qu'on s'trimballe ensemble t'peux bien lâcher une info ou deux ? Et pourquoi c'était au fait ? Il est mort ?
- Pas encore.
- Raconte bordel !
- Ah, tu m'insupportes !
- Tu t'y attendais, voyager avec un nain, faut avoir du courage. Et j'vais continuer à t'pourrir la vie jusqu'à c'que tu balances, j'serais un peu plus clément dans ce cas.
- Bon puisque tu insistes, et moi j'insiste sur le fait que c'est dans l'unique but de pouvoir ne plus t'entendre, je vais t'expliquer.
- A la bonne heure !
- Tais-toi.
- Bon.
- Elrohir Inglorion est donc mon frère, qui a quitté le domicile familial il y a une bonne centaine d'années. Je n'étais pas encore née à l'époque mais mes parents m'ont raconté. Quand j'étais petite, j'avais très envie de le rencontrer, de le connaître, de savoir qui il était. Mais ce qui m'intriguait par-dessus tout, c'était de savoir pourquoi il était parti et pourquoi personne ne voulait en parler.
- Et tu l'as su ?
- Tais-toi. Donc, pendant plusieurs années j'ai questionné tout mon village, on évoquait vaguement son nom mais pas plus, impossible de savoir comment il était, ce qu'il aimait, je n'avais que son nom et ce qui nous liait, le sang. Je crois d'ailleurs que c'est pour cette raison que le Sage du village, un jour, accepta de passer aux aveux car de ce qu'il a pu me dire, je compris que si ça avait été n'importe qui d'autre, le secret serait resté... Secret. Je ne me rappelle pas exactement de la date ni du jour à vrai dire, mais je me rappelle que ce matin-là, la brume était plus épaisse, plus inquiétante, et j'avais été plus surprise que jamais, c'est le Sage lui-même qui était venu me chercher.
- La classe !
- Mais vas-tu donc te taire ?! Bref, il m'a parlé de sa longue vie qui allait toucher à sa fin et de ce que je devais savoir avant qu'il ne quitte notre monde, du secret dont personne ne voulait parler, de la vérité à propos de mon frère.
- Et alors ?
- Si c'est un secret je ne vais pas rien te le répéter.
- Merde, pas un seul indice ?
- Disons que mon frère est né dans la plus grande famille de l'époque parmi les elfes des bois, moi je suis née beaucoup plus tard dans une famille plus... Simple.
- Comment ça une famille plus simple, t'es pas sa soeur ?
- Tu veux vraiment savoir quel sang entache le nom des Inglorion ?
- Bah, ouais !
- Alors garde ça pour toi. A l'époque, Elrohir était encore jeune, plein de rêve, d'espoir et de fougue. Il avait noué une relation avec une jeune fille d'un village d'humains qui se trouvait à quelques kilomètres de notre forêt.
- Pouah, aucun goût ces humains.
- Ferme-la, laisse-moi finir. Donc, cette humaine était en fait une grande nécromancienne et elle s'essayait à de nombreux sortilèges occultes, Elrohir n'était pas au courant, sauf qu'un jour, il découvrit la vérité.
- Et quoi ?
- La surprise passée au lieu d'écouter sa raison et d'effacer de sa vie cette humaine, il la supplia de lui conférer de grands pouvoirs et l'immortalité absolue, la jeunesse éternelle en quelque sorte.
- Déjà que les elfes ça crève pas tôt...
- Hm.
- Désolé.
- Pour réussir un certain rituel censé donner à mon frère quelques pouvoirs dont je ne connais pas l'amplitude, il devait réunir trois objets, ou plutôt, quatre.
- C'était quoi ?
- Les deux premiers étaient le coeur de ses géniteurs, le troisième objet était une relique ancienne enfouie au fin fond d'un désert sans nom perdu quelque part sur une carte que personne n'a dessinée.
- Et le dernier ?
- Le sacrifice de l'équivalence de son propre sang à une heure précise, dans une antre maudite je ne sais trop où.
- Et ça veut dire quoi ça ?
- Qu'il avait le choix entre sacrifier sa propre vie ce qui serait assez stupide à ce stade, ou sacrifier une personne de son sang, or s'il prenait le coeur de ses géniteurs, il ne pourrait sacrifier sa mère ou son père.
-Et donc ? J'pige quedal.
- Et donc cela veut dire qu'il devait sacrifier son frère ou sa soeur.
- En gros, toi ?
- Oui et non, à l'époque je n'étais pas encore née, du coup, Elrohir a pu avoir du temps pour chercher la relique, l'antre maudite et consolider ses liens avec la nécromancienne.
- Et après ?
- Après quoi ?
- Ben, t'as bien fini par naître, non ?
- Oui. Le Sage était au courant de ce que préparait Elrohir, il avait prévenu mes parents que s'ils donnaient la vie à un second enfant, ils trouveraient la mort tous les deux et la donnerait au nouveau-né.
- Et qu'est-ce qu'i's'est passé ?
- Le jour de ma naissance, on nous cacha, moi, mon père ainsi que ma mère loin du village, la plus grande famille quittait la forêt, c'était synonyme de malheur pour les elfes, mais nous n'avions pas, ou du moins ils n'avaient pas le choix. Cependant, toujours en quête de pouvoir et de puissance, Elrohir finit par nous retrouver.
- Arrg, t'arrêtes pas !
- Il tua de sang froid mon père et ma mère, mais ne put se résoudre à me tuer moi, la vue d'un bébé le stoppa dans son élan, cela lui rappelait peut-être l'enfant qu'il comptait avoir avec l'humaine.
- Mais...
- Le Sage m'expliqua qu'il avait promis d'accomplir son destin, car oui, ce rituel constituait pour lui le plus grand tournant de sa vie, alors, il jura devant je ne sais quel dieu maléfique qu'il reviendrait me prendre la vie quand je serais plus âgée.
- Et alors, il est revenu ?
- Vingt ans plus tard, il revint, et décima la totalité de la forêt, pas un elfe ne survécu, pas même le Sage. Le jour même ou ce dernier me quémanda, pour me dévoiler la vérité, il savait ce qu'il allait arriver je pense, c'est pour ça qu'il me disait qu'il allait mourir et que j'allais tout savoir. Je ne me rappelle pas la date, mais je me rappellerais toujours de cette brume trop épaisse, trop sombre...
- Et le sacrifice ?
- Par quelques sortilèges dont je ne souhaite connaître le nom, il me fit prisonnière, et m'emporta avec lui dans ce que le Sage appelait l'antre maudite. Je n'ai pas bien vu l'endroit car lorsqu'il m'ôta le bandeau qui m'empêchait de voir, je ne fixais que ses yeux, et rien d'autre, ou presque, je n'avais aucun souvenir de lui. Alors apparut devant mon regard ce qui devait constituer l'arme qui allait servir au sacrifice, une dague étrange à la forme singulière, avec quelques ornements plutôt répugnants. De sa main gauche, il leva donc l'arme devant moi, le reflet de la lame m'obsédait, je sentais la mort arriver et pourtant, je n'avais pas peur pour ma vie. C'est alors que je vis, de son autre main il tenait un très jeune enfant.
- Me dit pas que...
- Si, c'était sa propre descendance. Et ce n'est pas moi qu'il poignarda, mais bien l'amas de vie qu'il tenait dans sa main droite. Cette vision m'horrifia plus qu'autre chose, je crois que j'aurais préféré mourir plutôt que d'assister à pareil spectacle... Derrière, j'aperçus la nécromancienne qui ne bougeait pas d'un poil, c'était sa propre chair qui mourait sous ses yeux et cela ne lui importait pas plus que ça, ils étaient... Monstrueux.
- Et après ?
- Je ne me rappelle pas, il a fait sombre d'un coup, des voix que je ne comprenais pas résonnaient dans ma tête, et je sentis le contact glacial d'une lame dans mon bras. »

