L'Encrier du Chaos

Roleplay dans l'univers du Donjon de Naheulbeuk
 
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Le Calme et la Tempête


Voilà bien longtemps que les Aventuriers ont quitté la région. Le fracas des armes a cessé, la fureur et la poussière sont retombés, la soif de gloire et de richesses s'est tarie. Mais les lieux ne sont pas morts pour autant : il reste toujours le vieil aubergiste, là, courbé derrière son comptoir ; et je gage que si vous aviez la curiosité de lui adresser la parole, il pourrait vous conter de grandes choses du temps passé, et allumer en vous une étincelle dont vous ne soupçonniez pas l'existence...

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 IX [Quête] Un Jour à trouver

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Fatenia
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MessageSujet: IX [Quête] Un Jour à trouver   Dim 15 Juin - 9:25

L’elfe noir se promenai dans la calme ville de Valtordu lorsqu’une porte entrouverte attira son attention. Il ne put obliger son regard à se décentrer de cet entrebâillement qui laissait paraître la lumière d’une bougie et une étagère vide, si ce n’était la tranche d’un livre qui voulait bien se montrer en partie. La curiosité était un vilain défaut, mais parfois il amenait à des découvertes intéressantes. Ainsi donc l’adorateur de Kornettoh pénétra dans la masure pour ne découvrir qu’une pièce, minuscule, composée du seul meuble visible de l’extérieur. Par contre, chose étrange, celui ci n’avait strictement aucune autre présence que la poussière qui l‘entourai. Ensuite, tout s’accéléra, la lumière disparut, toute sortie s’enfuit, et l’épée nouvellement achetée commença à briller.

Fatenia regarda la lame avec étonnement, ce n’était pas normal, ainsi donc il ne faudrait pas s’étonner si elle parlait. « Vorpal, dis moi, que veux tu, que se passe-t-il, réponds » Bien entendu, les miracles ne se produisaient pas tous ensemble, et l’instrument tranchant resta silencieux, mais sa lumière permit à l’elfe de découvrir le livre qui avait eu l’idée de se cacher durant un moment. Il l’ouvrit et ne découvrit que trois pages qui se succédaient :


Le miracle du jour

C’était un village étrange, coupé du monde, où chaque jour portait son homme, chaque mois portait sa femme. Les autres devaient laisser leur place et n’y voyaient aucun inconvénient, c’était leur destin et ils le connaissaient. Chaque femme devait accoucher dans le mois qu’elle représentait, sinon les dieux la châtiaient et elle devait suivre le rituel de disparition des infestés du Mal. Les hommes devaient seulement être robustes et respecter leur jour pour s’accoupler. Les enfants étaient nombreux, et se battaient pour leur futur place qu’ils rêvaient d’honorer. Ainsi on ne trouvait que sept adultes portant fièrement leur nom, et douze femme faisant de même. On les appelait les Jours et les Mois.

Ce jour ci, Mercredi s’était fait détrôner par un jeune lionceau qui commençait à sortir ses crocs, il était donc rentré chez lui, la mine triste de celui qui a compris ce qui lui arrivait et qui ne s’en réjouissait pas. C’était un cas à part, il avait des sentiments et même s’il les gardait pour lui, on le voyait comme possédé par celui dont les cornes engendraient les mauvaises actions. C’était le seul qui serrait les lèvres quand il avait mal, c’était le seul qui pleurait quand on lui apprenait la mort d’un enfant dont il s’occupait, c’était le seul qui baillait quand il avait peu dormi, c’était le seul qui riait quand un événement cocasse se produisait, c’était le seul qui souriait après avoir vu un futur Mois séduisant, c’était le seul qui paraissait triste quand le soleil se cachait derrière les rideaux gris du ciel.

La porte s’ouvrit dans un grincement presque inaudible, laissant au soleil la permission de se coucher sur le lit de bois rongé par les mites, de s’asseoir sur la chaise qui se trouvait dans le même état, de se baigner dans la poussière. Mercredi lâcha un soupir de déception, puis se laissa choir sur le parquet, il pensait. Plus jamais il ne pourrai caresser la douce peau des Mois, plus jamais il ne pourrai voir le sourire d’un enfant qui apprend, plus jamais il ne pourrai respirer l’air qui l’entoure, plus jamais il ne vivrai… Il était triste, et c’est pour ça qu’il était condamné. La porte se referma dans un claquement sec, et le temps profita de cette fermeture pour défiler dans une incohérence totale qui chamboulait l’esprit de celui qui désespérait.

Plus tard, des petits coups furent frappés, un grognement sourd leur répondit, et la porte coulissa de nouveau. Une ombre se dessina sur le seuil, laissant deviner un jeune garçon musclé dans la fleur de l’âge. Il passa le corps à travers l’entrebâillement puis la lumière cessa de se montrer. Le nouvel arrivant prit la parole : « C’est moi mon oncle, le garçon de la caverne, celui que vous cachez depuis sa naissance en lui apprenant ce que les autres ne savent pas, je vous ai espionné, vous sembliez triste, vous avez été démis de vos fonctions n’est ce pas ? Je veux vous aider, et je le ferai. ». La réponse prit un ton qui laissait deviner la joie d’une révélation attendue depuis longtemps : « C’est bien, tu parles beaucoup, tu aimes ça, tu es malin aussi, je te fais confiance, dis moi ce que tu veux faire. ». Tandis que la Lune prenait la place du Soleil, tandis que les mouches cédaient leur place aux lucioles, tandis que la nuit remplaçait le jour, les paroles s’échangèrent entre les deux hommes.

Dehors, les enfants fouillaient encore, ils devaient trouver l’offrande au Jour qui allait disparaître Elle ne consistait pas à une petite quantité de la matière mouvante mortelle, mais à un nombre important permettant au sacrifié le choix de l’auteur de sa disparition. Les bols se remplissaient, la terre était retournée, et bientôt ce fut la fin. Posés dans une boite close creusée par quelques trous, les récipients pleins attendaient le lendemain. Leur contenu grouillait : c’était des vers de terre qui attendaient d’être choisis ou jetés sans en être conscient.

L’aube pointa, les Jours et les Mois marchaient solennellement en portant chacun la demi-sphère creuse dans laquelle les asticots se mouvaient maladroitement. La procession s’arrêta devant le cabanon puis demanda l’autorisation de pénétrer dans le logis. Une voix étonnement forte leur répondit d’entrer et de faire leur travail, s’ils pensaient que c’était véritablement nécessaire. Et à nouveau, la porte laissa entrer le Soleil, mais cette fois ci pour délivrer une surprise que personne ne pourrai jamais expliquer, si ce n’est celui qui a été l’accomplissement du miracle. Devant les hommes aux bras musclés et les femmes aux seins fermes se tenait un gaillard jeune, beau, musclé, aux cheveux safran et aux yeux semblables à l’eau claire du ruisseau. Pour la première fois, les êtres du village ressentirent une émotion : la surprise.

Vous devinerez sans difficulté, j’imagine, ce qui avait put redonner jeunesse et vigueur au quinquagénaire, mais celui ci, que devint il ? Avait il reprit le chemin de la grotte où il avait abrité son sauveteur, avait il fuit pour découvrir le monde extérieur, ou bien peut être avait il trouvé une femme qu’il avait épousé puis regardé ses enfants grandir. Toujours est il que cet homme a provoqué une prise de conscience chez bien des gens, et qu’il vivait maintenant heureux de ce qu’il avait accompli. Et parfois, il n’est pas nécessaire de chercher bien loin pour le trouver, il suffit de regarder celui à qui l’on dit bonjour le matin, ou celui que l’on voit dans le miroir, où celui qui nous a bercé lorsque nous vivions encore dans un landau…



Ce récit était stupide, mais il fallait absolument retrouver ce jeune homme, il fallait absolument retrouver ce vieil homme. L’un était mort, l’autre inconnu de tous, la tache ne s’annonçait pas aisée… Le village près d’une caverne, peut être que le marécage de l’éternelle agonie pouvait être la réponse de tout ceci, il fallait vérifier. Tant de fallait redonna de la vivacité à Fatenia,, qui s’élança.