Elenya redressa sa manche un court instant, pour montrer à Tryndel l'énorme cicatrice qui semblait briller sur son bras. Il semblait émaner de cette blessure quelque chose de sombre, de malsain, de maléfique. Plus noir que la nuit même, plus horrible encore que son frère, un sceau maudit qui s'était gravé à jamais sur sa peau.

« Ca me rappelle quelque chose ce signe...
- Oui, le signe de l'infini. Ca doit être censé représenter tout ce que recherchait mon frère, la jeunesse éternelle, l'immortalité et le pouvoir absolu. Mais donc, après ça... »

Elle laissa retomber sa manche et reprit sa respiration, les yeux fixés sur un souvenir incertain, elle resta silencieuse quelques instants, et le nain eut la bonne idée cette fois-ci de ne pas la déranger.

« C'était cette lame étrange qu'il me planta dans le bras, je ne sais pour quelle raison, peut-être pour que je n'oublie jamais ce que je venais de voir, de vivre. Après ça, je ne sais trop comment mais l'histoire se répandit très vite, les Inglorion étaient maudits, une femme semblable à une démone, un elfe consumé par la soif de pouvoir, et sa soeur maudite par le sang. Après cela, je n'ai plus trouvé refuge dans aucun village, aucune ville elfique. On savait systématiquement qui j'étais, tout le monde connaissait l'histoire des Inglorion, j'étais déshonorée, déchue. Elrohir et la nécromancienne disparurent de la surface du globe, et moi je pris la route seule pendant quelques années pour que l'histoire se tasse un peu, évitant au possible les elfes, de peur que mon nom ne revienne. Je n'entendis plus jamais parler de ce couple démoniaque avant la semaine dernière. J'ai pu réfléchir sur tout ce qui s'était passé durant cette période et j'ai pu m'entraîner au combat pendant de nombreuses années, aujourd'hui, je suis décidée.
- Décidée à quoi ?
- Laver l'honneur de ma famille, rendre au nom d'Inglorion son éclat d'antan, sa renommée, son respect. Je suis obligée de porter un autre nom pour ne pas me faire jeter de partout... Je veux écraser cette pourriture, je veux le voir périr de ma main, lui et sa compagne inhumaine. Je veux venger mes parents, je veux une justice.
- Et si tu n'y parviens pas ?
- Je n'ai pas le choix, c'est mon destin. »