Dernière édition par Fatenia le Lun 13 Oct - 19:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: IX [Quête] Un Jour à trouver   Dim 15 Juin - 9:59

Ainsi se dressait la caverne, toute petite mais imposante par sa beauté, toute sa façade était couverte de coquillages incrustés, de quartz étincelants, et de plantes diverses de couleurs variées. L’entrée contrastait avec le reste, elle était sombre et l’humidité semblait n’être propice qu’à des mousses peu accueillantes. Cependant cela ne suffit pas à décourager l’elfe noir qui rentra d’un pas assuré, de nouveau la Vorpal se mit à briller et à peser lourd, puis finit par ne plus pouvoir être soutenue par la bras de son possesseur. Elle tomba rudement sur le sol en provoquant un tintement qui se répercuta contre les murs, pour glisser dans la caverne, se perdre, puis revenir par le sol, juste sous les pieds du nouvel entrant. Le sol craqua, se fissura, puis s’ouvrit, découvrant un trou profond. L’épée en profita pour glisser dans la fosse et s’introduire dans une cavité de la paroi qui menait à un couloir agrémenté. Remerciant de nouveau la providence et le forgeron de son arme, Fatenia s’introduit dans le trou et s’introduisit dans le chemin découvert. Tout ceci relevait du surnaturel, mais depuis la poursuite de Blahite, tout semblait normal.

Le temps s’écoula pendant que les chaussures crissaient, et ce ne fut qu’au bout d’un moment qu’un cul de sac apparut. Contre le mur se trouvait une table et une liasse de feuilles en bon état. Sur la première, on pouvait lire : « Récit d’un rêve fou, d’une femme radieuse et d’un monde parfait » Quelle sornettes allait il encore lire ? Quelles pistes cela lui ouvrirait il ? Il allait le découvrir.




LE VOYAGE



Loin des préjugés, loin des querelles d’hommes puissants aux caprices égoïstes, loin de la pollution, loin de l’embrigadement, loin de tout. Nombreuses étaient les vagues qui se mouvaient lentement en chantant une berceuse et menant le bateau du rêve vers une île inconnue que l’on ne pouvait rejoindre sans la pureté du cœur parfaite et la foi en un présent heureux et sans bémol… La Terre s’éloignait.

Cette nuit-là, les notes s’étaient succédées et la chanson avait, avec la brise du vent, mené une petite barque avec comme figure de proue une étoile scintillante promettant silencieusement un avenir d’or. Sa coque en bois luisait en renvoyant les timides rayons d’un soleil qui ne souhaitaient pas agresser la peau d’un éventuel visiteur. Le vent venait se mêler à ce mélange de douceur et caressait les parcelles de chair qui se découvraient à l’air vivifiant de la mer. La Terre s’éloignait.

C’est sur une plage de sable fin que se termina le court mais agréable voyage dans l’espace, sur un petit îlot qui avait tout à offrir à une âme avide de découverte et d’aventure. Désertant le bateau de fortune, deux pieds nus, gracieux, agiles et sveltes, se posèrent sur les multiples grains jaunes et chauds qui composaient le port de l’île Ethrée, port dont l’imagination est le seul fondateur. Les pieds ne s’étaient pas déplacés seuls, ils avaient avec eux emmené une personne portant le nom de Avril, une femme à la patience qui craquait sous la pression d’une vie difficile et, comme les autres, imprévisible. La Terre était loin.

Un sentier de terre parsemé de cailloux poli par le temps menait la visite, et sa route se préparait tout d’abord à passer par les plaines verdoyantes. On y trouvait des fleurs qui se regroupaient par bouquet pour former une harmonie de couleur qui semblait concourir pour qui sera le plus beau ensemble. Entre les pétales et les tiges se mouvaient des écureuils et toutes autres sortes de mammifères à la peau soyeuse et douce se prêtant volontiers à quelques caresses. Quelques arbres se dressaient fièrement en offrant leur branche à des volatiles colorés qui donnaient un concert en l’honneur de leur visiteur. La Terre était loin.

Une fois les grandes étendues d’herbe verte franchies, c’était au tour de la forêt d’offrir son spectacle à la douce rêveuse qui se promenait gaiement. Le tronc large et clair, le sommet invisible à cause des longues branches chargées, les arbres semblaient garantir une sécurité tout en rappelant que la nature devait être respecté. Suivant toujours la marcheuse, des écureuils gambadaient maintenant en transportant diverses marchandises dans des gardes mangers creusés à cet effet. Des cigales faisaient régner une ambiance de tonicité et les pics verts toquaient régulièrement pour rajouter des sons à la mélodie qui se jouait. Le bruissement des feuilles et les discussions, ou disputes, des hôtes des bois rajoutaient enfin la touche finale à la pièce qui se jouait. La Terre était loin.