Le Nain resta bouche bée, il repensa à tout ce qu'il venait d'entendre et à l'envergure du secret que venait de lui confier Elenya. Il aurait voulu d'un certain côté l'aider dans sa quête de vengeance car après tout, c'était une noble cause qu'elle défendait et elle avait tout à fait le droit de crier au sang. Mais il était un peu déçu car il savait que leurs routes allaient se séparer, d'une part parce qu'il avait à faire ailleurs, d'autre part parce que l'Elfe n'accepterait jamais une quelconque aide, et encore moins la sienne, elle qui le connaissait depuis moins d'une semaine. Quelques jours tout de même et pourtant, le temps passait si vite. Revint en mémoire le souvenir de leur rencontre, dans cette auberge de voyageurs, sur la route qui descendait des montagnes. Il avait d'ailleurs été surpris, ce jour là, de croiser une elfe en ce lieu-ci, repaire plutôt habituel des hommes en quête de minerais rares et de nains en quête de bières. Il était entré comme à son habitude après quelques heures passées au fond d'une grotte à distribuer des coups de pioche à la pelle, dans la taverne accueillante, avec musique et service respectable. Tryndel l'avait tout de suite remarquée, cette Elfe, le visage en grande partie cachée par une immense capuche, l'air plutôt neutre, elle fixait ses mains qui ne cessaient de se frotter l'une contre l'autre, comme si elle voulait se débarrasser de quelque chose qui la gênait. D'habitude, le nain n'adresse la parole qu'aux personnes qu'il connaît, c'est-à-dire, à d'autres nains uniquement. Mais le fait est que cette étrange Elfe l'intriguait, il était soudainement piqué de curiosité. Alors, une fois sa bière bien calée entre les cinq doigts de sa main droite, Tryndel se dirigea vers ladite inconnue, avec une approche assez médiocre il faut l'avouer.

« Euh, salut.
- Bonjour. (le salut devait plus se résumer à une forme de politesse qu'à un réel attrait pour la rencontre)
- Vous attendez quelqu'un ?
- Oui et non, je n'attends pas mais je cherche, et je pense d'ailleurs que je vais m'en aller, il n'y a rien qui m'intéresse ici.
- Ah bah j'peux p't'être vous aider ?
- Si je vous dis Inglorion, ça vous parle ? »

Le Nain ne répondit pas, mais l'expression de son visage disait tout le reste, il avait beau chercher dans sa petite mémoire, un tel mot ne lui revenait pas, il ne savait même pas si c'était un nom ou un objet.

« Euh, c'est qui ?
- Mon frère, je suis à sa recherche.
- Et vous savez par où aller ?
- Rien dans les montagnes, je comptais descendre vers le Sud-Est...
- Ca tombe bien, j'ai une charrette et un cheval, bon c'pas c'qu'y s'fait d'mieux dans l'coin mais c'est mieux que rien, j'peux vous déposer que'que part si vous voulez. »

Elenya regarda le Tryndel en cachant au mieux sa surprise, bien qu'elle n'attendait strictement rien de cet endroit, elle ne s'attendait pas du tout à voir quelqu'un, un Nain de surcroît, lui proposer son aide aussi facilement. Lassée des kilomètres qu'elle venait de parcourir presque exclusivement à pieds, elle accepta, méfiante, l'offre de son interlocuteur. Ainsi, après quelques brèves présentations, ils prirent la route ensemble. L'Elfe considérait cet événement comme un coup du destin plus qu'autre chose car à vrai dire cette rencontre était bien tombée, les choses avaient été simples et rapides, peut-être que quelqu'un, là-haut, voulait l'aider à retrouver son honneur. Elle ne comptait cependant pas trop laisser d'informations à l'inconnu de petite taille, il n'avait pas besoin de trop en savoir. Et pourtant, sortant de ses souvenirs, Tryndel eut bien dû se faire remarquer intérieurement que malgré la méfiance qu'Elenya avait l'habitude de montrer à son égard, elle avait fini par lui raconter toute l'histoire, était-il si chiant pour qu'elle désespère au point de lâcher le morceau ? Ainsi soit-il, sa soif de curiosité était étanchée, et il n'avait effectivement pas envie d'en savoir plus qu'il n'en savait déjà.

Les gouttes d'eau semblaient toujours de plus en plus grosses, la pluie n'avait pas prévu de cesser de tomber, avant au moins plusieurs heures. La route était boueuse et la progression très lente, mais l'Elfe ne fit aucune remarque, aucune critique, elle profitait déjà bien assez de la bonté du nain, elle ne pouvait se permettre de porter un quelconque jugement sur la cours des évènements et qui plus est, elle n'en avait pas l'envie. Un éclair immense zébra le ciel et illumina l'espace d'un instant les visages de nos deux voyageurs. L'un était grave, l'autre était neutre.