La barrière d’arbre prenait fin et le chemin courrait toujours, l’air vivifiant semblait surgir de toute part pour envelopper la nouvelle arrivante mais le froid se gardait de venir et restait terré dans un recoin où l’on ne l’y trouverait pas. La neige cependant ne se privait pas de se pavaner en recouvrant toute l’étendue des pics et des roches qui se présentait. Au loin on apercevait quelques animaux montagnards aux cornes remarquables et des aigles volant gracieusement de leurs ailes puissantes et souples à la fois. La douceur du fin duvet blanc était comparable à celle du coton et le confort faisait penser aux soirs où l’on était éreinté et que la couette venait nous envelopper. La Terre était loin.

Enfin la terre cessait d’offrir la possibilité d’être foulée, enfin l’eau venait rappeler que l’on se trouvait sur une île et non sur un continent, c’était donc un lac qui séparait la barque des montagnes, un lac qui avait comme les précédents environnements diverses merveilles à exhiber pour réchauffer le cœur de la femme qui les visitait. Celle-ci plongea donc en provoquant une gerbe d’éclaboussures qui disparurent aussitôt que le corps avait franchi la ligne de surface. Des algues vinrent aussitôt chatouiller la peau dénudée, des poissons effectuèrent une danse étonnante, des coquillages sortirent de leur cachette et toute la vie sous-marine se mit en branle en ne cessant un instant d’émerveiller les iris attentifs de la spectatrice. La Terre était loin.

La voyage se terminait ainsi et la rêveuse s’allongea dans la barque qui l’avait emmenée et se prépara pour un réveil facilité par un cœur rempli de merveilles qui combleront un monde futur que la figure de proue se démenait à créer. Les remous se ressentirent d’abord, puis ce fut une longue sieste qui s’amorça avec le doux dorlotement des ondes maritimes. La Terre se rapprochait.





Ainsi donc il était mort, cela paraissait évident, sa folie avait du l’entraîner vers la fin qui attendait tous les hommes. La femme devait avoir disparue avec le village, tuée par les hommes poireaux ou autres brigands. Restait le fils, qui portait donc le nom de Mercredi. Maigres étaient les chances qu’il vive encore, mais son intelligence pouvait laisser croire qu’il était un elfe. Une nouvelle fois, la lumière sorti du fourreau, et permit à Fatenia de voir une inscription sur le mur : « Mercredi, je meurt, Avril me suivra, va dans le souterrain des marais et étudie la nature, tu as le temps. » Les conclusions se révélaient exactes dans leur ensemble, si ce n’est une incertitude sur la race du Jour. Encore une fois, le fallait revenait, pour la découverte de la cache secrète.
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MessageSujet: Re: IX [Quête] Un Jour à trouver   Lun 23 Juin - 13:09

Il marchait sans savoir où aller, ses pieds s’enfonçant à chaque pas dans le bourbier qui l’entourait. La lourde épée restait muette depuis qu’il était rentré dans la vase, et Fatenia se demandait s’il pourrait un jour trouver Mercredi ou ses décombres. Ce fut en se posant cette question redondante qu’il s’en posa une autre, beaucoup plus importante et ne dépendant pas des évènements qui allait suivre, mais les déterminer. Pourquoi le cherchait il ? Il passait son temps depuis la perte de sa mémoire à chercher les hommes des légendes ou des textes qu’il lisait. Ainsi il avait tué Blahite, le chevalier blanc, et vécu une aventure qui lui avait révélé ses origines, qu’allait donc lui apprendre cet homme qui venait d’une histoire peu grandissante pour son nom, porté par tant d’autres hommes avant lui. Le combat ne serai sans doute pas l’issue de la rencontre, mais plutôt des dialogues philosophiques qui lui apprendraient plus de choses sur ce qu’il avait oublié. Il marcha donc en cherchant ce qui pouvait être dans l’ombre. Il avait connu ses parents, comment sa mère l’avait emmenée loin des mines, pourquoi il avait une sympathie pour les nains et leur goûts, pourquoi son apparence était elfique. Mais qu’avait il fait après, avait il grandi seul, avec sa mère, avec d’autres, contre d’autres, comment, était ce heureux, triste, monotone, dangereux, risible, admirable ? Il n’en savait rien, et c’est pourquoi il continuait son chemin en priant pour que la lame brille de nouveau.

Il finit par tomber sur une grenouille, première créature vivante qu’il croisait depuis longtemps. Il regarda le ciel, murmura des paroles de vénération pour Kornettoh, sortit la Vorpal et la planta dans une patte de l’animal. Il la tua en l’étouffant sous de la boue. Ça avait été rapide, sans véritable jouissance, mais l’effet escompté se produisit : le rayonnement du conseil divin se fit admirer. Le pommeau que l’elfe tenait serré dans sa main se mit à trembler, puis se dégagea, s’envola, et alla se planter à une dizaine de mètre environ de son détenteur. Elle disparut. Fatenia la suivit, et découvrit un symbole étrange sur le sol, lui rappelant les quelques peintures murales de l’antre d’Avril et son compagnon. Mais où était son arme, dans le sol sûrement, mais comment la retrouver ? Attendre.

Le temps s’écoula, longuement, et fut occupé par de maintes réflexions sur son enfance, diverses possibilités lui revenait, et toujours son imagination stoppait lorsque devait arriver une rencontre avec un quelconque individu. Le tirant de sa rêverie, un froissement d’aile proche de son épaule annonça l’arrivé d’un volatile. L’elfe le laissa se poser sans méfiance, il savait qu’il n’avait rien à craindre. Les serres se plantèrent dans la peau du jeune homme puis une voie ténébreuse lui annonça : « Ecoute cette histoire, jeune homme, tu en est le héros, tu sauras qui je suis, pourquoi je suis là, et pourquoi tu es maintenant un guerrier accompli. »


«Fatenia se dirigea vers les plaines, remis de son arrivée d’hier.

« Bon, où qu’c’est que j’vais aller moi… Y’a personne en vue ! »

La décision fut longue à prendre, d’ailleurs elle ne fut pas vraiment prise, c’est le hasard qui a scellé sa direction. Un corbeau noir était passé, se posant sur son arme en le regardant d’un œil provocateur, puis repartant en émettant un cri moqueur. Le guerrier s’élança à la poursuite de l’oiseau, hurlant des obscénités et piétinant l’herbe verte des collines. Après quelques minutes de courses, tout s’arrêta : le vent, les cris, les enjambées, et le souffle des arbres… Quelques secondes sans vie, une brise se lève, entoure le combattant de sa fraîcheur. Un frisson parcourut le corps essoufflé, et le tonnerre retentit.

Sortant de nulle part, des nuages gris emplirent le ciel, la pluie se mit à tomber, rebondissant contre l’armure métallique, fouettant la peau qui avait eu l’affront d’être exposée au soleil. L’épée heurta le sol, l’homme s’écroula, perdit conscience, et ne se réveilla que plus tard… Les nuages avaient disparu, les habits étaient secs, le soleil était à la même place qu’avant l’attaque céleste, et le corbeau était posé au sol, ricanant en silence…

« Foutu oiseau d’malheur, j’vais t’étripper ! J’vais t’plumer ! C’est d’ta faute, misérable atrocité… »

Fatenia s’élança, prit son épée, la brandit. L’oiseau le regarda amusé, ses yeux rougirent, un éclair vint ensuite frapper le pauvre assaillant. Un nuage de fumée enveloppa le corbeau, et une fois disparut fit place à un vieil homme, appuyé sur une canne. Les cheveux gris, les yeux jaunes, un barbe qui lui descendait jusqu’à la poitrine, et une longue robe bleue, tel était le vieux magicien sortit de nulle part. Il prit la parole, d’une voix lente et envoûtante :

« Tu me sembles bien peu prudent, et inexpérimenté… Que vient tu faire ici ? Mmmh, tais toi, je vois, je lis, tu es venu là sur ordre du maire… Cet homme aussi gros que prétentieux… Oh, mais je suis impoli, je suis un vieux sage, magicien talentueux, et je venais ici pour chercher celui qu’on m’a indiqué, et il semblerait que c’est toi… Tu as survécu à mon illusion, beaucoup se seraient perdus en cherchant refuge, au contraire ton esprit s’est fermé et a repoussé mon assaut. Tu me semble digne, Fatenia, viens avec moi, je t’enseignerai ce que je sais… Oh, ton esprit conteste, la magie ne t’intéresse pas… Sache que ce n’est pas elle que je vais t’apprendre, mais l’art de manier l’épée sera ton entraînement. J’ai vu passer nombreux hommes se vantant d’être forts, invincibles, et beaux, toi tu es repoussant, fébrile, et pourtant… Ta volonté n’a pas d’égale. Elle te guidera, dans le monde des illusions, comme dans le monde que tu vois, celui où tu vis… Suis moi »

Le sage se retourna, sa cape virevolta, et il partit d’un pas vigoureux et rapide. Le suivre fut déjà une tâche ardue, mais le guerrier n’abandonna pas sa marche, ignorant la fatigue, le poids de son armure, et les douleurs qui parcourait ses côtes. Tout était calme cependant, seul le bruissement et le cliquetis des vêtements se faisaient entendre, ainsi que le souffle rauque du combattant.