« C'est quand même une sacrée histoire. »

Elle ne répondit pas, n'acquiesça pas, ne montra pas le moindre signe de vie. Conter tout ce qu'elle avait sur le coeur semblait l'avoir totalement épuisée, ou peut-être était-ce cette étrange marque qui la rendait apparemment si faible ? Elle se laissa choir sur l'épaule du Nain qui ne releva pas, concentré sur la route. Ce sont ces quelques minutes d'inconscience qui changea les choses, le coup de pouce ne venait pas du ciel, mais des profondeurs des ténèbres.

« Elenya. »

C'est son nom qu'on prononçait, mais l'Elfe ne reconnaissait pas la voix. Elle ne reconnaissait pas non plus l'odeur nauséabonde qui lui parvenait, ni la matière sur laquelle elle était assise, une sorte de marbre glacial. Elle ouvrit les yeux, mais avait l'impression de ne pas l'avoir fait, car il faisait toujours noir. Elle n'osa ouvrir la bouche, tous les sens en alerte, curieuse et indécise, elle tendit une main en avant. Au contact de ses doigts, Elenya reconnut le bois, mais de quel bois s'agissait-il ? Par pur instinct, elle exerça une pression vers l'avant, et chuta dans la même direction, se rattrapant presque-aussitôt en plaçant ses deux mains sur ce qui semblait être le sol. Le fracas évité, elle sortit de ce qu'elle remarqua être une armoire. La pièce où elle se trouvait était assez sombre, elle enleva le peu de poussière qu'elle avait sur la manche droite, et se redressa silencieusement. Elle remarqua aussitôt qu'elle était habillé d'une vieille tunique, un peu comme un sac, et qu'elle n'avait ni bijou, ni arme, ni or sur elle. L'Elfe observa les lieux, une salle remplie de vieux matériel, des tables en bois, des torches sur les murs ainsi que l'armoire d'où elle était sortie, c'était sans aucun doute la salle d'un château, ou d'un donjon, et elle ne savait franchement pas comment elle était arrivée là. Par réflexe de survie, elle se mit en quête d'un objet contondant qui pourrait servir à tuer un rat si jamais elle se faisait attaquer, elle ne trouva rien de plus dangereux qu'une épée rouillée, soit, le bout de ferraille dans la main gauche, elle quitta la pièce.

Commençant prudemment par passer la tête par l'entrebâillement de la porte, elle ne remarqua aucun signe de vie, aucun mouvement ni son. Un coup d'oeil à gauche, puis à droite, le calme et le silence étaient absolus. Elle termina d'ouvrir la porte et arriva dans ce qui ressemblait de fort près à un long, grand et mystérieux couloir parsemé de torches enflammées, accrochées ça et là aux murs. Elle se demandait toujours ce qu'elle faisait là mais on instinct de survie lui répétait de se déplacer, encore et toujours, alors, elle avança. Elle arriva au pied d'un long escalier en colimaçon, qu'elle n'avait d'autre choix que d'emprunter. Les marches étaient identiques, et l'ascension longue, après plusieurs minutes de montée, Elenya s'arrêta, elle hésitait, que faisait-elle là, et surtout, cet escalier avait-il une fin ? Elle ne renonça cependant pas, et continuer à monter encore et toujours. Elle perdit la notion du temps, n'aurait pas reconnu la moindre seconde qui se serait présentée à elle, elle ne savait pas si cela faisait seulement quatre secondes, quatre minutes ou même quatre qu'elle empruntait ce couloir, mais elle refusait de s'arrêter, de réfléchir, elle ne devait pas s'arrêter, elle le savait. Lorsqu'elle arriva au bout elle ne s'en rendit pas compte tout de suite, ne croyant pas en la possibilité d'être arrivée en haut des escaliers, elle hésita, accusant sa pauvre cervelle de lui jouer un mauvais tour, et pourtant, elle quitta l'escalier pour arriver devant une petite porte en bois, toute simple. Sans réfléchir, elle s'en approcha, et toqua quatre fois, aucune réponse ne lui revint, alors elle entra.

Elle l'attendait, là, derrière, la petite Lucy, sourire aux lèvres. Cela faisait peut-être bien des années qui s'étaient écoulées depuis la dernière fois qu'elle l'avait vue, mais elle resta cependant familière avec cette dernière, l'air serein. Elenya ne savait pas quoi penser, en face de cette enfant qu'elle n'avait jamais vue et qui pourtant semblait la reconnaître, et surtout, qui agissait comme si tout ce qui était arrivé depuis sa sortie de l'armoire était tout à fait normal.


[Suite en cours..!]