« Moins vite, vieil homme, je n’ai pas l’habitude de ça… »

Surpris, le magicien fit volte face, son teint rougi, et il hurla :

« Dis donc toi, quand t’auras fini de souffler, tu pourras parler, n’oublies pas que ta force est ici, dans ta tête, donc n’abandonnes pas et suis moi, sinon je te laisserai mourir ici, mangé par les vautours. » Le ton s’adoucit « Mais j’apprécie la manière dont tu as parlé, c’était poli pour une fois… »

Une grimace, un crachat, un regard de désespoir, puis une question, « pourquoi m’abandonner me ferait mourir… », Fatenia regarda alentours, réfléchissant, puis il comprit, il n’était plus dans la même plaine, un second monde, on ne voyait plus les montagnes ni les forêts, seulement une plaine à perte de vue. Où était il donc ? Il se le demandai, puis il se résolut à ne pas comprendre, et à suivre, juste suivre, bêtement, sans une once de réflexion…

Le mage sourit derrière sa barbe, et continua de fouler l’herbe en se hâtant, distançant de plus en plus le pauvre homme, qui avançait au final sur les rotules, les capacités de son corps ayant été poussées au maximum.

« C’est fini, bravo, à la prochaine »

Surgit de nulle part derrière son dos, le vieux disparut aussitôt, et le paysage revint à sa forme initiale, avec les montagnes et les forêts. Le guerrier se gratta le crâne, regarda alentours, vit le corbeau s’éloigner d’un vol assuré, et s’allongea, éreinté par sa marche imaginaire. Ce fut ce moment que choisit un gobelin pour arriver de derrière un colline en hurlant. Fatenia fit un bond, se mit en garde, et se prépara à recevoir du mieux qu’il pouvait la créature verte.

« Pourriture de merde… Fils de chacal, tu vas retrouver tes frères sous terres, tu vas crever charogne, je vais… » La longue litanie d’insulte ne s’arrêta que pour la réception du gobelin. Un BANG retentit : le combat était engagé, la créature trépasserai.

Cela faisait plusieurs jours que Fatenia parcourait la plaine à la recherche de gobelins, mais il n’en avait point vu l’immonde face, il commençait à se demander s’ils étaient si nombreux que ça. Il partit en direction de la ville pour faire part de son erreur au maire et lui dire que ce n’était qu’une petite arrivée en masse temporaire. Le pas léger, la conscience tranquille, il se dirigea tranquillement en chantonnant un air de taverne.

Mais qu’était devenu le vieil homme, il était on ne peut plus étrange celui là, qui sait ce qu’il pouvait faire… En y pensant, il se dit que cette absence de monstre et de magicien n’était peut être fait que pour le tester, mais… Le temps de la réflexion, et une pierre heurta son front, le jetant à terre en le laissant étourdi. Un croassement moqueur se fit ensuite entendre et le sortit de son étonnement .

« Tiens, r’voilà l’vieux, il a fini de dormir et maint’nant il vient m’frapper… »

« Et tu te trouve subtile, petit sot ? »

Le guerrier déglutit et rougit, puis tenta maladroitement de s’expliquer…

« C’est, c’était pour voir si c’était bien vous, je veux dire, des corbeaux, y’en a pleins, et puis, euh… »

« Oui oui, c’est comme les gobelins, tu en croise énormément ces temps ci, et tu as aussi perdu du temps à te laver et à soigner ton apparence, je m’en doute… »