Dernière édition par Elenya Inglorion le Sam 2 Avr - 21:53, édité 1 fois
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Elenya Inglorion
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MessageSujet: Re: Vengeance, justice, les dernières heures d'un amnésique.    Mer 2 Mar - 23:52

« Qui es-tu ? »

Si elle n'avait pas été l'actrice principale de cette mauvaise phrase, Elenya aurait pu se moquer d'elle, c'est stupide mais totalement impulsif, elle ne savait vraiment pas quoi dire d'autre devant cette petite inconnue, et pour ne pas paraître dangereuse ou méfiante, elle arbora un léger sourire que Lucy lui rendit en grand.


« Je suis Lucy, tu ne te rappelles pas de moi ? Bon, c'est vrai que je ne pouvais pas parler à l'époque et puis tu ne t'es certainement jamais demandé comment j'aurais pu m'appeler. Et puis mes parents n'avaient eu que l'idée, ils hésitaient encore un peu, moi, j'aimais bien.
- Je suis vraiment désolée mais je n'arrive pas à identifier qui que ce soit dans cette histoire... »

La petite fille s'approcha rapidement mais d'un silence extrême vers l'Elfe, ses grands yeux l'observaient, sans ciller.


« Je dois avouer qu'il y a un air de famille, tu ressembles un petit peu à Elrohir ! »

Elenya voulait ne pas avoir entendu cette phrase, et même si l'écho de la voix de la petite était parvenu à ses oreilles, elle ne voulait pas comprendre, pas interpréter, elle ne voulait pas se rendre compte de l'identité de la personne qui se trouvait en face d'elle à ce moment là, elle ne voulait pas se rappeler, elle voulait se réveiller. Hélas, ces images ne tardèrent pas à refaire surface, ses propres cris, le visage démoniaque de son frère qui semblait alors possédé, le sang, oui, le sang du bébé qu'il avait poignardé, et la douleur, la douleur de la lame qui lui traversait le bras. Instinctivement, elle posa une main sur la cicatrice, Lucy vint déposer la sienne au même endroit.

« Toi aussi ça te fait mal, des fois ? 
- Mais comment se peut-il que tu sois... Que tu sois ce bébé ? Et même si on parle d'une quelconque survie, tu ne pourrais pas être aussi jeune, je suis en train d'halluciner ou de rêver, c'est tout ! »

La petite fille commença alors à changer, physiquement parlant. Elle grandissait, s'affinait, ses traits e marquèrent, elle se développait. Devant elle, Elenya avait à présent une adolescente, une demie-elfe, vivante ? Elle n'en savait rien.


« Je n'ai pas d'âge, pas d'identité, pas de corps, pas de famille, alors peu importe ce à quoi je ressemble, je sais juste que suis Lucy, et que je suis seule.
- Mais je t'ai vue, je t'ai vue mourir, mourir de sa main !
- C'est vrai, et le rituel a bien eu lieu. »

Elenya se prit la tête entre les mains, elle avait une migraine atroce qui arriva d'un coup, sans prévenir.

« Je suis en train de devenir complètement folle, je nage en plein délire, j'ai dû trop boire la nuit dernière et je fais un mauvais rêve, c'est tout, hahahaha ! Je suis complètement tarée, mais qu'est-ce que je fiche ici ?! »

L'Elfe fut prise de tremblements, de spasmes, des gouttes de sueur commençaient à perler sur son front maintenant pâle, comme le reste de son visage. Une expression d'horreur, des yeux semi-clos, un tambour au fond du crâne, elle hurlait. Lucy vint alors déposer sa main gauche sur le front d'Elenya, et tout s'arrêta.


« Laisse-moi te montrer ce qu'il s'est passé, puisque tu n'as pu le voir toi-même. »

L'Elfe ouvrit les yeux à nouveau, elle reconnut le lieu où elle se trouvait, cette fois-ci, c'était l'étrange autel sur lequel elle avait été prisonnière, pour le fameux rituel. Elle remarqua d'ailleurs qu'elle y était, inconsciente. Regardant autour d'elle, elle vit apparaître Elrohir, accompagné de la nécromancienne. Ils n'arrivaient pas à se mettre d'accord sur quelque chose et son frère semblait vouloir imposer son propre avis mais au bout de quelques minutes d'un sourd discours, il se résigna, Elenya ne put entendre ce qu'ils s'étaient dit. Alors l'Elfe s'approcha de l'autel, la dague et l'enfant, Lucy, dans les mains. La vision se brouilla ensuite, et Elenya eut l'impression d'être aspirée vers le ciel, enfin, une nouvelle salle apparut. Dans cette salle se trouvait son frère, baignant dans son sang, au milieu d'un salon, sur un grand tapis blanc. Lucy apparut, à l'âge de l'adolescence, comme elle l'avait quittée.

« Ici tu peux moi mon père, blessé, laissé pour mort par ma mère, Isa. La raison à cela est que malgré la réalisation du rituel, Elrohir ne se vit confier aucun pouvoir surhumain, aucun don, et il perdit donc toute sorte d'importance aux yeux de la nécromancienne. Tout ce qu'elle voulait, c'était se servir de lui, il avait certes une part de lucidité dans tout ce qu'il a put accomplir, mais ma mère le manipulait de plus en plus. Le fait est qu'Elrohir n'est pas mort ce soir là, mais il oublia tout de sa vie avant cette inconscience, c'est pourquoi il n'a pas recherché son passé, ni sa compagne, ni sa fille, ni sa soeur, ni ses parents. Il ne voulait pas savoir ce qu'il avait oublier, il a comme qui dirait, recommencé une nouvelle vie.
- Mais, pourquoi le rituel n'a pas fonctionné ?
- Elrohir a fait une erreur, une seule et unique erreur.
- Laquelle ? »

Lucy s'approcha, et déposa un doigt à l'endroit où se trouvait la cicatrice d'Elenya, sur son bras.


« Il t'a transpercée avec la même dague qui rencontra mon sang, ainsi donc cela eut pour effet de vouer à l'échec le rituel, avec deux explications possibles. Soit le fait de poignarder une autre personne a eu tout simplement un effet d'annulation, soit...
- Les pouvoirs qu'il désirait tant m'ont été transférés ?
- Oui cela dit, si tu en possédais, je pense que tu t'en serais rendue compte. Mais peut-être que tout cela est caché, quelque part au fond de toi, cette marque en est la preuve. Toujours est-il qu'il n'est pas devenu le monstre qu'il s'était promis de devenir.
- C'en est quand même un, de monstre, pour tout ce qu'il a fait avant.
- C'est vrai. J'ai cru d'ailleurs comprendre que tu voulais lui donner la mort, pour sauver ton nom, notre nom.
- Oui...
- Pourquoi cet air déçu ?
- J'ai de plus en plus l'impression de m'inventer tout ce qui est en train de se passer, que je suis en train de rêver et que je vais me réveiller plus folle que jamais.
- Je sais que ça peut être un peu difficile à croire, mais avec ce que tu as vu, tu pourrais me donner une once de ta confiance.
- Admettons.
- Elrohir s'apprête à pénétrer dans la ville de Waldorg, il est accompagné. Cependant, n'oublie pas, il ne se rappelle de rien et ne te reconnaîtra pas, si tu ne fais pas ressurgir de sa mémoire la totalité de ses actes, le tuer ne servirait finalement à rien.
- Et pourquoi ?
- C'est comme si tu tuais un parfait inconnu, un innocent, ses mains s'en souviennent peut-être, mais son coeur et son âme ont tout oublié, lui prendre la vie ne signifierait presque rien. C'est pourquoi, je veux venir avec toi.
- Qu'est-ce que tu es, en fait ?
- Un souvenir, un fantôme, un spectre, un rêve, peu importe.
- Très bien...
- Réveille-toi, maintenant. »
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Elenya Inglorion
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MessageSujet: Re: Vengeance, justice, les dernières heures d'un amnésique.    Jeu 3 Mar - 1:16

Elle ouvrit les yeux et se redressa brusquement, faisant sursauter Tryndel, qui somnolait à moitié en tenant les rennes.

« Bordel, tu m'as fait peur !
- Désolée.
- J'sais pas d'quoi t'as rêvé ma pauv' Elenya, mais ça d'vait pas être marrant, tu gigotais pas mal.
- On est où, là ?
- Euh, à deux pas de Waldorg, pourquoi ?
- Il ne pleut plus ?
- Nan héhé, est c'est tant mieux. Eh, mais tu vas où ?! »

Elenya venait de sauter de la charrette, et entreprit de courir aussi vite qu'elle le pouvait en direction de Waldorg. Si elle n'était pas en train de devenir complètement folle, son frère était droit devant elle, à quelques mètres des portes de la ville, elle allait enfin le retrouver, et lui faire payer les souffrances, les cauchemars et le déshonneur qu'il avait engendré. Elle ne se souciait même plus de lui redonner la mémoire ou non, elle ne pensait qu'à une seule et unique chose, lui prendre la vie, personnellement. Le visage de Lucy lui apparut alors mais elle le chassa de ses pensées, plus rien d'autre ne comptait que cette heure fatidique où ses années de recherches et d'entraînement allaient payer. Elle avait attendu ce moment depuis trop longtemps, rien ni personne ne l'arrêterait. Elle ne sentait même pas la fatigue, la soif, elle était déterminée, toujours plus rapide, sur la route à présent. De son regard perçant d'Elfe, elle se concentra sur la ville qui se dessinait au loin, et elle le vit, elle le reconnut immédiatement, avec sa grande chevelure bleue, il ne semblait pas avoir changé, ou très peu en tous cas. Elle poursuivit sa course, lui était accompagné de deux chevaux, un autre grand homme en armure vint se poster près de lui. Ils discutaient, l'Elfe tenait quelque chose dans sa main droite, un bijou peut-être mais peu importait, elle arrivait à portée de voix.