Géné, Fatenia prit son épée et la posa au sol, s’assit en tailleur puis demanda au magicien ce qu’il devait faire cette fois. La réponse fut rapide et sèche, et l’ordre vint de se laver et de se faire une beauté. Le charisme est une chose importante qui permet de ne pas se faire attaquer par n’importe qui, et qui peut parfois impressionner les faibles bêtes. L’exemple du troll fut donné, pas forcément plus fort qu’un tigre, on a plus tendance à le fuir, parce qu’il est plus impressionnant. Le guerrier buvait les paroles sans modération, et lorsque la longue danse des mots s’arrêta, il se leva pour aller trouver une rivière et s’y laver. Il resta longtemps allongé dans l’eau claire, douce et tiède, sur un lit de caillou. Il regarda les poissons, s’amusa à faire des éclaboussures, joua avec une branche. Bref, il redevint enfant, l’eau en amont était transparente, en aval elle était noire, pleine de la crasse libérée par son corps depuis trop longtemps négligé. Vint ensuite la période du rasage, ceci fut beaucoup moins agréable. Il reçut l’obligation de retirer sa touffe de poils sans sortir de l’eau, sans utiliser son équipement, de se débrouiller avec ce qui l’entourait.

« Mais c’est pas vrai… Ça sert à quoi tout ça ? D’abord on me foudroie, ensuite on me fait courir, on me frappe, on se moque de moi, on me noie, et maintenant on m’abandonne au milieu d’un ruisseau en m’interdisant de retrouver mon chemin… »

« On te noie ? Tu as dit toi-même trouver ça agréable, et tu t’amusais follement… Et si tu te fais voler tes affaires à nouveau, que feras-tu ? Rien. C’est pour cela qu’il faut que tu regardes les armes potentielles autour de toi… »

On put entendre un vague grommellement, et ensuite vient de longues minutes de silence et d’intense activité cérébrale. Soudain la main s’agita, agrippa un caillou, le brisa contre un autre, et le rasoir improvisé fut porté près de la barbe hirsute. Au bout de plusieurs soupirs et plaies, le rouge vint se rajouter au noir dans le courant de l’eau, mais la peau du menton, elle, était intacte, si on exceptait quelques petites entailles…

« Bien, maintenant, je vais t’envoyer voir quelques fées… Tu pourras les admirer, mais prends garde à leur charme irrésistible. Elles sont belles et dangereuses… Un peu comme toi dans quelques temps, quoi que mon enseignement ne sera sans doute pas si miraculeux… »

« Mais ça va non ? T’as pas l’impression de t’foutre de moi ? »

La série d’insulte ne put continuer, interrompue par un rire sonore, celui d’un vieil homme ayant vu du pays, et avec une puissance magique impressionnante.

« Du calme, c’est une plaisanterie, je n’ai pas pour habitude de m’occuper des fonds de tiroirs, mais te voir propre me dégoûte moins, au moins on sent que tu es humain, et que tu es à même de me comprendre. Maintenant, au revoir, à une prochaine fois peut être, je t’envoie un peu de compagnie… »

Fatenia ne put avoir le temps de protester qu’un nuage de fumée cacha le départ du mage, et l’envol du corbeau. Une fée apparut au loin, laissant apparaître une forme sublime proche de la perfection, cryptée par des éclairs de magie rouges et une agressivité non dissimulée. Un soupir, et le guerrier s’élança avec un cri de rage, la créature trépasserai. »



C’était donc lui, ce Fatenia, inconscient d’être un elfe, inconscient d’être supérieur, dominé par un magicien venu de nulle part, il y avait en effet de quoi être frustré… Ce magicien devait être Mercredi, il avait raconté l’histoire en espérant avoir enfin l’esclave qu’il recherchait, mais il se trompait. L’elfe le remercia, et dès que l’homme se fut métamorphosé, son bec fut accroché, après avoir été séparé du corps du volatile, sur un bout de ficelle qui pendait autour d’un cou satisfait.
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Plissava
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MessageSujet: Re: IX [Quête] Un Jour à trouver   Mar 24 Juin - 0:24

Fatenia gagne 47 pièces d'or et 175 XPs.


J'aime mieux quand ça finit mal, ça te ressemble plus ^^^ (<==triclope !!) et même (<==un cyclope sur le "e" !! ) si le style est vraiment prennant, l'intrigue est trop décalée pour que l'on accroche vraiment. Peut-être la perfection est-elle un peu plus simple...

Aussi, dommage de commencer avec une faute : "L’elfe noir se promenai"

*Note : si je dis ça, c'est que j'adore, je trouve le style génial.

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*Aime sa groupie*
Chronophobe ! C'est grave docteur ? Ca se soigne comment ?
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IX [Quête] Un Jour à trouver
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