« Elrohir ! »

Elle n'avait jamais prononcé son nom avec autant de conviction, autant de haine et de mépris, l'intéressé se retourna brusquement, recherchant du regard la provenance de cette voix inconnue. Quand il la vit, il ne montra pas le moindre signe de réaction, impassible, il remonta sur son destrier. Il fit un signe de la tête à l'autre homme pour que ce dernier le suive, et ils se dirigèrent tous deux vers Elenya, essoufflée.


« Bonjour jeune elfe, qui es-tu et d'où connais-tu mon nom ?
- Alors elle avait raison, tu as vraiment tout oublié, tu ne me reconnais vraiment pas ? »

Elrohir et l'inconnu se regardèrent, d'un commun accord, ce dernier partit avec les deux chevaux après que l'Elfe ait mis pied à terre, scrutant Elenya de son regard perçant.


« En toute franchise, votre visage ne me revient vraiment pas.
- Arrête avec tes manières Elrohir, c'est moi, Elenya !
- Non je suis désolé, mais ça ne me dit rien, que voulez-vous ? »

Elenya s'approcha brusquement de son frère, elle voulait le poignarder tout de suite, la dague dissimulée dans sa manche n'attendait que ça, elle hurlait même son nom. Mais le visage de Lucy lui revint une nouvelle fois, et elle se ravisa. C'est alors que la petite apparut, sous sa forme d'enfant, aux côtés d'Elenya. Cette vision frappa instantanément Elrohir de stupeur, comme s'il venait de voir un fantôme. Sa soeur ne comprenait pas exactement la raison de cette surprise mais elle resta silencieuse, spectatrice. Il ne semblait pas parvenir à formuler la moindre phrase, prononcer le moindre son, il était muet et fixait comme s'il ne croyait pas pouvoir voir la petite Lucy.

« Salut Elrohir.
- Mais, que...
- Oui je sais, ça fait un moment. Tu te rappelles de moi j'espère ?
- Mais Lucy, où étais-tu partie ? Zack m'a dit que tu avais disparu je me suis tellement inquiété je--
- Non Elrohir.
- Comment ça, non ?
- Je te demande si tu te rappelles de moi, j'attends juste une réponse.
- Mais bien sûr que je me rappelle de toi ?
- Tu te rappelles de moi d'il y a quelque semaine, mais est-ce que tu te rappelles de moi il y a quelques dizaines d'années ?
- Je ne comprends pas...
- Quel est mon nom ?
- Lucy.
- A part moi, cela ne t'évoque rien ?
- Rien du tout, ça devrait ?
- Est-ce que tu te souviens d'un petit bébé que tu as pu tenir dans tes bras, et que tu as un jour appelé Lucy, comme moi ? »

Elrohir semblait se déconnecter de la réalité, fouillant dans les tréfonds de sa mémoire qui est-ce qu'il avait bien pu appeler Lucy ? Il savait au fond de lui qu'il y avait effectivement une personne à qui il avait donné ce nom, mais il ne parvenait pas à l'identifier exactement. La petite fille s'approcha alors de lui, et pris sa main dans la sienne, doucement, le sourire aux lèvres, elle le regarda dans les yeux et prononça presque d'un murmure ce seul et unique mot...

« Papa. »

Elrohir sentait la terre s'effriter sous ses pieds, un gouffre géant était en train de s'ouvrir et il se trouvait en son centre, incapable de réaliser le moindre mouvement, il se laissait tomber dans les abîmes, dans le noir, le sang, les cris et les pleurs. Il se rappelait, à présent, qui était Lucy et pourquoi elle ne pouvait aps se trouver devant lui en ce moment même. Il se rappela également d'Elenya, sa soeur, et d'Iva, sa femme. Tout lui revint en mémoire comme des milliers de lances qui le transperçaient, à chaque pointe unsouvenir, à chaque souvenir sa souffrance. Le visage crispé, il tomba à genoux, les mains sur les tempes, il ne parvenait pas à hurler son désarroi. Il regarda ses dix doigts, en imaginant avec difficulté les horreurs qu'il avait pu commettre avec. Il releva la tête, fixa Elenya et la regarda dans les yeux, à la recherche d'une once de pitié, d'un peu de paix, que quelqu'un lui dise que tout n'était que mensonge, et que tous ses souvenirs étaient faux. Sa soeur lui tourna le dos, croisant les bras, elle regardait le soleil qui se couchait à l'horizon. Son regard se posa alors sur ce qui avait été sa fille.

« Tu te rappelles, maintenant ?
- Ce n'est pas possible...
- Je n'ai qu'une seule question à te poser, maintenant.
- C'est un cauchemar...
- Est-ce que tu regrettes ? »

Il avait baissé la tête, les larmes coulaient à flot sur le sol sec à quelques centaines de mètres de la ville de Waldorg. A l'entente de cette dernière question, il releva les yeux vers le visage de Lucy, qui le regardait, toujours souriante. Il ne parvenait pas à comprendre comment est-ce qu'elle pouvait être là, devant lui, mais surtout, il n'arrivait pas à capter le sens de sa question, et pourquoi elle la lui posait maintenant ? Il avait passé tant de jours avec elle et elle n'avait jamais rien dit à ce sujet, il savait qu'elle n'était peut-être pas humaine mais jamais il n'aurait pu concevoir une chose pareille, il avait son sang sur les mains, celui de ses parents, de sa soeur, et de nombreux autres innocents. Il avait cherché refuse dans l'amnésie, il ne voulait pas expier ses fautes, il avait voulu tricher, en effaçant de sa mémoire toutes ces horreurs, il voulait être quelqu'un d'autre, il avait honte de ce qu'il avait accompli. Mais il ne pouvait pas y échapper, sa vraie nature avait repris le dessus, et il savait, maintenant, qui il était. Il avait la sensation que son crâne allait exploser, divisé entre ce qu'il était avant, et ce qu'il est maintenant, il se jugerait certainement coupable, mais c'est lui-même qui était responsable, il ne pouvait pas s'en vouloir, c'était son destin, il s'en souvenait parfaitement à présent. Il fut alors pris d'un élan de haine et de rage envers sa soeur.

« Toi, ignoble déchet de l'espère elfique, répugnante créature, si j'ai tout perdu, c'est entièrement de ta faute ! »

Elle ne se retourna pas.

« C'est à cause de toi tout ce qui est arrivé, oui, à cause de toi, j'ai perdu ma femme et ma fille, j'ai perdu mes pouvoirs et tout mon avenir, j'étais promis à de grandes choses, et tu as tout brisé ! Pauvre chienne que tu es, tu ne mérites en rien ta survie, tu n'es qu'une traîtresse à ton sang, tu aurais dû mourir ce jour là et m'offrir ce qui me revient de droit ! »

Elle ne se retournait toujours pas, totalement immobile, la tête légèrement relevée, les bras croisés.

« Tu vas périr de ma main, je le jure devant Khornettoh ! »

Il s'approcha d'un pas lourd et décidé vers sa soeur, sans aucune grâce, sans aucun autre sens en éveil que le désir de tuer, il avançait tel un amas de haine bouillonnante, il voulait l'étrangler. Mais à peine arrivé à moins d'un mètre de l'Elfe, cette dernière se retourna brusquement, et le fixa droit dans les yeux. Surpris d'abord, Elrohir fut ensuite pris d'un rire proche de la folie furieuse, il fixa alors de nouveau Elenya, qui affichait un sourire satisfait. Il remarqua enfin la douleur qui commençait à naître à hauteur de sa poitrine, une dague finement aiguisée y était plantée, son manche fermement tenu par la main vengeresse d'Elenya.

« Depuis des années que je te cherche, je t'ai toujours considéré comme un monstre et depuis mon enfance j'ai juré de te tuer. J'hésitais un peu maintenant, mais je te remercie de m'avoir rappelé à quel point tu pouvais être si peu méritant de la vie que je te prends à présent ! »


Ôtant la dague du poitrail de son frère, Elenya pivota de nouveau sur elle-même, et pointa la dague droit devant elle. Une fois sèche, elle l'entreposerait sur la tombe de ses parents, en symbolisant pour eux et pour tout son village d'enfance le repos qu'ils peuvent en paix à présent, vengés. Après quelques bruits et quelques gémissements, Elrohir s'écroula sur le sol. C'était les dernières heures d'un amnésique, d'un monstre, mais tout n'était que vengeance et justice, et même si son acte était condamnable, elle ne pouvait qu'être fière d'avoir sauvé l'honneur de sa famille, fière de porter le nom des Inglorion. Elle remarqua cependant à côté de son pied droit, en baissant les yeux, l'amulette qui était tombée des mains de son défunt frère, c'était l'objet qu'il portait plus tôt, elle ne savait pas ce que c'était et décida de la récupérer, et se la passa autour du cou. Au loin, elle aperçut Tryndel qui, compréhensif, n'avait pas interféré dans la rencontre. Elle rengaina sa dague et se dirigea vers le Nain, il n'y avait plus personne derrière elle, à part un mort, et un esprit qui lui sera éternellement reconnaissant.

« On dirait bien que tu as eu ce que tu voulais. Tu ne regrettes rien ?
- Jamais de regrets mon cher Tryndel, jamais de regrets.
- Et tu vas faire quoi maintenant ?
- M'installer quelque part et ne plus avoir honte de m'appeler Elenya Inglorion ! Il faudrait que je trouve un emploi aussi, la bourse est un peu vide... Partir à l'aventure sereine ! Et au fait, je ne t'ai pas dit merci, mon ami.
- Mais de rien haha ! Alors, où allons-nous ?
- Pourquoi pas Mliuej, la région près des montagnes n'est pas mal.
- Haha, bien dit, en avant ! »
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Vengeance, justice, les dernières heures d'un amnésique.
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